Les Amours de village , livre ebook

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2011

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Un recueil de nouvelles qui puisent leur inspiration, comme le titre l'indique, dans les amours villageoises.
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Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

107

EAN13

9782820608772

Langue

Français

Les Amours de village
mile Richebourg
1890
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0877-2
Partie 1 Deux Amis
Chapitre 1

Ils se nommaient Étienne et Jacques.
Ils étaient nés la même année, à Essex, petit village d’un denos départements de l’Est.
Jacques était le fils d’un riche fermier. Le père d’Étienne, unpauvre journalier, usait toute la force de ses bras, toute la sueurde son corps pour donner du pain à sa femme et à ses cinq enfants.Il est à remarquer que ce sont généralement les plus pauvres quiont une plus nombreuse famille.
En été, aux jours de la fenaison, Radoux, le père d’Étienne,fauchait à lui seul la moitié des prairies du fermier Pérard. Ilétait aussi le premier parmi les travailleurs, quand venait l’heurede couper les blés et les avoines. En hiver, – en ce temps-là lesmachines à battre étaient encore très rares – Radoux devenaitbatteur en grange ; de mémoire de paysan, jamais à Essex,avant Radoux un fléau n’avait frappé autant de gerbes et d’épisdans une journée. Aussi le manœuvre ne manquait jamais d’ouvrage.Il le fallait, d’ailleurs, car cinq enfants à nourrir était unerude tâche.
Mais Radoux voyait grandir Étienne, son aîné, et il se disaitavec un sourire heureux :
– Dans quelques années mon gros gars sera déjà assez fortpour manier la faucille et égrener une gerbe.
Étienne promettait, en effet, de devenir aussi fort, aussirobuste que son père. Le jeune sauvageon n’attendait que la greffepour donner de bons fruits. À défaut de l’instruction, qu’il nepouvait recevoir, les conseils de ses parents et une extrêmesensibilité devaient développer les bons germes qui étaient enlui.
Un jour de fête de Pâques, les enfants, réunis sur la petiteplace du village, faisaient rouler des œufs teints de diversescouleurs. Tout à coup, une querelle s’éleva entre Jacques, le filsde M. Pérard, et Étienne Radoux. Ils avaient alors dixans.
Jacques était un enfant faible et délicat, mais hargneux etagaçant comme certains petits roquets qui aboient dans les jambesdes passants et se lancent sur les molosses pour essayer de leurmordre les jarrets. Il savait son père riche, il était mieux vêtuque ses camarades : cela le rendait fier, dédaigneux,insolent, et lui faisait prendre vis-à-vis de ceux-ci un grand aird’importance. Déplaisant et insupportable, il froissait ses jeunescompagnons et s’attirait des inimitiés nombreuses.
Ce jour-là, il portait pour la première fois un joli vêtement develours bleu, sur lequel scintillaient de magnifiques boutons decuivre doré.
La dispute, comme toutes les querelles d’enfants, allait seterminer par la reprise du jeu, lorsque Jacques, comparant sonsuperbe costume aux pauvres vêtements d’Étienne, lui dit méchammentet avec mépris, en le regardant des pieds à la tête :
– Tu devrais aller te cacher, avec ton pantalon rapiécé etta veste crasseuse ! Va-t’en donc, mendiant !
Les yeux d’Étienne s’enflammèrent de colère. Encouragé par sescamarades, qui l’approuvaient de la voix et du geste, il marcha surJacques le poing levé. Ce dernier recula prudemment. D’un bond,Étienne aurait pu l’atteindre et le renverser ; mais il avaitune autre intention ; l’idée d’une vengeance cruelle venait depasser dans sa tête. Il le poussa jusqu’au bord d’une mare oùcroupissait une eau fangeuse. Alors un sourire singulier crispa seslèvres ; il s’élança sur Jacques et, d’un coup d’épaule, lejeta dans la mare.
Tous les gamins applaudirent.
Aux cris poussés par la victime, qui se débattait dans la fange,un homme accourut. Il se pencha sur l’eau, saisit Jacques aucollet, l’enleva comme une plume et le remit à terre sur ses deuxpieds. Cet homme était le père d’Étienne.
Sans adresser une parole à son fils, il le prit par la main etl’entraîna rapidement vers sa demeure, pendant que Jacques, honteuxet désolé, regardait piteusement ses beaux habits souillés deboue.
– Assieds-toi là, dit Radoux à son fils dès qu’ils furentrentrés au logis, en lui indiquant un escabeau.
L’enfant obéit. Il tremblait de tous ses membres. Le calme deson père l’effrayait ; il pressentait quelque chose deterrible. Voulant essayer de se justifier :
– Mon père, balbutia-t-il, laissez-moi vous raconter…
– C’est inutile. Tout ce que tu pourrais me dire, je lesais. Maintenant, écoute-moi.
Chapitre 2

