Douze jours - Gagnant Prix développement perso 2022 , livre ebook

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S OMMAIRE Titre Prologue 1 - Rencontre 2 - Plongeon 3 - Présage 4 - Signes 5 - Astres 6 - Évanescente 7 - Alliance 8 - Errant 9 - Passage 10 - Guide 11 - Obstination 12 - Conseil 13 - Médium 14 - Miraculée 15 - Antidote 16 - Californie 17 - Retour 18 - Méprise 19 - Essentiel 20 - Derniers 21 - Au-delà 22 - Réveil 23 - Voie 24 - Nouveau départ 25 - Amnésie 26 - Intersection Épilogue Copyright Collection Prologue Après son départ, je me retrouvai seul sur la plage. Nerveux, je scrutai les environs, mais il faisait trop sombre en cette soirée déjà bien entamée pour que je puisse anticiper le danger à venir. J’ignorais comment la mort allait frapper, aussi j’imaginai : une crise cardiaque en ce lieu désert me semblait représenter le scénario le plus probable. Dans tous les cas, je le savais, j’arrivai au bout du chemin. En dépit de mon solide gabarit, j’avais peur. J’en oubliais même de respirer par moments. On ne meurt pas tous les jours, du moins pas réellement. J’expérimentais bien quelques changements brutaux à certains carrefours de mon existence, quelques épreuves de la vie, voilà tout. La souffrance humaine, tant qu’elle n’est pas physique, ça remue, ça déstabilise, ça broie souvent, mais cela ne tue pas. Alors je pensai à elle et aux moments que nous avions passés ensemble. À peine partie, elle me manquait.
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Date de parution

03 février 2022

Nombre de lectures

2

EAN13

9782819506867

Langue

Français

S OMMAIRE
Titre
Prologue
1 - Rencontre
2 - Plongeon
3 - Présage
4 - Signes
5 - Astres
6 - Évanescente
7 - Alliance
8 - Errant
9 - Passage
10 - Guide
11 - Obstination
12 - Conseil
13 - Médium
14 - Miraculée
15 - Antidote
16 - Californie
17 - Retour
18 - Méprise
19 - Essentiel
20 - Derniers
21 - Au-delà
22 - Réveil
23 - Voie
24 - Nouveau départ
25 - Amnésie
26 - Intersection
Épilogue
Copyright
Collection
Prologue

Après son départ, je me retrouvai seul sur la plage. Nerveux, je scrutai les environs, mais il faisait trop sombre en cette soirée déjà bien entamée pour que je puisse anticiper le danger à venir. J’ignorais comment la mort allait frapper, aussi j’imaginai : une crise cardiaque en ce lieu désert me semblait représenter le scénario le plus probable. Dans tous les cas, je le savais, j’arrivai au bout du chemin.
En dépit de mon solide gabarit, j’avais peur. J’en oubliais même de respirer par moments. On ne meurt pas tous les jours, du moins pas réellement. J’expérimentais bien quelques changements brutaux à certains carrefours de mon existence, quelques épreuves de la vie, voilà tout. La souffrance humaine, tant qu’elle n’est pas physique, ça remue, ça déstabilise, ça broie souvent, mais cela ne tue pas.
Alors je pensai à elle et aux moments que nous avions passés ensemble. À peine partie, elle me manquait. Je l’entendais presque me rassurer : « Nous ne sommes jamais séparés… Les liens du cœur sont indéfectibles… »
Il n’en restait pas moins que, debout face à l’océan éclairé par une belle lune, tressaillant sous les assauts d’un vent froid, mais sans elle, je me débattais avec une oppressante réalité.
Je me demandai s’il subsistait une chance infime de nous retrouver dans cet au-delà sans fond. L’au-delà. Rien que d’y penser, je partis presque à rire, ce qui libéra un peu de ma tension. L’autre partie tordue de l’histoire. Celle d’une seconde vie qui me guettait et qu’on m’imposait comme les interros-surprises lorsque j’étais gamin. En toute honnêteté, je ne l’avais pas vue venir, car j’ai toujours mené mon existence en accord avec les principes d’un rationalisme pur. Enfin presque. Toute mon existence moins douze jours, compte tenu de mon vécu, je devais admettre mon erreur.
Face à moi, le rugissement soudain d’une vague claqua sur la grève. Hier encore, j’aurais jugé l’assaut exaltant, mais au vu des circonstances, je ne pus m’empêcher de sursauter et reculai de trois pas. Maladroits les pas. Au quatrième, ma cheville heurta un obstacle invisible et je basculai de toute ma hauteur en arrière.
« Non ! » fut le dernier mot fade que j’exprimai, avant l’impact de ma tempe contre une pierre.
1
Rencontre

