Histoires de la Galçonière , livre ebook

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La Galçonière était un personnage énigmatique qui se prétendait expert en érotisme. Il intriguait les jeunes qui se réunissaient sur une place peu fréquentée de leur petite ville pour l’écouter raconter des histoires intéressantes pour leur âge : des histoires d’amour perverses. Il disait qu’elles étaient toutes inventées. Toutes, sauf, il insistait sur ce point, sauf la fable. Cette fable, paradoxalement, n’était pas selon lui une affabulation car elle ne faisait que rapporter les violences qui paraissent en continu sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo, dans les films.

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Publié par

Date de parution

06 janvier 2023

Nombre de lectures

2

EAN13

9782383513650

Langue

Français

Histoires de La Galçonière
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.

J. C.
Histoires de La Galçonière
Érotiques, mais pas que



 
La Galçonière se disait grand amateur de femmes lascives aux poitrines généreuses, ayant des croupes épanouies, et des dessous complexes qui magnifient de dentelle leur intimité. Il prétendait être attiré tout autant par celles qui, au contraire, ont de gentils petits seins et portent de sages culottes de coton blanc qui éveillent dans un brouillard de délicieuses frustrations, une flopée de fantasmes et d’attirances troubles. Il nous racontait ses récits en les ponctuant de précisions techniques. Ses manières flamboyantes nous fascinaient. Il se prétendait homme de lettres mais on ne trouvait pas de livres de lui dans la librairie de notre petite ville. Il se disait aussi professeur de faculté, mais on ne savait pas de quoi et on ne le croyait pas trop.
Un jour, des policiers vinrent «   cueillir   » La Galçonière dans la chambre de mon appartement que je lui louais pour le conduire en prison. Je n’ai jamais su le motif de son arrestation, je n’ai plus eu de nouvelles de lui, et, d’ailleurs, je n’ai pas cherché à en avoir.
Après son départ, j’ai trouvé sur la table de sa chambre une chemise cartonnée contenant, tapés à la machine à écrire mécanique d’un temps révolu, des histoires d’amour avec un grand A, dans Le mariage de la religieuse ou Khadîdja , des érotiques avec un petit a dans Suaves embouteillages ou La fille à la charnière turbulente, des troubles comme dans Rencontre .
Il nous avait prévenus, elles avaient été toutes inventées. D’ailleurs il affirmait que selon lui l’honneur d’un écrivain était de créer des personnages, des situations, et non de se raconter ni de broder sur tel ou tel événement de l’actualité. Elles étaient donc toutes le fruit de son imagination, à l’exception de la fable ayant pour titre La marmite aux perversions qui selon lui, il insistait beaucoup sur ce point, n’est pas une affabulation : elle ne fait que rapporter des histoires de sexe avec leur cortège de perversions, les pires pratiques obscènes virant trop souvent à la torture qui paraissent impunément sur les réseaux sociaux.
Ces manuscrits, je les ai fait circuler parmi les membres de la petite bande d’étudiants que l’on formait alors. Ils les ont commentés au cours des soirées arrosées qui nous réunissaient à La Sangria, un bistrot sympathique près du pont des «   Droits de l’Homme   » où se produisait chaque soir un remarquable guitariste espagnol, plus ou moins gitan.
 
Profitant de ma retraite, j’ai cru bon de faire éditer ces textes de La Galçonière. Je ne sais pas comment il a terminé sa vie et je me demande à qui seront versés ses droits d’auteur. Je les ai accompagnés de quelques remarques émises par des membres de notre bande.
J. C.
 
 
LE MARIAGE DE LA RELIGIEUSE
 
 
Personnellement j’ai été très déçu que La Galçonière qui se prétendait grand consommateur de sexes féminins sans s’encombrer de scrupules sentimentaux, commence son recueil par cette nouvelle «   cul-cul la praline   » de religieuse qui se marie puis mène une vie de couple «   gnangnan   ». Brigitte pourtant la plus délurée, la plus expérimentée, la plus aventureuse d’entre nous trouva au contraire que la description du rapprochement lent des âmes et des corps qu’elle raconte était érotique au plus haut point car elle sortait du tout glandulaire devenu la routine. Elle trouvait très sensuel le récit de cette révélation d’une femme à l’amour, de sa première fois. Il lui rappelait, elle ne savait pas pourquoi, les émois, les frissons, les fantasmes qu’elle avait connus du temps où elle était encore vierge, quand elle se demandait ce qu’elle éprouverait vraiment lorsque son corps serait traversé par un homme. Sa première fois fut pour elle certes torride mais vite expédiée et elle le regrettait. Et puis elle trouvait formidable l’évocation du débordement de l’amour dans les gestes de la vie quotidienne.
 
