Quand la vie s'emmêle , livre ebook

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2019

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Quand la vie s'emmêle, Editions Prisma, 2019, Olivier Simon, développement personnel, Ariane, Paris, changement de vie, bonheur, humour, roman drôle, manuel du bonheurQuand la vie s'emmêle, Editions Prisma, 2019, Olivier Simon, développement personnel, Ariane, Paris, changement de vie, bonheur, humour, roman drôle, manuel du bonheurQuand la vie s'emmêle, Editions Prisma, 2019, Olivier Simon, développement personnel, Ariane, Paris, changement de vie, bonheur, humour, roman drôle, manuel du bonheurQuand la vie s'emmêle, Editions Prisma, 2019, Olivier Simon, développement personnel, Ariane, Paris, changement de vie, bonheur, humour, roman drôle, manuel du bonheurQuand la vie s'emmêle, Editions Prisma, 2019, Olivier Simon, développement personnel, Ariane, Paris, changement de vie, bonheur, humour, roman drôle, manuel du bonheur
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Date de parution

17 octobre 2019

Nombre de lectures

1

EAN13

9782810428144

Langue

Français

Le secret pour avancer, c’est de commencer.
Marc Twain
CHAPITRE I

L e voyage s’était bien passé.
Ariane avait quitté la petite ville de Nogent-le-Rotrou, dans l’Eure-et-Loire, un peu après midi, opéré un léger détour pour prendre en covoiturage un hôte « de charme », comme elle l’avait qualifié auprès de ses amies qui suivaient son périple sur un compte WhatsApp baptisé opportunément « Un nouveau départ ». Et maintenant, ils étaient arrivés à Paris : on devinait, au loin, la pointe de la tour Eiffel, émergeant d’une brume qui n’avait rien de romantique si l’on prenait la peine de la considérer pour ce qu’elle était : une émanation toxique jaunie par un soleil encore vif de fin de vacances.
– J’adore Paris en août, s’était exclamé l’hôte de charme, rebaptisé en chemin « Francis », à cause de sa ressemblance surprenante avec le chanteur Francis Lalanne – ressemblance qui avait pourtant échappé à Ariane sur la vignette de son profil cadré de près, dissimulant une impressionnante chevelure noir de jais tombant jusqu’aux fesses quand il ne la rassemblait pas en chignon.
– C’est une ville magnifique en toute saison, avait répondu Ariane, prétendant y être née.
– Mais alors, pourquoi en être partie ? lui avait répliqué Francis, de sa voix douce et profonde, car l’hôte était aussi coach, mais pas seulement : thérapeute énergétique, kiné, hypnotiseur et probablement bien d’autres choses qu’Ariane ne comprit pas.
Au kilomètre dix-sept, Francis savait déjà tout : Ariane avait suivi son mari à Nogent-le-Rotrou, où ils avaient vécu heureux près de quinze ans, concevant sans difficulté deux enfants, un garçon, une fille, le choix du roi, roi qui avait fini par épouser une autre femme, plus jeune – faut-il le préciser ? –, parisienne et jolie comme un cœur. Ariane n’était pas jalouse, seulement sous anesthésie générale.
– Quoi de plus ordinaire ? avait-elle conclu, courageuse et philosophe, sans prêter attention aux grosses larmes qui tombaient de ses yeux, aussitôt absorbées par son t-shirt.
– Arrêtez-vous ! avait exigé le coach.
– Oui, promis, j’en laisse encore couler quelques-unes et j’arrête, répondit-elle en reniflant.
– Non, je voulais dire : mettez votre clignotant et sortez, s’il vous plaît.
Ariane obéit docilement en se garant devant une supérette d’autoroute.
– Je vous prends un coca. Voulez-vous autre chose ?
Elle fit non de la tête sans oser le regarder franchement de peur de pleurer bêtement une fois encore. Il s’éloigna.
