Léila , livre ebook

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François, jeune agent de sûreté parti à San Pedro dans le cadre d'une mission de travail, est injustement accusé de viol sur mineure et incarcéré à la prison civile de Sassandra. Après quarante jours de prison, il est innocenté et libéré après un rebondissement spectaculaire dans l'enquête menée par le juge d'instruction.

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Date de parution

13 septembre 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414081479

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-08145-5

© Edilivre, 2018
Dédicace
À mon épouse et à nos adorables enfants,
À ma mère et ses prières intenses,
Au capitaine Koua André et au lieutenant Nahounou Aka, tous deux en fonction au commissariat de police spéciale de l’aéroport d’Abidjan,
À mon père, l’adjudant-chef de gendarmerie à la retraite Yao Kouadio.
Ce livre est inspiré d’une histoire vraie. Seuls les noms de certains personnages et de certains événements ont été modifiés.
Léila
 
Au cinéma, il suffit qu’une scène ne soit pas du goût du réalisateur pour qu’il crie « coupez ». Le maquillage des acteurs est retouché rapidement, les dialogues du texte revisités, quelques directives çà et là du metteur en scène et c’est « action ». Le tournage reprend de plus belle et la scène est reprise autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que le réalisateur soit totalement satisfait. Dans la vraie vie, les choses sont tout à fait différentes : impossible d’appuyer sur un bouton « stop » ou « pause », aucune séquence du film de notre vie ne peut être supprimée, même celles que l’on estime trop amères ou douloureuses. La vie tourne et c’est comme ça.
Je croyais que je partais en mission à San-Pédro dans le cadre de mon travail, pour accomplir mon devoir. J’avoue que j’étais tout excité, comme un gamin dans une cour de récréation à qui l’on a promis des friandises, le jour où j’ai reçu mon ordre de mission pour me rendre dans la cité balnéaire. Le soleil, le sable fin de la mer et la réputation festive de la ville m’attiraient comme un papillon à la vue de la lumière. J’étais loin de me douter que mon escapade professionnelle me conduirait tout droit à la case « prison » sans que je n’entende le train siffler.
Quelle galère, la prison ! Un endroit morbide, une véritable poubelle du diable où, tous les jours, je sentais Lucifer en personne me mordiller les fesses tout en me chuchotant à l’oreille de me suicider. Je me bats depuis lors pour effacer de ma mémoire tous ces moments difficiles, mais sans succès. Ces souvenirs-là, tels du pop-corn sur le feu, ne cessent de se battre pour faire surface. Le plus difficile, c’est d’avoir quitté ma cellule de prison pour une autre, c’est-à-dire celle du regard accusateur de mon entourage. En effet, j’ai souffert et même été horrifié de voir des conteurs de tout poil tronquer mon histoire et la raconter au gré de leur imagination. Il faut que la vérité soit rétablie, et la seule personne capable de le faire, c’est moi. « C’est celui qui a dormi qui peut mieux raconter son rêve », dit l’adage. Cette fois, ce n’est pas un rêve, mais mon histoire, mon vécu.
Les histoires, c’est comme les saveurs du monde. Il y en a pour tous les goûts. Même si elles sont toutes différentes, elles ont le mérite de mettre tout le monde d’accord, car il est plus facile de les écouter que de les vivre. Pourrais-je raconter dans un bouquin plus d’un mois de taule ? Combien de pages devrais-je noircir de l’encre de ma plume pour expliquer mon calvaire, quand je sais qu’une seule minute de ce moment peut me coûter cent, voire deux cents pages pour traduire toute mon émotion ? Bon, l’exercice est périlleux, je le sais, mais je vais essayer d’être bref et d’aller à l’essentiel.
Mon nom est Kouassi Kpangui François. J’ai vu le jour un après-midi du 27 juillet 1982 à la maternité de Divo. Dans ma langue maternelle, « Kpangui » est le nom que l’on attribue au premier-né d’une famille. Je suis donc le fils aîné d’une famille de quatre enfants. Mon père, Kouassi Benoît, était un employé de banque, et ma mère, dame Koko Marguerite, directrice d’une école de couture. Nous menions une vie de famille saine, sans excès, digne de la classe moyenne africaine.
À l’âge de six ans, je fus inscrit en classe de CP1 1 à l’école catholique de Gagnoa, un lieu réputé pour la qualité de son enseignement. Je me rappelle le premier jour de classe comme si c’était hier. Mon père m’accompagna dans une cour d’école où il y avait beaucoup d’enfants de mon âge et, sans me préparer à quoi que ce soit, sans me dire exactement ce que je partais y faire, il me dit : « Ici, c’est ton école », me largua dans cette jungle de bambins et partit aussitôt. J’étais triste, un peu désorienté, mais je n’ai pas pleuré, contrairement à bon nombre d’enfants autour de moi. À vrai dire, je crois que je m’en suis bien sorti pour quelqu’un qui était étranger aux toboggans et aux balançoires que certains, depuis l’âge de quatre ans, avaient connus à la maternelle. C’est à pas ralenti que j’ai suivi ma maîtresse, qui me dirigea dans ma classe. Quelques instants plus tard, un autre garçon, Raoul, vint s’asseoir auprès de moi, nous fîmes connaissance et devînmes des amis pour la vie.
