Les Faux marabouts , livre ebook

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Que se passe-t-il à Soké-Soké ? Téléphone, argent, sacs de riz, bidons d'essence disparaissent tandis que 2 mystérieux personnages promettent monts et merveilles. Le commissaire promet de les coffrer. Mais à malin, malin et demi !
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Nombre de lectures

236

EAN13

9782350450780

Langue

Français

Bernard Pévé BÉAVOGUI
Les faux marabouts
Ce fut à Soké-Soké que toute cette histoire arriva.
Simbon et Fadimamba avaient décidé de se rendre à Soké-Soké. C’était la ville la plus vaste et la plus animée de la région. Aux environs de 19 h, ils y arrivèrent. La nuit avait fini d’envelopper toute la cité de son épais drap noir. Et, ne connaissant personne dans cette ville, ils partirent à la station d’essence pour attendre le jour.
Après quelques minutes de conversation sur les bancs de la station, fatigués par les multiples soubresauts du trajet, nos deux voyageurs s’endormirent quand soudain un vieil homme vêtu de noir les réveilla. C’était le vieux Tanou venu, comme d’habitude, acheter un peu de pétrole pour sa lampe tempête. Il était fort étonné de voir les deux jeunes somnoler sur les bancs.
En effet, pour celui qui connait la piqûre des moustiques de Soké-Soké, dormir dehors et de surcroît en manches courtes est fort étrange.
Simbon et Fadimamba venaient de Sorola. Une ville située à l’Est, à une centaine de kilomètres de Soké-Soké. Le vieux connaissait bien cette ville. Il y avait passé une grande partie de sa jeunesse et en gardait de très bons souvenirs. Pour manifester sa gratitude envers les habitants de cette ville, sans trop discourir, il demanda aux deux jeunes de le suivre et les conduisit chez lui.
Arrivés là-bas, après quelques mots d’hospitalité, il les pria de se laver.
Avant d’aller au lit, notre vieil homme échangea encore quelques petites phrases avec les étrangers. Et puis, peu après, tout fut de nouveau calme dans la maison. Les ronronnements réguliers de Tintin, le chat du vieux, étaient la seule chose qu’on entendait faiblement. La nuit passa vite.
Le matin, au premier cri du coq, le vieux se leva et alluma le feu sur lequel il plaça sa casserole de quinquéliba. Les pendules indiquaient 5h.
Dans leur chambre, Simbon et Fadimamba étaient déjà debout. Ils savaient qu’ils étaient venus à Soké-Soké pour une mission. C’était donc le bon moment pour demander comment s’y prendre.
Ils sortirent pour dire bonjour au vieux qui leur offrit deux tasses de quinquéliba plus deux morceaux de pain beurré comme petit déjeuner. Et le bavardage commença. Simbon et Fadimamba étaient curieux et posèrent beaucoup de questions. Ils voulaient avant tout connaître la chose qui avait fait tant de bruit cette nuit derrière la maison.
«C’est Wazi, la rivière sacrée, leur dit le sage. Jadis, quand les ennemis venaient pour détruire Soké-Soké, c’est cette petite rivière qui les en empêchait. Elle devenait grande, grande jusqu’à entourer le village et monter jusqu’à la cime des arbres. Sans passage possible, les ennemis rebroussaient chemin. Et généralement, les téméraires étaient noyés sans que leurs corps soient jamais retrouvés. Oui mes enfants, poursuivit le vieil homme, Wazi a toujours été la forteresse et le bouclier de Soké-Soké, jusqu’à maintenant.»
– Elle monte encore aujourd’hui jusqu’aux arbres? demandèrent brusquement Simbon et Fadimamba pris de peur.
– Non! Elle a perdu beaucoup de ses pouvoirs à cause des gens, dit le vieux avant d’activer à nouveau son feu qui commençait à s’endormir sous les cendres.
Simbon et son compagnon se regardèrent et firent quelques gestes indéchiffrables, semblables à un soulagement.
– Mais, ce que je sais, poursuivit le vieux sans remarquer leurs mouvements, c’est que Wazi n’a pas perdu tout son pouvoir. Jusqu’à présent, on sent toujours sa protection. Jamais un malfaiteur venu dans cette ville, n’est reparti sans être vu et arrêté. Tous les malfaiteurs qui ont tenté l’aventure ont été arrêtés. Et cela, grâce aux génies de Wazi, conclut le vieux.
