Madame est trop belle , livre ebook

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Extrait : "LE GARDIEN. Mon Dieu ! Que c'est ennuyeux d'être gardien au musée des Antiques. On ne voit jamais personne... en haut, à la peinture, ils ont de la chance... c'est plein de dames qui peignent sur des échelles... mais ici pas un chat !... Ça finit par rendre mélancolique."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :

• Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
• Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.
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Nombre de lectures

41

EAN13

9782335122053

Langue

Français

EAN : 9782335122053

 
©Ligaran 2015

Personnages

MONTGISCAR .
CHAMBRELAN .

JULES DE CLERCY .
JULES DE CLERCY .
DE GOBERVILLE .
ERNEST MONTGISCAR .
OCTAVE BLANDAR .
MOULINOT .
UN GARDIEN DU MUSÉE DES ANTIQUES .
HECTOR GRANDIN .
JUSTIN , domestique.
JEANNE , fille de Chambrelan.
JEANNE , fille de Chambrelan.

HÉLOISE DE GOBERVILLE .
HERMANCE .
INVITÉS DES DEUX SEXES.
UNE FAMILLE ANGLAISE.

La scène à Paris, de nos jours .
Acte premier

Une salle au musée des Antiques, au Louvre. – Contre les murs des bas-reliefs, des têtes d’empereurs romains sur des socles. – Au milieu, sur un piédestal, la statue de Pollux. – Galeries à droite et à gauche, deuxième plan.

Scène première

Le gardien, puis Octave.

Au lever du rideau le gardien a le manteau vert par-dessus son uniforme ; il se promène un instant sans parler, puis il s’arrête devant le public et bâille.

LE GARDIEN
Mon Dieu ! que c’est ennuyeux d’être gardien au musée des Antiques. On ne voit jamais personne… en haut, à la peinture, ils ont de la chance… c’est plein de dames qui peignent sur des échelles… mais ici pas un chat !… Ça finit par rendre mélancolique. Apercevant Octave au fond venant de droite. – À part. Tiens ! un monsieur !… ça doit être un étranger. s’avançant d’un air aimable vers Octave. Monsieur…

OCTAVE
Brrou !… Il ne fait pas chaud dans votre musée des Antiques.

LE GARDIEN
On n’y allume jamais de feu… on dit que c’est contraire aux statues.

OCTAVE
Je comprends… ça leur fait monter le sang à la tête.

LE GARDIEN, riant par complaisance.
Ah ! ah !… monsieur est Anglais ?

OCTAVE
Moi, pourquoi voulez-vous que je sois Anglais ?

LE GARDIEN
Dame !… nous voyons si peu de Français.

OCTAVE, ouvrant un album.
Non… je suis statuaire, je viens dessiner… prendre des mouvements.

LE GARDIEN, heureux.
Ah !… alors Monsieur viendra tous les jours.

OCTAVE
Peut-être. À part. Il m’ennuie, j’ai un rendez-vous avec une dame. Il se met à dessiner la statue de Pollux.

LE GARDIEN, familier.
Et qu’est-ce qu’on dit de nouveau ?… avons-nous un ministère ?

OCTAVE
Pardon… je ne peux pas travailler quand on me parle.

LE GARDIEN
Tiens !

OCTAVE
Ni quand on me regarde… vous comprenez.

LE GARDIEN, s’en allant.
Très bien… très bien… À part. C’est un paresseux ! Il disparaît à droite.

OCTAVE, seul, fermant son album.
J’ai cru qu’il ne s’en irait pas. Tirant sa montre. Je suis en avance… Madame de Goberville ne tardera pas à arriver… charmante femme !… seulement, elle vous donne des rendez-vous, dans des endroits… mal chauffés… brou !… Puisque je suis en avance, je vais marcher un peu… il fait ici un froid de Sibérie. Il sort par la gauche au moment où le gardien reparaît du côté opposé.
Scène II

Le gardien, puis de Clercy.

LE GARDIEN, se promène un instant avec mélancolie, baillant.
Mon Dieu, que je m’ennuie ! Apercevant de Clercy qui entre à droite. Ah ! encore un monsieur ! Le saluant d’un air très aimable. Monsieur cherche quelque chose ?

DE CLERCY
Oui… la statue de Pollux, s’il vous plaît ?

LE GARDIEN, désignant la statue.
La voici. Récitant. Telle qu’elle a été trouvée en 1821 dans les jardins de la villa Palmiéri et expédiée par les soins de M. le consul de France.

DE CLERCY, l’arrêtant.
Ne vous fatiguez pas… ça m’est complètement égal… ce n’est pas pour ça que je viens.

LE GARDIEN
Ah !… alors monsieur vient ?…

DE CLERCY, avec intention.
Chercher la solitude.

