LE PARCOURS D'UN ETUDIANT ATYPIQUE , livre ebook

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 Juste après l'obtention de son baccalauréat, Asnam quitte son pays pour les études supérieures à l'étranger. Là-bas, loin de sa famille et de la ville qui a vu ce dernier grandir, il va vivre des moments très difficiles. Les moments de peine et douleur, de souffrance et d'espérance, de travail et de lutte acharnée qui feront de lui un étudiant pas comme les autres mais un étudiant atypique, doué de savoir-faire qui devient plus tard l'homme d'affaires le plus influent de sa ville nommée Guedam.
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Publié par

Date de parution

01 janvier 2023

Nombre de lectures

208

Langue

Français

Le parcours dun étudiant atypique Roman
Ouangso Dieudonné Emmanuel Le parcours dun étudiant atypique Roman
© Guiguess EditionsOuangso Dieudonné Emmanuel
ISBN : 979-8371-734-85-3
Tous droits de représentation, traduction ou reproduction, réservés pour tous les pays. ISBN : 979-8371-734-85-3 © By Guiguess Editions, 2023 Couverture & intérieur : Djomeni, Bamniram, Dr. Abdias Mabard et Gaya Esau Photographie de la jaquette : © Getty Images et Libres Access, Les éditions Guiguess GAYA ESAU - éditeur Face lhôtel de ville de Moulvoudaye, MoulvoudayeEN- Cameroun Tél : +237 695 623 027 / +237 651 856 030 Courriel : guiguesseditions@gmail.com Site-Web : www.guiguesseditions.wordpress.com
PREFACE Nous vivons actuellement au Tchad, la seconde phase de la transition qui vient de démarrer, rappelons-le dans une véritable lagune de sang avec notamment les évènements du jeudi noir du 20 octobre 2022. En effet, il sagissait, au demeurant, dune manifestation pacifique des Tchadiens qui protestaient contre la prolongation de la période de transition qui était arrivée à son échéance. Ladite manifestation a été réprimée disproportionnellement dans le sang par les forces de lordre. Le bilan était très lourd qui faisait dire à beaucoup danalystes que cest la première fois dans lhistoire du pays que des Tchadiens sont autant morts en une seule journée. Puis a suivi une période de chasse à la sorcière qui a envoyé plus de 500 personnes dont plusieurs dizaines de mineurs dans la prison de haute sécurité de Korotoro. Des condamnations expéditives violant toutes les règles de procédure ont été prononcées. Les familles nont pas encore fini de faire le deuil des leurs que des menaces dautres manifestations ne cessent dalimenter les communiqués et points de presse. Au fond, ils se comptent par milliers, les jeunes diplômés sans emplois qui frappent désespérément aux portes doublement verrouillées de la Fonction publique tchadienne. Lorigine de cette situation chaotique est à rechercher dans lhéritage du système colonial français qui navait pas su orienter les programmes détudes vers les professions libérales. Lhabitude est acquise pour tous les étudiants quà la fin des études générales, lon trouve une place à la Fonction publique. Or les jours qui se suivent ne se ressemblent pas. Aujourdhui, si vous nêtes pas leissudu clan des forts pour bénéficier du secours dun long bras, votre parchemin obtenu, fut-il, au prix de tous les sacrifices consentis par les pauvres parents, ne sera bon que pour orner les sous-chemises. Cest donc en claire intelligence de cette situation pourrie que Ouangso Dieudonné Emmanuel, jeune étudiant met en pratique ses savoirs anthropologiques en produisant son premier roman intitulé : Le parcours dun étudiant atypique.
