Le sous-marin de Bonaparte , livre ebook

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Alexandra Rossi Le sous-marin de Bonaparte Gagnant du grand prix 2009 Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com Copyright © PRISMA MÉDIA / 2018 Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-05624 L’esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu’il voit au-delà. Jean le Rond d’Alembert Préface Le sous-marin de Bonaparte  : un titre choc et pourtant nullement anachronique, un roman historique mais fondé sur une documentation rigoureuse. À l’origine de l’œuvre : le personnage de Robert Fulton, mécanicien américain venu s’établir à Paris à la fin de 1796. Il proposa divers projets de navigation à vapeur sans vraiment surprendre : déjà le marquis de Jouffroy avait fait naviguer sur la Saône, en 1783, un bateau à l’aide de la vapeur. Mais Fulton avait une autre intuition : celle d’un sous-marin qui eût permis à Napoléon de traverser la Manche en échappant à la flotte anglaise. Le maréchal Marmont évoque ce projet dans le tome II de ses mémoires et explique qu’il poussa Napoléon à l’adopter. Hélas ! Il se heurta à « l’esprit conservateur » de Bonaparte. « Le Premier consul traita Fulton, écrit-il, de charlatan et ne voulut rien entendre. » Alexandra Rossi imagine que des ingénieurs français tentèrent de reprendre le projet. Une autre innovation est évoquée à la fin de ce livre : les fusées à la Congreve.
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Date de parution

16 mai 2018

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EAN13

9782819505624

Langue

Français

Alexandra Rossi
Le sous-marin de Bonaparte
Gagnant du grand prix 2009
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris
www.lesnouveauxauteurs.com
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex
www.editions-prisma.com

Copyright © PRISMA MÉDIA / 2018
Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-05624
L’esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu’il voit au-delà.
Jean le Rond d’Alembert
Préface

Le sous-marin de Bonaparte  : un titre choc et pourtant nullement anachronique, un roman historique mais fondé sur une documentation rigoureuse.
À l’origine de l’œuvre : le personnage de Robert Fulton, mécanicien américain venu s’établir à Paris à la fin de 1796. Il proposa divers projets de navigation à vapeur sans vraiment surprendre : déjà le marquis de Jouffroy avait fait naviguer sur la Saône, en 1783, un bateau à l’aide de la vapeur.
Mais Fulton avait une autre intuition : celle d’un sous-marin qui eût permis à Napoléon de traverser la Manche en échappant à la flotte anglaise.
Le maréchal Marmont évoque ce projet dans le tome II de ses mémoires et explique qu’il poussa Napoléon à l’adopter. Hélas ! Il se heurta à « l’esprit conservateur » de Bonaparte. « Le Premier consul traita Fulton, écrit-il, de charlatan et ne voulut rien entendre. »
Alexandra Rossi imagine que des ingénieurs français tentèrent de reprendre le projet.
Une autre innovation est évoquée à la fin de ce livre : les fusées à la Congreve. Les Anglais les avaient découvertes aux Indes dans leur lutte contre Tippoo-Sahib. Ils les lancèrent en 1806 sur Boulogne en attendant de s’en servir un peu plus tard pour incendier Copenhague.
Ainsi le passionnant roman historique d’Alexandra Rossi vient-il rappeler au lecteur que les guerres napoléoniennes ne se limitèrent pas à des charges de cavalerie et à des duels d’artillerie, mais aussi à des batailles entre ingénieurs.
Jean TULARD de l’Académie des sciences morales et politiques
Prologue

