Mémoires de petites s… , livre ebook

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2018

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Les nouvelles très érotiques qui composent cet ouvrage ne sont pas dénués de sentiments comme le prouve la première histoire intitulée « Je m’aime ». Une jeune femme de 27 ans rencontre Tac, un homme de vingt ans son cadet, et partage avec lui une passion sensuelle durant deux années qui les lient peu à peu. Mais un jour, elle découvre que son cœur est sérieusement atteint et qu’elle a besoin d’une greffe au plus vite. Quelle va être alors la réaction de Tac ? Et c’est encore une autre histoire d’amour que l’on découvre dans « Le coup de tonnerre », ainsi que décrit la belle Lilu, au français encore approximatif, son coup de foudre pour Pat. Les choses se passent très vite entre eux et après trois ans de célibat, elle s’abandonne avec jouissance entre ses bras. Malheureusement, Lilu est victime d’un terrible accident de voiture qui la laisse défigurée et gravement mutilée. Ne voulant faire supporter le poids de son handicap à son amant adoré, elle lui demande alors un ultime geste d’amour.

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Publié par

Date de parution

23 mai 2018

Nombre de lectures

9

EAN13

9782414231058

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-23103-4

© Edilivre, 2018
Préface
Le jeu est masculin et je suis une femme…
L’érotisme et le sexe la caresse et l’extase… Tout se mélange et finalement peu importe le genre quand il s’agit des plaisirs, l’important est donc bien dans l’envie, par exemple celle de lire un livre avec la demande de l’auteur d’en rédiger la préface.
Le souffle, celui de l’homme qui écrit et qui prend des airs de bonnes femmes, l’humour de cet inventeur, ce qu’il pense être des certitudes, tout est livré dans ces quelques nouvelles.
La pudeur qui lui fait prendre la parole à la place de l’autre est peut-être fausse mais elle affiche une réalité dans laquelle il excelle !
Il serait difficile de résumer et je crois plus malin de donner rendez-vous aux curieux pour découvrir une œuvre dans laquelle on mange, on dépasse les frontières, on s’agace, on se sexe et pour laquelle on aura toujours quelque chose à dire !
Puisque vous n’avez peur ni de sentir ni de toucher et que vous aimeriez parfois savoir ce que l’autre pense ou ressent, chers lecteurs, ce livre est le vôtre.
Bien amicalement et bon vent à ton bouquin Pat.
V. REGIS
Je m’aime
– « Oui. J’ai tout fait dans ma vie !… ou presque ».
C’est quand il branchait une nana, ou plusieurs, dans un lieu public ou pas, en présence de concurrents, qu’il utilisait cette technique de drague.
Plusieurs prétendants sur la brèche le galvanisaient ; il les regroupait, les flagornait, les dispersait, et pour finir, les mettait en concurrence. Il dirigeait le débat sans donner l’impression de parler. Il l’emportait à tous les coups ; sauf si la donne était faussée par une méprise de la belle, mais jamais par un concurrent sérieux. C’est du moins ce qu’il disait.
Un seul adversaire, c’était plus délicat. Il fallait une autre tactique, plus risquée mais plus expéditive. Il ne s’adressait qu’à la femme avec beaucoup de douceur, faisant quelques intrusions ponctuelles dans sa sphère intime, par une main sur l’épaule ou sur la peau de son poignet, ou un petit mot de confidentialité glissé dans l’oreille, racontait avec panache ses aventures extraordinaires, ce qui agaçait toujours l’antagoniste qui, fatigué par ce combat, finissait par sortir une phrase du genre « T’as tout fait toi ! ».
Voilà, c’est comme ça que ce type m’a séduite.
