Mandarine , livre ebook

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- Papa, raconte-nous une histoire de fées.


- Vous n’avez pas passé l’âge ?


- Une histoire de fées pour enfants à partir de 16 ans, ça serait bien...


Ce sera Mandarine.


Fée, succube, ange, nymphe, sirène, harpie, sorcière, déesse tour à tour de l’amour et du chaos, amante splendide, rivale amoureuse vengeresse et terrifiante... on ne sait ni très bien ce qu’elle est ni d’où elle est venue.
Incarnée parmi les hommes, elle découvre, consternée, cette espèce limitée, improbable, irrationnelle, violente, asservie... pathétique. Touchante, finalement quand même.
Et elle apprend à l’aimer.
Dans un geste de révolte aussi exalté que terrifié, elle fera finalement le choix de défier les dieux, de devenir femme, mortelle, libre enfin... vivante !

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Date de parution

23 octobre 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414283262

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-28327-9

© Edilivre, 2018
Comment Mandarine est venue au monde
Prologue et avertissement
Mandarine
Je vais essayer de dire…
C’est comme chercher à nager avec une enclume attachée au cou.
C’est comme faire de la dentelle avec des gants de boxe.
Il n’y a rien d’autre que ce langage. Et le langage ne peut pas dépasser l’émotion, l’intelligence qu’on a des choses.
On ne peut décrire que ce que l’on voit. Mais comment pouvez-vous voir avec ces yeux-là, sentir avec ce cœur, et être touchés quand vous n’avez que cette peau-là ?
Vos cinq sens dont vous vous enorgueillissez et auxquels vous tenez – c’est le cas de le dire – comme à la prunelle de vos yeux ?
Et ce langage barbare et maladroit. Condamnés que vous êtes à entendre, voir et toucher.
Condamnés que vous êtes à essayer de reproduire maladroitement ce vous comprenez, avec vos mots misérables et rebelles, rétifs à exprimer même cette perception limitée que vous avez des choses.
Je vais essayer. Je me condamne à essayer. À parler avec vos mots. Parce que vous n’entendez pas. Vous n’entendez pas.
Vous devinez. Vaguement.
Toute votre histoire, toute votre « culture » est finalement une tentative d’exprimer vaguement ce que vous voulez désespérément sentir, que vous êtes condamnés à deviner.
Il y a eu Platon et sa caverne, l’invention des dieux et des anges.
(On a représenté les anges avec des auréoles qui sont des insultes grossières).
Il y a eu la grâce divine, l’immortalité et l’infini.
L’invention du bien, de l’ineffable, de l’honneur, de l’espoir et de l’avenir.
Il y a eu des hommes qui ont cherché à toucher le sens, qui sont devenus des bouddhas, des Icare, des Jésus Christ, des maîtres d’escrime ou des poètes.
De tous temps.
Qui levaient un tout petit coin du voile, inventaient des syllabes sacrées, des symphonies, qui finissaient par devenir fous ou se coupaient les oreilles.
Qui cherchaient ailleurs la réponse. Dans la science, dans l’absurde, dans l’ascèse ou la luxure.
Qui se brûlaient les yeux – pauvre misérable organe atrophié – à décorer des chapelles ou se massacraient la santé à graver le beau dans du marbre blanc.
Qui faisaient des révolutions – barbares – convaincus qu’ils pavaient la voie pour leurs enfants, destinés grâce à cela à devenir plus humains, plus pleinement créateurs.
Qui dressaient des cathédrales pour la gloire de Dieu sans se douter que ces édifices ne seraient bientôt plus que des redoutes, des bastions d’obscurité, d’obscurantisme, de vilenie.
Les mots qui pourraient dire ce qui est n’existent pas.
Je vais essayer, et, comme tous les autres avant moi, échouer.
Je suis une fée (encore un vocable stupide et incomplet. Insultant, presque. Fée, ange, ondine, âme, sorcière, sirène, furie… tellement de mots inventés et aucun qui ne permette de deviner, même confusément, la réalité dont on parle). Bien malin qui pourra définir ce qu’est une fée. Mais une chose est sûre, les fées ne parlent pas, n’écrivent pas, n’entendent ni ne voient au sens où vous entendez et voyez.
Aucun de vos mots ne peut décrire ce qu’est l’expérience de découvrir, percevoir, sentir, savoir, pour une fée. C’est une bouffée totale de sens et de sens. Comme une décharge, un orgasme ou un coup de poing absolu, sensoriel, physique, émotionnel, affectif, intellectuel, cognitif, psychologique, sexuel, énergétique… total. (Seuls les humains, limités dans leurs perceptions et leur compréhension considèrent que ces niveaux de l’Être sont distincts)
Pour communiquer entre nous, la chimie et les ondes, la lumière, les couleurs, les sons, les mouvements, les auras conduisent à volonté en un éclair chacune de ces expériences totales.
Les mots sont un véhicule bien lent, lourd et grossier pour s’exprimer. Cette activité est pour moi contre nature.
Ma présence ici est contre nature.
Les fées ne survivent normalement pas seules. Elles sont reliées au reste du cosmos comme les cellules d’un corps unique, et se nourrissent d’être ensemble des fées.
J’ai été arrachée il y a bien longtemps à la demeure que j’habitais. Et la plupart de mes sœurs arrachées aussi, ont rapidement dépéri.
Et me voilà, survivante, miraculée et terrifiée, dans votre monde terrifiant.
Comme une sirène hors de l’eau.
1. Arrachée
Mandarine
Quelle étrange espèce vous faites.
