Portefeuille d'un talon rouge , livre ebook

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Un texte publié autour de 1788 dont la protagoniste n'est autre que Marie-Antoinette elle-même. Bien entendu, la nature érotique de cet ouvrage licencieux confine à la satire voire au pamphlet.
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Publié par

Date de parution

01 janvier 2012

Nombre de lectures

3 119

EAN13

9782820622280

Langue

Français

Portefeuille
d’un talon rouge
Collection
«Érotique»



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ISBN : 9782820622280
Sommaire


Portefeuille d'un talon rouge
Avis de l’Éditeur

Un particulier qui traversait le Palais-Royal trouva un portefeuille fermé ; il s’approcha de ma boutique, et me pria de demander aux passants à qui il pouvait appartenir. J’ai gardé le paquet, n’ayant pas trouvé de réclamants ; je l’ai ouvert pour découvrir le propriétaire ; mes soins ont été sans succès. Aussi, pour ne pas être chargé du bien d’autrui je vous en envoie le contenu. J’ignore à qui il déplaira, mais l’acquit de ma conscience me rassure. Puissent tous ceux qui sont inscrits dans ces papiers être aussi délicats et aussi tranquilles que moi.
*
* *

À M. de La H… [Harpe]
de l’Académie Française.

Vous êtes fou, mon cher La H… ! Vous voulez, dit-on, écrire l’histoire des tribades de Versailles. Serez-vous assez effronté pour salir vos diatribes de ces horreurs, et de vos œuvres faire le Journal de Sodome et de Gomorrhe ?
Croyez-moi, laissez la cour en repos. C’est un pays dangereux à habiter, et plus dangereux encore pour ceux qui en veulent parler. Mais les mœurs, criez-vous, les mœurs ? la religion ? Vous êtes plaisant, en vérité, avec vos grands mots de mœurs et de religion, vous qui à Paris vivez comme le petit abbé Sabatier, sans croire en Dieu.
Continuez plutôt à en documenter du haut de votre grenier tous ces beaux-esprits de l’Europe, cela vaudra beaucoup mieux que de dévoiler ce que vous appelez les petites infamies des dames de la cour ; d’ailleurs, la plupart de ces infamies sont de grossières calomnies. Un lâche courtisan les ourdit dans les ténèbres ; un autre courtisan les met en vers et en couplets, et par le ministère de la valetaille les fait passer jusqu’aux halles et aux marchés aux herbes. Des halles elles sont portées chez l’artisan, qui à son tour les rapporte chez les seigneurs qui les ont forgées, et lesquels sans perdre de temps s’en vont à l’Œil-de-Bœuf se demander à l’oreille les uns aux autres, et du ton de l’hypocrisie la plus consommée : « Les avez-vous lues ? Les voilà. Elles courent dans le peuple de Paris. » Telle est l’origine et tel est le voyage de ces mauvais petits vers qui, dans le même jour, sèment dans Paris et à la cour des anecdotes abominables sur des personnes d’une vertu connue ; la vérité desquelles anecdotes est presque toujours fondée sur de misérables on-dit , et jamais sur des on-a-vu.
Vous pensez bien que, quand deux dames veulent se donner du plaisir, elles ne prennent pour témoins ni leurs dames du palais, ni leurs écuyers ; et si quelque fois elles parlent de ces petits plaisirs secrets, ce n’est ni à leurs maris, ni à leurs femmes de chambres, ni à leurs aumôniers qu’elles en font confidence. Ce ne peut être qu’à leurs confesseurs, et on sait que depuis qu’on a placé le bûcher à côté de l’indiscrétion, les prêtres sont les plus discrets des hommes.
Venons-en actuellement à notre reine, contre laquelle vous aiguisez déjà vos traits dans l’espérance de gagner quelque argent, en répandant dans l’étranger les sottises que la méchanceté publie à Paris. Quoi ! Parce que cette princesse, par une bonté d’âme un peu équivoque, j’en conviens, accable de bontés la d[uchesse] de Polastron ; parce que pour se soustraire aux regards méchants, elle s’enferme avec son amie, vous en induisez des horreurs ! Mme Balbi s’enferme avec Madame et vous n’en dites rien ; il est vrai que Madame prétend aussi avoir sa Jules. Hé bien ! qu’on s’amuse avec une comtesse Jules ou Juliette, que vous importe ? Et que la reine donne de l’argent à Mme Jules, qu’elle fasse duc son époux : quel mal à cela ? Marigny n’est-il pas cordon bleu ? La du Barry comtesse ? Quelle différence ? Voici ma façon d’en penser, et ce doit être celle de tout honnête homme.