Radoux était pâle ; il prit une chaise et s’assit en facede son fils. Sa femme était sortie avec les autres enfants, ce quine contribuait pas à rassurer Étienne. De grosses larmes roulaientde ses yeux.
– Mon père, s’écria-t-il, j’ai été méchant aujourd’hui,mais je ne le serai plus, je vous le promets ! Ne me battezpas !
Ces derniers mots de l’enfant firent tressaillir le père, et ildevint plus pâle encore.
– T’ai-je donc jamais frappé ? dit-il d’une voixétrange. M’as-tu vu une seule fois lever la main sur toi ou sur tesfrères ?
– Oh ! non, mon père, jamais !
– Dieu n’a pas donné à l’homme la force pour qu’il s’enserve brutalement, reprit Radoux. Tu viens de commettre unemauvaise action, Étienne ; oui, tu as été méchant ; maisavant de te faire des reproches, je veux savoir si tu as du cœur.Fais bien attention à ce que je vais te dire.
« Un jour, il y a de cela un peu plus de dix ans, jeconduisais ta mère à la fête d’un village voisin. Elle était à monbras, un jeune homme osa l’insulter. J’ai su plus tard qu’ilcroyait s’adresser à une autre personne. Son erreur nous futfatale. Il n’avait pas fini de parler que déjà emporté par lacolère, je l’avais frappé violemment. Il tomba à mes pieds commeune masse.
» Le lendemain, le malheureux était à l’agonie et moi… enprison !
» Comprends-tu, Étienne ? Pour venger ta mèreoutragée, j’avais tué un de mes semblables ! Je fus emmené parles gendarmes, j’avais mérité mon sort.
» On était à la veille de l’hiver, et l’année avait étémauvaise. Ta mère restait seule, désespérée, sans bois, sans pain,sans argent et incapable de travailler. Tu allais venir aumonde…
» Dieu seul a connu ma douleur et a vu toutes les larmesque j’ai versées dans mon cachot. Il m’a entendu maudire la forcequ’il m’a donnée, et c’est à genoux, les mains jointes, que j’aijuré alors de ne plus me servir de cette force funeste autrementque pour le travail. En quelques jours, j’ai souffert toutes lestortures de l’âme et du cœur.
» – Ma pauvre Marie, me disais-je, que va-t-elledevenir ?
» Cette seule pensée me rendait comme fou. Je poussais descris épouvantables et je me démenais si fort, entre les quatre mursde ma cellule, qu’on crut devoir me lier avec des cordes pourm’empêcher d’attenter à ma vie.
» J’avais bien raison de me désoler en pensant à ta pauvremère. L’hiver arriva, et un matin, toutes ses ressources épuisées,elle resta dans son lit ; elle se sentait trop faible pour selever. Alors elle dit :
» – Ce soir ou demain je serai morte !
» Ce même jour, une jeune femme, ou plutôt un ange, entradans notre pauvre demeure. Je dis un ange, car, arrivant à ladernière heure, elle était bien l’envoyée du bon dieu. Elle vit lamourante pâle, maigre, glacée et comprit tout.
» Une heure après, un grand feu pétillait dans la cheminée,et deux valets de ferme apportaient d’énormes paniers pleins deprovisions. La mort, qui déjà frappait à la porte, s’en alla. Tamère était sauvée ! »
Étienne écoutait le récit de son père avec une émotioncroissante.
– L’excellente femme dont je viens de te parler, poursuivitRadoux, allait bientôt devenir mère, elle aussi. Or, pour un petitenfant qui va naître, on prépare des langes, de petits bonnets, depetites chemises… tout est petit pour un bébé mignon. Ici, ta mèren’avait pu faire aucun apprêt pour te recevoir ; mais à laferme, sans rien lui dire, on confectionnait deux layettes, commesi on eut attendu deux jumeaux.
» Le jour de ta naissance, ta mère pleura de surprise et dereconnaissa

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