Vies secrètes , livre ebook

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« Lorsque je croise une personne inconnue, je lis dans son regard ses secrets, sa véritable personnalité, celle qui doit rester inavouée afin de préserver sa crédibilité auprès de sa famille, ses amis, son employeur. Parfois, c'est comique, parfois c'est tragique ! » Choyé par Michèle et Rodolphe, Siska est un adorable petit chien qui a une existence paisible et, surtout, un don fabuleux et enviable : il parvient à pénétrer l'âme des humains afin de deviner leurs moindres pensées et vies secrètes. Avec sensibilité, empathie et humour, il nous raconte des histoires inattendues, touchantes ou étonnantes, sur différentes personnes, côtoyant ses maîtres ou croisées lors de ses sorties. (Un petit narrateur attachant, psychologue et ouvert d'esprit, que vous aurez du mal à quitter à la fin de cet ouvrage empli de secrets, légers ou lourds. Siska vous fera certainement changer de regards, sur les chiens comme sur les humains...)

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Date de parution

13 août 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782342167443

Langue

Français

Vies secrètes
Jacqueline Laforgue
Société des écrivains

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Société des écrivains
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Vies secrètes

Toutes les recherches ont été entreprises afin d’identifier les ayants droit. Les erreurs ou omissions éventuelles signalées à l’éditeur seront rectifiées lors des prochaines éditions.
 
