Les Premiers Bruits d'une autre fête , livre ebook

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2018

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C'est une aventureuse amoureuse entre deux personnes qui avaient travaillé dans un même service, à Paris, dans une ambiance amicale et, séparés, avaient continué à correspondre, par lettres ou par téléphone, au moins une fois par an, à la nouvelle année. Ils se retrouvent à l'occasion d'un évènement douloureux pour la femme, Geneviève, la perte d'une amie très chère. Pour la réconforter, l'homme, Serge, lui propose une rencontre, qu'elle accepte, dans sa petite ville de Normandie. Ils se voient, ils se parlent, et il se noue entre eux une relation nouvelle. C'est l'histoire que raconte ce livre. Le présent rejoint le passé, malgré le temps écoulé. Devenus sexagénaires, ils inventent une autre façon de considérer le temps qui passe.

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Date de parution

19 juin 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414246069

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-24604-5

© Edilivre, 2018
1.
Serge vient d’entendre la voiture arriver et il ressent soudain une sorte de peur. La voiture s’est rangée sur la descente de garage et la portière a claqué aussitôt. Il ne bouge pas. Il attend mais il n’a pas envie d’opposer sa raison à la marée d’idées qui a commencé à lui déferler dans la tête. C’est maintenant que tout se décide. Il a prévu les gestes qu’il allait faire et les mots qu’il allait dire mais ses prévisions sont soudain bouleversées parce qu’il vient de penser qu’il ignore ce que sera la réaction de Geneviève. Jusqu’à présent, tout s’est bien passé. Ils se sont mis d’accord, par téléphone, sur le jour de sa venue et sur une heure approximative. Il a calculé qu’il fallait environ 3 heures pour venir de Paris, en ne roulant pas trop vite. Comme elle a dit qu’elle adorait les autoroutes et qu’elle était une « dévoreuse de kilomètres », il en a tenu compte pour fixer la durée du parcours. Ce trait de caractère chez Geneviève lui plaisait. C’était un signe de jeunesse, et il pouvait ainsi facilement rapprocher le portrait qu’il constituait déjà, de celui que lui avait laissé en mémoire la jeune femme connue et fréquentée en toute amitié 30 ans plus tôt. Depuis lors, leurs relations avaient été uniquement épistolaires, pour l’avènement de chaque nouvelle année. Cela suffisait pour qu’ils aient l’occasion de penser l’un à l’autre. Le lien s’était maintenu, consolidé avec le temps. Pour mieux ajuster sa fiction à la réalité il avait, à l’image de Geneviève qu’il avait en tête, ajouté quelques rides et une légère courbure de la colonne vertébrale. L’ensemble de la silhouette et l’essentiel du visage devaient être conformes à la vision d’elle qu’il avait peu à peu mise au point dans sa tête. Il voulait s’éviter une déception qui l’aurait troublé. Il s’était constitué une sorte de domaine secret où Geneviève, peu à peu, avait pris une forme et un visage qui s’apparentaient beaucoup à ceux qu’il avait connus au temps où ils travaillaient ensemble, et qu’il évoquait souvent. C’est ce personnage nouveau qu’il voulait conserver intact jusqu’à l’arrivée de l’amie. Cette image devait être très proche de ce qu’elle était devenue, comme de ses réactions, bien qu’il y ait toujours une part d’inconnu…
Il s’est approché de la porte du couloir mais il ne l’ouvre pas encore. Il ne veut pas sortir dans le jardin, à la rencontre de son invitée. Il veut garder vierge l’instant où ils vont se trouver face à face. Par lettres, ils se sont embrassés, par téléphone aussi, et ils vont refaire le geste dès qu’elle sera devant lui, mais il ne veut pas que ce soit un baiser banal, maladroit. Le vrai baiser, entre deux plus qu’amis, puisque c’est ce qu’ils sont devenus avec le temps, se donne sur la bouche et il est permis de le prolonger. Telle est son intention, mais comment réagira-t-elle ?… Il va le savoir et c’est cette proximité qui éveille en lui un soupçon d’anxiété. Jusqu’à présent il a erré dans les hypothèses. La réalité va se former…
Elle vient de frapper légèrement à la porte et, tendu, vaguement tremblant, il ouvre et la voit devant lui. C’est le choc du premier tête à tête. A-t-elle changé ? Oui, mais c’est la même femme élégante, avec sa belle chevelure blonde et le visage un peu fatigué auquel il s’attendait. Elle sourit et c’est le même joli et frais sourire que dans le passé. Elle est bien telle qu’il a voulu la retrouver. Il n’ose pas encore mesurer sa joie… Il s’approche d’elle et lui saisit les épaules. Elle tend une joue mais il lui prend la tête à deux mains et lui baise les lèvres, d’un baiser qu’il a longuement préparé, longuement évoqué, un baiser qu’elle ne se presse pas trop d’interrompre. Lorsqu’ils se séparent elle dit tout de même, légèrement rougissante :
« Vous, alors !… C’est assez surprenant, comme accueil… Vous connaissant, j’aurais peut-être dû m’y attendre ?… Vous vouliez me désarçonner, ou c’est ainsi que votre énergie se manifeste ?…
– Pardonnez-moi, c’est peut-être une façon de rattraper le temps perdu, enfin non, ce n’est pas ce que je voulais dire, ce serait plutôt une sorte de récompense pour ma très longue patience, l’espoir croissant de vous revoir…
