La Réelle Hauteur des hommes , livre ebook

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Ils sont tombés amoureux virtuellement, s'aimeront-ils IRL ?



Du lundi au vendredi, à neuf heures tapantes, Melanie Gordon lit religieusement le nouvel article de Littlejohn, le blogueur du site La Réelle Hauteur des hommes, et tente de mettre un visage derrière le pseudo de cet homme aussi influent qu'anonyme.


Littlejohn a toujours fait de son mieux pour ignorer ces illustrations qui font le buzz, mais impossible pour lui d'y échapper. De guerre lasse, il finit par contacter Melanie pour la remercier. L'appel ne devait pas durer plus de quelques minutes, mais à sa plus grande surprise, il n'a pas envie de raccrocher.


Ils sont le jour et la nuit, la fille optimiste contre l'homme mélancolique, celle qui respire la joie de vivre contre celui qui se contente d'exister. Ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre, mais leur relation n'est que virtuelle, à l'abri derrière leurs écrans et leurs téléphones.


Quand Melanie propose à Littlejohn de se rencontrer pour de vrai, celui-ci panique. La vie lui a prouvé maintes fois qu'il n'était pas ce dont rêvent les filles, mais pour une fois, juste une fois, il aurait voulu être à la hauteur...



* * *

Multiculturelle et nomade, Jo Ann von Haff écrit des histoires d'aujourd'hui avec des héros de tous les jours et de tous les horizons. Ses romans reflètent le monde tel qu'elle le voit : moderne, global et sans frontières, où chaque personne a sa place.

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Publié par

Date de parution

12 avril 2023

Nombre de lectures

11

EAN13

9782956723516

Langue

Français

© Jo Ann von Haff, 2023
www.joannv.com
Couverture réalisée par 2LI
ISBN 9798373953757

Tous droits de reproduction, adaptation et de traduction, intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
L’auteur est le seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre.




Avant-propos


Chère lectrice,
L’année était 2011, Game of Thrones venait d’envahir nos écrans mondiaux. Très vite j’ai compris que je ne devrais pas avoir des personnages favoris, mais Tyrion Lannister ne m’a pas écoutée. Il y avait quelque chose de cynique dans ce personnage, un mélange entre résignation et humour sec, entre désespoir et autodérision.
Lorsque Tyrion s’est retrouvé avec Bronn et Shae pour une nuit de confidences et beuveries, mon cerveau a fait tilt.
Et si…
Et si cela se passait de nos jours ?
Et de nos jours, en 2011, c’était encore la grande époque des blogs.
J’ai écrit une histoire courte, La Réelle Hauteur des hommes , elle ne comptait que dix pages.
Cependant, écrire le mot « fin » n’a pas été suffisant. Mes personnages continuaient de vivre dans mon esprit, me disant que je m’arrêtais au moment où leur histoire commençait réellement.
Alors j’ai repris cette histoire, et l’histoire courte est devenue roman.
La Réelle Hauteur des hommes a d’abord été publiée aux Éditions Láska, à Montréal, en 2013, puis a été rééditée aux Éditions BMR en 2016. Dans la première édition au point de vue unique, la lectrice découvrait Littlejohn en même temps que Mel. Dans la deuxième édition à laquelle j’ai ajouté le point de vue de Littlejohn, mon éditrice m’a proposé de dévoiler le secret à la lectrice bien avant que Mel ne le découvre.
Dix ans après la première publication, Littlejohn a enfin sa place sur la couverture.
Son secret a été protégé pendant dix ans, mais il est prêt à quitter l’ombre et retrouver la lumière.

L’histoire n’a pas été retouchée, aucun texte n’a été rajouté, cette édition est telle qu’elle est sortie en 2016. Si c’est la première fois que tu le découvres, chère lectrice, bienvenue et bonne lecture.




