Les Ricochets de l’aube , livre ebook

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2018

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Dès que le soleil se lève au point du jour, les histoires réunies dans ce recueil de contes et nouvelles peuvent commencer. L'écriture constitue un moyen d'évasion salvateur pour les héroïnes fragiles qui peinent à affronter la réalité du monde qui s'offre à elles. Les rêveries leur paraissent moins douloureuses à vivre que l'amour et ses tourments imprévisibles. Jusqu'au jour où leur entourage en décide autrement... Les récits ricochent, s'enchevêtrent, se complètent pour mieux surprendre. Émotions intenses, événements extraordinaires, décors merveilleux, tous les éléments sont réunis pour offrir aux lecteurs un savoureux moment d'évasion.

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Publié par

Date de parution

25 mai 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414239139

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-23911-5

© Edilivre, 2018
« L’ombre s’attarde, le rêve s’éternise…
L’aube est indécise.
La mine blafarde, la belle enfin s’étire…
C’est l’heure où tout chavire.
Le ciel se farde, l’impatience éclate…
L’aube est écarlate.
Le jour musarde, l’âme buissonnière…
La vie se fait légère. »
Claudia Démaret-Delevoye
À mes petits-enfants Charlie, Julia et Paul qui n’en sont qu’à l’aube de leur vie… une aube douce et limpide…
À mes enfants Thomas, Mathilde, Anne et Charlotte pour qui l’enfance fut sans doute un doux printemps…
À l’enfant que je ne fus pas…
L’enfant de l’ombre
Au cœur de l’attente, l’espoir…
En vain !
L’enfant se cache, il ne viendra pas…
Ne fuis pas ! Reste encore un peu…
Fouille dans tes pensées
Retourne la terre en friche de ton passé
Et creuse et sonde !
Acharne-toi à retrouver les racines de ta vie
Grappille les miettes de tes souvenirs
Pauvres fleurs séchées entre les pages de ta mémoire…
Et trouve-le, ce coin de paradis
Qui fleure bon l’innocence et le rêve
Cette oasis de fraîcheur dans l’aridité de ton attente…
Atteins-les, ces rives de la part de l’être
Que la vie préserve jusqu’à son terme…
Et ouvre enfin les portes de ce jardin d’éden
Qui résonne de tes éclats de rire d’autrefois…
Au cœur de l’attente, l’espoir…
Enfin !
Un trésor est là, qui se cache dans les profondeurs de ta vie
Un peu de l’enfant qu’un jour tu fus
Un peu de celui que tu aurais pu être
Un peu de celui que tu deviendras…
 