– C’est sans doute aussi pour vous prouver que vous avez gardé certains élans de la jeunesse ?… Votre voix, au téléphone, me donne toujours l’impression que vous êtes bien le même que jadis… Elle est réconfortante, votre voix… Vous savez combien j’apprécie votre soutien, en ce moment. Non, vous n’avez pas changé, vous venez de m’en donner la preuve.
– Mais vous n’avez pas changé non plus, et c’est très bien comme ça ! ».
Si seulement il pouvait l’embrasser de nouveau. Il a encore le goût de sa bouche sur les lèvres et il a prévu un enchaînement qu’il va provoquer. Il dit :
« Comment va le moral ?… Mieux, j’espère ».
Elle s’attriste soudain et les larmes lui viennent aux yeux. Avec des gestes mesurés il la reprend dans ses bras, lui caresse les cheveux, les épaules, et l’encourage en la serrant contre lui :
« Ne pleurez pas et pensez à la vie, seulement à la vie. Vous vous êtes bien assez attristée, maintenant il faut réagir. C’est pour ça que vous êtes ici avec moi. On n’oublie pas le malheur mais on le supporte mieux en recommençant à vivre comme avant. Je vais vous y aider de toutes mes forces, vous le savez… ».
Elle parvient à sourire et appuie sa tête sur l’épaule de Serge. Elle voudrait sortir du malheur où il vient de la replonger en lui parlant de son moral, parce que cela fait resurgir un passé récent qui lui a fait très mal. Il la caresse encore, en se faisant un peu plus pressant, et il cherche à nouveau ses lèvres, qu’elle lui laisse prendre, cédant à la douceur. Le mal était déjà fait, si mal il y avait. Il s’attarde, encore une fois, mais elle ne dit rien et elle ne bouge pas parce qu’elle se sent bien dans cette sorte d’abri qu’il vient de lui offrir à nouveau. La situation, inédite, va peut-être devenir embarrassante, alors elle se redresse et s’apprête à parler. Elle sent qu’elle a besoin de redevenir forte, après ce moment de flottement. L’émotion la tient encore :
« J’ai bien fait de venir, je crois. Déjà je me sens mieux, parce que vous êtes là. Ce présent que nous vivons est un mélange, où il y a de l’agréable et du désastreux… Je me sens perdue mais je vais me chercher pour me retrouver, si vous me laissez du temps pour ça. Pour moi, c’est comme une découverte, vous ici, maintenant, devant moi…
– Oui, devant vous et bien vivant, pour vous submerger de mon affection et pour vous ouvrir les yeux et l’esprit sur autre chose. Vous en aviez besoin. Vous venez de changer de monde en arrivant ici, et il faut vous adapter au nouveau. Il repoussera l’ancien au second plan, pour votre équilibre et pour votre paix.
– Vous êtes gentil… Je m’y attendais un peu, je dois vous le dire… En cela non plus, vous n’avez pas changé. Vos encouragements confirment votre gentillesse ».
Elle va les ramener vers les mondanités. Ce n’est pas ce qu’il souhaite mais la situation vient de se modifier. Il doit en tenir compte et ne pas la brusquer, plutôt la garder dans la douceur des émotions qu’elle vient de connaître en même temps que lui. Ne pas laisser l’atmosphère s’alourdir. Il sent qu’il doit la manipuler avec beaucoup de précautions parce qu’elle reste fragile… Il s’écarte d’elle, à regret. Ils se sourient parce que ces premières minutes de leur nouvelle rencontre ont à peu près recouvert le bouleversement qui affleurait chez Geneviève à l’évocation de l’être qui vient de mourir, cette amie qu’elle voyait souvent, compagne fidèle et affectueuse depuis 20 ans. La perte est cruelle et difficilement supportable. C’est pour cette raison qu’elle a décidé d’accepter l’invitation de Serge, après avoir, autant qu’elle le pouvait, différé sa venue. Elle a un peu résisté en parlant d’attendre la chaleur, l’amélioration du temps… C’était l’espoir sur fond de crainte. Venir chez un homme seul et, selon son comportement au téléphone et le ton de ses lettres, encore marqué par le dynamisme de la jeunesse, et par conséquent peut-être un peu audacieux à l’égard des femmes, c’était risquer de compromettre sa quiétude. Elle sentait cela mais ce sont des choses dont on ne parle pas. Elle ne pouvait pas lui opposer des arguments qu’il se serait empressé de discuter en pensant qu’elle accumulait tous les prétextes imaginables pour ne pas venir jusqu’à lui. Ils sont célibataires tous les deux, désormais, il possède une maison assez vaste pour la loger sans problème et il veut, pour la distraire de son chagrin, lui donner à voir sa ville dans toutes ses particularités, dans la variété de ses aspects. Elle n’en manque pas, lui a-t-il dit, et de très attachants. Il veut aussi la promener dans cette Normandie qu’elle ne connaît pas encore complètement. Il tient surtout à resserrer le plus étroitement possible cette amitié dont ils ont senti la solidité, par leurs dernières lettres d’abord, puis en se téléphonant aussitôt que Serge a eu connaissance du coup qui venait de frapper l’amie. Geneviève a, autant que lui, souhaité que le fait d’organiser une telle rencontre, après tant d’années, ravive une affection qui, à l’époque, était réelle, bien qu’elle ne se soit manifestée, pendant tout le temps d’un travail en commun qui les amenait à se voir souvent, que par les sourires et par une amabilité de l’un pour l’autre qui n’a jamais disparu, que le temps passé n’a même pas diminuée. Etait-ce uniquement de l’amitié, celle que l’on peut cultiver entre collègues habitués à travailler ensemble et par conséquent proches l’un de l’autre par le sentiment et par la

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