Disparition - Gagnant Prix du Suspense psychologique 2020 , livre ebook

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Nicolas Nutten Disparition GAGNANT DU PRIX SUSPENSE 2020 Thriller Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com   ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com   Copyright © PRISMA MÉDIA / 2020 Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-06089 Pour Audrey Prologue Lundi 30   juillet 2018, 4   h   30.   Arthur Berg, vingt-trois ans, appartement 34, troisième étage, porte de gauche en sortant de l’ascenseur. Même si par principe l’homme au regard de glace ne prenait jamais l’ascenseur, il appréciait les instructions précises ; cela évitait les erreurs stupides et les inévitables pertes de temps qui en découlaient. Depuis plusieurs heures, il patientait dans sa voiture en observant les fenêtres de l’appartement. Berg avait éteint la lumière à 1 h 56, puis avait regardé un film. Il le savait car depuis la rue il avait vu danser des lueurs bleutées sur les murs du salon. À 3 h 12, extinction des feux et depuis, plus de signe de vie. Le pirate informatique avait dû sombrer dans un sommeil qu’il espérait profond. C’était mieux ainsi, l’effet de surprise était toujours un atout non négligeable. Devant la porte du numéro 34, l’homme retenait son souffle, guettant le moindre bruit suspect. À part les pétarades étouffées d’un scooter qui s’éloignait dans la nuit parisienne, aucun son ne venait troubler la quiétude de l’étage. Il pouvait commencer.
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Date de parution

24 mars 2020

Nombre de lectures

8

EAN13

9782819506089

Langue

Français

Nicolas Nutten
Disparition
GAGNANT DU PRIX SUSPENSE 2020
Thriller
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris
www.lesnouveauxauteurs.com
 
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex
www.editions-prisma.com
 
Copyright © PRISMA MÉDIA / 2020 Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-06089
Pour Audrey
Prologue

Lundi 30   juillet 2018, 4   h   30.
 
Arthur Berg, vingt-trois ans, appartement 34, troisième étage, porte de gauche en sortant de l’ascenseur. Même si par principe l’homme au regard de glace ne prenait jamais l’ascenseur, il appréciait les instructions précises ; cela évitait les erreurs stupides et les inévitables pertes de temps qui en découlaient. Depuis plusieurs heures, il patientait dans sa voiture en observant les fenêtres de l’appartement. Berg avait éteint la lumière à 1 h 56, puis avait regardé un film. Il le savait car depuis la rue il avait vu danser des lueurs bleutées sur les murs du salon. À 3 h 12, extinction des feux et depuis, plus de signe de vie. Le pirate informatique avait dû sombrer dans un sommeil qu’il espérait profond. C’était mieux ainsi, l’effet de surprise était toujours un atout non négligeable.
Devant la porte du numéro 34, l’homme retenait son souffle, guettant le moindre bruit suspect. À part les pétarades étouffées d’un scooter qui s’éloignait dans la nuit parisienne, aucun son ne venait troubler la quiétude de l’étage. Il pouvait commencer. D’un geste rapide, il sortit de son sac à dos un kit de crochetage et se mit au travail. La serrure céda en moins de quinze secondes. Aucun autre verrou ne protégeait l’accès au logement. Comment un esprit aussi brillant que celui de Berg, capable de s’introduire dans les réseaux informatiques les plus sécurisés, pouvait-il faire confiance à une simple serrure à goupilles pour protéger sa vie privée ?
La pénombre qui régnait dans la pièce principale peinait à masquer le manque d’intérêt que le geek portait à la déco. D’un immense écran plat suspendu au mur descendaient une multitude de tentacules électriques reliés à différents boîtiers et ordinateurs dont certains semblaient encore en pleine activité à en croire le crépitement des disques durs. Les témoins lumineux de tous les appareils sous tension produisaient suffisamment de lumière pour que l’on puisse se faufiler sans encombre entre les meubles.
Une respiration bruyante résonnait contre les murs de la chambre à coucher. La fenêtre laissée entrouverte laissait passer une légère brise qui venait caresser les rideaux. Aussi discret qu’une ombre, l’homme contourna le lit et referma les deux battants, puis les verrouilla en tournant la poignée. Sans même s’en rendre compte, Arthur Berg venait de vivre ses dernières secondes de sérénité.
Faire inhaler la juste dose de chloroforme demandait de l’expérience ; trop peu et il y avait fort à parier que la victime se réveille et se débatte à un moment peu opportun et inversement, si l’on maintenait le chiffon trop longtemps sur le nez et la bouche, c’est le réveil qui devenait interminable.
 
