La Noctambule , livre ebook

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2017

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Si La Noctambule vous invite à clavarder avec elle la nuit… pensez-y bien avant d’accepter.
Isabelle est une femme épanouie qui semble tout posséder: réussite professionnelle, conjoint, enfant, maison, argent... Pourtant, nuit après nuit, elle prend plaisir à s’évader dans une vie complètement différente de celle qu’elle mène le jour.
Sous le pseudonyme d’Anna, une jeune femme en possession de tous ses moyens, elle fait fi de toute retenue pour assouvir ses désirs, sans même se cacher pour les vivre passionnément.
Lorsqu’elle s’appelle La Noctambule, elle devient celle qui vit la nuit et qui se plaît à observer Isabelle et Anna. Elle ne se pose pas de questions et ne se soucie guère de ce que les autres peuvent penser d’elle.
Comment ces trois personnalités pourront-elles cohabiter dans la même personne ? Tôt ou tard, l’une d’elles devra forcément avoir le dessus sur les deux autres.
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Date de parution

01 septembre 2017

Nombre de lectures

53

EAN13

9782924594742

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Table des matières
Mardi, 11 h 2
La première promenade 6
Mars 10
Mai 15
Juin 21
Le mal du pays 26
Août 29
La rupture du bonheur ou le retour brutal du quotidien 38
Le déclin ou la création de l’utopie 45
Début février 60
La nostalgie 64
Le début de la fin 74
Épilogue 80

Les Éditions La Plume D’or
3485-308, avenue Papineau
Montréal (Québec) H2K 4J8
http://editionslpd.com
La Noctambule



Mélanie Beauchamp
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ainsi que celle de la SODEC pour nos activités d’édition.



Conception graphique de la couverture : Shawn Foster et Jim Lego


© Mélanie Beauchamp, 2017

Dépôt légal – 2017
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada

ISBN :978-2-92459-466-7
ISBN ePub :978-2-92459-468-1
ISBN PDF :978-2-92459-467-4

Tous droits de traduction et d’adaptation réservés. Toute reproduction d’un extrait de ce livre, par quelque procédé que ce soit, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

Imprimé et relié au Canada
1 ere impression, août 2017
À vous deux,
qui avez su réveiller la Noctambule en moi.
« Tout ce qui peut être imaginé est réel. »
Pablo Picasso
.
Mardi, 11 h

Je me couche à deux ou trois heures du matin, je me lève pour préparer mon enfant pour l’école et ensuite, je retourne dormir jusqu’à midi. Je me fais croire que tout va bien. J’essaie de regarder le verre d’eau à moitié plein et non pas à moitié vide. Je me dis que rien n’arrive pour rien, que c’est mon destin, que ce dernier m’amènera ailleurs et que cet ailleurs sera nécessairement mieux. Cela finit par fonctionner. Parfois, cependant, le tourbillon dans ma tête revient sans cesse, et toujours de plus en plus fort. Je dois recommencer à m’encourager, à me dire que j’ai passablement vécu ma vie en ne sachant pas ce qui allait m’arriver par la suite. De toute manière, la vie conventionnelle de la société contemporaine ne m’a jamais attirée et ma marginalisation me plait. Donc, je lis toutes ces pages que j’ai écrites et m’installe pour en écrire d’autres… c’est ainsi qu’est ma vie.

***

Je ne pensais pas que cela faisait trois heures que j’étais assise à regarder par la fenêtre. Les autres ayant quitté la maison, je suis seule. Je n’ai pas beaucoup dormi, la nuit passée, et pourtant, je ne me sens pas fatiguée. Les journées se suivent et se ressemblent. La lourdeur de l’inactivité ne me semble pas plus imposante qu’hier ou qu’elle le sera demain. Je veux arrêter le cyclone de pensées qui ne cesse de croître dans ma tête, dans mon cœur et dans mon corps. Je me lève ; aujourd’hui, je vais marcher !
Quinze heures, encore le même mardi. Je ne suis pas allée marcher, je suis toujours assise sur cette chaise berçante à regarder, cette fois, les flocons de neige tomber. Ma fille va bientôt arriver de l’école ; j’aurai alors l’impression d’exister de nouveau. Entre ses mots d’enfant, le bruit du sac à dos qui s’écrase par terre, ouvert puis fermé, et le silence de la période des leçons, sans oublier les petites chicanes du quotidien, je prendrai vie. L’espoir voulant qu’un jour ma vie sera mienne sera de nouveau possible.
Maman, crois-tu que je peux apporter ces images pour ma présentation orale ?

