Quelque chose comme une odeur de printemps , livre ebook

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Enfant au regard cocasse et lucide, amoureuse des odeurs, des saveurs et des mots, Béate se désole d’avoir des parents qui ressemblent à des enfants, une sœur calculatrice et un frère lémurien. Le temps qui passe lui apprendra à voir sa famille sous un autre angle : ses parents sont dévastés, sa sœur a une tête de scientifique et son frère est… schizophrène.
Après la mort tragique de ce dernier, Béatrice devra affronter la culpabilité, le passé et surtout la vie qui continue, toujours et encore, malgré tout. Entourée de Wu, une Chinoise qui n’en est pas une et qui peint de grotesques personnages, et de Monsieur Pham, le charismatique Vietnamien du dépanneur qui fait de délicieux rouleaux impériaux, elle découvrira le réconfort et la douceur de l’amitié.
Écrit avec une finesse et une fraîcheur remarquables, Quelque chose comme une odeur de printemps embaume le souvenir d’un hiver beau et glacial, non sans laisser quelques engelures.
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Publié par

Date de parution

18 avril 2012

Nombre de lectures

9

EAN13

9782895972891

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

QUELQUE CHOSE COMME UNE ODEUR DE PRINTEMPS
Annie-Claude Thériault
Quelque chose comme une odeur de printemps
Roman
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Thériault, Annie-Claude
Quelque chose comme une odeur de printemps [ressource électronique] / Annie-Claude Thériault.
(Voix narratives)
Monographie électronique.
Publ. aussi en format imprimé.
ISBN 978-2-89597-288-4 (PDF).— ISBN 978-2-89597-289-1 (EPUB)
I. Titre. II. Collection : Voix narratives (En ligne)
PS8639.H455Q45 2012 C843'.6 C2012-901585-7



Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l'Ontario, la Ville d'Ottawa et le gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada.

Les Éditions David
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www.editionsdavid.com

Tous droits réservés. Imprimé au Canada.
Dépôt légal (Québec et Ottawa), 2 e trimestre 2012
À Stéphane
ROMAN
PROLOGUE

HIVER
C’était un spectacle glaçant. La neige bleue, blanche, belle, tapissait le sol comme des milliers de diamants reflétant les rayons lumineux. Je ne sais pas comment ça s’appelle. Ça porte un nom, c’est certain. C’est un procédé connu : les rayons du soleil font émaner les couleurs de l’arc-en-ciel sur de petits cristaux de neige. On dirait les écailles d’une truite visqueuse tout juste sortie de la rivière. C’est une question d’ondes, de spectre je suppose. Je ne sais plus d’où je tiens cette théorie, de Philomène sans doute, mais il paraît que plus il fait froid, plus les faisceaux lumineux sont colorés.
C’était une journée glaciale, comme seul février en connaît.
Un temps sec, cassant, cruel.
C’était un décor affreux que celui de cette neige si fraîche sur laquelle se découpaient les silhouettes de ces grands manteaux noirs, de ces épaules tristes, la trace de ces pas lourds, lents, léthargiques. Tout ce que je souhaitais, c’était chercher à comprendre n’importe quoi pour ne plus voir que les infimes détails du portrait qui s’offrait à moi : une lumière sur un glaçon, un bouton à quatre trous, une goutte qui roule, la neige qui crépite, une paupière qui se ferme. Tant qu’on ne s’attarde qu’aux menus détails, on ne saisit rien. C’est comme ça. Si on n’observe que les petits gestes, que les microscopiques choses qui nous entourent, on peut encore en oublier l’atrocité. Je n’arrivais pourtant pas à me concentrer. J’avais mal à la tête. Le cœur qui voulait me sortir du corps. L’étrange impression que le paysage était embué, irréel, qu’il disparaissait lentement.
La scène était intolérable. L’hiver, immobile, s’appesantissait sur nous. L’horizon était trop marqué. Géométriquement tracé entre un ciel trop bleu et un sol d’un blanc trop frais. Je me sentais étouffée, prise dans un étau. Dans une vulgaire boule de Noël en verre que quelqu’un aurait trop brassée, mais dans laquelle il n’y a hélas ! plus de flocons. Le vertige, le mal de mer, de l’air.
Le sol craquait.
Il me semblait que tous ces visages mornes me regardaient. Scrutaient mes moindres gestes, cherchaient une parole quelconque de ma part. Des visages de poupées qui attendaient, inertes, que je les anime. Je ne voulais pas les voir. Je les imaginais en porcelaine. Des visages de poupées en porcelaine, ronds, gonflés d’eau, aux joues rosées. Des visages humides qui éclateraient inévitablement par ce froid fendant.
Mon père, grand, placide, droit, beau… mais si triste. Je le savais, je le devinais dans les petits plis de ses tempes à peine cachés sous son bonnet d’aviateur, dans la courbe presque invisible de ses épaules. Comme s’il portait un poids trop lourd pour lui. À ses côtés, ma mère, dévastée, en larmes, le visage enflé, les yeux rougis et boursouflés. On aurait juré qu’elle allait s’effondrer, s’agenouiller et disparaître sous la neige. Elle portait dans son regard l’usure de ces années de souffrance. Même le vert de ses yeux était presque devenu gris. À partir de ce moment, c’est comme si elle avait souffert pour rien. Et puis, ma petite sœur, maîtresse d’elle-même. Une main réconfortante sur l’épaule de ma mère, l’autre bien serrée en poing au fond de son gant trop grand. Ses hautes bottes de cuir noir lui donnaient une allure cavalière, chevaleresque. Son regard défiant, assuré, dans lequel je décelais tout de même une trace d’humidité, fixait la cérémonie comme s’il s’agissait d’une simple démonstration d’excavation en plein hiver. Elle a toujours su quoi faire, même à ce moment-là, même cette journée-là, c’est impensable.
Un portrait de famille incomplet, figé dans une douloureuse beauté, dans une infinie tristesse ; c’est le dernier souvenir que j’ai des funérailles de mon frère.
20 février 1996 : mon grand frère est mort.
Et moi aussi.
I
ÂCRE