Lorsque la cascade d’eau glacée frappa Arthur en plein visage, il comprit que son monde venait de basculer, qu’il ne maîtrisait plus rien. Un bâillon l’empêchait de hurler et son torse ainsi que ses membres étaient solidement entravés à une chaise de la cuisine par un ruban adhésif ultra-résistant. De l’autre côté de la table, un homme au crâne rasé, vêtu de noir, remplissait la bouilloire électrique. Ses gestes étaient lents, précis. Il prenait son temps. Son dos épais et ses épaules larges laissaient deviner une puissante musculature. Une pensée aussi brûlante que l’acide éclata dans l’esprit d’Arthur ; le type qui venait de pénétrer chez lui était un professionnel, le genre de gars qui obtenait toujours ce qu’il demandait, peu importent les moyens employés. Dans un réflexe de survie, Arthur s’agita sur sa chaise pour essayer de distendre ses liens. L’homme lui jeta un regard glacial, dénué de toute humanité. De son col émergeait le tatouage d’une tête de serpent gueule ouverte, prête à attaquer. Le tatoué reposa la bouilloire sur son socle, enclencha le bouton marche, puis contourna la table en dégainant de son holster un revolver qu’il lui écrasa au milieu du front.
— On se calme !
La voix était grave et râpeuse.
Arthur se figea, les yeux injectés de sang par la montée subite d’adrénaline et le manque d’air.
Le canon de l’arme s’écarta, lui laissant une marque en forme de rond rouge.
— Bien… Des amis à moi ont analysé ça.
Le tatoué jeta sur la table une clé USB. Arthur comprit alors ce qui était en train de se passer, le changement dans son regard le trahit immédiatement.
— Je vois que ça te parle. Donc, je disais : des amis à moi ont analysé son contenu et ont été impressionnés par la qualité de ce qu’ils y ont trouvé. Ils ont tenté de m’expliquer, mais moi, je n’y comprends rien. En revanche, ce que j’ai compris, c’est que tu n’as pas été assez prudent car ils n’ont pas eu à chercher longtemps pour remonter jusqu’à toi. C’est idiot, tu en conviendras.
Le frémissement de l’eau dans la bouilloire remplissait les silences qui s’étiraient entre deux phrases.
— Les virus, les réseaux, le piratage, le vol de données, ont tendance à rendre très nerveuses les personnes pour qui je travaille et quand elles ont découvert ce que tu avais fait, autant te dire qu’elles étaient vraiment en colère.
Le visage d’Arthur devint livide. Des gouttes de sueur froide lui coulèrent le long de l’échine.
— Je crois que tu es assez intelligent pour savoir ce que l’on cherche.
L’homme prit le temps d’observer le poison de la terreur qui asphyxiait sa victime. Puis il se pencha en avant pour planter son regard dans les yeux d’Arthur et lui chuchota :
— Tu vas me donner le nom et l’adresse de la personne pour qui tu t’es donné tant de mal.
Clac . L’eau était arrivée à ébullition.
Arthur fit non de la tête, impossible. Il fallait qu’il gagne du temps, qu’il parlemente, il y avait sûrement un moyen de s’entendre. Ce n’était pas du tout ce qu’ils croyaient.
— Je me doutais que tu aurais besoin d’être motivé.
L’homme alla récupérer la bouilloire et se retourna vers Arthur qui essaya de hurler au travers de son bâillon pour donner l’alerte, mais ses beuglements étouffés ne parvinrent pas à s’échapper au-delà des murs de sa cuisine. De sa main gantée de cuir, le tatoué écrasa alors la tête d’Arthur contre la table et versa l’eau bouillante sur le visage implorant du jeune homme. Sa tête, ses épaules et son dos se transformèrent instantanément en une plaie incandescente. Des cloques apparurent sur sa joue, autour de ses yeux, dans son cou et toutes les chairs en contact avec le liquide ardent furent aussitôt rongées par la morsure de feu. Arthur allait perdre connaissance quand son tortionnaire le saisit par les cheveux et lui cogna la tête contre la table.
— Écoute-moi attentivement, on peut y passer des jours si tu veux, mais tu n’y gagneras rien. Je vais te le redemander une dernière fois avant de m’énerver pour de bon ; tu vas me donner le nom et l’adresse de la personne que l’on cherche. Compris ?
Arthur acquiesça d’un hochement de tête terrifié.
D’un geste sec, l’homme lui arracha son bâillon. Arthur n’essaya même pas de crier ni de négocier, il livra du bout des lèvres l’information demandée, puis un spasme violent le plia en deux et il vomit un filet de bile entre ses jambes.
Impassible, le bourreau récupéra la clé USB, puis passa dans le dos d’Arthur qui sanglotait en gémissant de douleur. Il dégaina son arme et tira une balle à bout portant. Le crâne explosa et une gerbe de sang, de fragments d’os et de morceaux de cervelle macula les meubles en kit de la petite cuisine. Le corps sans vie du jeune pirate s’affaissa sur lui-même, la tête penchée sur son torse comme un pantin désarticulé. Dans la seconde qui suivit, la porte d’entrée claqua et l’appartement replongea dans un silence indécent.
1

