L'îlot , livre ebook

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Dans un langage cru, empli d'amertume au souvenir de sa médiocre existence passée, un condamné à mort livre ses dernières pensées. Dès l'enfance, il est considéré comme un rebut de la société, dépourvu de toute qualité. Sa vie d'homme n'aura pas davantage de valeur, puisqu'il la consacre à nuire à son entourage. Le criminel misanthrope pose un regard chargé de dégoût et de hargne sur son semblable, incapable de percer à jour sa véritable identité. Ironie du sort, ce multirécidiviste sera jugé pour un crime qu'il n'a pas commis.

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Date de parution

02 mai 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414212446

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-21242-2

© Edilivre, 2018
Exergue

J’estime que quiconque a été toute sa vie brave et gentil ne mérite rien d’autre que d’attraper le cancer. Ce n’en est que la juste punition.
Fritz Zorn, Mars
Le nuage s’est tiré. Je parcours désormais les vastes étendues de ma solitude. Et affronte ces quatre murs pisseux qui me renvoient à la gueule ma vie. Je sens que ce matin, la société a besoin de sang frais.
1 ère partie
Qu’est-ce que ça peut être con un homme ! Déjà être humain, ce n’est pas la joie, mais un mec. Dur.
Et partout ça se vérifie, dans n’importe quelle circonstance. Surtout dans les détails de la vie sauce quotidienne. Leur basse connerie éclate dans leur façon de ne pas se laver les mains, de ne pas laisser passer les rombières avant eux, de toujours vouloir être les meilleurs, les plus beaux, les plus forts. Bandes de trouducs !
Toujours écraser la gueule de l’autre, lui montrer que toi t’en as de grosses commak. Grand sourire qui masque l’enculade monstre. Ne même pas être fiers de ses entourloupes, cacher sa joie et dévorer l’autre ; voilà le nouveau genre humain.
Et bien moi je lui gerbe dessus au nouveau genre humain. Parfaitement, un gros vomi plein de fiel. Son goût du pouvoir : caca dessus.
Moi, ils m’font marrer ces rigolos bien nippés, cheveux nickel et haleine fraîche. C’est du cerveau qu’ils puent. Ils s’imaginent que les moins bien sapés sont leurs dévoués, à leur botte, nés que pour eux. Faut avouer, les gus en question font pas grand-chose pour les dissuader : ils n’arrivent pas à leur dire merde à ces pégreleux. Moi j’leur dit, tout haut et bien senti !
De toute façon, je suis un solitaire, un Loup des Steppes, de l’Allemand, ou du Suisse, Hermann machin. Je ne m’en souviens plus. J’avais pris son bouquin à la bibliothèque, j’ai que ça à foutre. Ouais. Je suis seul. Je n’aime pas la foule. Plus de quatre, une bande de cons disait Brassens. C’est vrai. Et en ce moment, des sacrés bandes de quatre traînassent de par le monde.
J’ai pourtant essayé de bosser. Quelle galère. Fallait supporter les petites humeurs des uns et les angoisses des autres. Le boulot a une atmosphère d’arnaque. Ils ne s’imaginaient même pas qu’ils se faisaient entuber maison. J’étais magasinier. Pas compliqué. Je préparais les commandes et garnissais les rayons de l’entrepôt en produits de beauté. Et dire que des gisquettes s’étalent à longueur de temps ces crèmes puantes. Elles se croient plus belles avec une pellicule de graisse sur la face ? Plus baisables en se tamponnant de l’extrait de courgette sur leurs guiboles et leur dargif ?
Moi, je préparais leurs commandes. L’entrepôt. Réfugié au fin fond d’une banlieue poisseuse. Pas chauffé ; l’hiver ça caillait vilain. Le personnel, la Cour des miracles, fait de paumés et de braves types – ça existe –, qui avaient besoin de faire des boulots autant chiants – mais vraiment chiatiques en diable – que débiles. Remplir des pots de crème à la main, des bouteilles de produit mousseux et d’autres trucs aussi tordus. Pas de syndicat, de comité d’entreprise, donc pas de problèmes. Heures sup et licenciements pour sale gueule à tous les étages. Et la direction. La direction ! De vrais frustrés. Un peu de pouvoir pour mieux éjaculer sur les employés leurs petites mesquineries qu’ils subissaient dans leur vie de pingouin mal fagotés. Si bobonne leur menait l’existence pénible, rapport à leur inefficacité sexuelle, les besogneux – les damnés de la terre à une certaine époque – trinquaient.
Ah ça, dès que tu fous une once de pouvoir dans la tronche d’un zig plus que moyen, il se sent plus pisser. Et que j’t’emmielle par-ci, que j’t’abime les nerfs par-là, incorrigibles. C’est surtout visible dans les administrations vu le personnel pléthorique là-dedans. T’as d’abord le patron qui emmouscaille son adjoint, qui fait passer au responsable du secteur, lequel transmet au chef de service, qui propage aux employés. Ces derniers reçoivent non seulement les ordres de leurs nombreux chefs – pour trois employés, deux chefaillons – mais également les mauvaises humeurs cumulées des responsables. C’est dire s’ils en ont gros sur la citrouille. Alors, pour évacuer le tout, ils se défaussent sur ce qui passe. Voilà pourquoi on est si bien accueilli à la Sécurité sociale, aux Impôts et autres boîtes à ennui. L’accueil est aussi facilité par le fait que nombre de visiteurs ne jacte pas une bribe de français. Et là, faut voir les regards remplis à la gueule de sous-entendus de ces messieurs-dames fonctionnaires ; et supporter les longs soupirs de leurs langueurs bien monotones. A les croire, ils ont à faire à des demeurés venant spécialement leur gâcher la journée. Sales rastaquères venus troubler leur sieste.
