L'aube des maudits , livre ebook

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2023

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Pour le démon Zaaphel, les millénaires s'étirent et se ressemblent. Coincé en enfer avec Lucifer après leur révolte ratée contre Dieu, il est condamné à marquer au fer rouge les âmes qui arrivent par milliers. Aussi, lorsque l’occasion se présente de franchir le Portail des Mondes pour se retrouver sur terre, parmi les mortels, il n’hésite pas une seconde !


L’ange déchu a quelques difficultés à se fondre dans le décor et il se sent perdu face au mode de vie des humains. Il peut alors compter sur l’aide de la belle Pia, réfugiée mexicaine à Los Angeles, qui est persuadée que c’est un immigré, comme elle. La jeune femme compte bien faire preuve de solidarité et l’accompagner dans l’immense ville.


Zaaf sait que la situation est temporaire : il doit se mettre au service d’un autre démon pour échapper à la traque de l’archange Raphaël. Et il est hors de question de mêler Pia à ses histoires !


Mais qu’est-ce qui le pousse à protéger sa sauveuse ? Serait-ce cela l’amour ? Zaaphel et Pia ne sont pas au bout de leur peine. Un démon peut-il raisonnablement tomber amoureux d’une mortelle ?


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Publié par

Date de parution

26 mai 2023

Nombre de lectures

4

EAN13

9781801165969

Langue

Français

Table of Contents
Page de titre
Copyright
Citation
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Épilogue
Achevé
Clara Nové
 
 
L’Aube
des Maudits
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Breath of hope
Alibi princier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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© 2022, Cherry Publishing Première édition : octobre 2022 ISBN : 978-1-80116-596-9
 

 
 
 
 
 
 
“ Oh, oh, oh, less than a mile left on the road
Oh, oh, oh, I will be crawling though your door
In need something human, human,
Human, human,
And I need your love
And something human, human.”
 
