Sans sortir de la cabane , livre ebook

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Les Écrits des Forges font paraître Sans sortir de la cabane, un recueil de poésie inédit du poète Yves Boisvert. Ce deuxième recueil posthume était en possession du romancier Louis Hamelin, qui l’a préparé pour publication et qui en signe la préface.


Livrant ses commentaires dans le cadre de sa présentation, Louis Hamelin écrit :


En lisant, relisant et éditant Sans sortir de la cabane, j’ai compris que les deux
grandes forces à l’œuvre dans ce territoire poétique y étaient convoquées et s’y
côtoyaient avec une puissance encore inégalée. Pour moi, c’est clair : on est devant un apogée.


Le lecteur retrouve avec plaisir le style caractéristique, direct, du poète estrien. Et particulièrement la langue qu’il savait utiliser comme peu d’auteurs l’ont fait, souligne Louis Hamelin : « c’est la langue vivante du Québec, avec cette saveur vernaculaire d’une parole nourrie à même les rangs de campagne, aussi riche que la langue sauvage du Survenant ».

La deuxième partie de Sans sortir de la cabane et un long poème écrit dans un style que le préfacier rapproche de celui de Claude Gauvreau et dont il voit peu d’exemples dans la littérature québécoise :


Baptiste ne voue aucun culte aux morts Torajas de Paropean.
Il préfère défier le varan endémique de Komodo. Ça ne se dit pas dans les levées de fonds écolos mais cette saloperie a le même goût que la dinde de Noël sur une table de cuisine dans une maison ordinaire de la banlieue de Ville de Laval.


Le plaisir de retrouver la poésie de Yves Boisvert, la magie de voir s’ajouter un recueil à une œuvre somme toute interrompue abruptement contribuent à faire apprécier une fois encore la poésie d’un auteur décédé trop tôt.


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Publié par

Date de parution

19 juin 2023

Nombre de lectures

1

EAN13

9782896454808

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

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Sans
sortir
de
la
cabane /* Script */ /* Script */ /* Script */
Les Écrits des Forges, fondés par Gatien Lapointe en 1971, bénéficient
de l’appui financier du Conseil des arts du Canada et de la Société de
développement
des
entreprises
culturelles
du
Québec
(SODEC).
Illustration:   Something for everyone, John Jennings –  
unsplash.com
Dépôt
légal:
quatrième
trimestre
2022
(papier)
                   
deuxième
trimestre
2023
(epub)
Bibliothèque
et
Archives
nationales
du
Québec
Bibliothèque
et
Archives
Canada
ISBN: 978-2-89645-433-4
(papier)
ISBN: 978-2-89645-480-8
(epub)
©
2022,
Écrits
des
Forges
992-A,
rue
Royale
Trois-Rivières
(Québec)
G9A
4H9  

Téléphone:
819 
840-8492
ecritsdesforges@gmail.com
www.ecritsdesforges.com
En
librairie:
Diffusion
Prologue
1650,
boul.
Lionel-Bertrand
Boisbriand
(Québec)
J7H
1N7
prologue@prologue.ca


Avec
la
participation
du
gouvernement
du
Canada

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YVES
BOISVERT

Sans
sortir
de
la
cabane
Livre
de
géopoétique
Texte établi par Louis
Hamelin
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O n n’est pas sorti du Boisvert
Il y a dix ans partait notre ami. Si nous parlons encore
de lui, c’est d’abord pour la simple joie partagée de nous
rappeler le personnage, le plaisir que nous puisons toujours
dans l’évocation d’un geste, d’une tirade, d’une boutade en
pleine cible ou d’une autre représentation de ce que le poète
trifluvien Guy Marchamps a un jour appelé le «  cirque  »
Yves Boisvert. Tout un numéro, qui tenait parfois en un
seul mot. Comment pourrais-je maintenant regarder un
grand corps mort de tremble ou de bouleau silhouetté
contre le ciel sans me souvenir que le poète nommait ces
arbres foudroyés des chimères ?