Mardi 31 juillet 2018, 19 h 30.
 
Combien de personnes pouvait-on croiser en une seule journée lorsque l’on habitait une ville comme Paris ? Métros, gares, rues, parcs, expositions, cinémas, restaurants, la vie foisonnait. Partout. Derrière chaque regard une existence, une histoire avec ses envies, ses espoirs, ses attentes, ses peurs, sa part de lumière et parfois de ténèbres. Maxime observait ces âmes qui arrivaient toujours plus nombreuses sur le quai de la ligne 1. Cela faisait quatre ans qu’il vivait et travaillait à Paris, mais il était toujours impressionné par le flux incessant de voyageurs qui allaient et venaient dans les couloirs du métro. Maxime se souvenait de ses premiers mois de vie parisienne, lorsqu’il laissait filer les rames bondées en espérant que les suivantes seraient moins chargées, mais c’était peine perdue. Les métros s’enchaînaient, transportant toujours autant de visages fatigués. Les mois passant, il avait fini par se résoudre à faire comme tout le monde et se fondre dans la foule afin d’y dénicher une hypothétique place, coincé entre des inconnus qui, comme lui, prenaient leur mal en patience le temps de quelques stations. Puis la routine s’était installée et progressivement il était, lui aussi, devenu un anonyme, noyé dans la masse, se laissant porter par le train du quotidien qui l’éloignait chaque jour un peu plus d’une vie passée qu’il avait choisi d’oublier.
Durant la période estivale ou les fêtes de fin d’année, il arrivait que le nombre de voyageurs diminue un peu ; la cohorte des travailleurs aux regards usés laissant place à des groupes de touristes aux sourires inoxydables, ravis de passer quelques jours dans une des capitales les plus prestigieuses du monde. Mais ce soir, ils étaient aussi nombreux que le reste de l’année à supporter la touffeur qui régnait dans le dédale des couloirs du métro. Des travaux sur la ligne A du RER avaient contraint la RATP à renforcer le nombre de rames sur la ligne 1 pour absorber l’affluence des voyageurs.
Depuis dix jour

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