Cet étudiant atypique, le personnage principal Asnam se révèle être une métaphore du parcours de lauteur lui-même, ainsi que celui des milliers de ses compatriotes qui fuient les éternelles années universitaires tchadiennes pour aller affronter le calvaire dans dautres pays dAfrique Centrale ou de lOuest. Pour la plupart sans soutien de leurs familles dorigine, beaucoup arrivent à sen sortir contre vents et marées. Le présent roman est ainsi l’expression claire des vœuxde Ouangso Dieudonné Emmanuel dencourager les diplômés sans emplois à se tourner plus vers les larges horizons de lentrepreneuriat que de se bousculer devant létroite porte de la Fonction publique. Il est possible de réussir socialement si lon met ses compétences au service des populations défavorisées. Voilà la vision despoir quoffre Ouangso Dieudonné dans ce roman alléchant dont je recommande vivement la lecture à tout jeune. Josué OUANKISSAM SIRIMON, Écrivain, journaliste chroniqueur littéraire à Télé Tchad
Première partie Chapitre 1 10 ans plus tôt…« Ma vie nest pas facile jusquici. Jai de la peine à joindre les deux bouts. Si je laisse tomber mon travail, moi Asnam, je ne pourrai pas poursuivre mes études, je ne pourrai pas payer mon loyer chaque fin de mois et je ne pourrai pas non plus me nourrir dans cette ville. Je serai dans lobligation de rentrer au pays. Rentrer sans diplôme, sans rien. Et, si jabandonne les études pour me consacrer uniquement à ce travail, je mettrai en péril mon avenir, mon ambition de devenir un homme grand sera tourné en dérision et tout ce que jai accompli jusquà ce jour sera voué à léchec. En plus de cela, je trahirai aussi la promesse que je me suis faite : celle dêtre un modèle pour mes petits frères et pour ma famille. Ce travail, bien que nétant pas consistant me permet tout de même détudier. Cest le plus important dailleurs. Je suis étudiant de lUniversité de Silo. Sans soutien, je travaille en tant que veilleur de nuit, et pendant les vacances, je me débrouille en tant quaide-maçon dans les chantiers de la place. Je ne dors pratiquement pas et je dois rentrer très tôt le matin pour continuer au campus. Je dors pendant que lenseignant dispense les cours. Cest ma vie, je laime malgré tout et cest pourquoi je nabdiquerai plus : non pas aujourdhui. Dans peu de temps, tout ça ne sera quun vieux souvenir, je tiendrai bon jusquà la fin. 7
Asnam se disait-il toujours intérieurement quand il était étudiant à Silo. Le jeune garçon était déterminé, décidé à réussir malgré tout. Il était prêt à subir les coups de fouets et les controverses de la vie pour atteindre son objectif : celui dobtenir son diplôme universitaire quest la licence. Manqué de soutien de ses parents, il ne se croisait pas les bras, il travaillait dur. Le refrain qui suivait toujours le rythme des palpitations de son cœur était : je réussirai malgré tout! Je nabandonnerai pas parce quil ny a personne ! Jy arriverai un jour, quel quelles soient les difficultés que je traverse aujourdhui. Les années se sont bien passées pour ce garçon qui devint un homme. Ce soir-là, dans son bureau, porte fermée et fenêtre ouverte, portant sur le fleuve qui traversait la capitale, il se rappelait son parcours, ce quil a enduré pour être ce quil est aujourdentrepreneur chevronné, doté dhui : expérience et de savoir-faire, ayant employé une trentaine dhommes et de femmes dans son industrie de transformation de céréales. Il passait et repassait en image dans sa tête, carré dans son fauteuil en cuir, toute sa vie jusquà ce jour : Je narrive pas à croire ! Est-ce moi qui avais de la peine à me nourrir ? Aujourdhui avec mes produits, je nourris des milliers dhabitants ici à Guedam. Est-ce moi qui avais des difficultés à payer mes études ? Jai même passé une année blanche à cause de cela ! Aujourdhui, joctroie des bourses à des jeunes travailleurs. Est-ce vraiment moi ? Est-ce moi ? Non. Je ne crois pas que ce soit moi. Mais cest pourtant moi… Oui, c’est bel et bien moi. Les heures passaient, et toujours dans son bureau, il pensait à tout. Il pensait maintenait à sa famille. Il pensait à son père et à sa mère : Papa ! Tu nas pas toujours été proche de moi quand javais le plus besoin de toi. Très souvent, tu étais absent. Malgré cela, cette attitude ne ma négativement changé. Par ce comportement, tu as fait de moi un homme accompli ; un homme 8
