J'ai vu chanter un rossignol sous la lune , livre ebook

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Pour Victor, fruit d’un si grand amour. « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer Et la Terre peut bien s’écrouler Peu m’importe si tu m’aimes Je me fous du monde entier »… – Édith Piaf, « L’Hymne à l’amour ». CHAPITRE 1 Colette, Les Côteaux Vendredi 13 avril Le regard de Julien en disait long sur son degré d’exaspération. Même s’il était son ami, il avait parfois du mal à comprendre les réticences de Colette. Bien sûr, il savait sa peine, sa douleur, les épreuves qu’elle avait traversées ces dernières années ; mais pour lui, ce qu’ils s’apprêtaient à faire ce soir était léger et ne devait en rien être influencé par la souffrance de Colette. Ce n’était qu’un jeu. D’ailleurs pour lui, tout n’était que jeu. Il rencontrait ses partenaires de la même façon qu’elle dévorait les romans : frénétiquement. – Tu veux rencontrer l’amour, oui ou non ? – Oui, évidemment, mais ce n’est pas si simple ! – Bien sûr que c’est simple. Tu t’inscris et demain, comme par magie, tu en as deux dans ton lit ! – Mais je n’en veux pas deux dans mon lit ! Tout le monde n’est pas comme toi. – Premièrement tu as tort, deux dans son lit, c’est tout sauf désagréable et, deuxièmement, ce n’est pas parce que tu paniques que tu dois être blessante avec moi, ma Coccinelle. Tout va très bien de mon côté, je suis juste là pour t’aider. – Tu as raison, excuse-moi, c’est juste que c’est nouveau pour moi, je ne pensais jamais en arriver là un jour… Qu’est-ce qui cloche chez moi ?
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Date de parution

11 mars 2021

Nombre de lectures

0

EAN13

9782810431304

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Pour Victor, fruit d’un si grand amour.
« Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer
Et la Terre peut bien s’écrouler
Peu m’importe si tu m’aimes
Je me fous du monde entier »…
– Édith Piaf, « L’Hymne à l’amour ».
CHAPITRE 1
Colette, Les Côteaux