 
Georges s’ennuyait !
Errant dans les rues de Vichy, il s’ennuyait !
Question amour cela avait mal, très mal commencé pour Georges. Dans sa prime jeunesse, il avait été l’élève des frères des écoles chrétiennes. Il conservait de leur influence un esprit puritain dans ses relations avec les femmes. Son idéal eût été de rencontrer une vierge qui s’intéressât aux grandes questions de l’existence, avec laquelle il aurait partagé les mêmes valeurs, aurait eu les mêmes intérêts culturels et artistiques pour former un couple bien comme il faut, uni par rapprochement des êtres. Il idéalisait les femmes. Il était maladroit avec elles et ne savait pas trop comment les aborder. En général il était dans un tel état de privation qu’il avait l’air d’un jeune vieux garçon guère attirant. Quand il se décidait à nouer une idylle, il tombait sur des vierges invétérées qui ne pensaient qu’à leurs examens et s’offusquaient de la moindre allusion à la «   chose   ». Et il était désarçonné par les attitudes des mignonnes qui lui préféraient les moniteurs de ski ou qui ne s’intéressaient qu’aux potins rapportés par les journaux féminins. Toutefois il n’était pas vraiment puceau : il lui était arrivé de succomber en fin de soirée aux avances d’une fille en chaleur, il avait pris soin de ne pas aller à l’extrême limite de l’aventure par crainte d’engendrer un marmot. Il n’y avait pas encore alors la « pilule ».
Élève de l’École nationale des chartes, il se trouvait à Vichy pour faire une thèse portant sur un urbaniste oublié : Gaston Bardet (1907-1989). Le lendemain de son arrivée, comme il avait pour habitude de se lever tôt, Georges se promena dans les rues désertes de la ville à la recherche d’un bistrot ouvert. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué : non seulement ils sont devenus rares, les bistrots, mais encore ils ouvrent de plus en plus tardivement, on n’en est plus à l’époque où leurs patrons levaient le rideau de leur établissement avant six heures du matin pour servir un «   petit blanc   » aux ouvriers.
Désœuvré, après avoir traversé le parc des Sources, Georges s’était dirigé vers le Vieux Vichy dont les rues étaient toutes plus silencieuses les unes que les autres, comme si la ville avait subi un cataclysme. Il arriva devant une église bizarre, formée, semble-t-il, d’une partie du XVIIe siècle petite, sobre à laquelle était accolée une nouvelle colorée, élancée, pleine de dorures, de marbres variés, de trucs flamboyants. Elle était tout ce qu’il y a de plus kitsch. Il lut sur un petit écriteau qu’il s’agissait de l’église Saint Blaise. Comme il passait devant la partie ancienne, il entendit des voix de femmes chanter des cantiques. La porte était ouverte. En entrant, il découvrit une communauté de religieuses qui célébrait un office matinal devant un autel surplombé, l’apprit-il plus tard, par une vierge noire. Les religieuses étaient vêtues de bleu. Il s’assit pour les écouter et surtout pour les contempler car il adorait contempler de dos les femmes en prière, c’était son petit vice. Son regard fut attiré par une silhouette menue qui semblait être celle d’une fille à peine sortie de l’adolescence. Au bout d’un moment, dans le cadre de la liturgie, elle se retourna vers l’assistance plus que clairsemée puisqu’il était seul. C’est à cette occasion qu’il découvrit son visage à la fois serein et sérieux.
Le dimanche suivant, ne sachant que faire de l’après-midi, il alla se promener dans les splendides parcs créés sous le Second Empire en arpentant les allées tracées à travers des parterres de gazon aux modelés doux agrémentés çà et là de fleurs et aussi parmi les arbres magnifiques admirablement implantés. Il suivit le chemin dominant l’Allier bordé de platanes monumentaux régulièrement alignés. Leur senteur ! Il adorait l’odeur des platanes qui lui rappelait son enfance. Il s’amusa un instant à regarder des canards batifoler dans le lac puis il eut la surprise de se retrouver devant un charmant kiosque à musique appelé, comme il le lut sur un guide, «   kiosque des Bourrins   ». En se retournant vers le centre de la ville, alors qu’il traversait une sorte de bosquet, il tomba nez à nez sur deux des religieuses qu’il avait vues dans l’église Saint Blaise. Elles se promenaient en bavardant pour profiter de leur temps de récréation. Il reconnut celle qui avait attiré son regard. Alors qu’elle s’était écartée de sa compagne pour regarder une fleur, il lui dit bonjour en souriant. Cela sembla la choquer, toutefois elle répondit par un geste poli avant de rejoindre sa compagne. Il ne put que voir de dos le duo de sœurs qui s’éclipsaient.
Le lendemain, c’était lundi, il se rendit à la bibliothèque municipale pour tenter de trouver des traces de l’urbaniste qu’il devait étudier. Il fut dirigé par un planton vers la salle d’archives qui se trouvait au sous-sol. Ce fut une jeune femme habillée d’un strict tablier noir qui l’accueillit. Il lui sembla reconnaître la religieuse rencontrée la veille dans le parc.
— Dans le cadre de mes études à l’École nationale des chartes, j’effectue une recherche sur Gaston Bardet, un urbaniste qui était originaire de Vichy. Il est, paraît-il, connu dans le monde de l’aménagement, du moins parmi les rares urbanistes qui s’intéressent à l’histoire. C’est à son sujet que je viens vous voir. Je ne sais pas grand-chose sur lui si ce n’est qu’il était un peu pétainiste pendant la dernière guerre et qu’à la fin de sa vie il fut pris d’un délire mystique.
À ce mot, la jeune femme le dévisagea et il comprit à cet

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