Je ne regrette rien (pulp gay) , livre ebook

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Je ne regrette rien

Diablotin


Pulp long de 571 000 car.

Fos-sur-Mer est une petite ville située en bord de mer, dans le sud-est de la France.

Une bande de copains d'un quartier résidentiel vont passer ensemble les vacances de Pâques. Lors d’une partie de foot, Morgan va faire la connaissance de Hoan, un Vietnamien arrivé depuis peu dans le quartier. Morgan apprendra à ses dépens qu’il ne peut choisir ses amis tout seul. Homophobie, racisme, amour, séparation, trahison. Ces vacances seront loin d'être calmes.

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Date de parution

21 mai 2014

Nombre de lectures

45

EAN13

9782363079718

Langue

Français

Je ne regrette rien
Diablotin
Chapitre 1 Souvent nous nous sommes demandés. « Ah ! Combien j’aimerais faire une rencontre amoureuse, avoir le coup de foudre, le truc qui vous paralyse, le truc qui vous laisse muet, la bouche bée ». Celui qui vous rend brûlant, celui pour lequel votre cœur ne s’arrête plus de battre la chamade. Celui dont on rêve toutes les nuits, ou presque, et qui vous laisse en souvenir une trique d’enfer au réveil. Alors que j’ouvrais les yeux, je cogitais à ce jour très spécial, le jour de mes seize ans, le jour où tout le monde allait s’empresser de m’embrasser en m’offrant des cadeaux. Je rêvassais dans mon lit en m’étirant, sachant que cette journée, une des premières de ces vacances, serait agréable. Je m’extirpai de ma couette pour aller prendre un solide petit déjeuner. Le printemps était bien entamé, les températures commençaient à devenir clémentes. Il est vrai que, dans le Sud, nous profitons de chaleurs exceptionnelles, par rapport au nord de la France, où il y a bien souvent des pluies torrentielles. Je gagnai la salle de bains pour prendre ma douche, et comme pas mal d’ados, je m’admirai devant la glace. Je ne suis pas très grand, 1m65, je suis plutôt petit, même, par rapport aux copains de mon école. J’ai les cheveux brun foncé, mi-longs, mes yeux vert clair sont souvent un sujet de conversation. J’ai le nez légèrement en trompette, ce qui me donne du charme d’après les filles. Comme d’habitude devant la glace, je prends des positions pour faire ressortir mes biceps, mes pectoraux, ainsi que mes abdos. J’aime bien me prêter à cette exhibition, et j’adore ce que je vois. Oh, pas que je sois musclé, je suis juste légèrement dessiné, cela attire le regard. Et d’être regardé me donne de l’assurance. J’oublie de me présenter, je m’appelle Morgan. J’habite dans une petite résidence à Fos-sur-Mer, tout près des plages. J’ai une grande sœur de dix-huit ans qui s’appelle Kim. Je n’ai plus de papa, il est décédé d’un cancer il y a trois ans. Maman travaille au tribunal correctionnel, elle est greffière. Je sortis de la douche, puis m’habillai en jogging pour aller rejoindre les copains. Nous avions prévu, ce matin-là, de jouer au foot. Je franchis la porte d’entrée et, d’un pas de course, j’allai rejoindre le petit stade à 500 mètres de chez moi. Swann, Alexis, Bryan, Corentin et Yoann étaient déjà là. Ils me firent tous la bise en me souhaitant un joyeux anniversaire. Ils m’offrirent un cadeau commun que je m’empressai d’ouvrir. Il y avait une flopée de capotes en tout genres, et à tous les goûts. Je baissai la tête en rougissant, moi qui étais encore un puceau qu’allais-je faire de tout cela ? Après avoir remercié tout le monde, nous avons entamé notre partie de football. Cela nous faisait beaucoup de bien de partager ensemble ces quelques moments de sport, nous ne pensions à rien d’autre, sauf à courir après une balle pour la mettre dans le but adverse. Nous avions tous pratiquement le même âge et nous nous connaissions depuis le CM1. Sur le moment, je n’avais pas fait attention, mais sur le côté du stade, un jeune de notre âge était assis par terre, il nous regardait jouer avec intérêt. Je m’empressai discrètement de demander à Corentin. — Tu connais le gars assis par terre. — Oui je crois qu’il vient d’aménager. — C’est un Chinois ?
