Dictionnaire érotique moderne , livre ebook

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Le dictionnaire érotique moderne, condamné à la destruction totale par la justice après sa première parution, est un ouvrage étonnant, à la fois érudit et rempli d'humour et de sarcasmes sur la société du XIXè siècle. Une lecture qui provoque autant l'intérêt, la curiosité, l'hilarité et, disons-le, une certaine excitation...
Delvau "embouche le clairon de l'émancipation" et c'est en effet un ouvrage libérateur.

Nous avons ajouté à ce dictionnaire la "Fouterie d'un poète', court recueil de poésie très leste où, en quelque sorte, Alfred Delvau met en pratique son travail de lexicographe.


« Toutes les langues roulent de l’or, — et l’argot d’un peuple entier est une langue, spécialement l’argot érotique. »

« Ce qui se parle doit s’écrire, et tout doit se parler. Les mots ne sont pas sales, ce sont les pensées qui sont sales. »


Frontispices de Félicien Rops.

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Publié par

Date de parution

01 mars 2023

Nombre de lectures

1

EAN13

9791091599443

Langue

Français

DICTIONNAIRE ÉROTIQUE MODERNE
par
ALFRED DELVAU
UN PROFESSEUR DE LANGUE VERTE

Suivi de
Fouterie de poète
court recueil de poèmes du même auteur


Alfred Delvau


Né le 7 avril 1825 à Paris, mort le 3 mai 1867 ; journaliste et écrivain ; acteur de la Révolution de février 1848, dont il se fit l’historien et le mémorialiste. Fils d’un maître-tanneur du faubourg Saint-Marceau (aujourd'hui le quartier Saint-Marcel de Paris, entre le V e et le XIII e arrondissements), Alfred Delvau se lança très tôt dans le journalisme en écrivant dans La Réforme à partir de 1846, puis dans le Triboulet et La Canaille ou le Journal pour rire . En 1848, il fit ses débuts d’écrivain avec Grandeur et décadence des grisettes . Après la Révolution de février, il devient le secrétaire particulier d’Alexandre Ledru-Rollin, ministre de l’Intérieur, dont il était le protégé et auquel il consacra une brochure, Ledru-Rollin. Sa vie politique . Il était avec Chassin, Vallès, Ranc, et Rambert, un des meneurs de la jeunesse républicaine qui manifesta, en mars, contre la nouvelle interdiction du cours de Michelet au Collège de France.
Avec Auguste Poulet-Malassis et Antonio Watripon, tous deux employés, comme lui, au ministère de l’Intérieur, il fonda, en juin, l’Aimable faubourien. Journal de la canaille . C’est avec ces deux amis que, le 23 juin, il se rendit place de la Sorbonne, au rassemblement de la batterie d’artillerie de Watripon, et y trouva une barricade. Il gagna la rue du Cloître-Saint-Benoît par la rue des Mathurins où il franchit une barricade en construction. Le combat, commencé à 4 heures de l’après-midi, se continua toute la nuit et il fallut le canon pour débusquer les insurgés des barricades de la rue des Mathurins.
Delvau lança alors seul l’éphémère Conspiration des poudres, journal fulminant , qui n’eut qu’un numéro. Désargenté, au mois d’août 1848, il sollicita des secours auprès du ministre de l’Instruction publique : « La Révolution de février m’avait arraché à la misère ; un changement de ministère va m’y replonger : l’emploi que j’occupais au Ministère de l’Intérieur m’a été enlevé. » Fin automne 1848, à l’approche des élections présidentielles, il collabora à la Révolution démocratique et sociale de Delescluze et rédigea La Présidence, s’il vous plaît ! , virulente charge contre les conservateurs.
En 1850, Alfred Delvau fonda, avec Benoît-Jean, l’éphémère Jacques Bonhomme, journal des mansardes et des chaumières , qui ne vécut pas ; il fit une Histoire de la révolution de Février , qu’il dédicaça à Ledru-Rollin, et rédigea une brochure au titre paradoxal, A bas le suffrage universel ! L’année suivante vit la parution des Murailles révolutionnaires où il rassemblait affiches, proclamations et tracts de 1848, et dont la version complète ne vit le jour que l’année de sa mort. En 1851, il prit part, aux côtés d’Arthur Arnould, Ch. Barbara, Castagnary, L. Davyl, Collineau, le chansonner Charles Gille, Arthur Ranc, Eugène Spuller, Jules Vallès, etc., aux réunions du Comité des jeunes contre le prince-président, puis au mouvement de résistance au coup d’État du 2 décembre.
Après 1851, Delvau persévéra dans la bohème, mais s’éloigna de la politique. Cherchant des ressources, il s’essaya, avec l’aide de sa femme, à la traduction de l’allemand, adaptant Gottfried Kinkel, en 1852, et Gustave Henri Gans de Putlitz, en 1853. Puis il publia Au bord de la Bièvre: impressions et souvenirs , ses souvenirs de jeunesse, en 1854. Durant cette période, il rejoignit ses amis Jules Levallois, Suzanne Melvil-Bloncourt et Antonio Watripon, tous proches de Baudelaire, ainsi que Jules Vallès, dans l’équipe du Dictionnaire universel de l’éditeur socialiste Maurice Lachâtre. Le premier article qu’il signa est ivrognerie . Pour échapper au pire, il s’adonna à d’obscurs travaux de lexicographie et d’écriture. Sans logement fixe, il écrivit à son ami Poulet-Malsassis, à propos du Dictionnaire : « Cela rapporte deux liards la ligne, petit texte, grande justification. Ce qui fait que je continue, comme tu le supposes si bien, à nomadiser ; or, comme les nomades n’ont pas d’adresse, je suppose, tu peux m’écrire à « M. Delvau, homme de lettres, dans le désert ! ». Il collaborait aussi à des journaux tels que Cadet Roussel , donnant des chroniques qu’il reprit en volumes, sans sortir de la gêne pour autant puisqu’en 1856, il sollicitait à nouveau une aide ministérielle. Il devint rédacteur en chef du Rabelais où il défendit Baudelaire et, avec Watripon, il collabora au Triboulet et à la revue L’Ami du peuple . En 1857-58, ses écrits lui valurent un an de prison. Il passa en Belgique. Il se mit à écrire des romans populaires, notamment de chevalerie.