Malte, 11 juin 1798
Les laudes se chantaient dans le monastère de La Valette. Les premiers rayons du jour n’avaient pas encore atteint les hauts murs de la forteresse bâtie jadis par les chevaliers de l’ordre, et, pourtant, la cour de la prison était remplie d’agitation, à défaut d’être remplie de spectateurs.
Il n’y avait en effet guère plus de monde pour assister aux exécutions d’esclaves, tant elles étaient fréquentes. Capturés au cours des courses navales contre les infidèles musulmans, que le reste de la chrétienté appelait barbaresques, ceux-ci ne vivaient de toute manière guère longtemps sur l’île. Ceux qui n’étaient pas embarqués à bord des navires pour servir de galériens étaient plus souvent la proie aux maladies, à la malnutrition ou succombaient à diverses punitions infligées par leurs maîtres.
Tel n’était toutefois pas le cas de l’homme que l’on venait de mener à l’échafaud. Lui avait au contraire tenté d’assassiner son propriétaire, un noble français que l’on avait fait rentrer une vingtaine d’années auparavant dans l’ordre. Il avait été envoyé là pour qu’il s’initie à la navigation et revienne servir son roi en tant que capitaine de vaisseau, mais la Révolution en avait décidé autrement. Le vicomte de Brisac s’était résigné à rester sur l’île entre deux batailles navales contre les Turcs, les Algériens, ou les Occidentaux qui avaient choisi de faire fortune en servant de corsaires aux États barbaresques fondés par Barberousse et ses descendants.
C’était au terme d’un féroce combat qu’il avait capturé l’un de leurs capitaines, ses trois navires et leur cargaison, remplie des fruits du pillage d’un navire de la toute jeune république des États-Unis. Cet adversaire avait été si redoutable et si craint par ses pairs que le vicomte avait décidé de l’épargner et d’en faire un esclave de prestige. Le Turc s’était montré docile durant quelques années, mais cela n’avait été que pour mieux préparer son attentat. Il s’était présenté un matin, poignard à la main, dans l’étude de son vainqueur, bien décidé à en découdre. Le vicomte avait vu sa dernière heure arriver : il connaissait mieux que quiconque la valeur de son adversaire d’hier et sa redoutable facilité à trancher la gorge du mieux armé des hommes. Sans la réaction rapide d’un autre esclave qui avait asséné un violent coup sur la nuque de son compagnon d’infortune, le Français eût rejoint ses ancêtres. Il avait appris plus tard que cette défense n’avait en rien eu de spontané, et avait au contraire été mûrement réfléchie pour s’attirer sa reconnaissance. En somme, le Turc avait été trahi. Sa fureur n’avait eu d’égale que sa détermination à s’évader de la prison, en vain. Il était désormais temps pour lui d’affronter son destin.
Le front haut, les yeux d’un bleu perçant, le visage étonnamment plaisant pour un homme de sa condition, le condamné ne manifestait pas la moindre crainte. Il ne regrettait en rien son geste, bien au contraire. Il quitterait ce monde avec la rage au cœur, celle de n’avoir pu triompher de celui qui lui avait ravi son titre pour le réduire à l’état d’esclave. Il regarda une dernière fois les premiers rayons de l’astre du jour, qui enfin pointait par-delà les hautes murailles de la forteresse. Soudain, son regard fut attiré par une forme mouvante dans le ciel, celle d’un aigle, l’oiseau qui ornait naguère le drapeau flottant aux mâts de ses navires. Ce ne pouvait être qu’un signe. Son cœur bondit dans sa poitrine – mais cela était peut-être simplement dû au coup de canon qui venait de retentir dans la baie, rapidement suivi de plusieurs autres.
Les cloches, sonnant cette fois l’alarme et non les laudes, retentirent. Détournant son regard de l’oiseau qui avait disparu, le Turc vit à l’horizon les dizaines de navires arborant le drapeau bleu, blanc, rouge du Directoire français. Le raïs Altan sourit largement. Les chevaliers allaient avoir besoin de tous les bras disponibles pour défendre Malte, y compris des siens.
Il ne savait pas encore de qui il s’agissait, ni ce qu’il faisait là, mais Bonaparte et son expédition d’Égypte venaient de le sauver.
Chapitre 1