— Non, c’est un Vietnamien, il s’appelle Hoan. — Ce n’est pas vrai ! Tu es une vraie pie, tu me dis « Oui, je crois », alors que tu sais déjà tout, tu es une vraie commère, tu es au courant de tout. Je le regardai discrètement, il avait les cheveux noirs, mi-longs jusqu’au bas de la nuque. Sur le devant, une grande frange lui tombait en dégradé à hauteur des yeux. De loin, cela le rendait efféminé. Il était en survêtement et baskets comme nous. Je voulais l’inviter à jouer, mais nous étions déjà six. Nous avons continué à nous divertir, je ne prêtais plus attention au garçon, jusqu'à ce que le ballon aille se perdre dans sa direction. Au pas de course, je partis le récupérer. Il l'avait déjà réceptionné, il se tenait debout, le ballon dans ses mains. Il me le tendit tout en souriant. Il était à peine plus grand que moi, mais ce qui me frappa, et que je n’avais pu voir de loin, c’étaient ses yeux. Ils étaient gris bleu. Comment pouvait-on avoir des yeux aussi clairs avec des cheveux noirs . Il avait un visage souriant avec un petit nez, et des lèvres fines et bien dessinées. Je me surpris à le détailler, chose que je n’avais pas l'habitude de faire. Je le trouvais plutôt mignon. Il allait certainement faire des ravages auprès des filles dans le quartier. Je lui pris le ballon des mains en lui rendant le sourire, et tout en le remerciant, je remis la balle en jeu. Nous avons fini par arrêter de jouer, l’heure de midi approchait, et nous sommes rentrés chacun chez soi. En arrivant à la maison, je vis que Kim s'était enfin levée. Il faut savoir que son hobby préféré, c'est la grasse matinée. — Morgan, tu as acheté du pain ? — Non, j’ai oublié, j’y vais de suite. Toujours bonne à donner des ordres, celle-là. Je retournai vers le stade, car nous avions, à côté, une boulangerie, une pharmacie, et même un petit commerce en alimentation. Pendant que je faisais la queue à la boulangerie, j’entendis derrière moi la clochette de la porte annonçant un nouveau client. J’étais trop préoccupé à regarder tous ces gâteaux en vitrine. Soudain, j’entendis, dans mon dos. — Cela donne faim, n’est-ce pas Morgan ? Je me retournai, car je ne connaissais pas cette voix, et je vis le Vietnamien. — Comment connais-tu mon prénom ? — J’ai entendu tout à l’heure au stade. Mon Dieu, que je suis bête, il est vrai qu’en jouant au ballon, nous devions nous appeler mille fois par nos prénoms. — Toi c’est Hoan, c’est ça ? Tu viens d’aménager. — C’est exact, les nouvelles vont vite ici. — Nous avons nos commères personnelles dans la résidence. Tu fais quoi de beau sinon, pendant les vacances ? — Pas grand-chose, hélas, je ne connais personne. — Tu ne peux plus dire ça, tu me connais maintenant. — Merci, c’est sympa, tu fais quoi cet après-midi ? — Nous n’avons rien décidé avec les potes, tu n’as qu’à passer chez moi vers 14 heures, j’habite… — Je sais où tu habites, je serai là. J’ai pris mes deux baguettes, en lui disant « à tout à l’heure » et je regagnai la maison. Tout en marchant d’un pas tranquille, et grignotant un bout de quignon, je me posais la question de savoir comment il savait où j’habitais, alors que c’était la première fois que je le voyais. Je me retournai pour jeter un dernier regard vers la boulangerie et je le vis marcher dans la direction opposée, mais mon attention fut attirée par ses bras ballants. Il n’avait pas pris de pain à la boulangerie. Pourquoi était-il entré alors ? Pour faire mieux
