Un drame au Labrador , livre ebook

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Jean Lehoulier doit fuir, avec sa famille, pour le Canada, car il a tué, dans une rixe, l'un de ses amis, Pierre Noël. Un jour, arrive un nouveau voisin, qui n'est autre que la veuve Noël et ses trois enfants. Les familles s'entraident, le fils Lehoulier, Arthur, tombe amoureux de la fille de Mme Noël, Suzanne. Le cousin d'Arthur, Gaspard, homme rustre, et méchant, est jaloux d'Arthur : il cherche à se débarrasser de lui et convoite Suzanne. Un jour, les deux jeunes gens partent pour une chasse aux phoques. Pris dans la tempête, seul Gaspard en revient. Gaspard peut maintenant épouser Suzanne...
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Publié par

Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

58

EAN13

9782820602992

Langue

Français

Un drame au Labrador
Vinceslas Eug ne Dick
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0299-2
I – LES FUGITIFS
Il y a un peu plus d'une cinquantaine d'années, en face du Grand Mécatina , sur la côte du Labrador, vivait une pauvre famille de pêcheurs, composée du père, de la mère, de deux enfants (un garçon et une fille), et du cousin de ces derniers.
Le chef de la famille s'appelait Labarou ; le fils, Arthur, et le cousin, Gaspard.
Quant aux deux femmes, l'une répondait au nom de mère Hélène et l'autre au sobriquet de : Mimie.
Tout ce petit monde vivait en parfaite intelligence, se contentait de peu et n'avait pas la moindre idée que l'on fût plus heureux ailleurs que sur cette lisière de côte désolée qu'il habitait.
Pour peu que la pêche allât bien, que la tempête ne vînt pas démolir la barque ou abîmer les filets et que le hareng, la morue et le maquereau fissent leur migration au temps voulu, on n'en demandait pas davantage.
L'automne et le printemps, une goélette de cabotage parcourait cette partie de la côte, approvisionnant les pêcheurs échelonnés ça et là, achetait leur poisson et les quittait pour ne revenir qu'à la nouvelle saison navigable.
Quelquefois cette goélette avait à son bord un missionnaire, chargé des intérêts spirituels de cette vaste étendue de pays.
Et cette visite bisannuelle, impatiemment attendue, constituait tout le commerce qu'avait avec le reste de l'humanité la petite, colonie de Kécarpoui .
Car c'était sur la rive droite de la rivière Kécarpoui, à son embouchure même dans le fond de la baie du même nom, que la famille Labarou avait assis son établissement.
Cela remontait à 1840.
Un soir de cette année-là, en juillet, une barque de pêche lourdement chargée abordait sur cette plage.
Elle portait les Labarou et tout ce qu'ils possédaient : articles de ménage, provisions et agrès.
Le père, un Français des îles Miquelon, fuyait la justice de la colonie lancée à ses trousses pour le meurtre d'un camarade, commis dans une de ces rixes si fréquentes entre pêcheurs et matelots, lorsqu'ils arrosent trop largement le plaisir qu'ils éprouvent de se retrouver sur le plancher des vaches .
Il s'était dit avec raison que le diable lui-même n'oserait pas l'aller chercher au fond de ces fiords bizarrement découpés qui dentellent le littoral du Labrador.
Le fait est que les hasards de sa fuite précipitée avaient merveilleusement servi Labarou.
Rien de plus étrange d'aspect, de plus sauvage à l'œil que l'estuaire de cette baie de Kécarpoui, à l'endroit où la rivière vient y mêler ses eaux ; rien de plus caché à tous les regards que cette plage sablonneuse où la barque des fugitifs de Miquelon venait enfin de heurter de son étrave une terre indépendante de la justice française !
Les lames du large, longues et presque nivelées par une course de plusieurs milles en eau relativement calme, viennent mourir avec une régularité monotone sur un rivage de sable fin, dessiné en un vaste hémicycle qui enserre cette grosse patte du Saint-Laurent allongée sur le torse du Canada.
Mais, au-delà de cette lisière de sable, d'un gris-jaunâtre très doux à l'œil, quel chaos !… quel entassement monstrueux de collines pierreuses, de blocs erratiques à équilibre douteux, de falaises à pic encaissant l'étroite et profonde rivière qui a fini par creuser son lit, Dieu sait au prix de quelle suite de siècles ! au milieu de cette cristallisation tourmentée !…
Ça et là, des mousses, des lichens, de petits sapins même, épais et trapus, s'élancent des fentes qui lézardent ou séparent les diverses assises de ce couloir de Titans, au fond duquel la Kécarpoui chemine, tapageuse et profonde, vers la mer.
Le thalweg de cette vallée est indiqué par la ligne sinueuse des conifères en bordure sur ses crêtes, jusqu'à un pâté de montagnes très élevées qui masque l'horizon du nord.
À droite et à gauche, le sol, moins tourmenté, offre ci et là des bouquets de sapins ou d'épinettes, qui semblent des îlots surélevés au sein d'une mer de bruyères, d'où émergent de nombreux rochers couverts de mousse et de squelettes d'arbres foudroyés, où le feu du ciel a laissé sa patine noirâtre…
En somme, s'il plaît à l'imagination, le paya semble aride et tout à fait impropre à l'agriculture.
Pourtant, Labarou embrassa d'un œil satisfait ce paysage d'une horreur saisissante…
Bon homme au fond, mais d'humeur taciturne, surtout depuis cette fatale rixe où il avait tué un camarade, le pêcheur miquelonnais ne tarda pas à s'éprendre de cette nature bouleversée, si bien en harmonie avec sa propre conscience.
La situation exceptionnelle aussi de cette jolie baie, en pleine région de pêche, le décida…

