Rendez-vous au Cupcake Café , livre ebook

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À tous ceux qui ont déjà léché la cuillère… Avant-propos J’ai quitté le foyer familial à la veille de mon dix-septième anniversaire et, si l’on m’avait proposé d’apprendre à faire la cuisine ou des gâteaux avant mon départ, j’aurais, comme toute adolescente, rejeté l’idée d’un haussement d’épaules. Enfant, j’étais très difficile concernant la nourriture (je ne mangeais même pas de cheesecake, c’est dire !) et, durant mes études universitaires, j’ai adopté le régime classique composé de chips, pâtes, flageolets et bière. À vingt et un ans, j’ai eu un petit ami qui fut effaré devant mon incapacité totale à faire la cuisine. Dans un élan d’exaspération, il m’a appris à faire ma première béchamel. Ensuite, ce fut un pas en avant, deux pas en arrière : la soupe à l’oignon où je n’ai pas compris qu’il ne fallait pas plonger tels quels les oignons dans l’eau bouillante ; le cake au citron où la quantité excessive de bicarbonate de soude est entrée en réaction avec l’acidité des citrons, produisant un résultat semblable à la composition chimique de la craie. Autre souci – que je rencontre encore –, j’ai jeté environ neuf mille recettes de scones car, peu importe que j’utilise du Schweppes, du lait fouetté, que je mette tel ou tel ingrédient à température ambiante, mes cercles de pâte durs et insipides finissent toujours au fond de la poubelle.
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Publié par

Date de parution

02 février 2017

Nombre de lectures

1

EAN13

9782810420759

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

À tous ceux qui ont déjà léché la cuillère…
Avant-propos

J’ai quitté le foyer familial à la veille de mon dix-septième anniversaire et, si l’on m’avait proposé d’apprendre à faire la cuisine ou des gâteaux avant mon départ, j’aurais, comme toute adolescente, rejeté l’idée d’un haussement d’épaules. Enfant, j’étais très difficile concernant la nourriture (je ne mangeais même pas de cheesecake, c’est dire !) et, durant mes études universitaires, j’ai adopté le régime classique composé de chips, pâtes, flageolets et bière.
À vingt et un ans, j’ai eu un petit ami qui fut effaré devant mon incapacité totale à faire la cuisine. Dans un élan d’exaspération, il m’a appris à faire ma première béchamel. Ensuite, ce fut un pas en avant, deux pas en arrière : la soupe à l’oignon où je n’ai pas compris qu’il ne fallait pas plonger tels quels les oignons dans l’eau bouillante ; le cake au citron où la quantité excessive de bicarbonate de soude est entrée en réaction avec l’acidité des citrons, produisant un résultat semblable à la composition chimique de la craie. Autre souci – que je rencontre encore –, j’ai jeté environ neuf mille recettes de scones car, peu importe que j’utilise du Schweppes, du lait fouetté, que je mette tel ou tel ingrédient à température ambiante, mes cercles de pâte durs et insipides finissent toujours au fond de la poubelle. D’après ma mère, pâtissière hors pair et spécialiste des scones, qui me juchait sur le plan de travail de la cuisine et me laissait lécher la cuillère pendant qu’elle confectionnait des cupcakes, je devrais renoncer à préparer des scones et utiliser les mélanges tout prêts du commerce (ce qui lui arrive aussi de faire). Mais je refuse de baisser les bras.
Enfin bref. Lorsque j’ai eu des enfants, éprouvant le désir désespéré qu’ils ne subissent pas l’affront terrible d’être « le gamin qui ne mange rien », j’ai tenu à leur faire goûter le plus large éventail de saveurs possible. Ce qui, bien entendu, impliquait d’apprendre à cuisiner.
Chez certaines personnes, cuisiner est un don inné. Ma belle-sœur est un vrai cordon-bleu. Accordez-lui dix minutes et elle créera un plat divin à partir de rien, en goûtant tout le long sa préparation, en faisant des essais et en rectifiant si nécessaire. Je ne serai jamais aussi douée. Je me fâche tout de même quand mon mari prépare des betteraves 1 .
Mais je suis enfin capable de cuisiner des plats bons et sains pour ma famille (si l’on excepte l’incident où j’ai oublié de vider les poissons). En passant du temps dans la cuisine, j’ai découvert que, grâce au robot, concocter un gâteau au chocolat ou des biscuits au beurre de cacahuète ne prenait pas forcément des heures. Je suis une fervente partisane de la devise de Jamie Oliver : « Peu importe ce que vous mangez ; veillez seulement à ce qu’il y ait le moins d’ingrédients possible. » Je m’aperçois que, même lorsque mon emploi du temps me paraît chargé, une demi-heure suffit pour attraper de la farine, du sucre, du beurre et un œuf et préparer une fournée de la recette la plus simple s’il en est : des cupcakes. Ce faisant, j’ai l’impression d’être une vraie Bree van de Kamp (hélas, sans ses mèches soyeuses et son élégance). Bien entendu, mes enfants sont convaincus que de bons petits plats les attendent tous les jours et se disputent pour savoir à qui revient le tour d’utiliser le robot, comme nous le faisions durant notre enfance, mais ce n’est pas un souci. Je cuisine parce que j’aime cela.
Puis soudain, j’ai eu l’impression de ne pas être un cas isolé. Les boutiques de cupcakes ont commencé à fleurir partout et j’ai été absolument captivée par l’émission Le Meilleur Pâtissier . Il existe même des festivals de cupcakes (Cupcake Camp). L’histoire d’Izzy a été inspirée par tout cela et, au final, par le désir simple d’offrir une douceur à ceux qu’on aime.
J’espère que cette aventure vous plaira également, que vous fassiez déjà des gâteaux, que vous pensiez vous lancer un jour (vous trouverez les excellents conseils d’une blogueuse à la fin du livre), que vous vous disiez : « Hors de question, je ne m’embarquerai jamais là-dedans » – comme ce fut mon cas à une époque –, ou que vous soyez simplement un consommateur comblé. Venez, prenez une chaise…
Amicalement,
Jenny
 