Mais justement, sa langue nous habite, et si nous par-
lons encore de lui, c’est peut-être aussi parce que, d’un strict
point
de
vue
littéraire,
son
héritage
s’annonce
considérable.
En lisant, relisant et éditant Sans sortir de la cabane, j’ai
compris que les deux grandes forces à l’œuvre dans ce terri-
toire poétique y étaient convoquées et s’y côtoyaient avec
une puissance encore inégalée. Pour moi, c’est clair : on est
devant
un
apogée.
La première de ces forces –   j’emploie le mot dans un
sens quasi géologique, souterrain et tellurique – ,
c’est
la

7 /* Script */ /* Script */ /* Script */
langue vivante du Québec, avec cette saveur vernaculaire
d’une parole nourrie à même les rangs de campagne, aussi
riche que la « langue sauvage » du Survenant. Cette langue
qu’on dit verte, bien loin de l’idiome patoisant dédaigné      
à Paris, Yves l’aura hissée à des sommets sans en sacrifier
l’élégance ni la complexité foncière, sans jamais verser,
autrement que par ironie, dans la syntaxe primaire du joual.
En ce domaine, ses seuls maîtres sont trois géants de notre
littérature :
Guèvremont,
Miron,
Ferron.
Quelle vitalité dans ces « outardes pigrassant en voliers
aux platains »,
et
que
je
les
entends
bien
!
Un grand écrivain plie la langue à ses besoins, et le style
à la fois vigoureux et si particulier du poète de l’Avenir,  
particulièrement dans les textes en prose, est absolument
personnel, au point de tendre vers l’idiolecte. Comme chez
un Victor-Lévy Baulieu, impossible de ne pas reconnaître
l’homme tout entier dans ses tournures, son empreinte sur
chaque
phrase.

L’autre force primordiale qui court à travers cette
œuvre, et qui représente un versant moins connu du travail
de Boisvert, est une passion pour la connaissance, la décou-
verte et une érudition volontiers festive, dont le déchaîne-
ment décomplexé, dans la deuxième partie de ce livre,    
intitulée Baptiste et l’exotisme , provoque l’éclosion d’une
flore
langagière
rien
de
moins
que
fascinante.

L’appareil de notes, d’un sérieux poussé jusqu’au délire,
qui accompagnait l’ultime volet de la Trilogie des Chaouins :
Mélanie Saint-Laurent (2004), nous avait déjà donné une
idée
de
cet
aspect
inattendu
de
son
talent.
On
est
ici
plus

8 /* Script */ /* Script */ /* Script */
près de Ducharme et d’Aquin, dans l’exubérance du voca-
bulaire et une très savante ivresse lexicographique aux
odeurs de parodie assumée. Dans ce long poème étourdis-
sant qu’est Baptiste et l’exotisme , dont je ne vois, sauf erreur,
aucun équivalent dans la littérature du Québec, quelque
part entre l’exploréen de Claude Gauvreau et l’épuisant
démon joycien de l’exhaustivité, la spirale auto-engendrée
des
toponymes
et
des
ethnonymes
se
fait
pure
musique.
Boisvert donne l’impression d’y anticiper un courant
littéraire qu’on a parfois qualifié de roman wikipédique ,
puisque fondé sur l’usage ludique d’une documentation de
source essentiellement internautique. Je pense qu’Yves avait
compris depuis longtemps que le seul exotisme désormais
possible est d’ordre technologique, et que le poète peut pos-
séder le monde sans lever les pieds de la bavette du poêle.
Un hybride de François Blais et du comte de Lautréamont
ne renierait pas certaines pages de ce livre, et faire des per-
sonnages de Document 1 des petits-cousins de « chaouin
Boisvert »
est
une
hypothèse
assez
séduisante.