Avant-propos
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MERCI !
Jo Ann von Haff
Autres publications
1.
La radio s’alluma à 8 heures.
Mel se retourna dans son lit et se couvrit le visage, elle n’avait aucune envie de se lever. Elle écrasa l’oreiller sur sa tête, mais Upside Down de Diana Ross devenait de plus en plus entêtant, une torture ! Illustratrice indépendante, Mel travaillait seule, elle ne pouvait déléguer pour faire une grasse matinée. Elle repoussa sa couette et glissa hors du lit. Les yeux encore fermés, elle releva ses longues tresses sur le haut de la tête, se brossa les dents et prit une douche.
Mel était une jeune femme aux innombrables rituels.
Du lundi au vendredi, chaque matin commençait exactement de la même manière.
Dans sa kitchenette américaine, elle mettait la bouilloire en marche avant d’allumer son ordinateur posé sur la table de travail juste derrière le canapé et lancer son lecteur de musique. Elle tirait les rideaux, ouvrait les fenêtres et laissait l’air pénétrer son minuscule salon. Même lorsque Londres se réveillait sous la pluie, elle ne dérogeait jamais à cette habitude. Pendant que l’eau chauffait, Mel arrosait la dizaine de plantes qui transformait la pièce en jungle urbaine, et quand le sifflement lui parvenait, il était 8 h 30 à l’horloge accrochée au mur orange vif, au milieu d’une série de reproductions de tableaux célèbres qu’elle avait réalisées avec sa mère. Elle se préparait alors un thé, prenait des cookies, puis s’asseyait à son bureau. Les pieds sur le rebord du siège, elle gardait les deux mains autour de sa tasse, sauf lorsqu’il fallait cliquer sur la souris pour dérouler ou fermer les pages ouvertes sur les blogs et les réseaux sociaux. Et tous les matins, sans exception, elle débutait sa journée de travail en lisant le billet de 9 heures de son blog favori.
La Réelle Hauteur des hommes était comme un bon magazine : actualités, culture, sorties, voyages et relations, le tout, avec une touche très personnelle. Son auteur signait sous le pseudonyme de Littlejohn, et Mel, comme des milliers de lecteurs dans le monde entier, adorait le lire. Elle avait le béguin pour un homme dont elle n’avait jamais vu le visage, ne connaissait ni le vrai nom ni le son de la voix, mais elle était touchée par sa façon de voir le monde et par ce qu’elle percevait entre ses lignes.
Parfois, elle essayait de se l’imaginer et le griffonnait au crayon gris dans son cahier de brouillon, épais comme l’annuaire. Pour elle, Littlejohn était un trentenaire aux cheveux et yeux clairs. C’était vague mais suffisant pour qu’elle le décline en hommes de toutes les formes.
Lorsqu’elle fermait la page de Littlejohn, elle rebranchait son téléphone fixe réservé à ses clients et ouvrait enfin sa boîte aux lettres professionnelle. Elle répondait aux e-mails, finalisait le dernier projet en cours ou en entamait un nouveau.
Depuis qu’elle travaillait à domicile, Mel s’était imposée des règles strictes pour rendre tangible la frontière entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Elle passait plus de quarante-cinq heures par semaine devant l’ordinateur, un stylet à la main, une tasse de thé pas très loin, et elle refusait d’y ajouter son temps libre. Elle refusait même de changer de téléphone, préférant le vieil engin qui n’envoyait que des textos.
Le soir, elle dînait devant la télé et dessinait pour elle. Parfois, et uniquement parce que sa meilleure amie le lui rappelait souvent, elle faisait un peu de sport pour contrer tous les plats surgelés qu’elle consommait, mais c’était vain, elle priait pour que les litres de thé suffisent à nettoyer son système.
Le téléphone sonna peu avant midi.
— Melanie Gordon, en quoi puis-je vous aider ?
— Où est-ce que tu as encore fichu ton portable ? s’impatienta Alice. Ça fait cent ans que je t’appelle !



