L’aube de l’infection , livre ebook

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2013

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Le monde est viré à l’enfer.
Tout ce que nous connaissons a été infecté et transformé en un véritable fléau. La nuit, des créatures ailées et cauchemardesques prennent les bâtisses comme perchoir. Dans les rues, les infectés se ruent en horde sur les malchanceux croisant leur chemin. Le jour, alors que le calme revient et que les monstres se cachent, les derniers humains s’entretuent et se pillent comme de véritables rapaces. Il n’y a plus de moralité, puisqu’elle vous empêchera de survivre. C’est la loi du plus fort, la loi de la survie. Je m’appelle Brynja.
Je vais survivre.
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Publié par

Date de parution

04 décembre 2013

Nombre de lectures

6

EAN13

9782897334086

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Copyright © 2013 Pierre-Olivier Lavoie
Copyright © 2013 Éditions AdA Inc.
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.

Éditeur : François Doucet
Direction littéraire : Carine Paradis
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Photo de la couverture : © Thinkstock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89733-406-2
ISBN PDF numérique 978-2-89733-407-9
ISBN ePub 978-2-89733-408-6
Première impression : 2013
Dépôt légal : 2013
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale du Canada

Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7
Téléphone : 450-929-0296
Télécopieur : 450-929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com

Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
Téléphone : 05.61.00.09.99
Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99

Imprimé au Canada



Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Lavoie, Pierre-Olivier, 1986-

Brynja
Sommaire : t. 1. L’aube de l’infection -- t. 2. La première lumière.
ISBN 978-2-89733-406-2 (vol. 1)
ISBN 978-2-89633-409-3 (vol. 2)
I. Lavoie, Pierre-Olivier, 1986- . Aube de l’infection. II. Lavoie, Pierre-Olivier, 1986- . Première lumière. III. Titre. IV. Titre : L’aube de l’infection. V. Titre : La première lumière.