connaissance, je suppose. Il avait quelque chose de spécial, il émanait de lui un certain bonheur, toujours ce sourire, que ce soit au stade, ou bien à la boulangerie. Il me laissait pensif. En arrivant à la maison, je pris une bonne douche, l’eau ruisselait sur mon corps que je caressais avec le gel-douche à la noix de coco, ce moment était précieux. Je repensais à Hoan qui devait venir vers 14 heures, je me demandais si mes potes allaient l’accepter. Je sentais ma tige se dresser sous mes caresses expertes. J’enduisis mon sexe de mousse et je me masturbai tout en fermant les yeux. Je prenais un malin plaisir à le faire dès que j’en avais l’occasion. Il faut reconnaître que, même si j’étais puceau, j’étais tout de même un expert en branlette. Après avoir profité d'un orgasme bien mérité, je me suis rincé et suis sorti de la douche, pour rejoindre ma chambre et m’habiller. J’ai ensuite regagné la cuisine et me suis préparé un bon casse-croûte, car ma sœur, n’ayant pas faim, avait la flemme de préparer quelque chose à grailler. Je la regardai d’un air désappointé, et je ne pus m’empêcher de lui dire : — Tu n’as rien oublié, par hasard ? — Ah ? Je devais penser à quelque chose de particulier ? J’avais pas un rendez-vous, dis-moi ? — Tu ne peux pas savoir comme tu me déçois. Tu crains, il n'y a que ta personne qui compte. — Mais, qu’ai-je fait encore ? Vas-y, raconte ! En me levant de table, je lui fis comprendre que j’avais seize ans aujourd’hui, et qu’elle aurait pu y penser. Je ne lui laissai même pas le temps de répondre que j’étais déjà dans ma chambre. Je me disais que, le jour de son anniversaire, je ferais pareil. En attendant, je me fis quelques séries d’abdominaux pour passer le temps, cela me plaisait. Dès que j’avais un peu de temps, je faisais du sport pour entretenir la forme. La porte de ma chambre s’ouvrit, laissant entrer ma sœur et Hoan, qui était arrivé en avance. — Il y a de la visite pour toi, Morgan, et je suis désolée de ne pas avoir pensé à ton anniversaire. Elle s’empressa de me faire des bisous, en me donnant un paquet. — Le cadeau, je l’avais déjà, mais pour les dates, j’ai une tête de linotte, tu le sais. — OK, merci, tu es pardonnée. J’ouvris le paquet, car elle n’attendait que ça. — Ah non ! Pas encore des capotes, j’en ai pour la vie. Hoan se mit à pouffer dans son coin, et ma sœur prit la porte, en prétextant que je n’étais jamais content. Hoan s’approcha de moi, et tout en me souhaitant un bon anniversaire, il me déposa un bisou sur chaque joue. Je fus surpris sur le moment, mais il y avait rien de choquant, tous mes potes me faisaient la bise, cependant, lui, je le connaissais à peine. De plus, ses bisous déposés sur mes joues n’étaient pas les mêmes que ceux que me faisaient mes copains. Ses bisous ressemblaient plutôt à ceux de ma mère, doux et chauds comme une caresse. Ça devait être typique dans son pays. — J’ai vu, quand je suis entré tout à l’heure, que tu faisais des abdominaux. Tu te forges des tablettes ? — J’en ai déjà, je les entretiens. — Montre-moi. Je soulevai mon tee-shirt et je contractai à fond pour laisser apparaître ma musculature. — Ouah c’est dur ! Je peux toucher ? — Vas-y, tu peux même taper, si tu veux.
Il approcha sa main, puis il tâtonna mes abdos, pas de la façon pour savoir s’ils étaient durs, mais d’une façon plutôt douce, ce qui me donna quelques frissons. — Tu as peur de taper ? Vas-y, n’aie pas peur. — Je ne veux pas abîmer un si joli ventre. Je baissai mon tee-shirt. Il venait de me faire rougir par ses paroles. Il venait de me complimenter comme si j’étais une fille, j’étais gêné. Je commençais même à me poser des questions à son sujet. Il était un peu trop prévenant avec moi, ça me gênait un peu, mais ne me déplaisait pas, je le reconnais Je le regardais, planté devant moi, souriant, il avait un sourire des plus charmeurs, et il devait