Alors qu’elle l’attendait sur le parking, Ariane éprouva soudain un sentiment de honte pour s’être confiée si rapidement. Elle avait fait le choix de rapprocher ses enfants de leur père et c’était sa décision, quelles qu’en soient les conséquences. Elle devait désormais être capable de raconter son histoire sans s’effondrer en larmes.
Elle envisagea un instant d’abandonner le coach sur l’aire d’autoroute, mais comme elle remplissait le réservoir d’essence à la pompe, elle vit Francis revenir à elle, chargé de canettes et de paquets de gâteaux. Elle bredouilla une phrase incompréhensible, à laquelle il répondit, citant Confucius :
– L’expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui n’éclaire que le chemin parcouru.
Avait-il deviné ses intentions ? Dans tous les cas, il n’en montra rien et par la suite, il ne fut plus question de l’abandonner sur aucune aire.
– À Paris, donc, cria-t-il presque.
La dose de sucre et de gras qu’Ariane absorba en moins d’un quart d’heure lui fit l’effet d’une gifle. L’euphorie la gagna soudain et tout lui sembla possible de nouveau. Francis savait tout d’elle, mais la réciproque n’était pas vraie.
– Êtes-vous marié ? demanda-t-elle innocemment, tandis que défilaient des deux côtés de la voiture de mornes paysages de champs brûlés par le soleil.
– Oui.
Était-ce un obstacle ? D’autres avant elle s’étaient posé la question et avaient répondu par la négative. Pourquoi pas Ariane ? Pourquoi ne serait-elle pas à son tour celle qui se joue de la morale, qui se saisit des opportunités et attrape les hommes par les cheveux pour les embrasser à pleine bouche ?
– Comment s’appelle-t-elle ?
– Il. Comment s’appelle-t-il ? Je suis marié à un homme. Carlos. Depuis dix-sept ans.
C’était clairement un obstacle. Ils n’échangèrent plus un mot pendant les kilomètres qui suivirent.
Le pic de glucose coïncida avec un affreux bouchon au niveau du péage de Saint-Arnoult et Ariane se sentit de nouveau ridicule. Elle avait essuyé la honte des larmes et des confidences trop rapides, éprouvé le remords d’une pensée indigne et vivait désormais la déception d’un désir contrarié. Elle songea un instant à s’excuser, mais, tournant la tête vers son invité, elle découvrit avec soulagement qu’il s’était endormi. Aussi continuèrent-ils leur voyage en silence jusqu’à l’apparition de la tour Eiffel. « J’adore Paris en août » fut donc la première phrase qui jaillit de la bouche du coach à son réveil, et qui n’était pas une citation.
Ariane le déposa à une porte de Paris, et Francis lui tendit un lot de cartes dans le cas où elle, ou d’autres, auraient besoin d’un « coaching bonheur ». Puis il lui serra la main et claqua la portière.
Il fallait désormais traverser Paris pour rejoindre le 11 e  arrondissement où elle avait son appartement. « Rue Oberkampf. Vous connaissez ? » C’est la question qu’elle posait à tous ceux qui lui demandaient où elle allait vivre. « Près de République, de Belleville, du Père-Lachaise et de celui de ses enfants… Vous voyez ? »
Si la réponse est oui, vous vous réjouirez certainement de la savoir habiter un quartier si animé, si branché, si occupé par des trentenaires pour la plupart directeurs artistiques ou startupeurs, occupant des lofts et des ateliers vitrés. Et même si la situation d’Ariane, mère célibataire de quarante ans dans le secteur des assurances, ne correspondait pas exactement aux profils de son arrondissement, vous chasserez ce pressentiment d’un revers de la main en vous disant : « Je suis sûre qu’elle trouvera vite sa place. Ariane est une battante. »