1
FROIDURE
Maman voulait absolument que je l’accompagne même si elle sait que j’ai particulièrement horreur des centres d’achat. Pour bien marquer ma répulsion, j’ai décidé de marcher à reculons pendant toute la journée. J’aurais parfaitement réussi ma boutade si je ne m’étais pas arrêtée à la salle de bain. C’est que j’ai un faible pour la poésie et j’adore les graffitis. Habituellement, ça ne m’aurait pas autant perturbée, mais là, j’ai lu, inscrit avec un vulgaire crayon à bille noire sur le mur de la toilette : « Ma vie ce n’est pas une vie, c’est l’hiver. »
Un froid glacial m’a transpercé l’échine. J’ai remonté mon pantalon sans même être capable de pisser. J’ai complètement oublié ma lubie de marche à reculons. J’ai couru jusqu’au banc où maman m’attendait et j’ai insisté pour avoir une nouvelle tuque, même si le soleil de juillet nous faisait fondre la cervelle.

2
ODEUR
C’est un mélange de cannelle et de clous de girofle. J’en suis maintenant certaine : mon frère sent le sucré épicé et empeste en même temps le pot-pourri. C’est dommage. Je déteste les clous de girofle. En plus, ça me rappelle le jambon que maman fait toujours cuire le dimanche. Mais ce n’est pas sa faute, on ne choisit pas son odeur. Maman, elle, sent le lilas, ça crève le nez. Papa, c’est moins certain… je dirais le cèdre bouilli. Ma petite sœur a une odeur de jus de pomme parfumé d’une légère touche de formol et moi… je ne sais pas. On dirait que je ne sens rien. Je dois bien sentir quelque chose. On sent toujours quelque chose.
Je m’appelle Béatrice Dugas, résultat de l’obsession de mes parents pour la filiation. La preuve : mon grand frère s’appelle Joachim et ma petite sœur, Philomène, deux prénoms aussi hérités de mes grands-parents. Si j’avais eu un autre frère, il s’appellerait sans doute Pamphile, le pauvre ! La tragédie dans mon prénom, c’est son diminutif. Personne ne se donne la peine de prononcer trois syllabes. C’est trop long. On s’arrête généralement à deux, ou même à une si possible. Ce qui fait que mon frère est finalement Josh, ma sœur Philo et moi, Béate. Vous imaginez ? Béate ! Que puis-je espérer devenir en me nommant Béate ? Je sais bien que la plupart des gens ne savent même pas ce que cela veut dire, mais je le sais, moi. Je divise d’ailleurs toujours les gens en deux catégories : ceux qui savent et ceux qui ignorent ce que mon prénom signifie. Il n’y a que papa que je ne réussis pas à classer. Chaque fois que quelqu’un m’appelle Béate, je vois le coin de son œil droit se replier vers le bas pendant que sa bouche forme un petit pincement irrité. Mais je ne parviens pas à savoir si c’est parce qu’il sait ou simplement parce qu’il tient à ce qu’on ne déforme pas mon prénom.
J’habite à Hull, dans une petite maison en rangée au 47 rue de Loiret, au coin de Picardie et d’Auvergne. Je n’arrive toujours pas à comprendre cette manie des thématiques insignifiantes dans les noms de rue. Pour se rendre chez moi, je vous assure, on pourrait presque continuer tout droit sur Saturne, tourner à gauche sur Jupiter, passer devant l’école de la Galaxie, tourner &#

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