le savoir. Grâce à celui-ci, il me décrocha un sourire aussi. — Tu as l’air toujours heureux, toi. — Hier, je ne l’étais pas, mais aujourd’hui, je le suis. — C’est quoi qui te rend heureux comme ça. — Le fait d’avoir un copain comme toi, c’est déjà énorme à mes yeux. — C’est gentil de ta part, mais tu verras, les potes avec qui j’étais ce matin, sont super aussi. — Pas autant que toi. Hier, j’ai essayé de copiner avec eux, ils m’ont fait comprendre que je n’étais pas le bienvenu. — T’inquiète plus, j’en fais mon affaire. — Tu es hyper gentil, Morgan, si ça te dit, ce soir tu peux venir manger à la maison. — Tu invites comme ça, sans demander la permission à tes parents ? De toute façon ce soir, c’est mon anniversaire, tu n’auras qu’à passer après manger, vers 21 heures, les copains viennent manger le gâteau. — Super, je viendrai.
Chapitre2 Nous sommes partis rejoindre la bande. Nous avions prévu d’aller, l'après-midi, dans un manoir abandonné depuis des décennies. Beaucoup de personnes disaient qu’il était hanté. Rien que de savoir que l’adrénaline allait être de la partie, cela me rendait fou de joie. Nous étions à une heure de marche de ce manoir, Swann, Alexis et Bryan étaient inséparables, ils marchaient en avant. Corentin et Yoann étaient cousins par alliance, ils étaient juste devant nous, je fermais la marche avec Hoan. J’avais remarqué qu’ils faisaient un peu la gueule, quand ils avaient vu Hoan avec moi. Je savais bien que j’aurais mieux fait de leur en parler avant, mais le temps n’avait pas joué en ma faveur. Puis j’avais quand même pas le droit de laisser tomber quelqu’un, alors qu’il recherchait des copains. Et il y avait quelque chose en lui qui me laissait soucieux et qui m’attirait. Nous étions enfin arrivés à destination. Après plusieurs tentatives d’intrusion dans le manoir, nous avons fini par trouver une lucarne qui donnait au sous-sol. Tous décidèrent que c’était à Hoan d'entrer, car il était le plus fin d'entre nous, et la lucarne était très étroite. Je lisais la peur dans ses yeux. Il me regardait en m'implorant, me priant de ne pas le laisser tout seul franchir cet obstacle. Cet appel au secours, je le ressentis au plus profond de moi-même. Je me devais de l’accompagner. J’essayais de me mettre à sa place, il est vrai que je ne me serais pas aventuré tout seul au travers de ce passage. Après avoir hésité, je lui fis comprendre que j’allais le suivre. Un sourire réapparut sur son visage. Il était rassuré. Alors qu’il se glissait par la lucarne, je regardais tous les copains qui se moquaient, en croyant qu’il n’allait pas pouvoir entrer, vu l'étroitesse du passage, trente centimètres, peut-être. Quand il fut passé complètement, je le vis disparaître dans le noir, ce qui laissait supposer qu’il devait y avoir de la profondeur. — Hoan, ça va ? Tu m’entends ? — Il fait très noir, demande si quelqu’un a de quoi éclairer, j’ai la frousse. Viens vite, Morgan. Je demandai à Corentin son briquet, car je savais qu’il fumait, et je descendis, à mon tour, rejoindre Hoan qui ne se sentait pas à l'aise dans l’obscurité. Je sentis qu’on m’agrippait par les pieds, ensuite mes cuisses furent ceinturées. Je lâchai le rebord de la lucarne, car il ne m’était plus possible de me retenir. En douceur, Hoan me posa au sol. J’allumai le briquet, nous étions dans une cave, il y régnait une odeur de moisissure, il y avait des étagères un peu partout, avec des bocaux couverts de poussière. Nous avons fait le tour de la pièce et nous avons trouvé une porte qui donnait sur un escalier en colimaçon. Nous montions l’escalier dans la pénombre, et un courant d’air puissant éteignit la flamme du briquet. Je sentis Hoan pressé tout contre moi. Nous étions dans le noir complet. Nous montions les marches, une à une, à tâtons. La main de Hoan me