À lui seul , livre ebook

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Willow Moran a tout perdu sauf ses pur-sang arabes et Caleb Black est le seul qui puisse l’aider à retrouver son frère dans les Montagnes rocheuses du Colorado. Mais elle craint cet homme déterminé à redresser les torts causés par des hommes sans scrupules. Car Caleb est aussi indompté et imprévisible que le territoire sauvage qu’il affectionne. Toutefois, même si elle le défie sans arrêt, cette fougueuse dame du Sud sait que cet homme fier et solitaire fait partie de son destin. Et peu importe les dangers qui les menacent, ils doivent les affronter ensemble — car Willow a provoqué chez Caleb une passion si intense, un besoin si puissant qu’il terrasserait le Diable lui-même pour la posséder.
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Publié par

Date de parution

06 décembre 2016

Nombre de lectures

275

EAN13

9782897675653

Langue

Français

Copyright © 1991 Two of a Kind, Inc.
Titre original anglais : Only His
Copyright © 2016 Éditions AdA Inc. pour la traduction française
Cette publication est publiée en accord avec HarperCollins Publishers, New York, NY
Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet
Traduction : Guy Rivest
Révision linguistique : Nicolas Whiting
Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux
Conception de la couverture : Matthieu Fortin
Photo de la couverture : © Thinkstock
Mise en pages : Sébastien Michaud
ISBN papier 978-2-89767-563-9
ISBN PDF numérique 978-2-89767-564-6
ISBN ePub 978-2-89767-565-3
Première impression : 2016
Dépôt légal : 2016
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
Éditions AdA Inc.
1385, boul. Lionel-Boulet
Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada
Téléphone : 450 929-0296
Télécopieur : 450 929-0220
www.ada-inc.com
info@ada-inc.com
Diffusion
Canada : Éditions AdA Inc.
France : D.G. Diffusion
Z.I. des Bogues
31750 Escalquens — France
Téléphone : 05.61.00.09.99
Suisse : Transat — 23.42.77.40
Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
Imprimé au Canada


Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Lowell, Elizabeth, 1944-
[Only his. Français]
À lui seul
(Seulement l’amour ; tome 1)
Traduction de : Only his.
ISBN 978-2-89767-563-9
I. Rivest, Guy. II. Titre. III. Titre : Only his. Français.
PS3562.O88O5414 2016 813’.54 C2016-941787-5
Conversion au format ePub par: www.laburbain.com