Pour moi, Yves Boisvert restera un des très grands    
écrivains d’une littérature nationale   telle que la concevait
Gaston Miron. Il a porté bien haut cette identité doulou-
reuse, a célébré « cette étrange patrie constamment écartelée
entre un esprit des lieux aux résonances magiques et l’insigni-
fiance débile de l’arrière-pays ».
Il
a
aimé,
il
a
désespéré.
Il
est
toujours
là.
Louis
Hamelin

 

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Apercevances
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Il en est de l’isolement tribal   comme du lys tigré
solitaire au creux d’un sous-bois qu’un rayon du ciel de midi
révèle au beau milieu des talles de fougères de la hauteur
d’un enfant de douze ans ; sa coupe de flammes imprègne à
jamais la mémoire du sauvage.   Imaginons en groupe un
bonhomme Boyce en train de rouvrir le deuxième Rang
avec sa charrue trois jours après une tempête aux foudreilles
dures comme de la roche – c’est entendu qu’elle ne fondra
pas comme par enchantement en plein mois de janvier –   et
que nous autres, les colons, pas d’école, on se creuse des
forts dans sept pieds de neige dans le bord du bois de sapi-
nage et qu’on met des chandelles dedans pour venir à bout
de se retrouver dans les corridors et qu’on est tous seuls et
que personne sait qu’on existe et que personne parle de
notre potée nulle part et que personne va jamais nous aider
et que personne ne nous aime parce qu’on est bin trop recu-
lés par le tonnerre et qu’on ira jamais dans les grandes écoles
et qu’on sortira jamais du fond de cet innommable chemin
de gravelle et que si jamais on émerge de notre misère on va
sacrer notre camp aux États, en France ou en Irlande ou
dans des pays fabuleux qui existent pour le vrai comme dans
les vrais livres écrits par du vrai monde et que finalement
manger des cenelles et de la grenouille pognée à mains nues
dans l’herbeuse, sableuse, serpentine et puante rivière Saint-
François les nuits de juillet pendant que l’univers entier
passe son temps à fêter aux terrasses des cités splendides tout
éclairées, alors alors alors c’est peut-être pas le meilleur sort
qu’on puisse nous jeter, mais il semble que notre destinée de
piémontais appalachiens corresponde à celui du lieu natal,
celui à partir duquel on peut s’épanouir ; mais que cela
puisse advenir reste à prouver.

13 /* Script */ /* Script */ /* Script */
L’Avenir est une portion de canton   où l’étourde-
rie du lièvre se canalise dans l’embuscade de troncs de sapins
à quoi l’on accroche un nœud coulant de fil d’ aleton . Le
gibier finit dans sa course insensée en ces nuits de gel sidéral
par s’égorger net en ruant de pleurs jusqu’à l’immobilisme
tordu que décroche, l’air ravi du corps mort, celui qui tra-
vaille à survivre. Mais bon, la faim justifie le fanal au chevet
du pendu qu’ont raidi les froidures d’antan. Après, on
emporte le gibier dans la cave de l’habitat ; on l’écorche ;
l’éviscère ; le débite ; en donne aux chiens ; le fait cuire aux
braises de tous les feux pour le dévorer à même la bête sans
s’occuper du voisin au visage cassé de profil dans le clair-
obscur de la même flamme. Rentrés de force en secret noc-
turne dans l’historiographie locale, les os vont aux chats en
manque de rats des champs parce que c’est le congélateur
d’un couvert à l’autre, la guédille au nez. Pour les questions
de savoir-vivre domestique, vous repasserez au printemps,
charmante saison de remise à jour du dossier des outardes
pigrassant en voliers aux platains. Fol atterrissage s’il en fut.
Bang Bang ! Miam Miam. Les jappeuses écrivent V dans les
cieux pour atterrir dans le four aux fines herbes les nuitées
bagossières. Cette lettre est le contraire d’une victoire. Cela
dit, à la guerre comme au ciel, y en a qui pètent au frette en
plein vol et le plumage vous pleut sur les pieds dans un cli-
mat de fin réelle d’une Amérique fictive, donc provisoire.
Les
bêtes
sauvages
amélioraient
nos
chances
de
survie

14 /* Script */ /* Script */ /* Script */
C’est au pied d’un bouleau blanc   derrière l’étable
que l’être s’ajoute à l’humanité locale pour très tôt se sentir
pas mal tout seul dans son genre. La mort décidée vous
arrange une enfance au futur

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