tenait par la hanche, il avait passé un doigt dans un passant de mon jeans, il ne voulait en aucun cas me perdre. Je me sentais fort, je me devais de le protéger comme un frère, cela ne me déplaisait guère, malgré la frousse que j'éprouvais, sans en rien laisser paraître. Nous avons fini par buter contre une porte que je n’arrivais pas à ouvrir. Je sentais, dans la voix de Hoan, la panique s’emparer de lui, sa main, accrochée à mon jeans, s’était mise à trembler. Je sentais dans le ton de sa voix qu’il pleurait. Je me retournai, cherchant son visage, que je pris dans mes mains pour le rassurer. — Tout va bien se passer Hoan, ne t’inquiète pas. Je suis là, tu ne risques rien, recule-toi un peu, je vais essayer de donner quelques coups d’épaule.
— Je suis pris de panique dans le noir, je suis claustrophobe. — Tu n’aurais jamais dû descendre. — Je ne voulais pas passer pour un trouillard devant tout le monde. D’un violent coup d’épaule, je fis vibrer la porte, puis un second, puis un troisième. La targette de la porte céda, laissant apparaître un peu de clarté. Je me retournai vers Hoan, il avait les yeux qui brillaient. Je lui fis comprendre qu’il ne fallait pas se mettre dans un état pareil. Il me fit promettre de ne pas répéter aux autres, l’angoisse par laquelle il venait de passer. Moi-même, je n'en menais pas large. Je me voyais très mal en train d’escalader la lucarne et je lui dis à mon tour que je n’avais pas été à l’aise non plus, et que je n’en parlerais à personne. Nous avons ouvert une porte-fenêtre, puis, le volet laissant entrer la lumière du jour et l’air frais, nous avons fait le tour du manoir pour rejoindre les autres qui nous attendaient. Je n’étais pas très fier de ce que nous avions fait, nous pensions au départ que ce manoir était abandonné et ouvert, et nous étions entrés avec Hoan par effraction, ce qui était un délit. Une fois la porte ouverte à mes amis, nous nous sommes séparés par groupes, et nous avons visité quelques pièces importantes, des vieux meubles anciens étaient encore en place et remplis de livres et de vaisselle. Hoan me regardait avec un air inquiet, me faisant comprendre qu’il valait mieux partir, que nous n’avions pas le droit d’être ici. Je mis mes mains en porte-voix, et d’une voix très grave et stressante, je me mis à crier. « Qui est là ? Vous n’avez pas le droit d’être ici ! » À ce moment-là, nous entendîmes courir dans les étages, des fenêtres s’ouvrirent. J’entendis Alexis qui criait : « Vite les gars, faut se casser ». En l’espace d’une minute, le manoir était vidé de ses visiteurs, nous regardions par la fenêtre, ils détalaient comme des lapins dans tous les sens. Je vis Hoan, pour la première fois, rire aux éclats, et je ne me fis pas prier pour l’accompagner. Après avoir réfléchi, nous avons décidé qu’il fallait refermer le manoir pour qu’il ne soit pas pillé. Nous avons refermé toutes les fenêtres et tous les volets. J’ai récupéré un escabeau que j’avais vu dans un placard, je l’ai descendu à la cave qui était un peu éclairée par la porte ouverte que j’avais défoncée. Puis, ayant laissé Hoan dehors, j’ai refermé la dernière ouverture et suis reparti vers la cave, je suis monté à l’escabeau et le visage de Hoan m’apparut. Alors que je passais la tête puis un bras, une épaule, je me mis à crier. — Lâchez-moi ! Hoan, quelqu’un me tire par les pieds ! Lâchez-moi ! Je me tortillais dans tous les sens. Hoan me tirait du mieux qu'il pouvait, en criant « Lâchez-le ! Je vous en supplie, il n’a rien fait ! ». Je regardai l’expression du visage de Hoan. Il marchait à cent pour cent dans mon canular, il était horrifié, se demandant qui pouvait bien me tirer par les pieds. La moitié de mon corps était maintenant à l’extérieur, j’entendis l’escabeau tomber derrière moi, dans le sous-sol. Et