Fadimamba et Simbon se regardèrent à nouveau d’un air terrifié et leur cœur se mit à battre intensément.
Après ce récit, sans dire à ses hôtes où il allait, le vieux s’excusa pour 30 minutes. Quelque chose de pressant semblait l’appeler dehors.
Profitant de cette absence, Simbon et Fadimamba prirent leur courage à deux mains et descendirent à la rivière pour voir ce à quoi elle ressemblait. Arrivés sur place, contre toute attente, ils trouvèrent une toute petite rivière serpentant péniblement entre des cailloux verdis par l’âge. Simbon refusa de croire que c’était cette eau qui faisait tant de bruit la nuit. En tout cas, la journée, elle ne faisait aucun bruit. Cela leur fit encore plus peur. Mais malgré cette peur qui les habitait et l’évidence de la chose, ils essayaient de soutenir leur force par des idées contraires. Comme le dit un proverbe, qui avale une noix de coco fait confiance à son anus.
Dans la chambre, tout avait déjà été planifié par les deux amis. Leur mission à Soké-Soké ne devait durer que deux semaines. Ils n’avaient donc pas de temps à perdre. Décidément, après cette ville, ils se rendraient dans une autre ville. Ils avaient besoin d’argent, de beaucoup d’argent. Pour eux, l’heure H allait bientôt sonner. Mais jusqu’à présent, leur tuteur ne connaissait rien de leur activité. Pour lui, ces deux jeunes étaient venus chercher du travail. Un point, c’est tout. Il n’était pas du tout curieux de savoir le type de travail que cherchaient ses hôtes. Il ne les interrogea même pas sur le métier qu’ils avaient appris à Sorola.
Poliment, après quelques rigolades, Simbon et son ami firent savoir à leur tuteur, qu’à partir de cette semaine, ils sortiraient pour se chercher du travail et qu’il pourrait leur arriver de rentrer tard à la maison indépendamment de leur volonté. Le vieux fut compréhensif. Il leur prodigua seulement quelques conseils de prudence face aux multiples dangers de la ville et les regarda s’éloigner avec tendresse.
Simbon était un beau garçon qui avait volontairement laissé sa barbe encadrer son visage pour faire l’important. C’était un beau parleur qui riait rarement. Il avait un teint relativement clair avec des yeux enfoncés. Et Fadimamba, lui, était de teint noir et très beau aussi. Il était un peu plus grand et plus musclé que son ami et mettait souvent des lunettes pour se donner un genre.
À vrai dire, à les voir et à les écouter, les deux jeunes donnaient l’impression d’individus sincères et honnêtes.
En ce jeudi sur tous les calendriers de Soké-Soké, c’était le jour du marché hebdomadaire. Simbon et Fadimamba devaient, sans tarder, commencer leur opération. Ils partirent se cacher derrière la mairie, l’un sous le cocotier et l’autre un peu plus loin sous un hangar, attendant les passants.
Un groupe de marchands arrivait. Ils bavardaient joyeusement et ne prêtaient attention à rien. La causerie et le souci d’arriver au marché à temps les absorbaient visiblement.
Sous le cocotier et sous le hangar, on resta tranquille. Même pas un mot. En de pareils cas, il faut de la prudence. Le groupe est inattaquable.
Un chaton amusa la galerie par son passage. Tout à coup, Fadimamba placé sous le hangar vit venir un jeune garçon, il fit signe à Simbon.
Le jeune avançait innocemment courant après sa petite balle de tennis. Il ne regardait ni devant ni derrière, son jeu le dévorait. Il arriva à la hauteur de Simbon qui s’avança et le salua. Le garçon sursauta.
– N’aie pas peur, jeune homme! Je veux juste que tu m’aides, dit Simbon.
– En quoi faisant? répondit le jeune.
– Je cherche l’hôpital central de Soké-Soké, reprit Simbon, une parente m’y attend impatiemment. Mais, ma foi, je me suis égaré. Je ne connais plus la route qui y mène.
– Pourtant, lança humblement le jeune, l’hôpital central n’est plus loin. Vous êtes presque arrivé. Prenez tout droit cette route, à quarante mètres, vous trouverez une autre route plus large que celle-ci, elle coupe cette route en deux. Vous prenez celle-là, du côté gauche, et sans déviation, vous serez à l’hôpital central.

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