Seattle, douze jours plus tôt…
Une envie de café me poussa à ralentir. Aux aguets, je repérai les lumières d’un établissement parmi les rues inanimées de ce début de matinée. Je m’empressai aussitôt de me garer sur la première place disponible le long de la chaussée et parcourus la cinquantaine de mètres qui me séparaient de la vitrine colorée du Heaven’s Coffee .
À l’intérieur, le lieu sentait bon les viennoiseries fraîches et la boisson chaude que je convoitais. En me frottant les mains pour chasser le froid, je humai l’odeur. Délicieuse. Ma nervosité descendit d’un cran. J’éprouvais le cumul désastreux d’une nuit blanche, travail, mensonges, en vue de l’entretien qui m’attendait dans moins de deux heures. Un rendez-vous primordial qui définirait le contour encore flou de mon avenir professionnel.
Je balayai la pièce du regard, quatre tables étaient occupées, autant d’autres à disposition. Je me dirigeai vers la plus excentrée, adjacente à la vitrine qui donnait sur la rue bordée d’arbres du quartier de Pioneer Square. Après une inspection en règle de la banquette, j’ôtai mon élégant manteau noir en cachemire et pris place.
Le serveur, un jeune homme blond tout juste sorti de l’adolescence, surgit d’une porte dérobée, muni d’un large plateau. D’une démarche mal assurée, il déposa une note sur la table d’un couple silencieux, une assiette de viennoiseries sur celle d’un joggeur bedonnant aux joues rosies d’un effort bientôt ruiné, et des tasses fumantes à l’intention de deux femmes assises près de l’entrée qui me dévisageaient ouvertement depuis mon arrivée.
Ma jambe tressauta, j’étais impatient de me remettre au travail, aussi, pour gagner du temps, j’agitai le bras dans sa direction pour attirer son attention. À peine eut-il tourné la tête vers moi que je lui commandai un café avec un verre d’eau d’une voix soutenue pour qu’il puisse m’entendre à distance. Il acquiesça et chose faite, je m’installai plus confortablement.
À la table voisine, une jeune femme assise de dos s’étira tel un chat comme si je la réveillais. Ses manches glissèrent le long de ses bras fins à la peau pâle. Sa longue chevelure couleur miel s’agita sur un pull ample, une sorte de poncho bleu marine à franges, strié de rayures blanches. Elle lâcha le crayon à papier qu’elle tenait entre son pouce et son index, puis, d’une main experte, enroula sa crinière en un chignon rudimentaire qu’elle fixa à l’aide d’un pic en métal sculpté, à la tête ornée d’une pierre mauve. Un bijou de cheveu artisanal sans valeur, probablement déniché dans quelque brocante. Avec surprise, je constatai que l’édifice capillaire resta en place grâce à cet unique artifice. Seule une mèche oubliée ondulait comme un serpent jusqu’à sa taille, que l’on devinait étroite à travers la couverture qui lui servait de chandail.
Elle retourna à son occupation armée de son crayon et j’attrapai enfin mon attaché-case en vue de me plonger une dernière fois dans la révision de ma présentation. Je sortis mon ordinateur portable de sa sacoche pour afficher le catalogue de prestations que je connaissais sur le bout des doigts, l’ayant étudié dans les moindres détails chaque jour depuis trois ans. Avec stupeur, il me semblait pourtant omettre jusqu’aux noms de certains matériaux alors que défilaient les propositions établies à l’aide de mon logiciel d’aménagement d’espace en 3D.
Je me sentis à l’étroit, confiné dans le laps de temps précédant un test important et imminent. D’un mouvement brusque, j’enlevai la veste de mon costume et entrouvris légèrement le col de ma chemise immaculée. Je ne pouvais aller plus loin pour tenter de réguler ma température à moins de me désaper tant je me trouvais à cran. Il faut dire que l’issue de mon prochain entretien déterminerait mon ascension ou ma chute au sein de Hart’s Design, le cabinet de rénovation le plus renommé de Seattle et ses alentours. Ce n’était pas une mince affaire.
