Les Pardaillan - Livre III - La Fausta , livre ebook

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Nous sommes en 1573. Jean de Kervilliers, devenu monseigneur l'évêque prince Farnèse, fait arrêter Léonore, sa maîtresse, fille du baron de Montaigues, supplicié pendant la Saint Barthélémy. Alors que le bourreau lui passe la corde au coup, elle accouche d'une petite fille. Graciée par le Prévôt, elle est emmenée sans connaissance vers la prison. Devant les yeux du prince Farnèse torturé par la situation, le voilà père et cependant homme d'église, la petite Violette est emportée par maître Claude, le bourreau...Texte intégral
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Publié par

Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

108

EAN13

9782820610386

Langue

Français

Les Pardaillan - Livre III - La Fausta
Michel Z vaco
1908
Collection « Les classiques YouScribe »
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Suivez-noussur :

ISBN 978-2-8206-1038-6
Prologue

Décor : une nuit de printemps parfumée, mystérieuse etpure. Le parvis Notre-Dame. La cathédrale accroupie dans l’ombrecomme un sphinx titanesque, et à l’autre bout, un seigneurial hôtelà façade sévère.
Au balcon gothique, sous la caresse des clartés astrales, uneblanche apparition de charme et de grâce, pareille à une viergevaporeuse détachée du vitrail.
Palpitante et radieuse, elle suit des yeux dans l’obscuritébleuâtre un élégant et fier gentilhomme qui s’éloigne.
Cette jeune fille, c’est Léonore, l’unique enfant du baronde Montaigues : l’ange de pitié finale qui, depuis latragique journée de la Saint-Barthélemy où le vieux huguenot futsupplicié — aveuglé des deux yeux ! — lui prodigued’inépuisables consolations.
Et ce seigneur à qui elle jette l’adieu passionné de cesbaisers, c’est le fastueux et noble duc Jeande Kervilliers :
Son amant !
Lentement, à regret, lorsqu’il a disparu, elle rentre, ferme lebalcon, et, dans cette chambre où ses rendez-vous nocturness’écoulent aussi rapides que les irréelles minutes d’un songeéblouissant, elle évoque le dernier épisode de son amour : ily a une heure, ici même, suspendue au cou de Jean, elle a murmuréle plus émouvant et le plus redoutable des aveux… Elle va êtremère !
Comme elle a tremblé alors ! car le baronde Montaigues, l’aveugle, qui, à ce moment, dormait sipaisible et confiant, ce père qu’elle adore, quelle serait sonagonie de honte ! Que ferait-il s’il apprenait…
Léonore a entrevu des catastrophes…
À son premier mot, Kervilliers est devenu livide… de bonheursans doute ; car il l’a enlacée d’une plus ardente étreinte eta balbutié de formelles assurances ; le vieillard ne saurapas. La faute réparée à temps sera ignorée de tous. Demain, lui,Jean, parlera ! Demain, elle sera sa fiancée ! Dans peude jours, sa femme !
Voilà ce qui vient de se passer. Et maintenant qu’elle est seuledans ce réduit d’amour tout plein des souvenirs de l’amant, Léonoreresplendit de félicité.
Elle est sûre de Jean comme on l’est du soleil qui rayonne. Sonsein se gonfle, son front s’alourdit d’extase. Et ne sachant à quiconfier le trop-plein de ce bonheur qui déborde, elle le redit aucher petit qui dans quelques mois viendra au monde. Et elle sourità l’avenir, à demain, à cet ineffable demain, qui…
Tout à coup, un fracas retentit ! Une vitre du balcon asauté, une pierre enveloppée d’un papier roule sur letapis !
Léonore demeure d’abord immobile de stupeur et d’effroi… Puis,elle se rassure.
Ce papier, alors, la fascine et l’attire. Un billet !Oh ! Elle ne le lira pas ! Elle le rejettera aux ténèbresd’où il vient ! Elle se baisse, le saisit, hésite et…
Elle le déplie : C’en est fait, d’un trait elle l’aparcouru ! Alors, elle pâlit.
Le papier tombe de ses mains glacées, son regard se voile, soncœur se serre, une plainte d’infinie détresse expire sur seslèvres. Qu’a-t-elle lu ?… Voici :
« Monseigneur l’évêque prince Farnèse, qui demaincélébrera la Pâque dans Notre-Dame, est le seul qui puisse vousdire pourquoi Jean, duc de Kervilliers, ne vous épouserajamais… jamais ! »
Qui a jeté la pierre ? Un jaloux d’amour ? Un ennemide race ? Simplement un envieux ? Qu’importe ! Ledélateur est ici un comparse, un de ces êtres obscurs qui rampentet font un geste que nul ne voit. Seulement, le geste sème lamort…