Ps : J’ai testé avec succès toutes les recettes de ce roman (notez que, pour les temps de cuisson, j’utilise un four traditionnel) et elles sont toutes délicieuses. À l’exception des cupcakes surprise de Caroline. Libre à vous d’y goûter… ou pas ! Toutes les mesures ont été converties suivant le système métrique.

1 . Oh, allez, avouez que j’ai raison. La betterave, c’est bon pour le bétail. L’une des pires phrases que j’ai entendues de ma vie remonte à un jour où je rentrais de voyage, fatiguée, et que mon cher mari m’a annoncé joyeusement : « Tu sais combien tu détestes la betterave ? Eh bien, je suis sûr que tu vas changer d’avis quand tu goûteras à ma nouvelle recette ! » Je vous jure que j’ai failli pleurer.
CHAPITRE 1

Pancakes écossais
225 g de farine avec levure incorporée
30 g de sucre semoule (tu peux lécher la cuillère)
1 œuf (prévois-en 4 si tu cuisines avec des tout-petits)
30 cl de lait entier (plus un verre à boire avec les pancakes)
1 pincée de sel (C’est peu, Izzy. C’est beaucoup moins que ton petit doigt. Pas trop ! Non ! Oh. C’est trop. Tant pis.)
Verse la farine, le sucre et le sel dans un saladier et mélange bien.
Creuse un puits au centre (un puits, c’est l’endroit où l’on va chercher de l’eau. Enfin, autrefois, comme dans les contes.) Oui, comme ça. Mets-y l’œuf. Youpi ! C’est bien. Ajoute le lait.
Fouette pour bien tout mélanger. La pâte doit être onctueuse. Ajoute un peu de lait si nécessaire.
Dépose un morceau de beurre dans une poêle à fond épais et mets-la sur le feu (laisse Grampa se charger de sortir la poêle, c’est trop lourd pour toi). Bien. Maintenant, prends un peu de pâte avec une cuillère et dépose-la sur la poêle. Ne te précipite pas ! Ce n’est pas grave si cela éclabousse un peu à côté. Maintenant, laisse Grampa les retourner, mais tu peux tenir le manche… Comme ça, c’est bien. Super !
Sers les pancakes avec un verre de lait, du beurre, de la confiture, de la crème et tout ce que tu trouveras dans le réfrigérateur, et une petite fille intelligente aura le droit à un énorme bisou sur le front !
*
Izzy Randall replia la feuille de papier et sourit.
– En es-tu absolument certain ?, demanda-t-elle à la silhouette calée dans le fauteuil. C’est bien la recette ?
Le vieil homme hocha la tête avec véhémence. Il dressa l’index, Izzy y reconnut immédiatement le signe d’un sermon à venir.
– La vérité, c’est que la pâtisserie, c’est…
– La vie, compléta patiemment Izzy.
Elle avait déjà entendu ce discours à maintes reprises. Son grand-père avait commencé à passer le balai dans la boulangerie-pâtisserie familiale dès l’âge de douze ans ; il avait ensuite repris le commerce et dirigé trois grandes boutiques à Manchester. Le fournil avait été toute sa vie.
– C’est la vie. Le pain est l’aliment de base par excellence.
– Et très antirégime Atkins, soupira Izzy, tout en lissant sa jupe en velours côtelé sur ses hanches.