Vous la jugez d’une manière atroce, et j’ose assurer qu’il n’est rien de ce qu’on vous dit journellement. Son caractère, dites-vous, est d’être inconstante ; mais toutes les femmes le sont en tout pays. Ce défaut est l’apanage de leur sexe, soit qu’il soit placé dans la grandeur, ou qu’il soit placé dans des conditions médiocres. C’est un tort de la nature à son égard. D’ailleurs, ce sexe dans ses goûts et ses affections a souvent des raisons secrètes de changement. On voit son inconstance, et la sagesse leur permet rarement d’en montrer les motifs. Ce défaut prétendu tient souvent à la vertu et à l’honneur.
Antoinette d’Autriche arriva en France d’Autriche en 1768. Les six premiers mois furent pour la duchesse de Péquigny, aujourd’hui duchesse de Chaulnes. Cette dame méritait quelque préférence ; c’était une des plus aimables et des plus spirituelles femmes de la cour ; sa conversation était enjouée et toujours assaisonnée de bonnes plaisanteries. Elle s’exhalait en bons mots, tantôt sur son mari, qui avait voulu, disait-elle, la disséquer, l’anatomiser et qui, après avoir renoncé aux avantages et aux titres pompeux d’homme de cour, s’était tout platement fait philosophe, chimiste et physicien ; tantôt contre la du Barry qui, de l’état de fille des rues, était montée dans le lit de Louis XV.
Vous êtes, Madame, disait-elle à la dauphine, venue en France au moment de notre grande foi. Le miracle qu’opère cette fille nous force de croire ceux que les saints faisaient autrefois.
Quel est donc le miracle que fait cette fille ? demanda la dauphine.
Elle ressuscite les morts, répondit la duchesse.
Je ne sais, Madame, disait-elle une autre fois, ce que c’est que le saut de l’anguille. Je ne l’ai jamais fait ; il demande, dit-on, beaucoup de souplesse dans les reins. Mais quel qu’il soit, le plus beau saut que j’aie jamais vu, le plus grand et le plus merveilleux est celui de la du Barry qui, des bras des laquais, est sautée dans ceux du roi.
De pareils bons mots n’étaient lâchés que dans les conversations d’intimité et de confiance. La dauphine ensuite les faisait valoir, les variait suivant les occasions, ne les répétait jamais sans faire de grands éclats de rire, et ne voyait jamais la du Barry sans s’écrier : « Ô la grande sauteuse qui ressuscite les morts ! »
Ce règne de faveur ne fut pas pour la duchesse de Péquigny de longue durée. On fit entendre à la dauphine que peut-être quelque jour elle serait le sujet des plaisanteries de sa favorite. Les diseurs de bons mots, lui faisait-on entendre, n’épargnent personne ; ils cherchent à faire rire, il leur importe peu aux dépens de qui. Ce grain de défiance jeté dans l’esprit de la dauphine, on eut soin de l’y entretenir et de le faire germer.
Le duc de La Vauguyon, de son côté, minait la faveur de Mme de Péquigny, en faisant envisager au dauphin, son élève, la suite que pourraient avoir ces bons mots, si le roi en était jamais instruit. La dauphine se tint sur la réserve avec sa favorite, et passa bientôt de la réserve à l’indifférence.
M. de La Vauguyon avait ses vues en desservant Mme de Péquigny. À la faveur dont elle jouissait il voulait substituer Mme de Saint-Mégrin, sa bru, et il en vint à bout. Mais la faveur de celle-ci ne fut que passagère. Elle se piquait aussi de dire de bons mots, mais ces bons mots étaient moins plaisants que méchants. Aucun n’était dirigé contre la du Barry : c’était la politique de Mme de Saint-Mégrin. Elle espérait, par le crédit de cette femme, autant par le crédit dont son mari jouissait auprès de M. le dauphin, obtenir la place de dame d’atours. Mais cette petite politique dont la dauphine s’aperçut lui déplut, et dès ce moment, on la prit en aversion. Quand le moment fut arrivé de nommer une dame d’atours, la dauphine ne la voulut pas et alla prier le roi de ne pas la lui donner.
Le dauphin désirait pourtant que Mme de Saint-Mégrin remplît cet emploi, et le roi l&rsqu

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