 
Muse, Something Human
 
Prologue
 
 
Voilà bien longtemps que l’odeur de soufre, mêlée à celles plus pestilentielles de vomi, de pourri, de moisi, de pisse et de chair cramée, ne me gêne plus. Ou tout du moins, que je n’y fais plus attention. Je vis ici depuis bien trop longtemps pour que mon environnement tout entier soit encore un problème. Ni le décor apocalyptique, ni la misère de l’endroit, ni les bruits ignobles du lieu ne m’étonnent plus. Ça fait trop longtemps que je baigne dedans, pour que j’en fasse encore cas.
On s’habitue à tout, paraît-il. C’est vrai, et faux en même temps. On n’y prête plus attention, mais est-ce qu’on a envie d’y rester pour autant ? Définitivement, non.
Si je pouvais fuir ces murs noircis par le feu, gangrenés par les moisissures et empestant le cloaque, je l’aurais fait. Mais les quelques millénaires passés entre ces cavités m’ont au moins appris une chose : partir d’ici relève du miracle.
Oh ! il est arrivé que quelques-uns se barrent et réussissent à fausser compagnie à ce lieu maudit. Mais c’est si rare que les échecs constituent l’essentiel des tentatives, à l’arrivée, et que les victoires se comptent sur les doigts d’une main. Allez, deux, soyons magnanime, et surtout un peu optimiste !
L’optimisme. Le mot me fait ricaner, alors que je repose la longue tige en métal rougie par le feu, qui refroidit déjà, reprenant sa couleur noire d’origine. À côté, le pauvre hère, que je viens de marquer du sceau de son nouveau propriétaire, gémit encore, une main plaquée à l’endroit où, désormais, un « L » de peau brûlée et boursouflée atteste du caractère définitif de sa présence ici. Damné, propriété exclusive du souverain des lieux : Lucifer en personne.
Le gars, un type entre deux âges, aux dents pourries et aux cheveux clairsemés qu’une calvitie menaçait avant d’atterrir ici, relève ses yeux pleins de larmes vers moi, alors que je m’essuie les mains sur un vieux chiffon. Qu’espère-t-il ? Un peu de clémence ? Perdu : il n’en aura aucune. Ni de moi, qui n’ai plus une once de compassion pour tous ceux qui défilent dans la pièce, ni de son nouveau maître. Déchu, condamné, il n’est plus désormais qu’un prisonnier parmi tant d’autres.
– Pourquoi ? geint-il.
Son regard incrédule passe de son bras, où la brûlure fume encore, à mon visage impassible. Bordel, je n’ai pas envie de causer ! Un coup d’œil au couloir, et j’avise la file de mes clients du jour. Immense. Comme d’habitude, certes, mais aujourd’hui, elle semble encore plus grande et si je ne me dépêche pas un peu, j’en ai pour la journée entière.
– Toi seul le sais, non ? J’ai pas eu le temps de regarder ton dossier, mec, mais j’imagine que tu n’es pas là pour rien.
Je n’ai ni le courage ni le temps de me plonger dans les documents concernant ce type. J’ai bien trop de cas à traiter. Et puis qu’est-ce que ça changerait ? Il a été condamné, et sans doute pour une bonne raison, que je ne suis pas apte à juger de toute façon. Mon rôle consiste à appliquer les peines, pas à réfléchir à leur légitimité.
Si au début leur histoire m’intéressait un peu, il y a bien longtemps que ce n’est plus le cas. Et ce n’est pas plus mal pour moi. J’ai verrouillé ma conscience il y a de cela des millénaires, et je ne m’en porte pas plus mal.
Pour le salut de mon âme ? Je ricane, et repousse l’idée d’en avoir encore une dans les tréfonds de mon esprit.
– Qu’est-ce qui te fait rire ? me demande Arguedon, en plissant les yeux.
– Rien, répondé-je aussitôt sans même le regarder. Au suivant ! Et n’oublie pas son dossier !
Mon acolyte hausse les épaules, mais se saisit de mon client sans ménagement, afin de le pousser vers la sortie. Le type, dont le regard se révèle de plus en plus effrayé, traîne des pieds, se rebelle. Il s’épuise pour rien. Arguedon pèse deux fois son poids, pour trente centimètres de plus que lui, et il a tôt fait de lui faire passer le seuil de la porte et de le bousculer dans le couloir suivant, où il est pris en charge par le démon de service. Ses cris de protestation sont vite étouffés sans doute par un coup bien senti, ou toute autre punition qu’un de mes collègues aura jugé bon de lui infliger. Next !
Assis sur mon tabouret branlant, je tourne la broche sur le brasero qui me sert à chauffer mon tison aux armoiries du sinistre prince de ces lieux. J’observe avec fascination le métal devenir rouge au fur et à mesure que les braises chauffent le poinçon, et le tourne machinalement pour répartir la chaleur.
– Pitié !
Je lève les yeux au plafond, sans même me retourner. Bordel, n’ont-ils que ce mot-là à la bouche ? Je l’entends mille fois par jour ! Je ne réponds pas et j’enfile mon gant en cuir tanné par les années. Je me retourne et applique le fer sans même jeter un coup d’œil au propriétaire du bras. Un cri, un gémissement long, des pleurs. Rien de nouveau sous le soleil.
Enfin, façon de parler. Le soleil, c’est sur Terre. Là où je n’ai jamais mis les pieds, mais que je rêve de fouler. Tout ce que je connais du monde, c’est le paradis, où j’ai demeuré un temps avant de finir en enfer, où je vis depuis. Pas de ciel, pas de soleil, pas d’astres, aucun autre horizon que celui des plaines dévastées au-delà de la montagne dans laquelle nous vivons et celui des étendues plus fertiles des terres sacrées dont j’ai été banni. Mais c’était il y a si longtemps que je ne m’en souviens presque plus.
Entre les deux, le Graal : LE portail, qui permet de quitter ce monde et d’aller explorer celui des Hommes. Gardé par l’Armée divine, il est infranchissable. Enfin, presque : quelques-uns ont réussi, paraît-il. Aucun n’est revenu de toute façon. Ont-ils trouvé l’Eldorado sur terre ? Ou ont-ils été rattrapés par les anges chargés d’empêcher notre fuite vers les Humains ?
Ici, la plupart des gars n’ont pas envie de penser à la seconde possibilité. L’espoir demeure que certains aient réussi. On en a besoin, je crois, pour continuer à faire notre boulot, en attendant qu’une opportunité se présente de quitter ce cloaque puant et de trouver refuge sur terre.
Je refoule néanmoins l’idée pour me concentrer sur mon boulot ingrat, mais qui ne va pas se faire tout seul. Et les clients s’enchaînent dans un rythme soutenu que j’ai acquis depuis des centaines d’années, mais dont j’ai perdu le compte.
Après que le dernier se présente, poings et pieds liés par ses chaînes en fer qu’il traîne dans un cliquetis exaspérant, et que je le passe à Arguedon, je souffle de soulagement. Encore une journée de terminée, et pas des moindres.
– J’ai l’impression qu’il y en a de plus en plus, ces derniers temps, non ?
– C’est pas qu’une impression, me répond mon comparse qui revient du couloir. Ils sont effectivement bien plus nombreux à arriver. Paraît qu’il y a une guerre, en bas.
J’arque un sourcil. Des conflits, il y en a toujours eu sur terre ; et effectivement, toutes les périodes troubles de l’histoire humaine ont amené leur surplus de travail ici. Comment je le sais ? Parfois, certains d’entre nous, poussés par la curiosité, demandent des informations aux damnés qui échouent ici. Et fatalement, nous avons pu reconstituer assez facilement la liste des guerres les plus importantes de l’Humanité. Un sacré paquet, en fin de compte.
Délaissant mon siège inconfortable, je m’étire pour tenter de détendre mes muscles raides, et étouffe le feu qui chauffait mon tison, ne laissant que des braises qui refroidiront jusqu’à demain, quand, fatalement, je reprendrai encore et inlassablement la même tâche.
– C’est pas trop tôt, grommelle Arguedon, qui s’appuie contre le mur. J’ai cru qu’on ne finirait jamais cette cargaison.
Je hausse les épaules tandis que je me dirige vers la porte qui donne sur le couloir sombre.
– Et il y en aura encore plus demain, acquiescé-je, morose.
Il ne répond pas, sans doute conscient que j’ai raison.
– Tu… viens aux combats, ce soir ?
– J’sais pas, répondé-je. Je vais dormir un peu, on verra si je suis en forme.
Et je le plante là, comme je le fais depuis des centaines d’années, sans qu’il n’en porte ombrage. Nous nous connaissons depuis trop longtemps pour nous embarrasser de formules de politesse, de toute façon. Et puis ce n’est pas vraiment le genre de la maison, plutôt celui du camp d’en face, chez les coincés du derch.
N’empêche, eux, au moins, ils vivent dans des endroits quand même plus sympas que les couloirs que je longe, et dont je n’ose même pas effleurer les parois pleines de salpêtre, de merde et d’urine, que personne n’a jamais pris le soin de nettoyer. À quoi bon ? Dans mes lointains souvenirs, le dortoir de l’Académie angélique n’était pas si mal que ça, comparé à cet endroit de malheur. Si je n’avais pas été assez con pour écouter Lucifer et l’accompagner dans sa révolte ridicule, je serais bien tranquillement dans une maison agréable, au milieu des anges dont je faisais partie au départ

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