 
Le temps est fait d’instants et aux lisières de l’instant, rien n’est dit encore . Tout est en attente, tout est à vivre. Et nous gravons dans notre mémoire l’instant arrivé à son terme, pour n’en garder que le meilleur et le savourer encore et encore.
Au fil des années, nous égarons volontiers nos ratés dans la brume de l’oubli, nous jetons le voile de l’excuse sur nos erreurs et arrondissons les angles blessants de nos échecs… En un mot, nous nous plaisons à défaire et refaire et parfaire les instants de nos vies. Ainsi nous refoulons, embellissons ou rejetons les multiples facettes de notre propre histoire.
Nous traversons le présent sans prendre conscience du cadeau qui nous est offert. Rien n’est plus éphémère et précieux que l’instant qui s’ouvre à nous.
Pouvoir choisir de crier ou murmurer, rire ou pleurer, aimer ou détester… Trouver l’art et la manière d’agir ou de « ré-agir » au moment même où tout peut encore basculer… Voilà ce qui nous fait pourtant exister.
Notre passé, pas si simple, est bel et bien révolu et nous n’y pouvons rien changer. Nous relisons notre propre histoire à travers les souvenirs. Photos jaunies, fleurs séchées et lettres d’amour s’accumulent dans des boîtes que nous n’ouvrons jamais, dorment au fond de tiroirs que nous préférons garder clos… ou presque. Pas question de gommer, impossible de recommencer. La page est écrite, le chapitre est clos.
Notre futur, proche ou pas, est « à venir » et nous laisse dans l’ignorance . Il nous reste le rêve, les suppositions… en un mot, l’ébauche d’une mélodie en si – majeur plutôt que mineur – pour nous bercer d’illusions et conjurer notre peur du lendemain. La page est blanche, sans rature et sans commencement et ce vide nous tient en haleine. L’angoisse menace chacune de nos chimères à tonalité brillante. Changement de ton, changement de mode… La mélodie ne nous fait plus danser…
Naufrage…
Après avoir goûté les fruits amers du passé, après avoir humé les parfums grisants de l’avenir, nous voilà de retour à la case départ. Nous errons sans but, submergés par les flots de l’incertitude, nous voguons vers des rivages inaccessibles que nous pensions pourtant pouvoir atteindre. Nous nous sentons pauvres de ce que nous avons perdu et vides de ce que nous n’avons pas encore reçu. Nous oublions que nous sommes riches, à chaque seconde, de tout ce qui nous fait exister. Le voyage nous a rendus forts et libres. Nous sommes riches de ces instants que nous traversons et que nous habitons chaque jour. Et selon les caprices du destin, nous repartons tôt ou tard à la conquête de terres vierges, vers de nouvelles pages de vie qu’il nous faudra bien écrire. Qu’importe le paysage, il nous faut jeter l’ancre, accoster, prendre le temps de visiter, nous laisser saisir par l’inconnu. Et quand l’escale arrive à son terme, nous hissons encore et toujours la grand-voile de la confiance et repartons, avides d’aventures, vers les nouveaux instants qui se profilent à l’horizon de nos vies… Le bonheur est à ce prix.
Car le temps ne nous appartient pas, il ne fait que passer. Il nous faut le saisir, tout prendre, ne rien manquer… C’est cela vivre ! »
Camille D.
Satisfaite, Camille relit une dernière fois le texte qu’elle vient d’écrire. Le jour n’est pas encore levé et elle a travaillé une bonne partie de la nuit. Les mots lui sont venus naturellement et ses doigts ont couru sur le clavier sans qu’elle ait eu à réfléchir. Elle aperçoit, dans la lueur blafarde de la lampe de bureau, le carnet qu’elle garde toujours près d’elle. L’ami de tous les instants. Elle caresse avec douceur la reliure de cuir noir et sans plus attendre, fait sauter l’élastique qui claque sèchement dans le silence de la pièce. Le rituel commence…
Avec application, Camille commencera par noter la date sur la page encore vierge puis elle y déversera ses pensées du jour. Pour ne pas s’égarer sur le chemin de la vie et pour rester dans l’instant, elle répétera chacun de ces gestes plusieurs fois dans la journée. Et à chaque fois, le rituel tentera tant bien que mal d’assouvir chez cette femme solitaire, un besoin avide et permanent de sécurité…
«  Vendredi 12 avril 2013. Je me sens paisible…
Le jour se devine à peine derrière les ombres tardives de la nuit qui s’étirent sur le jardin. Qu’il est grisant l’instant où rien n’est encore ! L’aube est indécise mais d’ici peu, le ciel deviendra limpide et se fera l’écho du chant des oiseaux. Le rouge-gorge et la mésange se partageront les graines que le jardinier a déposées dans la petite maison de bois accrochée aux branches du laurier. La vie est à portée de main mais il me semble que le temps a suspendu sa course pour préserver l’instant fragile où tout n’est que promesse . C’est le moment de la journée que je préfère, le calme après la tempête. La fièvre de l’écriture qui me saisit chaque nuit quand je suis face au vide vertigineux de la page blanche, cesse enfin. Car l’écriture m’exalte jusqu’à m’affoler, m’apaise parfois, me tourmente souvent. Ce goût pour la littérature me vient de l’enfance. Je me souviens de la fillette qui, de sa main encore hésitante, s’appliquait à noircir les pages d’un cahier d’écolier… Un cahier banal, sans aucune ressemblance avec ce carnet qui recueille mes mémoires, et pourtant ! Hélas, l’enfant n’est plus et a cédé la place à la femme que je suis devenue, à la fois fragile et solitaire. Une femme qui chemine dans ses pensées et se terre dans le rite apaisant de ses habitudes. Comment faire « autrement » pour affronter la douleur d’avoir jadis été abusée sans que personne vienne à mon secours  ?… »
Camille repousse le précieux carnet sans ménagement et soupire, résignée. Un rien peut menacer son fragile équilibre, elle le sait. Le temps ne nous appartient pas, il ne fait que passer… Le malaise s’intensifie ; la paix aura été de courte durée ! Camille se sent soudain prisonnière de son univers, elle étouffe entre ces murs. Le souffle court, elle se lève pour ouvrir l’unique fenêtre de la pièce et comme d’habitude, elle n’y parvient pas. Par dépit, elle finit par appuyer son front contre la vitre glacée, haletante. Le froid l’apaise peu à peu. Son visage s’irradie un court instant dans l’éclat poudré du matin. Mais les moments de grâce ne sont pas faits pour durer et sans qu’elle s’y attende, le souvenir entrevu quelques minutes auparavant se fait plus précis.
Alors, pour ne pas sombrer, elle tend la main vers son « journal » et sans perdre de vue le jardin que les pâles rayons du soleil levant lui révèlent peu à peu, elle note :
«  Appuyée contre le rebord de la fenêtre, mon cœur s’emballe et mon regard se perd, bien au-delà du parc qui s’éveille dans la brume matinale, en un lieu que je suis la seule à voir. Un endroit que je voudrais ne pas avoir à visiter. Les images me hantent et le passé me talonne tel un prédateur guettant sa proie. Je le sens prêt à surgir, ce n’est qu’une question de secondes. Bientôt, je serai à sa merci. Je ne peux rien changer à ce qui fut : impossible de gommer, impossible de recommencer… la page est écrite… le chapitre est clos… J’ai si froid, soudain ! »
Camille veut fuir la réalité brutale et insupportable qui l’attend et cherche désespérément quelque chose à quoi se raccrocher. Survivre… une seconde encore, puis une heure, puis un jour… SURVIVRE ! C’est alors qu’elle la voit, petite et fragile comme un oiseau dans l’air frais du matin… Elle est revenue…
L’enfant se tient debout dans l’ombre du cyprès. Une enfant douce et blonde aux yeux d’azur. Sa présence dans le parc intrigue Camille qui l’observe à travers les stores. La lumière dorée du jour naissant envahit peu à peu le coin de jardin. La petite semble presque irréelle dans son immobilité. Camille est de plus en plus troublée. Nul doute que l’enfant est venue pour elle, cette fois encore. Elle est certaine de l’avoir déjà rencontrée. Elle connaît cette frimousse adorable et ce regard clair qui fixe sans ciller la fenêtre de l’étage. Il lui faut aller à la rencontre de la fillette et lui demander des explications sur sa présence dans le parc à une heure aussi matinale. La petite est peut-être en danger !

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