Les Sérails de Paris , livre ebook

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Une fiction mordante et en même temps un document incontournable pour l'histoire de la prostitution à Paris à la toute fin du XVIIIe siècle.
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Publié par

Date de parution

01 janvier 2012

Nombre de lectures

108

EAN13

9782820622273

Langue

Français

Collection
«Érotique»

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ISBN : 9782820622273
Sommaire

CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI
CHAPITRE XVII
CHAPITRE XVIII
CHAPITRE XIX
CHAPITRE XX
CHAPITRE XXI
CHAPITRE XXII
CHAPITRE XXIII
CHAPITRE XXIV
CHAPITRE XXV
CHAPITRE XXVI
CHAPITRE XXVII
CHAPITRE XXVIII
CHAPITRE XXIX
CHAPITRE XXX
CHAPITRE XXXI
CHAPITRE XXXII
CHAPITRE XXXIII
CHAPITRE PREMIER
Causes de la prostitution
et de la multiplicité des filles publiques
La pudeur, ornement du beau sexe, de la plus belle portion des êtres créés, la suprême volupté de l’amour, qui ressemble à une fleur dont l’éclat se ternit par un souffle, n’est plus connue de la plupart des femmes.
Les mœurs sont tellement corrompues aujourd’hui, que la dépravation, par ses progrès rapides, approche de ce terme qui fait craindre que la société ne soit bientôt plus qu’un composé d’objets détestables, aussi dangereux que dignes de mépris. Parmi les affections de l’âme, l’amour tient la première place : pur et louable lorsqu’il est conforme aux lois de la nature et aux devoirs sacrés de la société, il devient un crime s’il fait franchir les limites qu’opposent la décence et la pudeur. Il y a des hommes assez injustes pour penser et dire que les femmes sont seules coupables de cette dissolution scandaleuse qui infecte Paris et les grandes villes. Si ces mêmes hommes voulaient écouter les remords de leur conscience, ils seraient plus vrais, et ne seraient pas assez inconséquents pour déchirer honteusement un sexe doux, affable, et plus faible que vicieux. Apprenons à respecter cette portion chérie de nous-mêmes, qui n’est que trop susceptible de toutes les impressions qu’on veut lui faire prendre : C’est toujours nous qui, nous couvrant du manteau de la décence et de l’honnêteté, les déterminons et les engageons à faire les plus grands sacrifices. Sans cesse aux aguets de ces pauvres innocentes que nous voulons rendre victimes de nos passions impures, nous ne mettons aucun frein à nos dérèglements. Rien ne nous coûte pour en venir à notre but, d’autant plus criminel que nous abusons de leur bonne foi, de leur confiance et de leur estime, avec les dehors imposants de la candeur, et le masque de toutes les vertus.
Sans nos séductions, elles seraient sages, et ne se souilleraient pas. Les tendres déclarations, les protestations affectueuses, la volupté peinte avec les couleurs les plus attrayantes, les plus flatteuses louanges de notre part : voilà ce qui amollit leur cœur. Enclines à l’amour-propre, elles nous écoutent volontiers, et laissent développer en elles ce germe des passions qui, par la suite, les entraînent au crime, dont nous avons su embellir la difformité. Une fois les lois de la pudeur violées, elles s’abandonnent sans aucune mesure aux plus honteux travers. Rejetées de tout le monde, de nous les premiers, qui les avons corrompues, armées d’un front qui ne rougit plus, elles obéissent à la voix impérieuse des besoins ; elles se prostituent au premier venu, et avec une hardiesse insolente elles cherchent des chalands qu’elles rendent complices de leurs dérèglements. Il est horrible et contraire aux lois de l’honneur et de la probité de chercher à profiter de la crédulité et de la faiblesse des femmes, pour corrompre leur innocence. En effet, pourquoi employer cette éloquence insidieuse, mensongère, pour les tromper, et détruire en elles tous les principes de vertu ? Pourquoi chercher à faire notre victime celle dont nous devrions protéger et conserver l’honneur ? pourquoi, par nos confidences indiscrètes, nos propos galants et séducteurs, cherchons-nous à nous insinuer dans leur cœur ? Pourquoi, en ayant l’air de travailler à leur félicité, les plongeons-nous dans un abîme de malheurs ? Quel est notre but quand, en vrais tartufes, nous nous introduisons auprès d’elles avec de coupables projets ? Quel mal nous ont fait ces bons paysans, ces honnêtes vignerons, ces respectables laboureurs pour, de sang-froid, porter la désolation dans leurs chaumières ? Que nous sommes criminels d’abuser ainsi de la confiance et de l’amitié que nous leur avons inspirées ! Pour séduire leurs filles, nous avons fait entendre la voix de la nature à ces êtres faibles qui, trop facilement, se livrent aux impressions d’une sensibilité qui les égare et les conduit, par un chemin semé de fleurs, dans un labyrinthe d’infortunes, de honte et de malheurs. La faute en est à nous. Réparons nos torts, et dorénavant soyons les zélés défenseurs de la vertu d’un sexe adorable, au lieu d’en être les lâches et vils suborneurs.