LE GARDIEN
Monsieur ne peut pas trouver un meilleur endroit. Changeant de ton. Eh bien ! quoi de nouveau ? avons-nous un ministère ?

DE CLERCY
Et la solitude, consiste à rester seul… ainsi ne vous gênez pas pour moi… surveillez vos statues, je vous en prie.

LE GARDIEN
Monsieur est bien bon. À part et s’en allant. C’est un Anglais qui a le spleen. Il disparaît à gauche.

DE CLERCY, seul.
Deux heures… j’espère que M. Montgiscar, mon oncle, ne me fera pas attendre. C’est un banquier, très occupé… mais exact. Il a mis dans sa tête de me marier… il a peut-être raison, j’ai passé l’âge des fantaisies… et si la demoiselle me plaît, ma foi !… Notre entrevue doit avoir lieu ici… par hasard… au pied de la statue de Pollux… une idée de mon oncle… Ah ! ça, mais il est en retard, pourvu que le côté de la demoiselle n’arrive pas avant lui… je serais obligé de me présenter moi-même. Ah ! le voici !
Scène III

Montgiscar, de Clercy, puis le gardien.

MONTGISCAR, entrant de droite, sa montre à la main, il porte un parapluie.
Deux heures à la Bourse… tu es en avance, c’est de l’inexactitude… Lui serrant la main. Du reste, ça va bien ?

DE CLERCY
Aussi bien que possible dans ma position.

MONTGISCAR
Quelle position ?

DE CLERCY
D’homme à marier… j’ai mal dormi… j’ai rêvé que ça réussissait…

MONTGISCAR
Mon ami, je te préviens que les plaisanteries sur le mariage sont très usées… Je suis ton oncle, j’ai été ton tuteur, c’est moi qui t’ai élevé, par conséquent tu dois avoir confiance en moi.

DE CLERCY
Oh ! ça !

MONTGISCAR
Eh bien, marie-toi… il n’est que temps !

DE CLERCY
Comment !

MONTGISCAR
Tu te déplumes sur les tempes, tu as quelques fils d’argent dans les cheveux, et enfin les femmes commencent à avoir confiance en toi… c’est un symptôme…

DE CLERCY
Cependant, mon oncle…

MONTGISCAR
Mon Dieu, tu fais encore prime, mais dans deux ans tu seras au-dessous du pair…

DE CLERCY
Merci bien !

MONTGISCAR
Voyons… je suis très pressé… je suis dans les affaires, causons de notre entrevue. Chambrelan va venir avec sa fille… elle ne sait rien… toi, de ton côté, tu es censé ne rien savoir, moi non plus… nous nous rencontrerons par hasard… je te présenterai comme un de mes correspondants de Roubaix… non, de Bordeaux, c’est plus gai.

DE CLERCY
Comme vous voudrez.

MONTGISCAR
Maintenant, quelques renseignements sur la famille dans laquelle tu vas entrer.

DE CLERCY
Ah ! permettez… pas si vite !

MONTGISCAR
Le père, M. Chambrelan, est un brave homme ; pas instruit, pas spirituel… mais qui a gagné une grosse fortune à fabriquer des poignées de sabre, dans la ville de Saumur.

DE CLERCY
Des poignées de sabre ?

MONTGISCAR
Oui, les uns fabriquent la lame, les autres, la poignée… on fait ce qu’on peut… Quant à la demoiselle…

DE CLERCY
Est-elle jolie ?

MONTGISCAR
Jolie, ce n’est pas assez… C’est une beauté exceptionnelle… une de ces beautés qui font faire : ah !

DE CLERCY
Diable ! mon oncle, vous allez m’effrayer… j’ai peur maintenant de la trouver trop belle.

MONTGISCAR
Allons donc ! est-ce que la mariée est jamais trop belle ! Tu ne connais pas les avantages qu’il y a à épouser une jolie femme… je ne parle pas du tête-à-tête qui a pourtant son mérite… D’abord, quand on possède une jolie femme, on ne court pas après celle des autres… généralement.

DE CLERCY
Ce n’est pas toujours une raison.

MONTGISCAR
Aussi ai-je dit : généralement… Ensuite une jolie femme… honnête, bien entendu, c’est une puissance, c’est une force pour un mari. S’il a du goût pour le monde, tous les salons s’ouvrent devant lui ; s’il est ambitieux, les protections, les influences, les recommandations viennent à sa rencontre ; s’il aime la table, ça s’est vu, les invitations pleuvent sur son estomac… enfin sa femme est un talisman ; comme dans les féeries, il n’a que la peine de la montrer et de souhaiter.

DE CLERCY
Oui, mais il y a le revers de la médaille, le danger…

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