Gamiani ou Deux nuits d'excès , livre ebook

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2011

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Attention, ce livre est strictement réservé aux adultes.Alfred de Musset relate les ébats trioliques de la comtesse Gamiani avec Fanny et Alcide. Deux nuits au cours desquelles chacun des personnages fait le récit de son initiation et de ses plus singuliers exploits d'alcôve, l'ensemble des scènes constituant une sorte d'encyclopédie des débauches.Même si Alfred de Musset va assez loin dans ce texte, au point que nombreux sont ceux qui refusaient de croire qu'il ait pu l'écrire et qu'une rumeur courut pendant longtemps, disant que ce texte n'avait pas été écrit par ce cher Alfred, nous sommes bien loin de la pornographie bestiale, de la violence d'un Sade ou d'un Apollinaire. C'est de l'érotisme pur et dur, qui ne dérive pas, explore toutes les facettes, avec un je sais quoi de vaguement sentimental en arrière plan qui le différencie des deux auteurs précédemment cités.
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Publié par

Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

242

EAN13

9782820608383

Langue

Français

Gamiani ou Deux nuits d'exc s
Alfred de Musset
1833
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0838-3
Partie 1
Minuit sonnait, et les salons de la comtesse Gamianiresplendissaient encore de l’éclat des lumières.
Les rondes, les quadrilles s’animaient, s’emportaient aux sonsd’un orchestre enivrant. Les toilettes étaient merveilleuses ;les parures étincelaient.
Gracieuse, empressée, la maîtresse du bal semblait jouir dusuccès d’une fête préparée, annoncée à grands frais. On la voyaitsourire agréablement à tous les mots flatteurs, aux paroles d’usageque chacun lui prodiguait pour payer sa présence.
Renfermé dans mon rôle habituel d’observateur, j’avais déjà faitplus d’une remarque qui me dispensait d’accorder à la comtesseGamiani le mérite qu’on lui supposait. Comme femme du monde, jel’eus bientôt jugée ; il me restait à disséquer son êtremoral, à porter le scalpel dans les régions du cœur ; et je nesais quoi d’étrange, d’inconnu, me gênait, m’arrêtait dans monexamen. J’éprouvais une peine infinie à démêler le fond del’existence de cette femme, dont la conduite n’expliquait rien.
Jeune encore avec une immense fortune, jolie au goût du grandnombre, cette femme, sans parents, sans amis avoués, s’était enquelque sorte individualisée dans le monde. Elle dépensait, seule,une existence capable, en toute apparence, de supporter plus d’unpartage.
Bien des langues avaient glosé, finissant toujours parmédire ; mais, faute de preuves, la comtesse demeuraitimpénétrable.
Les uns l’appelaient une Foedera [1] , unefemme sans cœur et sans tempérament ; d’autres lui supposaientune âme profondément blessée et qui veut désormais se soustraireaux déceptions cruelles.
Je voulais sortir du doute : je mis à contribution toutesles ressources de ma logique ; mais ce fut en vain : jen’arrivai jamais à une conclusion satisfaisante.
Dépité, j’allais quitter mon sujet, lorsque, derrière moi, unvieux libertin, élevant la voix, jeta cette exclamation :Bah ! c’est une tribale !
Ce mot fut un éclair : tout s’enchaînait,s’expliquait ! Il n’y avait plus de contradictionpossible.
Une tribale ! Oh ! ce mot retentit à l’oreille d’unemanière étrange ; puis, il élève en vous je ne sais quellesimages confuses de voluptés inouïes, lascives à l’excès. C’est larage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance horrible quireste inachevée !