Et vous, parents et tuteurs, si votre fille, si votre pupille a fait une faute, souvenez-vous que l’amour n’est pas un crime, et qu’elle est née pour aimer. Accusez son séducteur, que souvent vous avez introduit vous-mêmes auprès d’elle, et reprochez-vous également vos prédilections et votre dureté. Si vous eussiez surveillé sa jeunesse, soigné davantage son éducation, elle n’eût certainement jamais erré. Vous êtes les premiers coupables, et désormais n’employez que la voix de la douceur. Cette voix consolante ranimera son courage, elle sentira que le repentir peut la ramener à la vertu. Bannissez l’aigreur de vos plaintes et de vos représentations : vous la toucherez, elle vous sera rendue tout entière. Les reproches et les mauvais traitements l’éloigneront davantage, et elle sera perdue. Qu’elle vous aime, qu’elle vous respecte sans vous craindre, elle sera toujours vertueuse ; si au contraire, vous l’avilissez à ses propres yeux, si vous lui présentez sans cesse le tableau affligeant du déshonneur et d’un mépris éternel, alors, de votre aveu, se croyant sans ressources, elle rompra tous les liens qui pouvaient la contenir ; le découragement la livrera tout entière à la merci des passions.
Combien aussi voyons-nous de filles qui n’ont succombé que par les effets du malheur ! Sans parents, sans fortune, sans état, ne trouvant dans leur industrie que des moyens insuffisants pour leur subsistance, elles cèdent à la voix impérieuse du besoin, et elles acceptent des secours, en souscrivant aux conditions qui leur sont imposées. Elles sont plus à plaindre qu’à blâmer. Leur sort est bien malheureux. Les lois, les préjugés leur sont si contraires que, dans les cas urgents, toutes ressources leur sont interdites ; elles se voient contraintes de choisir entre la misère et le déshonneur.
D’ailleurs, la fougue des passions subjugue ou maîtrise nécessairement la jeunesse, ce qui devrait être une raison pour user d’indulgence ; mais malheureusement, on impute aux vices du cœur ce qui n’est que l’effet de l’effervescence du sang.
Et vous, père avide, insensé et barbare, ne soyez donc plus le bourreau de votre fille ; ne la conduisez pas vous-même dans le précipice du désordre, en lui refusant l’époux que son cœur a choisi. Si, sans écouter son inclination, presque toujours vertueuse, vous lui faites contracter des liens qu’elle déteste, elle obéira ; mais bientôt, voulant secouer un joug insupportable, briser des chaînes qu’elle abhorre, elle se livrera aveuglément aux passions les plus contraires au maintien de la paix et de la tranquillité : vous n’aurez formé qu’un assemblage malheureux de contrainte, de dégoût et de haine, auxquels succéderont bientôt l’infidélité, le désespoir et la fureur.
Les nœuds de l’hyménée, qui sont sacrés, deviennent une source de calamités, quand l’amour ne les a pas lui-même serrés. Combien de malheureuses victimes qui sont nées d’un concubinage honteux et d’un commerce illégitime ! En suçant le lait nourricier, elles s’identifient le caractère, le tempérament, les habitudes de leur mère ; aussi voyons-nous, chaque année, un certain nombre de filles ou de femmes, que nous avons connues honnêtes, tomber dans un état de libertinage dégoûtant. L’incontinence devient bientôt leur moindre crime ; elles commettent toutes sortes d’excès, et rien ne leur cause plus ni honte, ni horreur. Abandonnées de leurs parents ou victimes de leur avarice, réduites à la plus affreuse misère, si leur impudicité ne fournit pas suffisamment à leurs besoins, elles recourent à d’autres moyens : aux mensonges, aux fourberies, au vol, et disons même à l’assassinat. Ces crimes ne sont pas toujours l’effet nécessaire de la débauche ; quelquefois ils n’ont même aucune connexion avec elle, car il y a une infinité d’honnêtes débauchées ; mais c’est la manière dont ces malheureuses sont traitées dans le monde, qui est la cause de leurs autres désordres ; car les femmes qui, au milieu de leurs débauches, ont conservé leur probité, soit par l’effet d’un désintéressement habituel, soit par principes, soit enfin par le défaut heureux de tentations ou d’occasions, eh bien ! les hommes d’une conduite réglée, les débauchés même, tous insultent à ces infortunées créatures, sans distinction. La même marque d’opprobre est imprimée sur le front de toutes ; on leur témoigne le même mépris : de sorte que, commettraient-elles ensuite des crimes horribles, on ne pourrait rien ajouter aux affronts qu’elles ont déjà essuyés. Affranchies ainsi de la honte, du déshonneur et de la crainte, qui sont les meilleurs remparts de la vertu, il n’est pas surprenant que, sollicitées par l’indigence ou séduites par l’exemple et les occasions, elles se portent souvent à des actions criminelles, parce qu’elles ne redoutent point la sévérité de l’opinion publique.
CHAPITRE II
Tempérament et passions des femmes, en général.
Ruses qu’elles emploient pour masquer leurs désirs
Pour nous convaincre de la violence des passions des femmes, lorsqu’elles s’y sont livrées à un certain

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