A la fois tentés, attirés, appelés par le sens et incapables de le voir ou de le savoir.
Quelles étranges inventions parsèment votre histoire, quelles bizarres tentatives.
Vous avez plein d’enfers pavés de bonnes intentions. Et on ne peut rien dire de vos intentions. Souvent, elles sont bonnes, ou généreuses, ou inventives, ou énergiques.
Mais quel enfer !
Mon monde a été envahi par vos semblables. Il y a au moins 150 de vos années.
Votre temps ne s’écoule pas chez nous : l’évènement était annoncé depuis toujours, il est arrivé de façon inattendue, il était déjà arrivé… l’une des choses les plus violentes qui m’aient été donné de subir a été de rentrer dans votre temps.
Nous étions en train de nous livrer à des jeux que vos prêtres, vos censeurs, vos bonnes femmes et même vos libertins, vos savants, vos sages, vos bouddhas et vos dieux auraient jugés scandaleux.
Et ils sont arrivés.
Nous savions qu’il y avait du danger et nous savions qu’il y avait de l’espoir aussi. Le spectacle de cette danse des fées a de quoi illuminer, transpercer les cœurs. Il a de quoi rendre fous d’amour ou de furie destructrice les âmes peu préparées.
Ils sont arrivés avec leurs âmes alourdies et mal dégrossies. Perverses, avides, malades.
Mais des âmes quand même.
Nous avons triché avec eux, taisant de nos ébats ce que vous appelleriez le côté obscur. La délicieuse ivresse qu’il y a à se laisser appeler par la douleur, subie et infligée, créatrice et farouche. Nous avons exprimé tout ce que nous avons trouvé de douceur, de générosité, de miracles et de naissances, sans que n’apparaissent en même temps les douleurs nécessaires à l’équilibre. La vie naît et se termine dans la douleur. Le sens n’existe que parce qu’il faut regarder le soleil en face, et que le soleil brûle aussi, et détruit.
Mais nous n’avons donné que la générosité, la douce chaleur et l’orgasme du savoir.
Certains ont été touchés et sont devenus béats, niais, se sont liquéfiés dans leur candeur, se sont arraché le cœur pour l’offrir, le souffle coupé par tant de beauté. Certains se sont crus morts, découvrant le paradis qu’on leur avait promis, et sont morts par la seule puissance de leur volonté.
D’autres, plus frustes, n’ont pas perdu le nord.
On leur offrait une mine inépuisable d’une énergie totale. Spirituelle, émotionnelle, intellectuelle, physique. Et il n’y avait que beauté et bonté. Aucune forme de résistance face à leur avidité. Ils se sont servis, ont asservi, détruit, avili.
Ils sont repartis avec mes sœurs et moi-même, mutilées. Ils avaient détruit tout ce qu’il y avait à détruire, et repartaient les mains vides. Mais emportaient suffisamment de fragments de cet univers disloqué pour rentrer en héros, passer pour des dieux chez vous et se servir de ces quelques miettes pour réorganiser tous les rapports chez vous selon leur avidité.
2. Trimbalée
Mandarine
Lorsqu’ils m’ont emmenée, j’étais jeune, belle, insouciante, orgueilleuse, curieuse, charmante et intrépide.
Orgueilleuse, surtout, je crois.
Mais comment ne pas l’être, lorsque mes sœurs étaient des déesses, des légendes, des immortelles, qu’elles remplissaient l’univers entier d’une lumière de vie indestructible.
On m’a mise en garde. J’ai ri. Quoi, une aventure s’offrait à moi et je ne répondrais pas à l’appel ?
J’ai répondu.
Je les ai laissés – je vous ai laissés – me capturer et m’emmener comme trophée.
Le voyage promettait d’être long. Ils se sont plongés dans un profond sommeil artificiel, ont programmé leur vaisseau et vogue la galère. J’étais aussi dans un sarcophage. Les fées ne dorment pas, bien entendu. Cependant, je me suis prêtée au jeu, ai simulé des constantes vitales telles que les leurs, ai fermé les yeux et ils ont été satisfaits. Ces gens ne voyaient rien au-delà de leurs écrans.
Et nous sommes partis. L’accélération a d’abord été d’une lenteur désespérante. Je ne comprenais pas comment ils pensaient arriver quelque part dans cette caisse à savon. Il a fallu des mois et des mois. J’étais évidemment sortie de mon sarcophage, et je riais beaucoup, avec mes sœurs avec qui le contact ne pouvait être rompu. Nous avons exploré amusées, attendries et horrifiées, l’imaginaire de ces soudards de l’espace. Quelle espèce compliquée et primitive.
Nous avons beaucoup joué avec leurs rêves, et avons été sidérées de voir à quel point ces êtres sont faciles à manipuler. Ils s’imposent à eux-mêmes des règles et des codes auxquels ils ne peuvent pas obéir, obéissent à des pulsions qui sont inaccessibles à leur conscience éveillée, refoulent la plupart de leur savoir et de leurs expériences, mais en subissent quand même l’influence… leur mémoire est étrange. Séparée des autres, enfermée et atrophiée.
Des êtres qui naissent, vivent et meurent seuls. Seuls au milieu de la foule de leurs semblables.
Nous avons taquiné, exploré, fouillé ces consciences. Nous leur avons inspiré des rêves fabriqués de toutes pièces, leur avons montré l’essentiel, les avons emmenés dans des univers où le chaos prend sens et où leur Bien et leur Mal s’accouplent.
Les rêves des hommes, malheureusement ou heureusement – nous verrons cela plus tard – ne subsistent que comme des empreintes fugaces de l’âme lorsque leur cérébral reprend le dessus. Mais ce voyage les a changés en profondeur.
Cela faisait des mois que nous accé

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