je me mis à rire de la frousse que je venais de donner à Hoan. Il comprit très vite que c’était une plaisanterie, et il était un peu honteux de s'être fait avoir. — Faut reconnaître que tu m’as eu, mais je ne suis pas un lâche. Je ne suis pas parti. Je serais resté avec toi, quoi qu’il arrive. D’ailleurs, où sont-ils passés, tous les autres ? — Je n’en sais absolument rien, nous les retrouverons bien sur le chemin du retour. Je pris quand même mon portable pour les appeler, mais je n’avais aucun réseau. Nous avons pris la décision de rebrousser chemin, en pensant que nous les trouverions. Sur le retour, j’eus encore un début de fou rire en regardant Hoan. Il me mit une tape sur l’épaule, en me disant d’arrêter de me moquer de lui. Je venais de trouver un copain. Alors que tous les autres avaient détalé comme des lapins. Lui, malgré la frousse que je venais de lui faire, était resté, alors qu’il me connaissait à peine.
Chapitre3 Sur le chemin du retour, nous avons fait connaissance, j’appris que ses parents avaient repris la pharmacie du quartier. Son papa était pharmacien et sa maman travaillait avec lui. Il avait aussi un frère de 13 ans. Je lui appris à mon tour, que je n’avais plus de papa et que maman travaillait au tribunal correctionnel. — Je comprends maintenant pourquoi tu voulais refermer le manoir. — Nous n’aurions jamais dû y pénétrer. Je ne sais même pas pourquoi je me suis faufilé au travers de cette lucarne. — Sans doute parce que j’avais peur, et que tu ne voulais pas me laisser tout seul. — C’est fort possible, toujours est-il que je n’ai pas réfléchi sur le moment. Alors que nous dévalions un sentier abrupt. Je culbutai sur une racine et me tordis la cheville. Je m’écroulai par terre, dans une douleur atroce. Je me mordais le poing, tant ça me faisait mal, nous étions encore à un bon kilomètre de chez nous. — Laisse-moi faire, je vais simplement regarder ce que tu as. — OK, mais vas-y doucement. Il ôta ma chaussure, puis ma chaussette, puis il prit mon pied dans sa main, il posa son pouce à un endroit bien précis, ce qui me provoqua une douleur intense. — Vas-y, ne te gêne pas, arrache-moi le pied, je n’aurai peut-être plus mal après. — Tu es douillet, Morgan, je pense que tu as une belle entorse. Il va falloir te passer du Niflugel, et surtout, éviter de marcher pendant quelques jours, je te prêterai des béquilles. — Pourquoi ? Tu es médecin, maintenant ? — Non, mais mon père est pharmacien. Crois-moi, pendant les vacances scolaires, durant pas mal d’années, là où nous habitions, des gamins sont passés avec le même bobo que toi. — Tu peux m’expliquer comment je vais rentrer, en volant peut-être ? — Non, je vais te porter sur mon dos, en plusieurs étapes, ça devrait aller. — Vu comme tu es costaud, nous n'irons pas très loin. Je ne veux pas me retrouver le cul par terre une seconde fois. — Ne te fie pas aux apparences, je suis plus costaud que tu ne peux l'imaginer. Dans un élan, il me prit sous l’aisselle, me redressa, puis il s’accroupit devant moi en passant ma main qu’il tenait par-dessus son épaule. Il agrippa mes cuisses, et dans un mouvement, me décolla du sol. Je ne sais pas, à ce moment-là, ce que j’ai éprouvé, j’avais mes bras autour de son cou. Je respirais l’odeur de ses cheveux qui sentaient bon, ses mains maintenaient fortement mes cuisses. Je ne rêvais pas, il faisait circuler ses pouces sur mes cuisses. Il descendait prudemment le sentier, mais il allait quand même un peu vite à mon goût. Plus de dix minutes avaient passé, nous avions parcouru la moitié du chemin. Il stoppa près d’un gros rocher et m'y déposa, il n’avait même pas l’air essoufflé. — Franchement, tu m’impressionnes. Je n’aurais jamais cru que nous arriverions jusque là. Mais il reste une trotte pour arriver chez moi. — Nous allons faire