Certes, j’avais toutes les raisons de croire en mes chances, mais j’endurais la pression d’avoir sciemment dissimulé le dossier et ses enjeux à mon supérieur hiérarchique direct. Un arrogant, un despote, un exécrable que je rêvais de piétiner. Je souris à cette perspective jouissive, le regard rivé sur mon écran que je ne voyais pas, happé par mes pensées qui s’entrechoquaient dans un aléa continuel entre le passé et les conjectures que j’imaginais, selon la victoire ou l’échec. Lorsque je me rendis compte de ma digression, je me frottai le visage du bout des doigts en plissant les yeux, comme si ce simple geste pouvait chasser l’angoisse.
L’arrivée du garçon, muni d’un grand plateau recouvert de boissons chaudes et de gourmandises, me ramena à l’instant présent. Pliant sous le poids qu’il portait à l’aide d’un seul bras, il entreprit de me servir. De son apparente mauvaise main, il souleva la soucoupe qui contenait mon café et, avec une lenteur toute tremblante, la fit voyager jusqu’à moi. Un peu de nectar ne manqua pas de déborder sur la table et d’un geste saccadé, j’éloignai mon ordinateur pour le protéger du liquide sombre qui le menaçait.
– Attention ! m’écriai-je instinctivement.
– Je suis désolé, monsieur.
Je levai des yeux rembrunis vers son visage contrit. Dans un grand raffut, il récupéra la tasse souillée et se hâta d’essuyer la petite flaque à l’aide d’un chiffon logé dans son tablier. Il la troqua aussitôt contre celle destinée à un autre client, suivie de mon verre d’eau.
– Le café vous est offert et vous pouvez choisir ce qui vous fait plaisir en vitrine. Nous avons de succulents chaussons aux pommes, reprit-il d’une voix essoufflée.
– Ça ira. Je n’ai pas faim…
– Si je peux faire quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à me faire signe.
Je détournai la tête sans répondre. Penaud, il s’éloigna et je posai à nouveau mon précieux outil de travail face à moi lorsque je notai une petite auréole brune sur ma manche à la hauteur de mon poignet. Dans ma précipitation à secourir mon ordinateur, j’avais effleuré par mégarde la surface salie.
– Non… ce n’est pas possible, énonçai-je les dents serrées.
Je marquai une pause, comme pour donner de l’élan à ma contrariété, puis maugréai :
– Ma chemise à deux cents dollars est ruinée… Abruti de serveur…
Avec fougue, je trempai le bout de ma serviette dans mon verre d’eau, enlevai ma Rolex , ouvris le bouton de ma manche et entrepris de frotter la tache avec vigueur, pourtant conscient de l’inefficacité de mes efforts pour récupérer la blancheur parfaite avec cette méthode approximative.
– Ce n’était pas un acte intentionnel.
Les mots effleurèrent mon oreille tel un bourdonnement d’insecte. Je relevai la tête et rencontrai deux billes grises qui me scrutaient. Sans détacher son regard de mes pupilles, la jeune femme aux longs cheveux ondulants agrémentés d’un pic en métal sculpté tourna sa chaise comme si elle projetait de s’inviter à ma table. Au bout de quelques secondes, ses yeux quittèrent mes prunelles noisette, non par intimidation, mais pour changer de cap, afin d’examiner sans scrupule chaque partie de mon visage. Du sommet de ma tête à la pointe de mon menton, ils se mirent à rouler en suivant l’arête de mon nez, les contours de ma mâchoire triangulaire. Indiscrets, ils continuèrent leur descente vers mon torse,

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