— Le grand maître des chevaliers aurait dû y réfléchir à deux fois avant de refuser l’eau et les vivres à Bonaparte ! s’exclama Louis Ripault.
L’affirmation du jeune polytechnicien provoqua l’hilarité de ses camarades ravis de leur bonne fortune. Gonflés de fierté à l’idée qu’il n’avait fallu que trois jours à leur folle expédition pour prendre Malte, peu de ces jeunes Français parvenaient à réaliser la chance qu’ils avaient eue. Certes, les chevaliers de l’ordre avaient perdu de leur lustre et avaient de surcroît commis la maladresse de dédaigner porter assistance à leur flotte, mais le siège de La Valette aurait pu leur coûter cher. Aucun d’entre eux n’ignorait que le redoutable commodore Nelson était à leurs trousses. Nul doute qu’il aurait profité de l’occasion, s’ils avaient trop tardé, pour tenter d’envoyer par le fond leur flotte de quatre cents navires.
Cette menace semblait toutefois déjà loin dans l’esprit des jeunes gens, grisés par la victoire des soldats de Bonaparte, et surtout par l’idée de rejoindre enfin la terre ferme. Voilà vingt-six jours qu’ils avaient quitté Toulon sans même connaître leur destination. Le Directoire les avait appelés, eux, les jeunes ingénieurs et scientifiques étudiants ou fraîchement sortis de l’École polytechnique, des Ponts et Chaussées ou des Mines, pour suivre le célèbre Napoléon Bonaparte dans son expédition secrète qui s’annonçait comme l’aventure de toute une vie. Tous savaient que Malte n’était qu’une étape. Des rumeurs parcourant les ponts des navires évoquaient l’Inde, d’autres l’Empire ottoman, ou encore l’Égypte. Le mystère entourant sa finalité ne rendait le voyage que plus excitant, même si, pour le moment, le seul désir de cette fine fleur de France était de quitter enfin ces navires rimant avec promiscuité, crasse et nourriture infecte.
Ce ne fut que vers sept heures du soir, qu’un petit groupe formé de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Édouard de Villiers du Terrage, de l’autodidacte, Maximin Desruries, du membre de la Commission des sciences et des arts, Louis Ripault et de l’interprète, Panhusen, purent descendre du Spartiate pour rejoindre La Valette. La forteresse leur semblait encore plus impressionnante une fois à terre. Ils comprenaient désormais mieux les paroles de leur capitaine : si les chevaliers n’avaient tenté de défendre toute l’île à la fois, ils auraient pu tenir des semaines réfugiés entre ces hauts remparts. Ils aperçurent rapidement le fort Saint-Elme en haut duquel flottait désormais le drapeau français, puis entrèrent dans la cité. Leur joie de pouvoir fouler un sol qui ne tanguait pas se fana rapidement devant tant de fureur et d’agitation.
La terreur avait gagné les habitants : les coups de canon des jours précédents et la soudaine affluence de soldats avaient poussé certains d’entre eux à fuir, d’autres à fermer en toute hâte étals et boutiques avant de se barricader chez eux. Les quatre compagnons ne savaient guère à qui s’adresser, d’autant que seul Panhusen savait se faire comprendre, et encore : s’il parlait le toscan, la langue réservée à l’élite, la plupart des habitants ne savaient répondre qu’en maltais qui en était éloigné.
— Nous devrions songer à trouver un abri pour la nuit, conseilla Villiers du Terrage. Il se fait déjà fort tard, et j’aimerais ne pas avoir à dormir en pleine rue.
— Nous aurions tout intérêt à l’éviter, affirma Ripault. Pour avoir été sous-lieutenant, je puis vous affirmer que les lendemains de conquête ne sont que dégradation et pillage, qu’ils soient du fait des envahisseurs ou des habitants eux-mêmes, d’ailleurs.
— Je tente de trouver quelqu’un qui aurait la bonté de nous héberger, mais comme vous pouvez le constater, mes tentatives ont été vaines jusqu’à présent, se désola Panhusen.
— Dans ce cas, que diriez-vous de nous installer dans cette grande maison un peu plus loin ? suggéra D

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