une halte à la pharmacie. Ce n’est pas le même chemin, mais c’est beaucoup plus près. Là, tu auras des béquilles pour rentrer chez toi. — OK, comme tu veux, c’est toi qui conduis, de toute façon. Je suppose que je n’ai rien à dire. — Allez, on y retourne, tu es prêt à grimper sur ta monture ? — Tu te prends pour un cheval, maintenant, comment dois-je t’appeler ? Pégase peut-être ? Ah non, c’est vrai tu n’as pas encore d’ailes. — Non, ce sera toujours Hoan. Allez, grimpe, et arrête de te moquer de moi. Je remontai sur son dos, en m’excusant pour les idioties que je débitais sans cesse. Cela
faisait à peine quelques heures que je le connaissais et je l’appréciais déjà. Pas un seul moment, il n'avait rechigné, je me doutais que ce n’était pas facile, ce qu’il faisait. Il lui fallait du courage pour me porter. À plusieurs reprises, je lui demandai de s’arrêter, mais d’une traite, il me mena jusqu'à la pharmacie. Les portes automatiques s’ouvrirent, il y avait un monde fou, il passa directement derrière le comptoir, me mena à l’arrière, et me déposa, afin que je puisse m’asseoir sur une chaise. Son père s’approcha de moi, en demandant à son fils des explications que Hoan donna très vite. Il prit mon pied, le bougea de haut en bas, puis sur le côté « Rien de cassé, c’est déjà bien, mais il faudra peut-être faire une radio si le mal persiste d’ici quelques jours ». Dans une autre langue, il s’adressa à son fils qui lui répondit aussitôt. Il me passa une main sur la tête, tout en disant : — Le futur Kiné va s’occuper de toi. — Je vous remercie, monsieur. Hoan revint quelques minutes après, avec tout un attirail : des ciseaux, des bandes Velpeau, des bouteilles. — Tu as prévenu l’anesthésiste, je veux que l’on m’endorme avant de me couper le pied. Tu es sûr d’avoir besoin de tout cela ? — Quand est-ce que tu me feras confiance. Je ne t’ai pas encore déçu pour le moment. — OK, monsieur le kiné, mon pied est tout à vous. — OK, alors je vais prendre mon pied, si tu le permets. — Non, pas ton pied, c’est le mien. Je le regardais faire. Il prit des lingettes humidifiées et me fit la toilette du pied, avec une douceur incroyable. J’étais en train de prendre mon pied alors qu’il le nettoyait. Il prit de la pommade, et me l’appliqua lentement, tout en faisant des cercles, il faisait ça avec professionnalisme. Il avait pris une chaise et s’était mis devant moi. Mon mollet reposait sur sa cuisse, il remit une deuxième fois de la pommade et, avec douceur, il la fit pénétrer. Je le regardais, ses gestes étaient devenus des caresses, et je me laissais faire sans dire mot. Il finit par me mettre un bandage avec un bout de sparadrap pour maintenir la terminaison de la bande. C’était parfait, même maman n’aurait pas su faire mieux. Il rangea tout le matériel, prit le tube de pommade, me donna des béquilles, et nous sommes rentrés à la maison. En rentrant, maman était déjà là. Elle était rentrée de bonne heure, je suppose pour finir de préparer mon anniversaire. — Que t’est-il arrivé ? — Maman, je te présente Hoan, futur kiné et fils du nouveau pharmacien. C’est lui qui m’a soigné, ce n’est qu’une entorse. — Je vais aller, de ce pas, payer ton papa à la pharmacie. — Il n’y a rien à payer, madame, ne vous inquiétez pas. — Allez vous asseoir dans le salon, je vous apporte à boire, avec des cookies que j’ai faits moi-même. Nous sommes allés nous asseoir, je regardais Hoan. Il était fier de lui, il souriait, il était heureux. Maman nous apporta les cookies et du coca. — Hoan, tu resteras manger avec nous, c’est la moindre des choses. — Oui, madame, je veux bien, mais je vais à la pharmacie pour avertir mes parents. — Dis à tes parents que nous fêtons l’anniversaire de Morgan, et que tu rentreras peut-être
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