Il rencontre Félicien Rops dont il avait fait l'éloge en lui consacrant une critique dans le journal Rabelais . Delvau le charge de réaliser les frontispices de plusieurs de ses ouvrages : Histoire anecdotique des Cafés et Cabarets de Paris (1862), Les Cythères parisiennes , histoire anecdotique des bals de Paris (1864) et Dictionnaire érotique moderne (1864). Ce sont ces commandes qui amènent Rops à accompagner le journaliste dans les bas-fonds parisiens pour se documenter. Les « cocottes » parisiennes et les débits de boissons font alors massivement leur entrée dans l'œuvre de Rops.
C'est également Delvau qui présente Rops à l'éditeur Auguste Poulet-Malassis, à Paris en 1863. Celui-ci confie de nombreux projets au graveur, surtout après son exil à Bruxelles. Il s'agit principalement d'illustrations d'ouvrages licencieux (les deux hommes ont travaillé ensemble sur trente-quatre titres entre 1864 et 1870), qui lui valent encore aujourd'hui une réputation sulfureuse, obérant sa reconnaissance publique.
Son nom commençait à s’imposer en dehors de la bohème, et, de 1860 à sa mort, il publia une dizaine d’ouvrages consacrés souvent à Paris, ses cafés, ses cabarets, ses barrières, etc., dont ce Dictionnaire érotique moderne qui subit le même sort que ceux de Maurice Lachâtre auxquels il avait contribué : il fut condamné à la destruction totale en juin 1865. Toujours impécunieux, ces travaux multiples ne l’empêchèrent pas de devoir solliciter le concours financier de la Société des gens de lettres qui dut, par la suite, aider également sa veuve. Alfred Delvau mourut à 42 ans, ne laissant que des manuscrits et des projets en grand nombre.