Après avoir répondu à la phrase cynique du champion, il s’éloigna pour aller briller un peu plus loin, me laissant seule avec le candidat qui me parut soudain ennuyeux et sans couleur. Ce dernier pouvait alors me séduire en toute tranquillité, sans se rendre compte que son vaincu avait laissé la turpitude sur le comptoir, que notre vainqueur s’empressait de revêtir. Il devenait vite chiant et en plus il était responsable du manque provoqué par le départ de mon maladroit Don Juan évincé.
J’expédiais rapidement le dragueur à quatre sous qui avait repris la méthode de sa victime, ponctuée de comparaisons assassines, se reléguant lui-même au statut d’ersatz.
… Et avec toujours cette préface, avant chaque phrase : “Moi, sans vouloir me vanter…”
Le con enfin éloigné, je cherchais désespérément le regard de mon premier prétendant qui me tournait le dos, en discussion avec un mec à l’autre bout du bar. Il m’avait déjà oubliée ; il n’était pas très persévérant.
Je décidais de quitter les lieux, et tendis un billet au barman qui me dit que Tac avait payé mon verre. Il s’appelait donc Tac ; un surnom sans doute. Je le cherchais des yeux pour le remercier mais il avait disparu. Un peu déçue, je ne me décidais pas à partir ; je fis mine de chercher un truc dans mon sac, relevant les yeux de temps en temps, manière de voir s’il réapparaissait. C’est au moment où je descendais du tabouret que j’entendis sa voix dans mon dos :
– « On y va ? »
Surprise, je sursautais démesurément en me retournant.
– « C’est à moi que vous parlez ? Ah ! Au fait, merci pour le verre ».
– « Je vous l’avais offert. On va aller manger. Vous préférez chinois ou local ? »
Il ne me proposait pas un resto mais une alternative. Je tombais dans le panneau, sans trop me débattre. J’avais mangé chinois la veille avec une copine et mon palais traumatisé de saveurs exotiques en aurait pour trois mois à se remettre. J’optais donc pour une cuisine locale.
« – Le chinois… j’y ai mangé hier. »
« – Je connais un resto pas très loin où on fait outre une excellente garbure, du magret farci au foie frais. Une tuerie !
« – Hum ! Tu m’as mis l’eau à la bouche. Pourquoi pas ?
* *       *
Tac avait tenu ses promesses. Une véritable tuerie.
Comme me disait mon père, il vaut mieux m’avoir en photo qu’à table.
En dehors de mes grossesses je n’ai jamais dépassé les quarante-huit kilos pour un mètre soixante-quatre et demie ! Je suis une grande sauterelle, avec de jolies formes, rassurez-vous.
Et je bouffe comme quatre.
– J’adore les patates sautées à la persillade.
– Je les fais très bonnes. Je t’en ferai un jour, si tu viens manger à la maison. Elles ne sont pas aussi bonnes que celles de ma mère, je ne sais pas pourquoi ; peut-être l’ambiance de la tablée ? Nous étions six enfants… peut-être que c’est cet ingrédient qui manque aujourd’hui à mes patates. »
Il avait une mère. Et des frères et sœurs ; c’est drôle, je ne l’avais pas imaginé avec une famille. Et encore moins qu’il pût y avoir d’autre Tac.
Je n’appris pas grand-chose sur lui ce soir-là, à part sa passion des femmes.
Lui était curieux de moi. Il me posait des questions sur ma vie, mes goûts, mes idées, mes rêves et mes désirs.
Il ne comprenait rien à nos musiques anglo-saxonne. À part quelques variétés du genre Beatles, Sting, et autres musiques douces à son oreille. Il aimait une chanson de Dalida, parce-qu’elle lui rappelait une femme qu’il avait beaucoup aimée et qui était morte, bouffée par un anaconda au zoo de Vincennes. En variété, les mélodies devaient s’accompagner de lyrisme. C’était un voyeur de mots. Pour lui, la musique, c’était le classique. On le trouvait ringard d’aimer Brassens ou Trenet, alors il n’en parlait pas. Sauf si on le questionnait.