Mel grimaça et jeta un coup d’œil à sa table. Il y avait une pile de factures ordonnées sur le côté, l’appareil ne se cachait pas dessous. L’avait -elle seulement emmené dans le salon, ce matin ?
— Aucune idée, répondit-elle.
— Comme d’habitude…, grommela sa meilleure amie.
— Tu t’énerves trop vite, tu finiras par faire un AVC si tu ne prends pas soin de ton petit cœur noir.
Mel et Alice se connaissaient depuis la maternelle et étaient restées amies malgré leurs différences notoires. Alice était un oiseau de nuit qui voyait le monde en noir contrairement à Mel, irréductible optimiste qui ne jurait que par les couleurs et le soleil. À défaut de ne jamais avoir vécu au pays de son père, la chaleur de la Jamaïque courait dans les veines de Mel.
— Mon petit cœur noir se porte à merveille, se défendit Alice. Les toiles d’araignées qui l’enveloppent le protègent assez efficacement.
— J’attends toujours, s’impatienta Mel. Je travaille, figure-toi.
— Moi aussi ! Je viens d’avoir une idée, c’est mon agent qui sera ravie parce que ça fait un an que je ne lui soumets rien.
Elles avaient beau avoir des philosophies de vie à l’opposé, Mel et Alice avaient collaboré dans une demi-douzaine d’albums pour enfants qui aimaient les histoires d’horreur à lire dans les forteresses de draps à la lumière d’une lanterne.
— Quelle idée ? demanda Mel en s’emparant du bloc-notes.
— Un petit garçon façon Sophie de la comtesse de Ségur et un fantôme, répondit Alice.
— C’est de saison.
— La déco de Halloween à la librairie a dû m’inspirer. Tu fais quoi, ce soir ?
— Rien. Je vais me coucher tôt.
— Tu te couches toujours tôt.
— Uniquement si on compare mon rythme au tien ! J’ai eu du mal à me lever, ce matin. Non seulement j’ai l’impression que je paie encore la soirée de samedi dernier, mais en plus j’ai commencé à lire le polar que tu m’as recommandé. L’erreur de mon existence, je suis morte et je meurs encore.
— Tu es nulle, Mel. Pourquoi on est amies, déjà ?
— Je me pose cette question chaque jour que Dieu fait…
2.
Littlejohn n’avait pas dormi depuis la veille et il était bientôt 18 heures. Il rédigea cinq derniers commentaires, puis s’éloigna de l’ordinateur, posa ses lunettes sur le bureau et se frotta les yeux. Il terminait toujours ce qu’il commençait, ce qui tournait parfois à l’extrême, comme aujourd’hui. Ses yeux piquaient et i l mourrait de faim.
S’il avait eu quelqu’un dans sa vie, il ne passerait pas vingt heures d’affilée devant son ordinateur, il n’oublierait pas de vivre. Mais son cœur ne pouvait plus aimer à nouveau, même s’il en ressentait le besoin, comme une drogue dont on avait du mal à se sevrer. Une partie de lui, la plus grande et la plus négative, refusait d’y songer.
L’autre, minuscule et rêveuse, aurait tout donné pour une présence, un nuage de parfum, un sourire… une étreinte.
Machinalement, il remit ses lunettes et ouvrit l’interface de son blog.

Ce n’est pas le célibat, le problème.
C’est le silence, l’écho de ses pensées, de son propre cœur qui bat, monotone. C’est le manque de partage lorsqu’on vient de lire un livre ou de voir un documentaire, lorsqu’on a envie de parler ou de poser une question. C’est le vide, l’absence de bras qui ne nous serrent pas, de doigts qui ne nous frôlent pas, des cheveux qui ne sont pas caressés. C’est le manque de ce qui pourrait être. C’est l’absence tout court.

Ce texte devenait trop personnel. Littlejohn se mordilla la peau du pouce. La frontière entre ce qu’il publiait et ne publiait pas sur son blog était très floue… S’il parlait de relations, pourquoi ne pas écrire sur le célibat ? Sur la solitude ? Il se relut, ajouta quelques phrases, en supprima d’autres. Son estomac gargouillait, mais il ne l’entendit pas.
Une notification rouge apparut sur le coin de l’écran. Il cliqua sur la petite enveloppe et lut

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