(Pour en savoir plus sur l'étonnant Alfred Delvau, son excellente biographie par René Fayt : Un aimable faubourien, Alfred Delvau, 1825-1867 , aux Editions Emile Van Balberghe Librairie)
Frontispice de Félicien Rops pour l'édition de 1864
Frontispice de Félicien Rops pour l'édition de 1874
AUX ESPRITS LIBRES

Comme la liberté ne peut être accordée aux gens qui doivent rester esclaves, les livres libres sont pour nous des livres défendus . Jamais il ne s'en montre dans la librairie, et il n'en traîne même jamais aucun dans nos maisons ; aussi celui que nous réimprimons est-il un livre qui doit se dissimuler. Personne, pas même les rois, empereurs, pape, n'est en droit de le lire en public. Il ne doit être consulté que dans le particulier ; le reste du temps, il faut le fourrer dans une poche profonde, ou mieux, dans le fond d'une bibliothèque fermée à clef.
Quand nous sommes entre nous, en petit comité, nous n’avons pas besoin de nous gêner ; aussi arrive-t-il souvent, comme dit Gresset dans son Vert-Vert , que les f , les b voltigent sur notre bec. Quand quelqu’un nous ennuie, nous lui disons : tu m’entrouducutes, va te faire foutre. Quand nous voulons dire qu’un individu témoignait le désir de se comporter avec une femme de la manière la plus satisfaisante pour elle, au lieu de faire toute cette longue périphrase, nous disons : il bandait comme un carme. Quand nous voulons exprimer tout le contraire, nous disons que c’est un vit mollet, un bande-à-l’aise. Un homme qui a du courage est un homme qui a des couilles au cul, etc.
Pour un étranger, tout cela est de l’hébreu. Il faut un dictionnaire pour comprendre les mots en usage ; mais ne comptez pas sur celui de l’Académie, 6 e et dernière édition ; MM. les académiciens n’ont pas assez de couille pour avouer de pareils termes. Il faut quelques hommes d’esprit supérieur qui se dévouent.
Pour la langue française, nous avions déjà le dictionnaire intitulé : Erotica verba de M. de L’Aulnaye ; ce dictionnaire se trouve, a la suite de l’édition de Rabelais publiée par Desoer en 1820. Il est certainement très-utile, mais il ne donne pas beaucoup d’expressions contenues dans d’autres auteurs contemporains de Rabelais ou plus modernes que lui. M. Auguste Scheler, l’érudit distingué, le savant bibliothécaire du roi des Belges, crut devoir, pour ce motif, refaire à nouveau ce dictionnaire, et il publia en 1861, sous le pseudonyme de Louis De Landes, son Glossaire érotique de la langue française (Bruxelles, pet. in-8º de XII -396 pp.) — Notre excellent et spirituel ami Alfred Delvau voulut aussi refaire à nouveau ce travail ; car lui, il avait eu le courage de descendre dans les bas-fonds sociaux, dans les bordels, dans les bastringues, dans les halles. Là, il avait recueilli nombre d’expressions pittoresques inconnues à ses devanciers. Il publia la première édition de son Dictionnaire en 1864. Tirée à petit nombre, elle fut promptement enlevée. Elle donna lieu à de nombreuses contrefaçons et à de fort mauvaises imitations. Delvau cependant avait préparé une seconde édition de son œuvre, plus châtiée et plus complète que la première, lorsque la mort nous l’enleva, en 1867. Nous recueillîmes ses épaves avec soin, et nous en faisons faire aujourd’hui, à petit nombre, une impression soignée pour des esprits libres et éclairés.
Delvau n'a pas eu le temps de faire une nouvelle préface pour sa nouvelle édition ; nous allons, en conséquence, reproduire simplement la judicieuse Introduction de sa première édition. Nous la ferons suivre du remarquable Avant-propos placé par M. Auguste Scheler à la tête de son Glo

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