Je tourne lentement la tête, et vois ma grande qui tient dans ses mains des photos d’elle et moi posant fièrement à côté de nos premiers chefs-d’œuvre: des peintures surréalistes inspirées de l’artiste Salvador Dalí. Nous avions tenté de reproduire son œuvre La Persistance de la mémoire.
Oui, bien sûr, cela agrémentera ton exposé. Ces photos sont magnifiques.

Pourquoi vouloir changer de vie ? Je suis une femme épanouie ; j’ai réussi mes études, j’ai un bel enfant, mon mari est adorable, et l’argent n’est pas un problème. Vite, préparer le souper, oublier ce doute qui recommence à prendre forme. Tout le monde va bien, c’est ce qui importe !

***

Pourquoi vouloir changer de vie alors que tous ces gens qui m’entourent sont mes créations ? Parce que même ces créations finissent par me lasser. Je pourrais les faire disparaître, écrire quelque chose d’autre. Ne suis-je pas maître de ma pensée et de mes doigts ? Le suis-je ? Une fois les mots écrits et les pages imprimées, je les garde soigneusement rangées. Après tout, c’est ma vie qui y est décrite ; je ne peux penser en perdre un bout, ce serait perdre un bout de mon existence et je serais moins réelle. Si quelqu’un s’emparait de ces pages et qu’il les mélangeait, soit par inadvertance soit parce que mon histoire ne lui plaisait pas, que m’adviendrait-il ? Je ne peux que m’imaginer une soirée, commencer à avoir du mal à respirer, me sentir plus faible. Ne plus savoir mon nom et douter de la réalité de mon existence…

***

J’ai toujours été fidèle ; à mes idées, à moi-même, à mes amis et aux hommes qui ont partagé ma vie. J’en suis heureuse, fière. Je boude les gens qui n’y arrivent pas, je crains qu’on ne me soit pas fidèle. Les occasions ont été multiples, la tentation présente. Eh bien, non ! J’ai résisté. J’ai évité, j’ai fait ce que je crois qu’il faut faire. Pourquoi est-ce donc si difficile de ne pas penser jour et nuit à ce concept encore plus abstrait que tant d’autres ? Je sais qui je suis, je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas. Pourquoi alors ?
Je suis là à penser tout haut dans la maison. Moi et mes grands principes! Durant ces dernières nuits, ces mêmes principes, je ne peux le cacher, se sont soudainement envolés. C’est si simple, pourtant : j’aime mon mari. Je ne peux pas gâcher un mariage pour des petites envies égoïstes. Cela arrive à tout le monde de se poser des questions, d’avoir des envies. Il faut tout simplement laisser le temps aller, mettre les choses en perspective. Et me voilà en train de parler à mon chien qui me regarde. S’il pouvait me répondre, je me demande ce qu’il pourrait bien vouloir me dire.
Grands principes, grands principes ! Tu parles. Tu ne sais même plus ce qu’ils sont ! Tu les tiens par principe, justement. Ce n’est pas ce que tu pourrais toi-même appeler une tautologie ? Arrête de t’accrocher dans les fleurs du tapis… tes grands principes sont en veilleuses, tes repères ont perdu le nord et tu as perdu le sens de la définition.

Je le regarde et soupire ! Comme si un chien pouvait parler…

***

Je ferme cette page et j’ouvre une page d’un autre texte que j’ai écrit. Cette fois, les mots me parlent, m’attendent.
Il te faut être plus critique, dans ce passage, lorsque tu mentionnes tes grands principes.
Oui, être plus critique, plus cruelle envers les autres qui n’ont pas ces principes. Des principes, me dis-je… ces derniers doivent par définition statuer une prise de position et une ligne directrice. Ils ne doivent pas être remis en question une fois adoptés. Des principes ne sont pas des normes, car celles-ci changent comme changent les saisons. Les principes découlent d’un processus intellectuel lui-même régi selon des règles, telles que la logique et la rhétorique.
La première promenade

Le sujet de conversation que j’aurais aimé aborder est, il faut bien le mettre sur la table, ces sensations, ces positions, ces façons de s’unir.
C’est ainsi que la conversation entre Lune et moi avait vite fait de commencer alors que nous nous installions pour une autre promenade virtuelle nocturne. J’avais pris le pseudonyme d’Anna et sans vraiment prendre le temps de réfléchir, puisque l’instant ne s’y prêtait pas vraiment, je pris place plus confortablement devant l’écran de mon ordinateur et j’entrepris ce qui allait devenir mon premier pas vers l’infidélité.
Je sais que c’est absurde et inconcevable. Que cela ne se fait pas et qu’on ne devrait pas le faire. Néanmoins, j’aurais envie de te montrer ces façons qui me plaisent tant dans l’union.
Me montrer… que veux-tu dire ? demanda Lune.
Imagine que je suis dans une pièce avec toi ; nous sommes habillés et parfait

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