À treize ans, je fus reçu à l’entrée en sixième après avoir trébuché une fois à l’examen du CEPE 2 , et orienté au lycée moderne de Gagnoa. Ma scolarité se passa sans atermoiement jusqu’en classe de seconde, quand brusquement, les choses partirent en vrille.
Mon père avait pris le risque de démissionner de son poste d’agent de banque pour se consacrer à ses propres affaires, mais les résultats de l’entreprise n’étaient pas ceux qu’il escomptait, et l’activité a fait faillite au bout de quelque temps. Désormais, les factures de la famille reposaient sur les épaules de ma mère, et celle-ci n’allait pas tarder à s’épuiser. Le budget familial avait été revu considérablement à la baisse, je n’avais plus droit à certains privilèges comme un répétiteur pour m’aider à faire mes devoirs, et plus d’argent de poche pour la semaine.
J’ai dû m’adapter à la nouvelle donne, j’ai commencé à exercer des petits boulots çà et là, comme celui d’aide-maçon sur les chantiers un peu partout, à gérer des cabines de cellulaires ou à coiffer mes copains à la sortie de l’école, moyennant deux cent cinquante francs la tête. Je me suis révélé être un très bon coiffeur et mon talent reconnu a fait de moi une véritable star dans tout le lycée. Ce job, je l’ai appris en à peine un mois avec un ami professionnel nigérian, mais à me voir coiffer, c’est comme si j’étais né ou programmé pour faire ce travail, tellement je le pratiquais avec dextérité. Je n’utilisais pas de tondeuse électrique, je n’en avais d’ailleurs pas besoin. Je piégeais simplement une lame de rasoir entre mon pouce et un peigne, et avec cet outil de fortune, j’ai réussi à mettre toutes les têtes du lycée, y compris celles de certains professeurs, à mes pieds.
J’ai fini par me lier d’amitié avec le professeur de mathématiques de la terminale C grâce à mon savoir-faire. Certes, je n’étais pas un bon élève dans cette discipline, mais Monsieur Koné m’invitait régulièrement chez lui quand il voulait se couper les cheveux. J’étais talentueux et tout le monde était d’accord là-dessus, cela m’a permis de faire entre dix et quinze mille francs par semaine comme argent de poche. Ce succès n’était pas de nature à déplaire à ma mère, mais l’inquiétait un peu. En effet, Maman craignait que cette nouvelle manne financière issue de la coiffure ne me détourne de mes études et de mes objectifs. Elle insistait sur le fait que je devais ménager mon temps afin de concilier les études et la coiffure. « Surtout, n’oublie pas d’apprendre tes leçons et de faire tes devoirs », ne cessait de me répéter à longueur de journée ma mère.
Ma nouvelle activité me procurait une certaine indépendance financière, je gagnais suffisamment d’argent pour subvenir à mes besoins d’adolescent. Les fringues à la mode, les petites sorties avec des copains, tout cela, je l’assurais désormais, même de quoi draguer Vanessa. Ah oui, Vanessa, cette très belle fille, comme elle m’a torturé, celle-là ! La première fois que je l’ai vue, elle s’est immédiatement, comme par magie, incrustée dans ma rétine. J’étais comme envoûté par ces talismans que seules les femmes de pouvoir détiennent. Vanessa était une femme vraiment belle, sa silhouette était une sorte d’eau tiède, ni blanche, ni noire, celle que la nature réussit rarement. Son corps combinait à la perfection le teint mat et les lignes épurées de la beauté des femmes occidentales avec celles des rondeurs des couleurs tropicales et avec, cerise sur le gâteau, ses yeux qui scintillaient comme des étoiles. Elle possédait le pouvoir dont Cléopâtre usa pour mettre deux célèbres Romains à ses pieds, Jules César et Marc Antoine, à la seule différence qu’elle ne s’était pas présentée à moi enroulée dans un tapis de soie. Ce jour-là, elle sortait de sa classe accompagnée de ses copines et, voulant regarder je ne sais quoi, nos regards se sont croisés. Je suis resté stoïque, figé comme la femme de Loth transformée en statue de sel, mais avec une seule conviction, celle de tout faire pour séduire cette jolie créature.
Depuis ce jour, je ne passais plus mon temps qu’à la poursuivre des yeux, à ne penser qu’à la draguer. Comment m’y prendre ? Le hic, c’est que je n’avais aucune expérience en la matière, et les techniques de dragueur de Don Juan m’étaient complètement étrangères. J’ai donc soumis mon projet à des amis et l’un d’eux, je crois que c’était Franck, me conseilla de faire régulièrement des présents à Vanessa. Il m’avait convaincu qu’à ce prix, Vanessa s’intéresserait forcément à moi et, si elle acceptait un jour de sortir avec moi, je pourrais lui faire un poème que j’aurais préalablement appris. L’idée était bonne. Je filai au marché avec Alex, un autre ami, pour qu’il m’aide à faire mon choix. Ensemble, nous avons acheté un body, c’est un genre de tricot pour femme. Nous l’avons bien emballé dans du papier cadeau et nous sommes allés chez elle. Après plusieurs marches d’escalier, nous nous sommes

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