Diams et perlouzes , livre ebook

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Samuel Lipchitz, un prospère joaillier, est victime d’une ingénieuse arnaque organisée par un pseudo-comte qui est parvenu à lui extorquer quatorze millions avec la participation involontaire de la femme adorée du commerçant.


Le Commissaire Odilon QUENTIN est chargé de l’affaire par son supérieur. Malgré ses préjugés sur les gens bien nantis, le policier se surprend à apprécier le bijoutier.


Pour autant, il ne néglige aucune piste et, après enquête, est persuadé que l’orfèvre n’a mis en place aucune fraude et qu’il a bien été escroqué. Mais, par qui ?


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Nombre de lectures

2

EAN13

9782373471076

Langue

Français

Odilon QUENTIN
* 5 *
DIAMS ET PERLOUZES
Roman policier
par Charles RICHEBOURG
CHAPITRE PREMIER
M. Samuel Lipchitz était à la fois heureux et fier ; de lui, de sa carrière et de sa famille, puisque c'est à ses ancêtres qu'en fin de compte, il devait sa prodigieuse ascension.
L'histoire paraissait compliquée, mais elle devenait très simple si l'on se bornait à en retenir les éléments essentiels.
En 1872, Athanaël Lipchitz débarquait à Paris, vêtu d'une lévite usée, ses cheveux huileux lui tombant en papillotes sur les tempes ; il arrivait en droite ligne de son ghetto natal, en haute Silésie, d'où l'avait chassé un pogrom. Sa seule richesse consistait en une vieille valise crevée, en cuir de bœuf, que les années et les intempéries avaient rendu plus cassant que le verre, et plus rigide que l'acier.
Cette valise, son petit-fils Samuel la possédait encore ; elle était la relique de la famille ; l'origine, si l'on veut, de sa fortune actuelle. C'est en effet sur ce coffre famélique et désuet que s'était assis, pendant des années, le vieillard Athanaël, lorsqu'il vendait aux passants des objets hétéroclites allant des épingles à cheveux aux pochettes de papier à lettres bon marché.
Le fils d'Athanaël, Mendel, avait gravi d'un seul coup plusieurs échelons de la hiérarchie sociale ; courtier en diamants, en perles et en pierres précieuses, sa prodigieuse habileté à découvrir un crapaud, si minuscule soit-il, dans une gemme de prix, l'avait amené à collaborer à des expertises célèbres, à Anvers et à Amsterdam d'abord ; puis à Londres, d'où sa renommée s'était étendue jusqu'à New York.
À la tête d'une fortune déjà rondelette, Mendel s'était fait naturaliser Français et avait latinisé son prénom : c'est ainsi que Mendel Lipchitz, apatride, était devenu Marcel Lipchitz, citoyen français !
Le lapidaire avait du reste largement payé sa dette de reconnaissance envers sa patrie d'adoption en se faisant tuer pour elle, en 1916, à Verdun, alors que ses précédents états de service lui avaient rapporté le grade de sergent, plusieurs palmes à sa croix de guerre, et, ce qui vaut mieux encore, la Médaille militaire.
Samuel avait dix-sept ans au décès de son père ; il s'engagea à la place du disparu, servit avec distinction dans l'artillerie où ses connaissances mathématiques firent merveille, et fut démobilisé en 1919 comme capitaine, avec la Légion d'honneur.
Il servit dans la vie civile avec autant de courage qu'au front et empoigna le taureau par les cornes. Au bout de cinq ans, comme son prédécesseur, il affirmait une compétence illimitée en matière de diamants, puis il ouvrait, place de l'Opéra, la plus luxueuse bijouterie de Paris, devenant bientôt le fournisseur attitré de plusieurs Cours européennes, de milliardaires américains, et même du Maharadjah de Gwalior, qui se vantait de posséder les plus belles pierres du monde.
Mais ce qui mettait le comble à la satisfaction de M. Lipchitz, c'est qu'à l'âge de trente-cinq ans, il avait épousé Geneviève de Neuville d'Arlincourt. Cette union avait
non seulement consacré son entrée de plain-pied dans l'ancienne aristocratie française, mais elle lui avait procuré gratuitement des relations enviables.
Ce qui valait mieux, encore, c'est que Samuel adorait sa femme. Jamais, il ne l'appelait « Geneviève », bien que ce prénom, très « vieille France » le ravît. Non ; il l'appelait depuis toujours « Chère chérie » ; et chaque fois qu'il prononçait ces syllabes touchantes et familières, il les proférait religieusement, parvenant à y enclore toute la tendresse dont débordait son cœur.
M. Samuel Lipchitz était donc comblé des dons de la fortune et de ceux de l'amour ; certes, il avait atteint le milieu de la cinquantaine, mais il ne s'en préoccupait guère, trouvant à la maturité des charmes que lui avait refusés l'adolescence.
D'un naturel aimable, éternellement sanglé dans une jaquette impeccable qu'il considérait comme l'uniforme de sa profession, il répondit au regard désespéré que, de loin, lui lançait son premier vendeur :
— Me voici... fit-il en s'inclinant gravement devant le client auprès duquel s'affairait son personnel.
Long et maigre, couvert d'une immense cape noire doublée de satin violet, l'inconnu devait avoir doublé le cap de la soixantaine, car de longs cheveux blancs retombaient en cascades de neige sur ses épaules étroites. Une distinction innée émanait de cet étrange personnage qui s'exprimait en un français lent et correct, teinté toutefois d'un très léger accent étranger.
— Permettez-moi de me présenter, fit-il d'une belle voix grave, chantante comme la mélodie du violoncelle. Je suis le comte Samarah Andréanescou, et je désirerais vous entretenir à titre privé !
Le bijoutier s'inclina et pria son noble visiteur de le suivre dans son luxueux cabinet de travail. C'est là que, confortablement installé dans un club de cuir, profond comme une baignoire, le comte exposa l'objet de sa visite :
— Je désirerais vous demander, exposa-t-il avec une extrême simplicité, de me faire voir ce que vous possédez de plus beau en fait de diadèmes ; quelques perles, très grosses et d'un orient parfait, et beaucoup de brillants, absolument purs et d'un poids respectable, le tout monté sur platine, évidemment !
— Je puis vous en montrer plusieurs qui sont de véritables œuvres d'art... sourit M. Lipchitz enchanté du tour que prenait la conversation. Le prix naturellement est en rapport avec la limpidité des pierres et la finesse de l'exécution !
— Aucune importance... riposta le noble étranger.
Puis, comme pour excuser la folie d'une pareille dépense, il ajouta :
— Je n'ai pas besoin de vous dire que je ne...
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