Retrouver l’auteur sur son site internet
www.jacqueline-laforgue.com
Prologue
Bonjour, ami lecteur ! Mon nom est Siska. Je suis un chien, un loulou de Poméranie. Vous ne me situez pas ? Je vais vous aider.
Ma race vient de Poméranie, aujourd’hui une province à cheval sur l’Allemagne orientale et la Pologne.
Ma robe est blanche, bien fournie, mon sous-poil est épais et ouaté. Mes yeux sont petits et noirs, mes oreilles, dressées sur la tête, ont une forme triangulaire comme celles d’un renard. Ma queue, de taille moyenne, fermement enroulée sur mon dos, est attachée haut.
Je suis né dans un petit village des Landes, Saint-Aubin, au sein du foyer de Laure et Roger, un couple d’amis de ma maîtresse Michèle. Depuis deux ans, je suis domicilié à Paris, dans le XV e arrondissement, rue Vaugirard.
Je vis dans une maison cossue, entourée d’un jardin clôturé par de hautes grilles devant lesquelles se dresse une épaisse haie de lauriers empêchant l’œil du passant un peu trop curieux de m’admirer lorsque je suis dehors.
J’ai mon panier, bien moelleux, posé à côté de la cheminée. Michèle ne comprend pas pourquoi je délaisse ce nid douillet pour m’allonger à même le parquet encaustiqué. C’est simplement parce que je suis un chien qui vient du froid, habitué à des températures au-dessous de zéro. Trop de chaleur m’incommode.
Le matin, avant de prendre son petit-déjeuner, elle me sert le mien dans une gamelle en inox sur laquelle elle a fait graver mon nom. Il en est de même pour le déjeuner et le dîner. Je suis toujours servi le premier.
Sous la peau au-dessus du cou, le vétérinaire m’a posé une puce dans le cas où… j’aurais des idées d’évasion. Je porte un joli collier rouge avec une petite clochette, une médaille sur laquelle sont inscrits mon nom et les coordonnées de mes maîtres et un anneau pour accrocher ma laisse, également rouge.
Avant de poursuivre, il faut que je vous parle un peu de Michèle. Elle a la cinquantaine bien tassée, elle n’est pas très grande, plutôt menue. Ses cheveux sont noirs, grâce aux colorations, coupés court, à la garçonne. Elle est presque toujours souriante et d’une telle gentillesse à mon égard !
Elle est avocate. Son cabinet est dans le même immeuble que celui de l’étude notariale de mon maître, son mari, Rodolphe, que je vais vous décrire un peu plus loin.
Je suis chouchouté, bichonné, caressé, dorloté ! Elle ne sait que faire pour me rendre la vie douce. Bref, c’est le paradis sur terre pour un chien !
Mon nom est celui d’un policier allemand d’un feuilleton télévisé qui passait le dimanche, en début d’après-midi sur la trois, me semble-t-il. Michèle adorait ce personnage mal rasé, au crâne légèrement dégarni, mais à la chemise d’un blanc immaculé, comme ma robe.
Comme je vous le disais plus haut, j’ai également un maître, l’époux de Michèle : Rodolphe. Il est grand, très mince, voire maigre, les cheveux châtains, les yeux marrons. Après sa profession de notaire, il a une passion : la chasse. Il possède donc une chienne setter irlandais : Tania. Elle a la chance de partir avec lui en Sologne chasser le faisan et autres volatiles. Je m’entends très bien avec elle. Lorsque nous sommes tous les deux dans le jardin, nous nous amusons comme des fous ! Nous courons, nous jouons, nous faisons des trous, ce qui n’est pas du goût de Michèle et Rodolphe.
Le couple possède une villa à Saint-Jean-de-Luz, dans le Pays basque. Tous deux y vont une fois par mois et y passent un mois l’été. Bien entendu, Tania et moi sommes du voyage.
Le matin de bonne heure, Rodolphe et Michèle, déjà en tenue de sport, nous accrochent à chacun notre laisse, puis nous entraînent vers l’océan. Arrivés sur la longue plage de sable blond et fin, nous sommes lâchés et livrés à nous-mêmes.
Quel bonheur de pouvoir entrer dans les rouleaux des vagues qui viennent mourir en bordure de la plage, de courir après les mouettes, de gratter le sable, de se rouler dedans, puis d’aller s’ébrouer à côté de nos maîtres, de les asperger d’eau salée et de sable !
J’allais oublier ! Michèle et Rodolphe sont les heureux parents de Margot qui a vingt-trois ans et fait des études de commerce international aux États-Unis, plus précisément à Boston.
Je n’ai pas eu la chance de la rencontrer puisqu’elle est partie juste quelques jours avant mon arrivée.
Bon, me direz-vous, jusque-là, rien d’extraordinaire, une vie de chien heureux ! Pourtant, j’ai un don.
Je suis sûr que c’est Franck, un ami de Michèle et Rodolphe, qui me l’a révélé. Lorsque je suis arrivé dans leur foyer, le dimanche suivant, Franck était invité à déjeuner avec son épouse Solène. C’est ainsi que nous avons fait connaissance. Je n’étais alors qu’une petite boule de poils ressemblant à une peluche. Immédiatement, le courant est passé entre nous. Il m’a pris dans ses bras et m’a longuement caressé la tête.
— Ce chien est extraordinaire ! a-t-il proclamé. Il est d’une intelligence rare. Il ne lui manque que la parole.
Devant le regard ironique de mes maîtres, il a insisté en précisant que j’avais le don de percer l’âme des humains, de deviner leurs pensées et leurs vies secrètes.
Ce à quoi Rodolphe a répondu en riant :
— Comme toi, ô grand devin Franck, qui lis l’avenir dans les lignes de la main   !
— Tu peux te moquer de moi, je suis persuadé qu’en ce moment il est en train de découvrir qui je suis, ma vraie personnalité, mes secrets cachés au plus profond de moi. S’il pouvait parler, il vous raconterait des choses surprenantes me concernant qui vous laisseraient pantois. Il en est certainement de même pour vous. Comme j’aimerais, petit Siska, que tu me dévoiles les secrets de Michèle et de Rodolphe. Tu sais, ceux qu’ils ne partagent même pas entre eux, ceux qui sont enfouis au fond de leur cœur ! Nous avons beau être mariés depuis de nombreuses années, nous ne connaîtrons jamais la véritable personnalité de nos conjoints.
— Mais c’est très bien ainsi, répliqua Rodolphe, chacun doit avoir son jardin secret.
J’ai gratifié Franck d’un coup de langue sur le nez pour lui signifier mon approbation.
— Voyez, il confirme qu’il est d’accord avec moi.
— Mon pauvre Franck, toujours aussi débordant d’imagination. Tu pars en plein délire ! a pouffé Michèle.
Franck m’a reposé délicatement dans mon panier, persuadé, j’en suis sûr, de la véracité de ses paroles.
Eh bien ! Vous me croirez si vous voulez, mais sa prédiction s’est révélée exacte. Lorsque je croise une personne inconnue, je lis dans son regard ses secrets, sa véritable personnalité, celle qui doit rester inavouée afin de préserver sa crédibilité auprès de sa famille, ses amis, son employeur. Parfois, c’est comique, parfois c’est tragique !
Je vais donc vous raconter la vie secrète d’amis de mes maîtres, mais aussi de personnes étrangères que j’ai eu l’occasion de croiser lors de mes sorties.
Et là, vous vous dites : « Peut-être aura-t-il quelque chose de croustillant à nous divulguer sur Michèle et Rodolphe ? »
Hélas pour vous, non ! Ils n’ont pas de vie secrète.
Moi qui partage leur vie de tous les jours, je ne vois rien d’extraordinaire à vous raconter les concernant.
En revanche, puisque c’est Franck qui m’a révélé mon don, je vais commencer par lui.
Franck
De taille moyenne, mince, cheveux bruns mi-longs, une mèche rebelle tombant sur ses yeux verts. Comme mes maîtres, Franck a la bonne cinquantaine. Profession : journaliste. Il s’occupe de la chronique mondaine d’un grand quotidien parisien.
Il est toujours habillé comme un dandy avec des vêtements qu’il commande sur mesure chez un grand couturier établi sur les Champs-Élysées. Il a fière allure et plaît à la gent féminine.
Il est de bon ton d’être vu à ses côtés lors des nombreuses réceptions organisées par le gratin et la jet-set. Ces dames se l’arrachent pour sa beauté physique, mais également pour son humour et ses jeux de mots.
Il est surnommé le « tombeur de ces dames » par ses amis et ses collègues. Que ce soit au bureau, au cinéma, au théâtre, au restaurant, dans la rue, vous le verrez toujours en compagnie d’une belle femme, entre trente et quarante ans de préférence, rarement en compagnie de sa propre femme, Solène.
« Mais comment peut-elle supporter ses infidélités ? » s’interroge Michèle.
« Et lui, comment supporte-t-il la présence de son beau-frère Ludovic qui est installé chez eux depuis leur mariage ? » se demande Rodolphe.
Pas moyen d’avoir une vie intime avec le beauf toujours dans les pattes ! Cela doit être pour cela qu’ils n’ont pas eu d’enfant.
Pourtant Solène est ce que l’on appelle une belle femme. Quarante-cinq ans, de quelques centimètres plus grande que Franck, un peu rondelette, les yeux noirs, les cheveux châtain foncé illuminés de quelques mèches blondes, une peau laiteuse. Elle aussi toujours élégamment vêtue. Elle est juriste au sein d’un grand cabinet fiscal.
Ludovic, le beauf, n’a vraiment aucune ressemblance avec Solène.
— Franchement, je ne saurais pas qu’ils sont frère et sœur, je les prendrais pour des étrangers, ne se lasse pas de dire Rodolphe aux personnes qui les rencontrent pour la première fois.
Ce qui fait sourire le trio.
Donc, ce cher Ludo, comme le surnommen

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