Les genêts de Saint-Antonin , livre ebook

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Dany Rousson Les genêts de Saint-Antonin Roman Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com Copyright © 2014 Éditions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-03644 1 Pétillante, joyeuse, décidée, ces traits de caractère étaient bien les siens. On aurait pu dire de Blanche Bruguière qu’avec ses yeux emplis de douceur, elle regardait les autres avec attention. Ils l’intéressaient. Pourquoi ? Elle ne le savait pas. Peut-être parce qu’ils étaient tous si différents avec leur passé, leur présent, leurs projets d’avenir secrètement gardés, leurs qualités et leurs défauts qui rendent chaque personne unique… Elle aimait s’asseoir à la terrasse d’un café, regarder les passants et essayer de deviner qui ils étaient. Les endroits qui la fascinaient le plus, c’étaient les halls d’aéroport. Les uns arrivaient, les autres s’envolaient : c’était la croisée des destins. Juin 2001, à 24 ans, Blanche vivait seule dans une petite maison que lui avait laissée son grand-père Marcel. « La Genestière » était une demeure familiale. Construite en pierres sèches de pays, en bordure de vignes et de garrigue, elle avait vu grandir cinq générations de Bruguière. Auréolée de quelques champs cultivés, elle était devenue au fil des ans un havre de paix au milieu d’une nature prospère.
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Date de parution

21 août 2008

Nombre de lectures

43

EAN13

9782819503644

Langue

Français

Dany Rousson
Les genêts de Saint-Antonin
Roman
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com
Copyright © 2014 Éditions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média
Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-03644
1