Vendredi 13 avril
Le regard de Julien en disait long sur son degré d’exaspération. Même s’il était son ami, il avait parfois du mal à comprendre les réticences de Colette. Bien sûr, il savait sa peine, sa douleur, les épreuves qu’elle avait traversées ces dernières années ; mais pour lui, ce qu’ils s’apprêtaient à faire ce soir était léger et ne devait en rien être influencé par la souffrance de Colette. Ce n’était qu’un jeu. D’ailleurs pour lui, tout n’était que jeu. Il rencontrait ses partenaires de la même façon qu’elle dévorait les romans : frénétiquement.
– Tu veux rencontrer l’amour, oui ou non ?
– Oui, évidemment, mais ce n’est pas si simple !
– Bien sûr que c’est simple. Tu t’inscris et demain, comme par magie, tu en as deux dans ton lit !
– Mais je n’en veux pas deux dans mon lit ! Tout le monde n’est pas comme toi.
– Premièrement tu as tort, deux dans son lit, c’est tout sauf désagréable et, deuxièmement, ce n’est pas parce que tu paniques que tu dois être blessante avec moi, ma Coccinelle. Tout va très bien de mon côté, je suis juste là pour t’aider.
– Tu as raison, excuse-moi, c’est juste que c’est nouveau pour moi, je ne pensais jamais en arriver là un jour… Qu’est-ce qui cloche chez moi ? C’est mon poids, mon nez, mes cheveux ?
– Mais non, arrête avec ça, tu es sublime. Juste un peu trop godiche, c’est tout. Si tu cessais un instant de croire au grand amour comme dans les films ou tes bouquins dégoulinant de bons sentiments, peut-être rencontrerais-tu quelqu’un « normalement » !
– Voilà, tu l’as dit, je ne suis pas normale…
– Écoute Collerette, soit tu arrêtes, soit je ne t’aide plus. Ce n’est pas ce que j’ai dit. Ne déforme pas tout s’il te plaît. Non, mais tu te rends compte de la pression que tu te mets juste pour t’inscrire sur un site de rencontres ? On avait dit qu’on passerait une soirée sympa à boire des verres ensemble et à te trouver un chéri, mais là franchement j’ai l’impression d’être Tom Cruise dans Mission impossible  ! Allez, ouvre le champagne, je vais la remplir à ta place, cette fiche. Voyons voir, pseudo… Grosse cochonne cérébrale, ça te va ?
Ses gloussements emportèrent tout dans leur sillon. Il avait cette faculté de la faire rire de tout, tout le temps. Qu’aurait-elle fait sans lui ? Son fidèle compagnon (dit comme ça, ça faisait un peu chien, non ? Bien fait !), son Bernardo des nuits folles : lui, son Juju, son meilleur ami !
Selon Colette, chaque femme trentenaire célibataire devrait avoir un meilleur ami garçon. C’est comme un couple , pensa-t-elle , mais sans les inconvénients. Évidemment sans les avantages non plus, mais ils se sentaient bien ensemble. Ils allaient au restaurant, à des afterworks ou des soirées, ils regardaient des mariages princiers en pyjama, ils lisaient des magazines people en traquant les kilos pris par les célébrités ! Mais surtout, c’est lui qu’elle appelait quand elle se sentait seule. Elle l’appelait quand elle avait peur dans cette maison trop grande pour elle. Elle l’appelait quand la solitude l’étouffait, quand le chagrin débordait, quand les absents se faisaient trop présents. Et il était toujours là.
Il râlait, il se moquait, mais il était là. Là comme ce soir. Ce soir où pourtant Colette aurait donné beaucoup pour être avec un autre. Juste goûter au plaisir de se sentir aimée. Aimée et désirée. Se blottir dans des bras amoureux et penser que plus rien désormais ne pouvait lui arriver. Petite précision : plus rien de mal. Parce que ce jour-là, elle avait profondément envie qu’il lui arrive quelque chose. Elle voulait des gazouillis dans le ventre, des étoiles dans les yeux, elle voulait un feu d’artifice dans le cœur. Elle attendait un raz de marée capable de tout emporter. Pour tout recommencer.
À défaut de champagne, Colette leur prépara un Spritz. Elle adorait cette boisson. Elle se souvenait l’avoir découverte lors de son voyage en Italie quelques années auparavant et être revenue fièrement avec sa bouteille d’Aperol achetée à l’aéroport de Venise. Elle s’était précipitée chez le premier caviste venu afin de compléter d’une bouteille de Prosecco et était tombée nez à nez devant le kit complet du cocktail à la mode en France : le Spritz… « Encore une gondole de retard ma vieille », s’était exclamé Julien ! Néanmoins depuis, c’était la tradition, jamais ils n’attaquaient une soirée sans ce cocktail délicieusement amer.
Ils étaient donc une fois de plus attablés, la blonde et son infidèle Bernardo, à contempler le coucher de soleil sur cette fabuleuse terrasse tant convoitée. Une sublime terrasse dotée d’une vue incroyable sur Paris. Chaque fois, Julien s’émerveillait de ce panorama. C’est vrai que j’ai de la chance , se dit-elle. Enfin, de la chance dans mon malheur , s’empressa-t-elle d’ajouter mentalement. Elle ne devrait pas être là. Cette maison ne devrait pas lui appartenir. Elle se sentait parfois ici comme une intruse. Pourtant elle n’avait rien volé. Au contraire. Il aurait été plus juste d’affirmer que la vie l’avait volée.
– Bon, il vient ce Spritz ma Côtelette ? Je ne me suis pas tapé la traversée de Paris un vendredi soir de début de vacances en pleine grève des transports en commun pour boire de l’eau je te signale !
– Oui, pardon, j’étais dans mes pensées. Tu dors ici ?
– On verra, ça dépendra. J’ai quelqu’un en vue ce soir.
– Tu as toujours quelqu’un en vue !
– Ce n’est pas faux. Mais ne fais pas diversion. On trinque et on s’y met.
– À nos amours !
– Et c’est reparti ! Tu n’as que ce mot à la bouche !
Colette allait rétorquer quand la sonnerie de l’interphone les coupa.
– Voilà Sonia !
– Elle n’a pas les clés ? interrogea Julien.
– Si, mais elle sonne toujours au cas où. Elle protège mon intimité, elle !
– Quelle intimité ? Ton dernier rencard date de quand déjà ? C’était avant ou après la séparation de Vanessa et Johnny Depp ?
– C’est malin ça… Va plutôt ouvrir à Sonia, je lui prépare son Spritz !
Julien s’exécuta, non sans ébouriffer affectueusement au passage la longue chevelure blonde de Colette. Il était ainsi fait, il la taquinait autant qu’il lui témoignait sa profonde affection.
 
