Tango barbare , livre ebook

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La danse du tango excelle dans l'art de l'improvisation. C'est aussi le cas des clients du Caboulot: bornés, vindicatifs, et égrillards. Ceux-ci jouent aux cartes, celles-là batifolent, et tous s'enquièrent des "nouvelles du front"... quand ils n'y sont pas. Car dans cette histoire, nos héros s'accoutrent avec désinvolture de la tunique militaire comme ils s’amusent de leur humaine condition! Destituant ses personnages de la maladie du sérieux, Jacques Sallin invite à travers "Tango Barbare" à un festival d'éristique de comptoir. Rythmique du tac au tac et minauderies en pagaille en guise d'ingrédients, ce texte nous guide à travers l'Amérique du Sud du début du XIXe jusqu'à la France de 39 à 65. Peu amènes, ses héros rivalisent de grivoiseries et autres gaudrioles; et aussi enlevé que ces derniers, le style de l'auteur se caractérise par cette facilité à ignorer la frontière entre le grave et le léger, élevant ses personnages jusqu'à une simplicité déroutante...
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Nombre de lectures

26

EAN13

9782748368178

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

2 Mo

Tango barbare
Jacques Sallin Tango barbare
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0114649.000.R.P.2009.030.40000 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2011
Bords de Seine Mars 1939
Prologue
Distraitement, Jules Pétard ouvrit une grande boîte de ciga-rettes russes qui prenait la poussière sur la petite table de jeu. En soulevant le couvercle de bois, il dérangea un couple de cafards locataires qui, affolé, escalada immédiatement des bâ-tons de craie et se réfugia sous un tas de cartes à jouer. Dans les mains de Jules Pétard, les brèmes étaient collantes, pliées, dé-chirées, cornées. Trente-six anciens combattants. Trente-six gueules cassées. Trente-six poilus de carton, marqués des ex-plosions de coups de gueule, de salve de tricherie, de stratégies montées au Picon-Citron-Curaçao et de plan d’assaut héroïque mené sur fond de tapis publicitaire. Les affrontements homéri-ques avaient laissé des traces profondes et les combattants s’étaient terrés de peur, couverts de vermine. Jules rendit en souriant la maison « ça m’suffit » au couple de cafards péto-chards. Cloué sur le tronc d’un tilleul qui étirait son ombre sur la ter-rasse de terre battue, une réclame anisée se perdait dans la rouille, stigmate de sa déchéance aquatique pour avoir dépassé sous les pluies, la dilution recommandée par son créateur. Les montants de bois qui soutenaient le toit de la terrasse semblaient en bon état. D’un coup de pied, Jules en avait vérifié la solidité. Le geste n’était pas celui d’un homme de métier, mais selon son raisonnement de charbonnier, c’est la construc-tion qui est l’affaire des spécialistes. Pas besoin d’être un grand professionnel pour y foutre en l’air. La solidité, c’est la diffé-rence entre les deux compétences. Fin d’un raisonnement frappé au coin du bon sens. Pour le reste, l’héritage de Jules était à l’image des brèmes cafardeuses, du Pernod rouillé et de l’ouvrage du menuisier…
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Tout ça semblait solide, mais avant d’être une guinguette à son goût, il allait falloir déménager la famille cafard et assécher l’anisette. La fin de cette réflexion finit dans un verre de mus-cadet. Un p’tit blanc aigrelet d’importation directe du cellier. Une pièce elle aussi à l’image du reste du lieu, mais pour un cellier, solide, humide et habité, c’était plutôt une qualité. La Seine était verte par habitude. Un ponton de bois y pre-nait un bain de pieds. Les planches taillées pour recevoir les bottillons des demoiselles, à présent légèrement couvertes de mousse, servaient de patinoire aux grenouilles. Jules vérifia la solidité de l’ouvrage en appliquant son principe de balance des compétences. Son soulier frappa les planches qui ne manifestè-rent pour l’occasion aucune réaction particulière. Tournant le dos aux branches des saules pleureurs qui parta-geaient avec les pieds du ponton la cure thermale locale, Jules parcourut les vingt-cinq mètres qui séparaient son héritage de sa voisine : la poste. Les volets étaient encore clos à cette heure matinale. Jules gravit les quatre marches du perron en boitant puis frappa sur les grands volets. Pour seule réponse de son geste, il découvrit un mot de billet tout neuf punaisé sur le bois. « Le bureau de poste est ouvert officiellement dès 8h30 du matin jusqu’à… » Ses yeux se posèrent directement sur la signature : Paul Mona-chon, Employé des Postes. La pensée de Jules fut trahie par une suite de gestes, de soupirs au coin des lèvres, de mouvements de la tête de gauche à droite. La mimique fut ponctuée par un « quel couillon » convaincu. Jules Pétard était donc seul ce matin, seul face à son héri-tage, une guinguette baptisée « Le Caboulot », face à la mémoire des p’tits bals champêtres soutenue par quatre plan-ches bavardes. Une des planches affichait « Ici on peut apporter son manger », sur une autre, « Chambres à louer ». La troisième annonçait avec vantardise que la cuisine était soignée et la qua-trième annonçait le sujet des soins culinaires : friture de goujons et d’ablettes. La main dans la poche afin d’y prendre sa clé, Jules descen-dit les marches du perron postal et, aussi rapidement qu’il put, rejoignit la guinguette. Devant la porte d’entrée de son héritage, il donna les deux tours de clé libératrice qui firent grincer la paire de gonds. La porte refermée, il déposa sa veste sur le clou
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