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DISPARUE


André et Raymonde vivent un bonheur sans mesure puisqu’ils viennent de se marier.


En rentrant chez eux pour profiter de leur nuit de noces, le valet de chambre annonce à André, reporter de profession, que le journal vient de téléphoner pour le mander sur les lieux où a été retrouvé le corps de la jeune femme dont la disparition défrayait les chroniques ces derniers jours.


L’appel du devoir étant plus fort, et ayant tout l’avenir pour profiter de son épouse adorée, André se jette dans le premier train pour se rendre sur la scène du drame.


Sur place, rien, pas plus d’agitation que de cadavre. Indéniablement, il est victime d’une très mauvaise blague d’autant qu’il n’y a pas de retour possible avant le lendemain matin.


Quelques heures plus tard, arrivé chez lui, pressé d’embrasser son amour, il apprend de la bouche de son domestique que sa bien-aimée est partie à la suite d'un coup de téléphone la prévenant que le train de son mari avait eu un grave accident et que des morts étaient à déplorer.


La mauvaise blague se transforme alors en une dramatique embuscade.



Raymonde a disparu !


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Nombre de lectures

9

EAN13

9782373471588

Langue

Français

couve

SÉRIE ROUSSE

DISPARUE

Roman policier

 

Jules DE GASTYNE

I

 

Au moment d'entamer ce récit, je me sens pris d'une hésitation.

La plume tremble au bout de mes doigts ; des gouttes de sueur glacée s'amassent à mon front. Des sanglots gonflent ma poitrine et les larmes brouillent ma vue au point que je puis à peine distinguer les lignes sur mon papier.

Ce que j'ai à raconter est si terrible, m'a déchiré le cœur si cruellement, que j'ai peur de ne pas trouver de mots pour exprimer ce que j'ai ressenti.

Mais je commence sans plus de préambule.

Je m'étais marié dans la journée. Je m'en allais dans mon auto avec Raymonde, ma femme adorée. Je me faisais une joie, d'abord de pouvoir lui dire toute ma tendresse, la presser dans mes bras ; puis de lui montrer le coquet petit appartement que j'avais fait préparer pour elle et où je pensais que nous serions si heureux.

J'étais tout transporté du bonheur ardent, infini, de la sentir là, près de moi. Et comme je l'aimais ! Je l'aimais, à cette heure qu'elle était mienne, avec la conviction que rien ne nous séparait plus, comme je ne l'avais jamais aimée encore.

Comme je l'avais trouvée jolie et désirable dans sa toilette blanche de mariée et comme j'avais été heureux et jaloux tout à la fois des regards admiratifs avec lesquels nos invités, des indifférents, des passants la contemplaient !

J'étais fier d'elle, de sa beauté, et en me sentant seul avec elle dans l'auto nous emportant rapidement à travers les rues éclairées, j'avais peine à modérer l'élan amoureux qui me transportait.

Tapie dans un coin de la voiture, Raymonde ne parlait pas, mais je sentais que son corps était tout frémissant contre le mien et qu'elle ressentait les mêmes impressions que moi, les mêmes désirs.

Moi aussi, du reste, j'étais silencieux.

Qu'aurais-je pu lui dire ?... Quels mots aurais-je pu trouver qui exprimassent mieux mon émoi que mon mutisme tremblant, que la pression de ma main sur ses doigts tout palpitants ?

Enfin, nous arrivâmes, mais à peine eus-je mis ma clef dans la serrure que tout ce rêve de félicité s'évanouit. Je fus rappelé brusquement à la dure réalité.

Je n'avais pas ouvert ma porte que Joseph, mon valet de chambre, se précipitait au-devant de moi.

— On vient de téléphoner, monsieur.

— D'où ?

— Du journal.

— Que veut-on ?

— Il faut que Monsieur parte tout de suite pour... J'ai inscrit le nom.

Il me montra le nom d'une station assez près de Paris.

— Et qu'est-ce qu'il y a là ?

— Il paraît qu'on a trouvé, sur la voie du chemin de fer, le corps de cette femme disparue.

Je ne pus retenir un bond de stupeur.

La femme disparue ! Cette femme dont tout Paris s'entretenait, le plus affolant mystère qui eût encore intrigué une population habituée pourtant à tous les drames et à toutes les surprises.

Dans un autre moment, certes, j'eusse saisi ma valise, dégringolé l'escalier et sauté dans une auto pour me faire conduire à la gare.

Mais ce soir, au moment d'introduire dans la chambre nuptiale celle qui depuis quelques heures seulement était ma femme, j'avoue que j'eus un mouvement d'hésitation bien compréhensible.

Ma femme était au courant de cette affaire qui nous mettait sur les dents depuis plusieurs jours, policiers et reporters, et m'avait empêché de m'occuper d'elle comme je l'aurais souhaité.

Et elle désirait connaître le mot de l'étrange énigme presque autant que moi-même.

— Tu vas partir ? me demanda-t-elle.

— Ce soir ?

« Comment veux-tu, ma chérie ? Je vais téléphoner pour demander qu'on envoie un autre que moi.

— Mais c'est toi qui t'es occupé jusqu'ici de cette affaire.

— Je sais bien.

— Tu vas abandonner le bénéfice ?

— J'abandonnerais tout pour ne pas te quitter !

— Il faut songer à ta situation, mon chéri.