qui se bat sans laide de quelquun, un homme qui réfléchit avant dentreprendre, un homme patient et capable de faire face à toutes les adversités. Tu as fait de moi le plus grand entrepreneur de la ville. Le fait de ne jamais compter sur qui que ce soit, que sur moi seul ma poussé à lentrepreneuriat. Grâce à cela, je nattends pas que lÉtat me donne du travail mais je crée du travail pour tout le monde. Jai tenu à ma promesse. Je suis aujourdhui un modèle pour la famille. Je suis lhonneur des Baoré. Je ferai davantage ta fierté, malgré ton irresponsabilité. Jai toujours copié ton bon côté, papa ! Jincarne ainsi partout ton savoir-faire. Toujours dans son bureau, Asnam se leva du fauteuil, respira profondément et fit quelques pas sur lui, comme une guêpe prise au piège dans un endroit renfermé. Il regardait vers la fenêtre avec les yeux remplis de tristesse, il pensait aux circonstances qui ont parsemé son parcours depuis lobtention de son diplôme de baccalauréat, jusquà ce jour. Bien que triste, il était toutefois ému davoir appris des choses. Il pensait à toute sa vie, à ses débuts, à son niveau actuel, 1 Directeur général de SOTRACE : Peut-on donc réussir seul ? Peut-on donc réussir juste en travaillant dur et avec sagesse ? Peut-on travailler sans compter sur le gouvernement ? Oui cest possible ! Je lai fait. Jen suis un exemple. Jai réussi grâce à leffort personnel, jai réussi par laction et la détermination. Jai aussi réussi grâce à léchec. Si je navais passé cette année blanche, chassé de lUniversité de Biparé, je naurais pas lutté, je naurais rien appris de la vie. Si je navais pas profondément lié ce but à mon cœur, je serais sûrement mort comme Moussa (il coula des larmes). Il fit de nouveau un tour dans la salle et revint sassoir. ***
1 -Société de transformation des Céréales. 9
Le soleil venait juste de se lever ce matin-là, à la veille dune joie mêlée de fous rires, lorsque Mira balayait la cour familiale qui avait accueilli dans sa précédente nuit amis, voisins, parents, acolytes, oncles, cousins et tantes pour des rairons festives en lhonneur du fils aîné de la famille dont le nom figurait sur la liste des admis au Baccalauréat. Dune figure claire et scintillante, aux yeux ronds, noirs et foncés, et aux cheveux bien crépus, Asnam se réjouissait encore de sa réussite. Son visage jovial orné par une barbiche, brillait encore de bonheur. Il avait enfin été récompensé de son travail acharné en groupe et individuellement durant des mois. Ses nuits blanches et peineuses, seul ou en compagnie de ses amis, sirotant le thé et le café pour chasser le poids des paupières alourdies par le sommeil, et qui tendaient au crépuscule à se rabattre, les mains sales et les vêtements tachés de craie, étaient enfin sanctionnées de succès. Il en était fier et sa famille aussi. Il narrêtait pas de gesticuler bien que paraissant affaibli par la nuit qui venait de sachever. Il venait juste de se réveiller après une soirée très dansante au cours de laquelle ses proches partagèrent avec lui ces moments festifs. -Bonjour Mira, dit-il à sa sœurau sortir de sa chambre, torse nu et tenant son corsage de couleur verte à la main ! -Répondit Mira redressant son torse et sa tête enBonjour ! frappant le haut du balai dans sa pomme de main gauche. -Comment as-tu dormi? Nes-tu pas fatiguée avec tout ce travail que tu mènes depuis hier ? Il lui posa la question, dans un air endolori et épuisé, et de ses coudes repliés frottait ses yeux tout en ouvrant grandement sa bouche pour lâcher un léger bâillement. -Je vais bien quoique la nuit chargée ait été… Je n’ai pas de choix. Je suis une femme après tout et il relève de mon devoir de le faire, grand frère. Elle le fixa et ria. Du même geste, elle donna un nouveau coup de balai dans sa pomme de main gauche.
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