Et puis moi, je n’ai jamais pu blairer les fonctionnaires. Et ça, depuis tout môme déjà. En gros, dès que j’ai eu l’occase de les pratiquer, après la mort de ma mère, quand l’Assistance publique m’a repêché. Dommage, la première personne que j’avais vue, une minette, m’avait été sympathique. Cas unique. Elle m’avait compris, elle. Je voulais habiter chez mes grands-parents, devait pas avoir de lézard là-dedans. Mais voilà, ce n’était pas réglementaire, pas dans les textes de loi. Alors, les grands parents, bernique ; on m’a alors trimballé de familles en familles.
J’ai souvent servi d’exutoire aux sans gosses ni chiens pour se défouler. Un mec utile quoi. Et puis, je suis pas tombé chez les pires ; chez ceux qui n’adoptent un marmot que pour palper les allocations ou pour le revendre en loucedé à des couples stériles qui rament pour adopter et acceptent ce qui se présente. Moi, j’avais qu’à souffrir de quelques baffes et engueulades ; jamais de viol ou de tabassage à mort comme c’est souvent arrivé. Mes fesses n’ont jamais servi de gagne-pain à mes simili-familles.
C’est ça un fonctionnaire. Quelqu’un obligé de se référer à un texte concocté par une tierce personne pour arriver à gamberger un chouïa. Cherche pas à savoir si la solution législative est ou non la meilleure. Il serait obligé de réfléchir par lui-même, ça fatigue.
En tout cas, ce n’est pas dans l’îlot de la pourriture dans lequel je crève à petit feu aujourd’hui que je vais les aimer, ils sont pires qu’ailleurs. Tiens, je ne préfère pas en parler.
Le fait que quelqu’un doive, pour n’importe quel cas de figure, se rapporter systématiquement à un texte ou à son supérieur m’a toujours fait flipper. Quel rejet de responsabilité. Et le fonctionnariat n’est qu’une vitrine de notre société. Trop facile sinon. Bizarre, on a toujours tout fait pour obtenir une mince parcelle de pouvoir – et par tous les moyens : de la traîtrise à la soumission en passant par la flagornerie, la compromission avec comme arme la bassesse et l’hypocrisie, filles de la lâcheté. On nous bourre le mou pour devenir des winners , des battants, des ceuss qui en ont ; qu’on soit les meilleurs et les plus mieux. Entre nous, si on correspondait tous au modèle, qui ramasserait les poubelles ? Ah oui, je suis con, les métèques et les sans-blés.
Bref, on veut du pouvoir et, dans le même temps, la majorité rejette les responsabilités inhérentes. C’est criant depuis la cinquième République. Grâce au vote, tout le monde se planque derrière un seul type qui possède, du haut de sa soi-disant légitimité, tous les pouvoirs. Pourquoi avoir zigouillé la tronche des aristos si c’est pour refaire la même connerie avec le suffrage universel comme alibi ? Moi, je ne vote pas, j’laisse ça aux margoulins. Rien à foutre du type qui gouverne, j’l’emmerde d’avance !
Et faut les voir les élus se pavaner à chaque commémoration qui, pour la plupart, célèbrent des carnages. Bien que la carrière d’un président en France soit moins longue qu’un roi, il a en revanche davantage de pouvoir ! En gros, le seul droit acquis est de ne point être d’accord avec lui et de lui dire sans avoir le robinet à pensées sectionné. Ça ne changera rien à son sort, sauf si on est à la télé, mais ça soulage. Et puis le Français est génétiquement royaliste. Il bave déjà devant les œuvres des mégalos endurcis au sang des sujets. Tant respectueux du prestige et des traditions, la plupart sauvages. Ah les traditions ! Terme élégant pour voiler le désir de tuer qui coule dans les veines.
Responsabilités. Qu’elle soit professionnelle ou au quotidien. Les parents. Ouais, même les parents abdiquent. Là, en faveur de l’école. Maintenant, faudrait que l’école apprennent aux lardons, outre lire, écrire et compter, la politesse, le respect envers eux-mêmes et les autres. Bientôt, l’école apprendra aux morveux à se torcher. Connerie. Si j’avais un morveux, j’interdirais à un pseudo-intellectuel de toucher à un cheveu de son esprit ou de s’immiscer dans ma manière de l’éduquer.
Tout part de l’éducation.
Moi, je n’en ai pas eu, ou plutôt j’en ai eu trop. A chaque famille, un modèle éducatif. N’en jetez plus, la cour est pleine. Alors, à travers les bouquins – mon Ile de la solitude môme –, j’ai élaboré ma propre éducation. Issue d’aucune doctrine, d’aucun principe, elle aboutit forcément à aucun scrupule, personne ne m’ayant expliqué la signification du terme. Ça permet de n’avoir aucun remords.
Dans la vie professionnelle, du pareil au même. Partout règne les bandes d’hypocrites. Pour te foutre les boules, t’humilier, de faire savoir que t’es moins bien loti que de la merde, fortiche ; mais par derrière, évidemment. Devant la personne, la flatterie de bas quartier prend le dessus. Le goût excessif du pouvoir devient le premier pas vers la lâcheté. Rarement un patron t’annonce que t’es licencié parce qu’il t’a dans le pif. Il va t’inventer u

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