Il résolut de s'y fixer.
L'installation ne fut ni longue, ni difficile.
Des sapins et des épinettes, de médiocre futaie sur toute cette partie du littoral, furent abattus, grossièrement équarris et superposés pour former les quatre pans du futur logis. Toutes ces pièces de bois, liées à queue d'aronde aux quatre angles, formèrent un carré très solide, que l'on surmonta d'un toit en accent circonflexe, recouvert de planches confectionnées à la diable…
Et la maison était construite.
On s'en rapporta aux jours de chômage à venir pour améliorer petit à petit cette installation faite à la hâte et y ajouter les hangars et autres annexes indispensables.
L'essentiel, pour le moment, c'était de s'organiser pour la pêche.
Les agrès furent inspectés et réparés ; la barque radoubée et goudronnée de l'étrave à l'étambot ; les voiles remises en état…
Bref, quinze jours après leur abordage, les Labarou se retrouvaient chez eux et reprenaient leur train de vie ordinaire.
Cela devait durer douze années entières, pendant lesquelles un incident digne d'être rapporté vint rompre la monotonie de cette existence patriarcale.
II – AVENTURE DE CHASSE
En juillet 1850, c'est-à-dire dans la dixième année de leur séjour à Kécarpoui, les jeunes cousins Labarou firent une assez longue expédition en mer.
Âgés tous deux alors d'un peu plus de vingt ans, très développés physiquement et hardis marins, ils ne craignaient guère de s'aventurer en plein golfe, dans la barque à demi pontée qu'ils s'étaient construite eux-mêmes, sous la direction du vieux Labarou.
Cette fois là, soit hasard de la brise, soit curiosité d'adolescents, ils avaient poussé une pointe jusque près de la côte ouest de Terre-Neuve, malgré les recommandations paternelles ; et, joyeux comme des galopins qui ont fait l'école buissonnière, ils revenaient à pleines voiles vers la baie de Kécarpoui, lorsqu'on remontant le littoral, qu'ils serraient d'assez près, un spectacle fort attrayant pour des yeux de chasseurs leur fit aussitôt oublier qu'ils étaient pressés…
Deux caribous, arrêtés au bord de la mer, où ils étaient venus boire sans doute, se tenaient côte à côte, les pieds dans l'eau et la mine inquiète, regardant cette embarcation voilée qui se mouvait sans bruit, à quelque distance du rivage.
La tentation était vraiment trop forte !…
Un coup de barre, et la barque se dirigea vers le rivage, qu'elle laboura de son étrave et où elle s'immobilisa.
Les deux jeunes gens, le fusil à la main, étaient déjà partis en chasse.
Mais les gentilles bêtes, revenues de leur premier mouvement de surprise et ramenées d'instinct au sentiment de la prudence, pirouettèrent sur leurs pieds et disparurent sous bois, gagnant la côte voisine.
Les chasseurs s'élancèrent sur leurs traces et eurent bientôt fait d'escalader la côte boisée qui leur masquait l'horizon du nord.
Arrivés sur la crête, ils s'arrêtèrent un moment pour reprendre haleine et s'orienter.
Devant eux s'étendait une large savane, tapissée de bruyères longues et maigres, émergeant d'une herbe jaunie, haute et clairsemée. Ça et là, des rochers de formes diverses accidentaient cet espace découvert, que Jupiter tonnant avait dû défricher lui-même S'il fallait en juger par les souches à demi

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