Colette et Julien, inséparables depuis cinq ans, s’étaient rencontrés lors d’un vernissage. Il lui avait fait des compliments sur son parfum, ils avaient ri ensemble, beaucoup, puis il lui avait demandé son numéro de téléphone avant de partir. Elle y avait vu un signe, et s’était fait un film se terminant par « ils eurent beaucoup d’enfants ». Il l’avait appelée le lendemain pour l’inviter à dîner. Elle avait passé des heures devant le miroir, à essayer toutes ses plus belles tenues. Elle avait appelé sa mère et Sonia pour leur annoncer qu’elle avait rencontré un homme qui allait compter. Julien avait beaucoup de charme. Il était drôle et son regard intelligent, il semblait raffiné et cultivé et son attrait pour l’art n’était pas pour déplaire à Colette. Elle avait vu en lui le compagnon idéal.
Elle était arrivée rue du Cherche-Midi le cœur battant, le souffle court. L’apercevant en terrasse, chic, élégant, son cœur avait fait un bond dans sa poitrine. Il avait reposé le magazine qu’il était en train de feuilleter afin de se lever pour l’accueillir. Elle s’était approchée et ses yeux étaient tombés sur le torse magnifique d’un homme en minishort blanc Calvin Klein et ce gros titre : « Sylvain, gay, sportif et militant »… Le magazine Têtu . Évidemment ! L’ascenseur émotionnel avait dégringolé au troisième sous-sol. Fin du chabada. Exit la love story . Adieu mariage, grossesses, bavoirs et dents de lait ! À cette époque, en matière d’hommes, Colette traversait sa période clairvoyance incarnée…
Le temps de retrouver ses esprits, sa dignité, et la magie avait déjà opéré. Colette avait été rapidement conquise par le charme et l’humour ravageurs de Julien. C’était en outre un garçon extrêmement cultivé. Il était incollable sur l’histoire de France et passionné par celle de l’Angleterre. Pourtant il ne cherchait pas à en mettre plein la vue, au contraire, il se cachait derrière l’image d’un personnage grivois et futile. Mais Colette avait rapidement levé le voile sur la belle âme qui l’habitait. La complicité née quelques jours plus tôt alors qu’ils se moquaient ensemble de quelques-unes des photographies exposées avait été immédiatement scellée ce soir-là en terrasse d’une brasserie parisienne, point de départ de cette amitié grandissante, fusionnelle, quasi fraternelle.
Sonia fit comme à son habitude une entrée remarquée :
– Wow, cette vue, je ne m’en lasse pas !
– T’as raison, moi non plus, salut Sonia, tu n’as pas eu trop de problème pour venir ? l’accueillit son amie.
– Mais non, pas du tout, ce n’est pas comme si c’était le bout du monde ici !
– Oh, ça va, répondit Colette, on n’est qu’à vingt minutes du centre de Paris…
– … Oui, quand ça roule, sauf que ça ne roule jamais ma belle, JA-MAIS ! Quant au RER, non, merci ; c’est sale, ça sent mauvais et si c’est pour me faire tripoter par le premier détraqué venu, c’est sans moi ! En plus c’est la grève, alors Uber en profite pour augmenter ses prix… Mais sinon je suis ravie d’être avec vous ce soir !
– Je te propose un truc, ajouta Julien avec malice, je te prête ma Smart pour rentrer et moi je vais me faire tripoter dans le RER, ça te va ?
– Mais qu’il est con ! s’exclamèrent en chœur les deux amies.
– Allez on trinque, j’ai soif moi ! Je vous raconte ou pas mon chauffeur canon Uber ? Je crois que je vais le rappeler pour rentrer…
– Mais enfin Sonia, je te rappelle que tu te maries en septembre ! s’indigna Colette.
– Oui, et alors ? Qu’est-ce que tu peux être coincée parfois toi ! Je n’ai rien fait encore, je dis seulement qu’il est canon, et puis justement, il ne me reste plus beaucoup de t

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