Jorge Semprun , livre ebook

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Pris dans la tourmente politique du siècle, Jorge Semprun a su faire de sa vie et de son engagement la matière d'une œuvre exceptionnelle dont il faut souligner la complexité. Au fur et à mesure que la rupture avec le communisme se creuse, l'écart entre le militant stalinien, l'écrivain en mal de parti et l'intellectuel antitotalitaire ayant enfin atteint la lucidité devient blessure identitaire et l'écriture autobiographique s'impose à la fois comme problème et seule solution.
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Publié par

Date de parution

08 novembre 2016

Nombre de lectures

13

EAN13

9791030903959

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

10 Mo

Couverture
4e de couverture
Daniel Cohen éditeur www.editionsorizons.fr

Profils d’un classique
Une collection dirigée par Daniel Cohen

Profils d’un classique est une collection qui a pour vocation d’offrir au lecteur français, par voie de l’essai ou de l’œuvre plus personnelle, un éclairage nouveau sur des auteurs nationaux ou étrangers à qui la maturité littéraire et la renommée nationale confèrent le statut de « classique ». S’il est vrai qu’elle vise plus spécifiquement des auteurs contemporains, et en tout cas nés au XX e siècle, elle pourrait s’ouvrir également à des auteurs plus anciens, nés au XIX e siècle notamment, mais dont l’œuvre s’est déroulée, à cheval entre les deux siècles, soit par son retentissement, soit par sa cristallisation.
Titre
Marta Ruiz Galbete











Jorge Semprun



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Lucette Mouline, Proust maître d’œuvre , 2014
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Claude Vigée, L’extase et l’errance, 2009
Claude Vigée, Rêver d’écrire de temps, 2011
Georges Ziegelmeyer, Les cycles romanesques de Jo Jong-nae, Œuvre-monde de Corée, 2009
Dédicace


Pour ma mère, Fermina, qui m’apprit la première à ne pas suivre le courant
Remerciements
Toute ma gratitude va d’abord à ma famille, et très particulièrement à ma sœur Villar, dont le soutien a été précieux pour moi au cours de ces années.
Je tiens aussi à exprimer ma reconnaissance aux Professeurs Eutimio Martín, instigateur de ce travail, et Paul Aubert, directeur de la thèse de doctorat qui est à son origine, ainsi qu’au Département d’Éducation, Universités et Recherche du Gouvernement Basque dont le concours financier rendit plus facile ma recherche.
Un grand merci, enfin, à Mireille Serrano pour son amitié indéfectible et sa relecture attentive qui (avec celle d’Évelyne Boyer) fut un véritable cadeau.
Avant-propos Jorge Semprun, témoin du siècle
L ’origine de ce travail remonte à la fin des années 90, c’est-à-dire un moment où la plupart des idées et des antiennes qui font aujourd’hui définitivement corps avec le nom de Jorge Semprun n’étaient encore qu’une sorte de poussière en suspension soulevée par son dernier ouvrage, autour duquel tout semblait soudainement s’ordonner. L’Écriture ou la vie venait d’être publié en 1994 et l’impact de sa réception allait encore mettre quelques années à déployer toute son amplitude dans le double contexte du siècle finissant et de l’œuvre autobiographique de l’auteur. Une année plus tard, quelque chose remuait aussi dans la mémoire collective de l’Espagne à la lecture de ce témoignage maîtrisé, même si le pacte d’oubli signé au sortir de la dictature empêchait encore de rendre justice à cet exil dans l’exil que fut la déportation de plus de vingt-cinq mille réfugiés républicains. Et, loin de s’éteindre en France, l’émotion suscitée par l’ouvrage se voyait magnifiée et largement médiatisée dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de la libération des camps. Semprun prenait sur lui ce rôle de survivant et témoignait de son expérience sur les plateaux de télévision, dans chacun de ses entretiens et à l’occasion de nombreuses commémorations... L’Écriture ou la vie serait du reste récompensé à cette période en France, en Allemagne et, quelques années plus tard, au Salon du Livre de Jérusalem. Mais, si un tel retentissement renvoyait au plus profond d’un phénomène de société, la trame de ce livre venait aussi radicalement modifier ce qu’avait été la perception de l’écrivain par son public.
Jusque là l’idée de ne pas être un véritable écrivain était souvent revenue dans les déclarations de Semprun, dont personne n’ignorait le passé politique. En réalité, depuis qu’il avait lancé en recevant le Prix Fémina 1969 qu’ « en ce moment, à mon stade, l’action littéraire est une thérapeutique provisoire 1 », elle avait ponctué une carrière brillamment réussie, dont on sentait la densité d’aventure par ailleurs :
« Je n’ai jamais eu le sentiment d’être un véritable écrivain, cette espèce d’écrivain que l’on perçoit en lisant les notes de Kafka sur l’écriture ou n’importe quelle autre chose de Thomas Bernhard. Je crois même que je suis physiquement incapable d’être un écrivain de cette espèce. (…) Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi d’être écrivain ; j’ai le sentiment d’être écrivain depuis toujours et, en même temps, de pouvoir cesser de l’être à tout moment 2 . »
Semprun n’était devenu écrivain que tardivement, il avait publié son premier livre à quarante ans et de longues périodes s’étaient ensuite succédé où l’écriture avait été ajournée soit par le travail de scénariste soit par un nouveau cycle d’engagement partisan. Son envergure d’acteur politique et d’intellectuel rendait étriquée toute tentative de cloisonnement dans le domaine littéraire de sorte que, pour ce personnage charismatique, aventurier cultivé qu’une aura de succès entourait depuis sa sortie de la clandestinité, l’écriture ne semblait être qu’un répit, un talent supplémentaire. Et pourtant, la gravité de l’enjeu dévoilé par L’Écriture ou la vie problématisait tout à coup ce rapport sous forme de disjonction : il y eut un moment – affirmait l’auteur en 1994 – où écrire lui aurait valu la mort.
Avant donc que la critique sur Semprun ne soit réduite à faire du Semprun comme seule manière d’en parler et que les antiennes sur le pouvoir mortifère de l’écriture et le fer rouge de la mémoire ne soient gravées sur le marbre des éloges funèbres, pour le lecteur indocile que je suis quelque chose appelait déjà à la réflexion. D’autres remarques, d’autres affirmations aussi graves avaient également attiré mon attention. « Si je n’avais pas écrit – avait-il répondu à la cantonade au cours d’un entretien –, j’aurais très mal fini ; je ne sais pas comment mais très mal. J’en suis certain 3 »… Toute la problématique du rapport entre « l’écriture et la vie » était condensée dans ce jeu de perspectives et de perceptions que la chronologie dévoilait platement. Et ce n’est pas autour de la simple glose mais plutôt à partir d’une confrontation entre ces deux jugements contradictoires, le premier porté en 1994 au sujet de la tentative d’écrire en 1945, et le deuxième, daté de 1987 et concernant le statut d’écrivain à partir de 1963, que l’analyse menée dans ce travail est née. De ma première expérience de lectrice je retiendrais la gravité de l’enjeu et, de ma lecture critique, le refus d’une disjonction.
Bien que L’Écriture ou la vie fonctionne elle-même comme une autobiographie à thèse, le livre que le lecteur a entre ses mains essaie par tous les moyens de ne pas reproduire ce type de fonctionnement. Conçu pourtant à l’origine comme une thèse de doctorat, il a moins l’ambition de démontrer que de comprendre et d’ explorer une expérience passionnante, y c

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