Vainement j’écartai ces idées ; elles mirent en un instantmon imagination en débauche. Je voyais déjà la comtesse nue, dansles bras d’une autre femme, les cheveux épars, pantelante, abattue,et que tourmente encore un plaisir avorté.
Mon sang était de feu, mes sens grondaient ; je tombaicomme étourdi sur un sofa.
Revenu de cette émotion, je calculai froidement ce que j’avais àfaire pour surprendre la comtesse : il le fallait à toutprix.
Je me décidai à l’observer pendant la nuit, à me cacher dans sachambre à coucher. La porte vitrée d’un cabinet de toilette faisaitface au lit. Je compris tout l’avantage de cette position, et, medérobant, à l’aide de quelques robes suspendues, je me résignaipatiemment à attendre l’heure du sabbat.
J’étais à peine blotti, que la comtesse parut, appelant sacamériste, jeune fille au teint brun, aux formes accusées : –Julie, je me passerai de vous ce soir. Couchez-vous… Ah ! sivous entendez du bruit dans ma chambre, ne vous dérangez pas ;je veux être seule.
Ces paroles promettaient presque un drame. Je m’applaudissais demon audace.
Peu à peu les voix du salon s’affaiblirent ; la comtesseresta seule avec une de ses amies, mademoiselle Fanny B***. Toutesdeux se trouvèrent bientôt dans la chambre et devant mes yeux.
FANNY.
Quel fâcheux contretemps ! La pluie tombe à torrents, etpas une voiture !
GAMIANI.
Je suis désolée comme vous ; par malencontre, ma voitureest chez le sellier.
FANNY.
Ma mère sera inquiète.
GAMIANI.
Soyez sans crainte, ma chère Fanny, votre mère estprévenue ; elle sait que vous passez la nuit chez moi. Je vousdonne l’hospitalité.
FANNY.
Vous êtes trop bonne, en vérité ! Je vais vous causer del’embarras.
GAMIANI.
Dites un vrai plaisir. C’est une aventure qui me divertit… Je neveux pas vous envoyer coucher seule dans une autre chambre ;nous resterons ensemble.
FANNY.
Pourquoi ? je dérangerai votre sommeil.
GAMIANI.
Vous êtes trop cérémonieuse… Voyons ! soyons comme deuxjeunes amies, comme deux pensionnaires.
Un doux baiser vint appuyer ce tendre épanchement.
– Je vais vous aider à vous déshabiller. Ma femme dechambre est couchée ; nous pouvons nous en passer… Comme elleest faite ! heureuse fille ! j’admire votretaille !
FANNY.
Vous trouvez qu’elle est bien ?
GAMIANI.
Ravissante !
FANNY.
Vous voulez me flatter…
GAMIANI.
Oh ! merveilleuse ! Quelle blancheur ! C’est à enêtre jalouse !
FANNY.
Pour celui-là, je ne vous le passe pas : franchement, vousêtes plus blanche que moi.
GAMIANI.
Vous n’y pensez pas, enfant ! ôtez donc tout comme moi.Quel embarras ! on vous dirait devant un homme. Là !voyez dans la glace… Comme Pâris vous jetterait la pomme !friponne ! elle sourit de se voir si belle… Vous méritez bienun baiser sur votre front, sur vos lèvres ! Elle est bellepartout, partout !
La bouche de la comtesse se promenait lascive ; ardente,sur le corps de Fanny. Interdite, tremblante ; Fanny laissaittout faire et ne comprenait pas.
C’était bien un couple délicieux de volupté, de grâces,d’abandon lascif, de pudeur craintive.
On eût dit une vierge, un ange aux bras d’une bacchante enfureur.
Que de beautés livrées à mon regard, quel spectacle à soulevermes sens !
FANNY.
Oh ! que faites-vous ! laissez, madame, je vousprie…
GAMIANI.
Non ! ma Fanny, mon enfant, ma vie ! ma joie ! Tues trop belle ! Vois-tu ! je t’aime d’amour ! jesuis folle !…
Vainement l’enfant se débattait. Les baisers étouffaient sescris. Pressée, enlacée, sa résistance était inutile. La comtesse,dans son étreinte fougueuse, l’emportait sur son lit, l’y jetaitcomme une proie à dévorer.
FANNY.
Qu’avez-vous ? Oh ! Dieu ! madame, c’estaffreux !… Je crie, laissez-moi !… Vous me faitespeur !…
Et des baisers plus vifs, plus pressés, répondaient à ses cris.Les bras enlaçaient plus fort ; les deux corps n’en faisaientqu’un…