Les ennuis commencèrent au carrefour de la rue Oberkampf et du boulevard de la République, lorsque son gros 4 × 4 de marque inconnue se retrouva coincé et sa propriétaire insultée. Il fallait vite penser à changer de plaque d’immatriculation, de sorte qu’un 75 devant et derrière lui fasse comme des pare-chocs supplémentaires, une botte secrète tirée du 1 000 bornes, lui offrant l’immunité à vie, tout du moins dans la capitale. En attendant, Ariane dut manœuvrer habilement, faire amende honorable et profil bas, jusqu’à s’extraire du pétrin par la main miraculeuse du dieu de la province qui lui ouvrit un passage entre les voitures. Elle était sauvée et même les Klaxon insistants de ceux que sa vitesse modérée enrageait, même eux, Ariane ne les entendait plus.
Finalement, elle mit son clignotant sur la droite et s’engagea, sur les conseils de son GPS, dans la charmante impasse qu’elle habiterait bientôt : la villa Gaudelet.
Sophie, sa plus ancienne amie, qui lui avait trouvé ce logement, ne lui avait pas menti. L’environnement était exceptionnel, surtout à Paris. Un havre de paix, un repaire d’oiseaux nichant dans l’abondante vigne vierge courant sur des façades de briques et de métal, encadrant d’immenses fenêtres ouvrant, elle le découvrirait plus tard, sur de colossaux ateliers, transformés la plupart du temps en « pièces à vivre ». Ici, c’est Paris , se répéta-t-elle plusieurs fois, comme si elle n’y croyait pas vraiment, devinant, après être descendue de sa voiture, des poussettes, des vélos, des trottinettes, tout un univers d’enfants ravis et de parents épanouis.
– Comme je vais être heureuse ici ! s’exclama-t-elle dans un souffle, le cœur dilaté par le bonheur.
Il fallait désormais vider le SUV, plein jusqu’au toit. Sophie, qui avait promis de l’aider, devait l’attendre dans le loft, occupée au téléphone à régler des ouvertures de boutiques de par le monde pour le compte de son employeur, le célèbre groupe de luxe « V ».
C’est alors qu’il entra dans son champ de vision, beau, brun, mince, penché à la fenêtre de son atelier, un artiste connu, exposé un peu partout et qui la dévorait des yeux. Ne pas le regarder. Faire semblant. Rester la plus naturelle possible jusqu’à ce qu’il lui propose de lui porter secours, d’un air canaille, puis un verre, puis de poser pour lui, nue.
– Nue ?
– Ça vous choque ?
– C’est que… Je n’ai jamais fait ça.
– Oh, il y a tellement de choses que vous n’avez jamais faites et que je vous ferai découvrir.
Ariane rougit, leva la tête pour planter ses yeux noisette dans ceux du plasticien qui se saisit de l’occasion pour lancer un peu aimable :
– Elle va l’éteindre son tracteur ?
À sa décharge, les dimensions totalement disproportionnées du véhicule juraient comme un gros nez sur un visage d’ange. Le 4 × 4, un Toyota Land Cruiser capable de tirer de la boue un couple de bisons, l’atelier d’un forgeron et son enclume, lui avait été laissé par son mari en « geste de bienveillance » – il conduisait depuis une ridicule petite voiture électrique indolore, incolore et sans saveur. Ariane obéit, tourna les clefs du moteur, ouvrit la portière arrière, en sortit un énorme coussin rempli de microbilles et chercha silencieusement la porte d’entrée de son nouvel appartement.
À sa droite, les numéros pairs étaient associés aux ateliers. À sa gauche, les numéros impairs ouvraient sur de petits ensembles vétustes. Sa clef portait le numéro 15.
Elle entra : ça ne sentait pas très bon – la cuisine peut-être et un peu la pisse de chat, mais rien d’insurmontable –, grimpa les marches étroites d’un escalier de bois fatigué, pour atteindre le troisième et dernier étage, et sonna. « Sophie ? Sophie ? » Pas de Sophie, un appartement probablement très mignon pour une première installation avec votre chéri à vingt ans, mais beaucoup moins lorsque vous en avez le double, que vous avez habité une grande maison bourgeoise avec jardin, que vous avez deux enf

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