PS8623.A865B79 2013 C843’.6 C2013-941922-5
PS9623.A865B79 2013
Conversion au format ePub par: www.laburbain.com
Chapitre 1
Claustrophobie
L a jeune femme était assise, ses bras entourant ses jambes et son visage appuyé sur ses genoux. Elle gardait les yeux fermés et tentait de déconnecter son cerveau, et surtout son ouïe, des bruits qu’elle entendait. Évidemment, c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Enfermée dans la cabine d’une salle de bain publique du métro, Brynja était perchée sur le réservoir d’une toilette, espérant qu’il finisse par l’oublier. Peut-être qu’en étant entièrement silencieuse, il croirait qu’elle ne s’y trouvait plus.
L’endroit était entièrement plongé dans la pénombre et il y régnait une odeur dégoûtante de renfermé et de cuvettes qui n’avaient pas été nettoyées depuis… bien trop longtemps. Seule une faible source de lumière éclairait quelque peu l’endroit ; un néon, juste au-dessus d’un miroir, qui oscillait à intermittences irrégulières.
Même si Brynja détestait les endroits clos et la noirceur, être assise sur une toilette qui avait été utilisée et dont la chasse d’eau était brisée s’avérait plus sécuritaire que les corridors du métro. Ce qui se trouvait de l’autre côté de la porte des toilettes publiques était bien pire que sa claustrophobie et sa peur du noir. Une série de chocs sonores et très graves la fit alors sursauter, comme si on avait martelé la porte à l’aide d’une masse.
— OUVRE ! cria une voix masculine et enragée. OUVRE LA PORTE ! LAISSE-MOI ENTRER, BORDEL !
L’homme continua de crier en frappant la porte comme un endiablé. Il voulait entrer. Elle ne l’avait pas entendu depuis une trentaine de minutes, ce qui lui avait fait croire qu’il l’avait peut-être finalement laissée tranquille. Mais non. Ce type se trouvait toujours de l’autre côté de la porte.
L’homme était finalement parvenu à déranger Brynja, frustrée par ce test de patience assez déplaisant, et elle renonça à ses nombreuses tentatives de sombrer dans un état de tranquillité. À bout de nerfs, dérangée et anxieuse, la jeune femme finit par se lever, poussa la porte de sa cabine et se dirigea au beau milieu de la pièce abandonnée, où elle contempla la porte des toilettes publiques avec un mélange d’effroi et de frustration. Pourquoi s’était-elle levée ? Elle n’allait pas ouvrir cette porte. Elle n’allait pas laisser ce type entrer.
— OUVRE ! cria-t-il à nouveau d’une voix qui sombrait de la rage au désespoir et aux sanglots. Allez… ne me laisse pas ici…
Tentant d’ignorer l’homme — c’était peine perdue ; elle l’entendait gémir de l’autre côté de la porte —, la jeune femme s’approcha de l’un des lavabos et ouvrit le robinet pour s’y rafraîchir. Par chance, l’eau coulait encore. Elle lava vigoureusement ses mains sales avant d’approcher son visage pour y boire quelques grandes gorgées. La jeune femme aspergea son visage et observa son regard dans le miroir devant elle. Sous la lumière oscillante du néon, elle vit son visage ovale avec une bonne mâchoire, son nez légèrement retroussé et ses yeux verts. Ses traits fatigués et cernés manquaient définitivement de couleur. Elle n’avait plus de maquillage depuis longtemps et, honnêtement, elle s’en foutait. Ses cheveux, d’un brun très foncé tirant sur le noir, étaient attachés en une queue de cheval, révélant l’une de ses tempes entièrement rasée. Son bras gauche, depuis son épaule jusqu’à son poignet, était entièrement recouvert de tatouages asiatiques, qui représentaient un phénix vivement coloré dans un ciel bourré de nuages en spirales.
Après avoir scruté son reflet dans les yeux pendant de longues secondes, la jeune femme prit une bonne inspiration et recula.
— S’il te plaît, laisse-moi entrer, gémit l’homme. Je… je te taquinais, tout à l’heure… S’il te plaît… la porte…
La jeune femme s’approcha de la porte — qu’elle avait elle-même verrouillée plus tôt —, l’observant, la respiration saccadée. Il était impossible de savoir où l’homme se trouvait exactement, mais à en juger par ses jérémiades, il devait être adossé contre celle-ci.
— LA PORTE ! hurla-t-il alors à pleins poumons.
Brynja sursauta, lâchant presque un cri qu’elle parvint à étouffer au dernier moment. Ses mains et ses doigts furent traversés de faibles tremblements, l’incitant à serrer les poings. Elle n’ouvrirait pas la porte à cet homme. Il avait tenté de la toucher, croyant qu’elle n’était qu’une pauvre idiote sans défense, mais quelques bons coups de poing au visage et à la gorge l’avaient vite repoussé. Brynja s’était ensuite barricadée dans ces toilettes publiques, non pas par peur de l’homme, mais bien des autres… Elle s’y trouvait depuis plus de quatre heures.
L’homme hurla de rage, criant comme un dément et pilonnant la porte de coups qui résonnèrent si fort que la jeune femme crut que celle-ci finirait par céder. C’est alors qu’un rugissement animal rappelant étrangement celui d’un félin sauvage vibra à travers le métro jusqu’à l’endroit où se trouvait Brynja. L’homme se tut. Un frisson d’effroi traversa la jeune femme.
— S’il… s’il te plaît, madame, gémit l’homme d’une voix éteinte. Ce n’est… ce n’est plus drôle, ou… ouvre-moi la porte…
Le salaud l’avait attirée. Il n’avait pas cessé de cogner et de crier comme un débile ; c’était évident qu’il attirerait quelque chose. Mais… pas ça . Brynja recula jusqu’à la cabine où elle avait passé les dernières heures et ferma les yeux, dans le maigre espoir de se calmer.
— Madame… la porte… s’il vous plaît, sanglota l’homme à travers ses pleurs.
Comment une créature comme celle-là pouvait-elle se retrouver dans le métro ? C’était… généralement bien trop gros pour s’y aventurer. Brynja devait foutre le camp de cet endroit. Elle le devait. Mais… comment ?
— Ouvre la porte, bordel de merde ! lui envoya l’homme d’une voix frustrée. Ça s’en vient jusqu’ici !
Rouvrant les yeux, Brynja chercha du regard un moyen de sortir de cette pièce. Plus tôt, elle avait repéré une grille de ventilation en hauteur, sur le mur entre sa cabine et la cabine voisine, mais sa claustrophobie l’avait empêchée de l’atteindre. Cette fois, elle allait devoir faire quelque chose. Si la créature au grognement si particulier s’aventurait jusqu’ici, elle défoncerait la porte après avoir senti l’odeur de Brynja. Elle devait le faire.
Elle enfila son manteau de cuir brun, qu’elle avait déposé sur son sac à dos, puis fouilla ensuite celui-ci pour en sortir sa fidèle lampe de poche. Elle avait éclairé sa voie depuis plus de trois semaines. Il ne fallait pas qu’elle cède. Après avoir passé son sac à dos sur ses épaules, Brynja mit le pied sur la cuvette de la toilette avant de se hisser sur son réservoir. Depuis cette position, elle pouvait presque atteindre la grille. Elle se hissa ensuite sur le muret de la cabine et, assise en équilibre, se traîna jusqu’au bout, bousculant les panneaux du plafond au passage. Elle pouvait toucher à la grille, sur le mur du fond.
Après avoir passé le faisceau lumineux de sa lampe de poche à travers le grillage bloquant l’accès au conduit d’aération, Brynja vit qu’elle pourrait s’y glisser, même avec son sac à dos. Par chance, ces installations étaient toujours équipées de vieux conduits d’aération surdimensionnés. Cependant, l’idée même de s’y engouffrer enduisait déjà son visage de sueurs froides.
— Merde, gémit-elle lorsqu’elle constata, sans trop de surprise, que la grille était verrouillée.
Comment ouvrir cette foutue grille ? En continuant d’analyser le grillage à l’aide de sa lampe de poche, la jeune femme remarqua quelque chose. Il n’était pas tout à fait enfoncé dans le mur, dévoilant un interstice assez large. Peut-être qu’elle pourrait y glisser un objet qu’elle utiliserait comme levier afin de déloger la grille de ses gonds ? C’est ce qu’elle allait voir. Elle tira un pied-de-biche de son sac à dos ; elle l’avait récupéré deux semaines plus tôt, et avait d’ailleurs dû l’utiliser à plusieurs reprises. Elle l’avait presque entièrement entouré de bandes de tissu, sauf sur l’une de ses extrémités, pour éviter de se couper et d’attraper un

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