GAMIANI.
Fanny, à moi ! à moi tout entière ! Viens !voilà, ma vie ! Tiens !… c’est du plaisir !… Commetu trembles, enfant… Ah ! tu cèdes !…
FANNY.
C’est mal ! c’est mal ! Vous me tuez… Ah ! jemeurs !
GAMIANI.
Oui, serre-moi, ma petite, mon amour ! Serre bien, plusfort ! Qu’elle est belle dans le plaisir !…Lascive !… tu jouis, tu es heureuse !… Oh !Dieu !
Ce fut alors un spectacle étrange. La comtesse, l’œil en feu,les cheveux épars, se ruait, se tordait sur sa victime, que lessens agitaient à son tour. Toutes deux se tenaient, s’étreignaientavec force. Toutes deux se renvoyaient leurs bonds, leurs élans,étouffaient leurs cris, leurs soupirs dans des baisers de feu.
Le lit craquait aux secousses furieuses de la comtesse.
Bientôt épuisée, abattue, Fanny laissa tomber ses bras. Pâle,elle restait immobile comme une belle morte.
La comtesse délirait. Le plaisir la tuait et ne l’achevait pas.Furieuse, bondissante, elle s’élança au milieu de la chambre, seroula sur le tapis, s’excitant par des poses lascives, bienfollement lubriques, provoquant avec ses doigts tout l’excès desplaisirs !…
Cette vue acheva d’égarer ma tête.
Un instant, le dégoût, l’indignation m’avaient dominé ; jevoulais me montrer à la comtesse, l’accabler du poids de monmépris. Les sens furent plus forts que la raison. La chair triomphasuperbe, frémissante. J’étais étourdi, comme fou. Je m’élançai surla belle Fanny, nu, tout en feu, pourpré, terrible… Elle eut àpeine le temps de comprendre cette nouvelle attaque, que, déjàtriomphant, je sentis son corps souple et frêle trembler, s’agitersous le mien, répondre à chacun de mes coups. Nos langues secroisaient brûlantes, acérées ; nos âmes se fondaient dans uneseule !
FANNY.
Ah ! mon Dieu ! on me tue !…
À ces mots, la belle se raidit, soupire et puis retombe enm’inondant de ses faveurs.
– Ah ! Fanny ! m’écriai-je, attends… àtoi !… ah !…
À mon tour je crus rendre toute ma vie.
Quel excès !… Anéanti, perdu dans les bras de Fanny, jen’avais rien senti des attaques terribles de la comtesse.
Rappelée à elle par nos cris, nos soupirs, transportée de fureuret d’envie, elle s’était jetée sur moi pour m’arracher à son amie.Ses bras m’étreignaient en me secouant, ses doigts creusaient machair, ses dents mordaient.
Ce double contact de deux corps suant le plaisir, tout brûlantsde luxure, me ravivait encore, redoublait mes désirs.
Le feu me touchait partout. Je demeurai ferme, victorieux, aupouvoir de Fanny ; puis, sans rien perdre de ma position, dansce désordre étrange de trois corps se mêlant, se croisant,s’enchevêtrant l’un dans l’autre, je parvins à saisir fortement lescuisses de la comtesse, à les tenir écartées au-dessus de matête.
– Gamiani ! à moi ! portez-vous en avant… fermesur vos bras !
Gamiani me comprit, et je pus à loisir poser une langue active,dévorante, sur sa partie en feu.
Fanny, insensée, éperdue, caressait amoureusement la gorgepalpitante qui se mouvait au-dessus d’elle.
En un instant, la comtesse fut vaincue, achevée.
GAMIANI.
Quel feu vous allumez ! c’est trop… grâce !…Ah !… quel jeu lubrique ! Vous me tuez… Dieu !…j’étouffe !…
Le corps de la comtesse retomba lourdement de côté comme unemasse morte.
Fanny, plus exaltée encore, jette ses bras à mon cou, m’enlace,me serre, croise ses jambes sur mes reins !
FANNY.
Cher ami ! à moi… tout à moi ! Modère un peu… arrête…là… ah !… va plus vite… va donc !… ah ! je sens… jenage ! je…
Et nous restâmes l’un sur l’autre étendus, raides, sansmouvement ; nos bouches, entrouvertes, mêlées, se renvoyaientà peine nos haleines presque éteintes.
Peu à peu nous rev

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