Et pendant que cet être, quel qu’il soit, écoute et regarde,pendant que la fille de Montaigues se débat, aux prises avecle désespoir, le duc de Kervilliers, rentré chez lui, tombe àgenoux devant un portrait de Léonore et sanglote :
— Qu’a-t-elle dit ? qu’elle va être mère ? J’ai bienentendu ?… Perdue ! oh ! perdue !… Etmoi !… Ah ! misérable ! pourquoi n’ai-je pas fuiquand cette passion m’a mordu au cœur ? Pourquoi ne suis-jepas mort, plutôt !… Dire qu’elle m’attend demain pour parler àson père !… Que faire ? Que devenir ?… Fuir !Fuir honteusement, lâchement… Fuir dès demain !…
* * * * *
Au coup de la grand-messe de ce dimanche de Pâques 1573 Léonoreentre dans cette cathédrale dont, fille de huguenots, elle n’ajamais franchi le seuil.
Ce sont des heures d’inoubliable torture qu’elle vient de vivre.Mille suppositions affolantes ont traversé son esprit éperdu. Jeanest-il marié à une autre ?
L’évêque va lui répondre !
Dans l’église, elle s’arrête défaillante, consciente à peine dece qu’elle fait. Sa raison flotte, son regard vacille… et soudainse fixe sur le maître-autel, là-bas, par-delà l’immense nef, toutau fond où, dans la splendeur des cierges, environné d’étincelanteschasubles, couvert d’or, le prince Farnèse, légat du pape, entonnele Kyrie .
Léonore se met en marche. Par de lents efforts, elle se fraye unpassage. Mais quand enfin elle atteint le chœur, elle est sansforces. Elle n’est plus soutenue que par l’idée fixe :attendre que la cérémonie finisse, interroger cet évêque, luiarracher son secret, savoir s’il est vrai que son Jean l’ait ainsibafouée !
Dix pas, au plus, la séparent du prince-évêque. Tourné vers letabernacle, il officie en des poses empreintes d’une solennelledignité hiératique. Ah ! celui-là doit planer bien hautau-dessus des lâchetés humaines ! Celui-là ne mentirapas !
Et maintenant Léonore a peur.
Elle frissonne. L’approche de l’horrible réalité l’épouvante,elle se raccroche désespérément à son rêve d’amour, elle veutgarder une illusion quelques minutes encore, un rested’espérance ; elle veut reculer, s’en aller, sortir… soudainla sonnette résonne pour l’élévation !
Tout se tait, tout se prosterne… Léonore est debout, haletante,si pâle qu’il semble que la mort l’ait touchée de son aile…
Monseigneur Farnèse a saisi l’ostensoir, et flamboyant de samajesté, il se retourne…
Une terrible secousse ébranle Léonore des pieds à la tête.Terreur et délire !… Cet évêque ! L’étrange jeunesse dece visage de prélat !… Cette flamme des yeux !… Cetteéclatante beauté !… Elle les connaît !… Elle lesreconnaît !… Oh ! mais c’est…
Cet évêque !… Non ! L’hallucination est par tropinsensée ! Il faut qu’elle s’assure, qu’elle voie deprès ! Hagarde, rapide, elle franchit la grille, s’élance… etalors !…
Un suprême élan la pousse. Pantelante, elle monte les degrés del’autel ! Ses deux mains convulsives s’abattent sur lesépaules de l’évêque foudroyé, anéanti, et un lamentable cri déchirele silence :
— Puissances du ciel ! Jean ! mon amant ! C’esttoi ! C’est toi !…
Un geste de malédiction suprême !
Et Léonore inanimée tombe en travers des marches, aux pieds del’évêque pétrifié, blanc comme un marbre.
Une tempête de rumeurs se déchaîne. Profanation !Sacrilège ! On accourt. On se précipite sur Léonore, on lasaisit.
Et tandis qu’on l’entraîne, qu’on l’emporte, qu’on la jette aufond d’un cachot, le prince Farnèse, duc de Kervilliers,l’évêque, l’amant rugit dans sa conscience :
« Damné ! Maudit ! Je suismaudit ! »
* * * * *
Sur la place de Grève, dans la brumeuse matinée de novembre, unflot humain houle et roule autour d’un échafaudage de poutresgrossières. Contre le poteau central est assis un géant silencieux,semblable à quelque formidable cariatide de Michel-Ange :c’est maître Claude… le bourreau ! Ce sinistre squelette demadriers, c’est le gibet ! Et ce peuple accouru des quatrehorizons de Paris est là pour voir mourir Léonore condamnée pourmensonge diabolique et calomnie hérésiarque envers l’évêque.
Le procès a duré six mois.
Le jour même où Léonore a été arrêtée dans Notre-Dame, le baronde Mon

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