Pétillante, joyeuse, décidée, ces traits de caractère étaient bien les siens. On aurait pu dire de Blanche Bruguière qu’avec ses yeux emplis de douceur, elle regardait les autres avec attention. Ils l’intéressaient. Pourquoi ? Elle ne le savait pas. Peut-être parce qu’ils étaient tous si différents avec leur passé, leur présent, leurs projets d’avenir secrètement gardés, leurs qualités et leurs défauts qui rendent chaque personne unique…
Elle aimait s’asseoir à la terrasse d’un café, regarder les passants et essayer de deviner qui ils étaient. Les endroits qui la fascinaient le plus, c’étaient les halls d’aéroport. Les uns arrivaient, les autres s’envolaient : c’était la croisée des destins.
Juin 2001, à 24 ans, Blanche vivait seule dans une petite maison que lui avait laissée son grand-père Marcel. « La Genestière » était une demeure familiale. Construite en pierres sèches de pays, en bordure de vignes et de garrigue, elle avait vu grandir cinq générations de Bruguière. Auréolée de quelques champs cultivés, elle était devenue au fil des ans un havre de paix au milieu d’une nature prospère. Cette bâtisse rustique et ensoleillée plaisait par sa simplicité. Sa grande terrasse ombragée par une ancienne tonnelle s’ouvrait sur un jardin florissant aux mille senteurs. Un énorme platane trônait devant la maison, semblant veiller sur elle en patriarche bienfaisant.
Au printemps, les alentours de la maison se paraient de soleil, avec la floraison abondante des genêts sauvages. Leur parfum enivrant se diffusait jusqu’au village. Ils avaient donné leur nom à la vieille bâtisse. Mais ce qui rendait la Genestière si précieuse aux cœurs de ses habitants successifs, hormis l’attachement à leurs racines, c’était son emplacement.
En effet, il suffisait de longer le champ derrière la demeure, pour avoir une vue plongeante sur la vallée de l’Aucre. Celle-ci, à la fois verdoyante, rocheuse et rafraîchissante, ouvrait grand ses bras vers une garrigue superbe. Au-dessus des combes vertes, les grands rochers blancs semblaient faire le guet, protégeant de leurs accès difficiles quelques grottes et repères du temps jadis.
Avoir un tel lieu à portée des yeux restait un réel privilège que les habitants de Saint-Antonin savaient savourer. Simplement grimper sur les hauteurs et, pendant de longues minutes, prendre dans le cœur tout ce que la garrigue offre, l’indicible, l’inracontable, ce qui donne des palpitations et du rose aux joues et forge une âme de Languedocien.
C’était ce que ressentait Blanche la Gardoise, amoureuse et fière de ses racines aux parfums de genêts et de pins d’Alep. Elle avait ces paysages en elle, blottis au fond de ses entrailles, cachés comme des trésors qu’elle seule pouvait dénicher.
Jolie brune aux cheveux longs, elle était une jeune fille sur laquelle on se retournait. Son allure élancée et ses jambes bien galbées lui donnaient un charme certain. Mais ce que tous préféraient chez elle, c’était son visage fin marqué par deux petites fossettes qui se creusaient lorsqu’elle souriait. Ses yeux verts emplis d’humanité la rendaient rayonnante comme le soleil du Sud.
Le Sud baigné de lumière, son Sud de vieilles pierres chargées d’histoire, de ruelles aux pavés usés par le temps, de passages étroits unissant des calades mystérieuses… Ce Sud-là, elle l’avait dans la peau. Même si elle adorait découvrir de nouveaux paysages, son cœur battait très fort pour « son Sud », comme elle disait avec son bel accent chantant.
Lorsque Blanche marchait dans les ruelles de Saint-Antonin, la bourgade où elle était née, les odeurs du passé bercé par le tumulte de l’histoire l’enivraient. Elle ne pouvait expliquer pourquoi, chaque fois qu’elle y entrait, elle regardait ce village avec tant de chaleur humaine, d’enthousiasme, comme si elle le découvrait pour la première fois. Lorsqu’elle contemplait les façades de la vieille place, son cœur s’emballait comme une gamine se rendant à son premier rendez-vous. Elle aimait les arceaux qui semblaient danser la ronde autour de la grande fontaine. Elle aimait les hautes persiennes qui laissaient libre champ au soleil étincelant. Elle aimait aussi les larges platanes aux troncs d’aquarelle, qui étalaient leurs branches protectrices au-dessus des terrasses de café.
Son histoire d’amour avec ce village s’était amplifiée au cours des années et se renforçait chaque jour un peu plus. Elle était « fille de Saint-Antonin ».
Blanche en était pourtant partie durant de longues années, pour continuer ses études d’agronomie. Passionnée par l’herboristerie, elle avait trouvé sa voie dans la culture et la transformation de plantes aromatiques et médicinales. Elle fournissait quelques laboratoires en phytothérapie de la région. Derrière la Genestière, Blanche cultivait plusieurs champs. Les alentours étaient parfumés par les aromatiques, de l’aneth à la verveine citronnelle, en passant par la grande balsamite et la réglisse romaine, sans oublier les plus traditionnels thym, basilic, sarriette, sauge, menthe, gentiane, romarin…
Les plantes médicinales poussaient dans un grand champ bordé de lauriers-sauce et de genévriers dont les merles adoraient les baies. Ses terres accueillaient des cultures d’agripaume, de santoline, d’armoise commune, de valériane officinale, de camomille romaine, d’arnica, de ciste… Un petit local attenant à la maison servait à Blanche au séchage et à l’emballage des plantes. Cette proximité facilitait sa tâche et lui offrait le luxe de travailler chez elle, lui donnant une qualité de vie qu’elle savait apprécier.
Vingt ans plus tôt, Marie sa mère utilisait les plantes elle aussi. À l’époque, cette pratique semblait marginale et farfelue. Aujourd’hui, on avait désormais conscience que la nature est un trésor et qu’il est précieux de savoir tirer avantage de ce qu’elle offre. Il est même devenu de bon goût d’apprendre les secrets de grand-mère, leur cuisine et leur savoir-faire. On commence à privilégier la qualité à la quantité, le mieux consommer au consommer à tout prix. Blanche pensait que ce retour en arrière était une vraie avancée vers le mieux vivre et s’en réjouissait.
Petite, elle accompagnait sa mère à travers les prés et les combes, pour la cueillette des salades sauvages. C’était Marie qui l’avait initiée aux bienfaits de la nature. Elle lui avait appris le cycle des saisons, les vertus des plantes, leurs propriétés, leurs utilisations diverses. Blanche lui serait toujours reconnaissante de l’enseignement qu’elle lui avait apporté.
Avide d’apprendre, elle avait fait plusieurs stages en herboristerie. C’est d’ailleurs dans une des dernières boutiques de la région, la maison « Magne et Fils », qu’elle avait passé plusieurs mois. L’expérience avait été enrichissante et Blanche s’était sentie dans son élément. C’était un lieu où les étagères alignaient de grands bocaux en verre remplis de feuilles de toutes formes et toutes origines. Des sachets en papier kraft consciencieusement étiquetés recelaient des senteurs diverses. Ces matières premières, précieuses et courantes à la fois, plongeaient Blanche dans des paysages lointains et encore inconnus. Elle y retrouvait aussi sa garrigue aux mille ressources, où elle se sentait paisible, légère, les yeux baignés de couleurs plus délicates les unes que les autres.
Plusieurs années passées en ville, si belle soit-elle, lui avaient permis de découvrir que son cœur était à la campagne, au milieu des genêts et des chênes verts.
Blanche aimait sa vie. Sa joyeuse bande d’amis se retrouvait plusieurs fois par semaine « chez Boubou », le café de la place aux Herbes. On y dégustait les merveilleux vins des Côtes-du-Rhône que la région offrait. On y riait, on racontait les dernières nouvelles de la semaine, on parlait des avancées sociales et politiques de Saint-Antonin, de la cohabitation du gouvernement, des nouvelles lois comme la loi Taubira qui reconnaissait enfin les traites et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Tous avaient leur mot à dire et échangeaient avec ferveur. On y discutait sans jamais mépriser l’avis de l’autre, même si quelquefois le ton montait.
Boubou le patron, personnage bourré d’humour, savait faire retomber la pression, normal pour un cafetier ! Flegmatique et souriant, il regardait tout ce petit monde avec des yeux bienveillants qui, quelquefois, se plissaient de malice. Lorsqu’il voulait faire diversion dans le café, il appelait sa femme Lulu. D’un caractère bien trempé, les cheveux et les lèvres rougis par la fantaisie, elle passait pour une originale dans le village. En fait, Lulu était une créatrice, passionnée de couture, toujours en quête d’innovation. Son âme restait celle d’une adolescente, curieuse et gourmande de la vie. Celle-ci adorait chanter, bien qu’elle chantât très faux ! Aussitôt sollicitée, Lulu entonnait les répertoires de Jacques Dutronc, Bobby Lapointe ou encore Nino Ferrer, dans un vacarme assourdissant ! Mirza, Les Cornichons, Tchita la Créole, J’ai fantaisie, L’Hôtesse de l’air  et Les Cactus faisaient partie de ses titres préférés. À chaque fois que Lulu commençait à chanter, c’était l’hilarité générale. Puis, tous reprenaient les chansons avec elle. Lulu n’était pas dupe du comique de la situation et en jouait formidablement bien. Il y avait une ambiance au café de la place aux Herbes qu’il n’y avait nulle part ailleurs. C’était un endroit festif où les habitués se sentaient chez eux. Boubou et Lulu étaient les complices, les confidents de cette jeunesse pleine de vie, et des autres.
Parmi les principaux amis de Blanche, il y avait Mathilde Barandon, son amie d’enfance. Mathilde, débordante d’énergie, avec qui elle avait eu le

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