Chapitre 1
* * *
L ’homme paraissait dangereux. Le teint foncé, de forte carrure, le visage impassible, son corps occupait toute l’entrée de l’hôtel. Il émanait de son immobilité une puissance maîtrisée. Quand il bougea, sa coordination musculaire sembla plus prédatrice que simplement gracieuse.
Dieu du ciel , songea Willow Moran en le regardant traverser vers elle le hall du tout nouvel hôtel Denver Queen. Ça ne peut pas être Caleb Black, le spécialiste militaire que monsieur Edwards a trouvé pour me mener à mon frère.
Le désarroi de Willow ne s’afficha ni dans ses yeux noisette ni dans sa posture. Malgré les battements soudainement frénétiques de son cœur, elle ne recula pas d’un centimètre. La guerre entre les États lui avait appris que lorsqu’une fille ne pouvait fuir et se cacher, elle gardait sa position avec autant de dignité que possible… et un pistolet à deux coups dissimulé dans une poche camouflée de sa jupe.
Comme cela s’était souvent produit dans le passé, le poids de l’acier froid entre les replis de soie la rassura. Elle agrippa le petit pistolet et regarda s’approcher l’étranger au visage sombre. Le fait de le voir de près ne la réconforta aucunement. Sous l’ombre de son chapeau noir à large bord, des yeux de la couleur du whiskey observaient le monde avec une intelligence glaciale.
— Madame Moran ?
Sa voix était aussi terriblement virile que l’épaisse moustache et la barbe noire de plusieurs jours qui accentuaient plutôt que d’atténuer les traits aiguisés de son visage. Malgré cela, la voix elle-même n’avait rien de dur. Elle était profonde et douce, puissante comme une rivière se déversant dans une mer invisible au milieu de la nuit. Une femme aurait pu se noyer dans cette voix ténébreuse, dans ces yeux mordorés et dans la force qui bouillonnait sous la surface contrôlée de l’homme.
— Oui, je suis made… euh, madame Moran, répondit Willow en sentant ses joues s’empourprer pendant qu’elle mentait.
Willow Moran était une demoiselle.
— Êtes-vous venu pour me conduire à monsieur Black ? demanda-t-elle.
Sa voix était trop rauque, presque essoufflée, mais il n’y avait pas grand-chose qu’elle puisse y faire. Il était déjà suffisamment difficile de parler avec le resserrement soudain de sa gorge tandis que la force virile de l’étranger l’envahissait comme une marée sombre et attirante.
— Je suis Caleb Black.
Willow se força à sourire.
— Excusez-moi de ne pas vous avoir reconnu. D’après la description donnée par monsieur Edwards, je m’attendais à rencontrer un gentilhomme un peu plus âgé. Est-ce que monsieur Edwards est avec vous ?
Elle avait très légèrement insisté sur le mot « gentilhomme », d’une manière que la plupart des hommes n’auraient pas remarquée, mais ce n’était pas le cas de Caleb Black. Sa bouche se tordit en une ligne courbée que seule une personne charitable aurait appelé un sourire pendant qu’il indiquait du pouce quelque chose derrière lui.
— Là-bas, dans ces montagnes, madame Moran, un « gentil homme » n’est d’aucune utilité. Mais je ne m’attends pas à ce qu’une dame du Sud raffinée comme vous comprenne ça. Nous connaissons tous l’importance que les gens de Virginie comme vous accordent aux manières élégantes.
Caleb porta le regard vers l’autre entrée, à l’extrémité du hall.
— Eddy et la veuve Sorenson nous attendent là-bas.
La peau translucide de Willow s’empourpra de nouveau en un mélange d’embarras devant sa maladresse involontaire à l’égard de Caleb et de colère devant l’insulte délibérée de celui-ci. Elle n’avait pas eu l’intention de le rabaisser par ses paroles irréfléchies. Le long voyage à partir de sa ferme ravagée de Virginie-Occidentale avait durci les muscles de ses cinq chevaux arabes, mais lui avait réduit le cerveau en bouillie.
Elle s’avoua à contrecœur qu’elle méritait au moins en partie le jugement austère dans les yeux de Caleb, des yeux qui s’attardaient à présent avec un léger mépris sur l’ajustement de ses vêtements. La robe avait été taillée pour elle en 1862, avant que la guerre ait totalement ravagé les fermes et bouleversé le destin de sa famille. Neuve, la robe avait mis en valeur chacune des courbes du corps prometteur de Willow. Quatre ans plus tard, ces courbes étaient devenues plus prononcées, mais la robe était demeurée la même. En conséquence, la soie d’un bleu-gris se serrait contre ses seins et autour de sa taille.
C’était la seule robe de soie de Willow. Elle l’avait portée parce qu’elle s’attendait à rencontrer un gentilhomme qui apprécierait son geste rappelant une époque plus civilisée. Elle ne s’était pas attendue à voir apparaître un pistolero mal rasé qui ne remarquerait pas que ses vêtements sont trop ajustés.
Elle releva légèrement le menton en regardant l’homme qui, de toute évidence, ne l’aimait pas.
— La guerre est finie, monsieur Black.
— Et vous l’avez perdue.
Willow ferma les yeux, puis les rouvrit.
— Oui.
L’aveu, émis d’une voix rauque, surprit Caleb, tout comme la soudaine tristesse dans les yeux de Willow. L’étonnement de découvrir que sa proie, Matthew « Reno » Moran, avait une épouse faisait place au soupçon que la jeune femme à la robe moulante et à la bouche carrément sensuelle ne correspondait pas tout à fait à l’image qu’elle voulait projeter. La femme de Reno, certainement. Mais son épouse ? Probablement pas. Rien de ce que Caleb avait appris à propos de Reno depuis qu’il avait commencé à le traquer n’indiquait qu’il était du type à être marié.
Il observa de nouveau Willow, prenant son temps, regardant le rouge lui monter de nouveau au visage. La rougeur piqua sa curiosité. Les femmes comme elle ne pouvaient se permettre de manifester des émotions ou de l’orgueil, et pourtant, elle possédait visiblement les deux.
Caleb se demanda une fois de plus quel genre d’homme son soi-disant mari était — et quelle sorte de gentilhomme raffiné du Sud pouvait à la fois séduire une jeune fille innocente comme sa propre sœur, Rebecca, et inspirer une passion puissante chez une femme expérimentée comme Willow au point de la rendre prête à le suivre jusqu’au cœur de l’Ouest sauvage.
Avec un haussement d’épaules qui fit bouger ses muscles sous les vêtements de voyage qu’il portait, il décida d’ignorer sa curiosité. Le fait que Willow soit probablement une demoiselle plutôt qu’une dame importait peu, à l’instar du genre d’homme que Matthew « Reno » Moran était. Caleb recherchait depuis 11 mois l’homme qui avait séduit sa sœur Rebecca.
Quand il allait le retrouver, il le tuerait.
— Est-ce que nous partons ? demanda-t-il. Ou avez-vous changé d’avis à propos de retrouver votre… mari, c’est bien ça ?
Son regard froid se porta sur la main gauche de Willow, mince et dépourvue d’alliance. Elle rougit de culpabilité. Elle détestait devoir mentir, mais son frère avait insisté dans ses lettres sur le fait qu’il vivait dans un lieu sauvage, non civilisé. Une jeune femme voyageant seule dans un tel endroit était en danger, mais une épouse jouissait de la protection d’un mari. Même un mari absent suffisait à faire hésiter les autres hommes.
— Oui, répondit Willow en s’éclaircissant la gorge et en regardant Caleb dans les yeux avec un mélange de gêne et de défi. Mon mari. Avez-vous par hasard entendu parler de lui ?
— Beaucoup d’hommes changent leur nom quand ils passent à l’ouest du Mississippi. Même des hommes honnêtes.
Willow écarquilla les yeux.
— Comme c’est étrange.
— La plupart des gens ne trouvent pas l’honnêteté étrange.
Willow se sentit offensée par le mépris dans les paroles de Caleb.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire, répondit-elle.
Le regard de Caleb passa des cheveux blonds brillants de Willow à ses délicates chaussures de cuir dépassant de sous sa longue robe de soie.
— Je n’ai jamais rencontré un homme du nom de Matthew Moran. Avait-il un surnom ?
— Si c’était le cas, il n’en a jamais parlé.
Caleb plissa les yeux.
— Vous en êtes sûre ?
— Pratiquement.
— Depuis combien de temps êtes-vous… mar

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