Tac n’aborda le sujet du sexe que du bout des lèvres ; ce qui m’étonna un peu puisque sa première passion était les femmes.
« – L’action du sexe n’est qu’une conséquence à la passion des femmes. On ne peut pas consacrer sa vie à une passion sans se documenter profondément sur chaque fil qui la tisse. Le plaisir sexuel des femmes, je pourrais t’en parler toute la nuit, mais en fait je préfère le faire que d’en parler. J’ai très envie de te faire l’amour mais je veux te découvrir, te chercher, te fouiller… je veux t’explorer, te pénétrer et surtout te boire. »
Ces mots m’avaient provoqué une petite décharge électrique dans le ventre, surtout les deux derniers. Les grands frissons étaient montés à la tête et ce fut si violent que j’avais l’impression que mes cheveux s’étaient dressés et j’imaginais ma tête, comme un balai de paille, à l’envers.
Pas de périphrase euphémique, pas de détour, non, il parlait peu de sexe mais quand il en parlait, ça décoiffait !
« – Mais parle-moi de toi, de ton travail, j’ai cru comprendre que tu peins sur le bois. Tu exposes ? Tu vends ? Et à part ça, t’as un vrai métier ? »
J’allais m’offusquer de la dernière question, mais levant les yeux sur son sourire amusé, je compris que ce n’était qu’une gentille provocation. J’ai évité de justesse l’occasion de passer pour une connasse.
« – Oui, j’ai un vrai métier. Je fais des photocopies dans une grande boîte, à côté de la machine à café. Je dis ça parce que les allées et venues autour de l’abreuvoir me permettent de voir du monde, le temps passe plus vite ; il y a des nanas qui viennent parler chiffon et des mecs qui veulent me baiser. Des jeunes cadres dynamiques, cons et prétentieux. »
« – Et il n’y en a aucun qui te plaît ? »
« – Il y en a bien un ou deux qui ne me déplaisent pas, mais dans le boulot, c’est pas une bonne idée ; j’ai pas envie de me pointer le lundi matin et voir le regard des collègues souligné d’un sourire entendu.
Et puis, tu sais, je n’ai que vingt-sept ans mais j’ai trois enfants et les hommes qui me plaisent n’en ont pas. Ils sont jeunes et rêvent d’une histoire à faire ; moi, des histoires, j’en ai eu trois, j’y ai cru trois fois au moins et je me suis ramassée comme une merde, trois fois au moins.
Oui, j’ai trois enfants qui ont trois pères différents. Si mes enfants sont ma raison de vivre, c’est parce-que je n’ai que ça ; je n’ai pas le choix. Ils comblent une grande partie de ma vie, mais ma vie amoureuse n’est même pas vide, elle est jalonnée d’échecs, parce-qu’en plus, je suis assez conne pour y croire, à chaque fois.
Mais assez parlé de moi, c’est fou le temps qu’on peut passer à parler de trucs qui n’existent pas. Et toi ? Tu as des enfants ? »
« – Tu sais, tu ne dois pas parler d’échec, mais d’expérience ; les moments où tu y as cru, c’étaient des petites tranches de bonheur. C’est toujours ça de pris.
Non. J’ai pas trouvé la mère. Mais j’en ai eu un peu, avec ceux de mes compagnes.
C’est presque pareil. Au début, c’est un peu dur de se faire accepter, et puis quand les enfants ont compris que si je remplaçais le compagnon, je ne cherchais pas à remplacer le père, là, ça se passe bien… jusqu’au départ de la mère. Elles s’en vont toutes et à ce manque s’ajoute le manque des enfants qui m’oublient sans demander le droit de visite. »
« – Comme la chanson de Lama, “L’enfant d’un autre” ? Tu connais ? »
« – Si je connais ? A chaque rupture, elle me trotte dans la tête. C’est pas de ton âge ça, Lama…
« – Et Mozart, c’est de ton âge ? »
« Je ne suis pas assez vieux pour ça. »
* *       *
J’ai fin

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