C’était une chose que son grand-père dît cela. Toute son existence, il avait été maigre comme un clou, grâce à un régime intensif et permanent de labeur physique, qui débutait par l’allumage du four à cinq heures du matin. C’en était une tout autre lorsque la pâtisserie était un passe-temps, une passion, mais que, pour payer les factures, il fallait passer la journée derrière un bureau. C’était difficile de faire preuve de retenue quand on expérimentait des recettes… Izzy s’évada, songeant à la crème à l’ananas qu’elle avait testée ce matin. Le secret consistait à trouver la quantité idéale de pulpe : assez pour apporter une touche acide, mais pas trop pour que cela ne se transforme pas en smoothie. Il fallait qu’elle fasse une autre tentative. Elle passa ses mains dans ses cheveux noirs touffus. S’ils mettaient parfaitement en valeur ses yeux verts, ils étaient un vrai désastre par temps de pluie.
– Du coup, pour décrire ce que l’on fait, il faut décrire la vie. Tu comprends ? Ce ne sont pas de simples recettes… Et puis après, tu me diras que tu utilises le système métrique !
Izzy se mordit la lèvre : elle devrait penser à cacher sa balance métrique lors de la prochaine visite de Grampa. Cela ne ferait que le contrarier.
– Tu m’écoutes ?
– Oui, Grampa !
Ils tournèrent tous les deux la tête pour regarder par la fenêtre de cette maison de retraite située dans la banlieue nord de Londres. Izzy y avait placé Joe lorsqu’il était devenu manifestement trop étourdi pour rester seul chez lui. Elle avait détesté le faire venir dans le sud du pays, lui qui avait passé toute sa vie dans le Nord, mais elle pouvait ainsi lui rendre plus facilement visite. Joe avait protesté bien entendu ; il l’aurait fait dans tous les cas, car, où qu’il aille vivre, on ne le laisserait pas se lever à cinq heures du matin pour aller pétrir la pâte. Alors il valait mieux qu’il soit grincheux à proximité, où elle pouvait veiller sur lui. Après tout, personne d’autre ne s’en préoccuperait. Et les trois boulangeries-pâtisseries, avec leurs fiers boutons de porte en laiton poli et leurs vieilles pancartes vantant le « pétrin électrique », avaient désormais disparu, victimes des supermarchés et des chaînes qui préféraient la mie blanche bon marché aux miches pétries à la main, légèrement plus chères.
Comme il le faisait si souvent, Grampa Joe observait la pluie de janvier s’écouler sur la fenêtre et lisait dans les pensées d’Izzy.
– As-tu eu dernièrement des nouvelles de… ta mère ?
Izzy acquiesça d’un signe de tête, tout en constatant qu’il était comme toujours difficile pour son grand-père de prononcer le nom de sa fille. Marian ne s’était jamais sentie chez elle, fille de boulanger. Et la grand-mère d’Izzy était décédée si jeune qu’elle n’avait pas eu le temps d’exercer sur elle une

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