— Je sais bien.

Ma femme avait raison, parbleu ! Mais pourtant c'était cruel, trop cruel !

Je me tournai brusquement vers Joseph.

— Qu'as-tu répondu ?

— Que Monsieur était absent, mais que Monsieur allait sans doute rentrer.

« — Vous direz à votre maître, a-t-on recommandé, de partir sans retard. Affaire énorme. Tous les autres distancés. Personne n'est prévenu, qu'il ne perde pas une minute !

— Tu vois, dit Raymonde.

— Il y a un train à onze heures et demie, ajouta Joseph.

Je consultai ma montre.

Il était onze heures dix minutes.

Je n'avais plus que le temps tout juste de sauter dans une auto, pas même de changer de toilette, encore moins de charger un autre reporter. Et je me rendais compte, avec l'amour du métier que j'ai dans le sang, que je ne pouvais exposer le journal à manquer une affaire si sensationnelle. Mon directeur ne me le pardonnerait pas.

Je me décidai brusquement.

— Je pars, ma chérie.

— C'est ce qu'il faut, dit Raymonde. Tu seras de retour dans la matinée sans doute. Je t'attendrai bien impatiemment...

J'embrassai sur les deux joues ma chère femme et je m'élançai dans l'escalier.

J'avais le cœur bien gros.

Ah ! Si j'avais soupçonné ce qui m'attendait, je ne serais jamais parti ! Je n'aurais pas quitté une minute cette femme que je chérissais si tendrement !

L'amour du devoir, l'amour du devoir, à quelles douleurs il vous expose souvent !

J'allais vers le malheur, vers le désespoir, vers les tortures les plus inouïes qui puissent éprouver un cœur humain !

Ah ! La funeste nuit ! La fatale idée et l'infernale vengeance !

Les damnés souffrent moins que j'ai souffert, et je ne crois pas qu'il y ait eu jamais sur terre douleur pareille à ma douleur !

Mes larmes coulent sur mon papier à gouttes précipitées comme les grains d'une pluie d'orage.

Et j'ai envie de crier tout haut mon malheur.

Mais il faut que je me calme, que j'écrive, car il me semble qu'en racontant mes peines cela me soulagera.

II

 

Il était près d'une heure du matin quand j'arrivai à X... Je fus surpris du calme que je vis autour de la gare.

Je m'étais attendu à une certaine agitation, produite par la découverte lugubre qu'on disait y avoir été faite.

Je ne surpris rien de pareil.

C'était la solitude, le silence.

Un employé, une lanterne à la main, allait et venait le long du quai, attendant le moment de donner le signal du départ.

Dans la petite gare, faiblement éclairée par un papillon de gaz, personne.

Ce calme commença par m'étonner étrangement.

Je sautai néanmoins sur le quai, et j'allai, dès que le train fut parti, m'informer auprès de l'employé.

Quand je lui parlai du cadavre découvert à X..., il me regarda d'un air si parfaitement ahuri que j'eus l'impression d'avoir été victime d'une mystification.

Mais dans quel but ?

Et comme c'était sot, cruel même dans ma situation !

Quel était l'auteur de cette stupide farce ?

Je me creusais vainement l'esprit pour le deviner et vous devez facilement imaginer dans quel état j'étais.

Au lieu de passer ma nuit dans mon lit, près d'une femme désirée, ardemment aimée, je me voyais condamné à poireauter sur le quai d'une petite gare en attendant le train devant me ramener à Paris.

Il n'y avait pas de train, en effet, avant quatre heures du matin, et j'avais trois grandes heures à me morfondre.

La nuit était brumeuse, froide même, parfaitement maussade, moins maussade, cependant, que mon humeur.

Ah ! Si j'avais tenu le mauvais plaisant !

Mais comment le découvrir ?

Je ne voyais pas, parmi mes camarades, parmi mes connaissances, qui avait pu songer à me jouer un tour pareil.

Je ne croyais en effet, à ce moment, qu'à une mauvaise farce. Si j'avais pu ne pas me tromper !

L'employé rentrait dans la gare dont il allait refermer la porte.

Je le suivis machinalement.

Je ne savais trop que faire pour passer le temps.

— Ainsi, me demanda-t-il, on vous a dit à Paris qu'on avait trouvé ici le corps d'une femme, écrasée sur la voie ?

— On me l'a téléphoné en me disant de partir tout de suite.

— Je n'ai point entendu parler de çà... Et vous êtes journaliste ?

— Oui.

— Vous avez cru peut-être qu'il s'agissait de cette femme dont on parle dans les journaux et qui a disparu si drôlement ?

— Je l'ai pensé, en effet.

— Ce n'est pas encore ici que vous la trouverez, mon cher monsieur.

— Je le vois bien !

Et j'avais l'air le plus désappointé du monde, mais je n'étais pas seulement désappointé... j'étais furieux, outré... Je ne trouve pas de mots pour exprimer ce que je ressentais.

L'employé s'aperçut, à ma mine, de ma déception.

— Je comprends que ce n'est pas gai de faire pour rien un voyage pareil et par un temps si désagréable... Qu'allez-vous devenir en attendant le train ?

— Je ne sais pas, répondis-je.

— Si encore il y avait un hôtel, un établissement ouvert, mais rien ! Ici, c'est le désert, mon cher monsieur. Le village est à deux kilomètres...

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