Les Contes du présent , livre ebook

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2019

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Ce recueil de nouvelles, l’auteur l’a voulu extrêmement particulier dans l'écriture, voire provocateur. Il est plus question d'un style à lire que d'une histoire à proprement parler. Il en est fortement question avec la nouvelle Il qu'il faut lire d'une traite, et aussi, dans une moindre mesure, avec Le Complexe de Melchiior. Ces quatre récits courts sont conçus pour être lus comme des poèmes narratifs ou, pour être plus précis, comme des récits poétiques modernes.

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Date de parution

28 août 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414345823

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-34583-0

© Edilivre, 2019
Avertissement
Ce recueil de nouvelles est destiné aux lecteurs avertis, curieux de découvrir des styles originaux et variés.
Il et Le complexe de Melchiior sont, pour moi, les deux textes les plus expressifs – les deux autres sont plus classiques, plus lisibles.
Les jeux linguistiques (les pronoms personnels, temps verbaux, niveaux de langue, etc.) – comme avec les codes traditionnels du récit – doivent interpeller le lecteur, c’est aussi une réflexion sur le concept et l’impression d’identité.
Dans iL , c’est l’absence totale d’identité traditionnelle (un peu comme dans le nouveau roman ou les textes absurdes) ; le héros lui-même (ou plutôt sorte de « anti-héros ») n’a pas d’identité propre, il se définit essentiellement par ses actions et ses pensées. C’est un « il » à la fois particulier et anonyme. Dans Melchiior , cela devient un travestissement de l’identité et de la réalité fictionnelle, c’est l’expression d’un rapport douloureux, tragique avec cette réalité.
De la même manière, la temporalité et la chronologie sont fracturées afin de mettre mal à l’aise le lecteur et l’inviter à une lecture « poétique » et non plus simplement linéaire. Et ceci essentiellement avec iL ; il faut le lire de bout en bout d’une traite, et y accorder une bonne dose d’attention.
Les niveaux de langue sont là afin de décrire deux types de réalités différentes : l’une « merveilleuse », l’autre « atroce » et grossière (essentiellement avec Melchiior ).
Bien entendu, j’espère qu’on y décèle également certains aspects surréalistes pour certains textes, sans parler d’un humour noir que j’aime.
Le chiot
 
 
Si un jour, vous vous rendez dans le pays des chiens intelligents, allez donc rendre visite à un jeune chiot de ma part. Nous nous connaissons très bien lui et moi. La dernière fois où je l’ai vu, il séjournait dans une petite grotte isolée de son pays.
* *       *
En un jour où, semblait-il, toute la nature riait d’une probable farce à son actif, notre chiot naquit. Pour cela, il avait lutté contre l’enveloppe matricielle, qui semblait vouloir le retenir dans ces entrailles chaudes et humides. Il fut malmené par des contractions qui l’écrasaient. Ce fut tel qu’il fut précipité dans un flot visqueux. Il manqua se noyer plusieurs fois, se débattant comme un forcené pour garder la tête émergée dans ce long et étroit tunnel.
Enfin, il vit une lumière au bout de la galerie qu’il traversait. Il put lire en surplomb : « SORTIE : et bonne chance » en lettres clignotantes.
Il se tortilla pour s’extirper et fut aveuglé par la lumière.
On tendit l’enfant à la mère qui constatait que tout le monde retenait un rire qu’elle ne comprenait pas. Elle prit dans ses pattes son rejeton et l’observa avec le regard de la génitrice qui verrait un adonis même s’il était un laideron.
Ses yeux s’écarquillèrent puis se plissèrent, ses lèvres s’étirèrent, sa bouche s’ouvrit, et elle partit dans un fou-rire qui assourdit son chiot interloqué. Le crâne du nouveau-né était surmonté d’une bizarrerie anatomique : une sorte de cornet en forme de coquillage de bonnes dimensions luisant de mille feux, magnifique, capable de faire pâlir la lumière du soleil. Mais détail encore plus surprenant : cet organe superflu émettait sans raison apparente des pets, dont la régularité échappait aux règles les plus basiques du solfège, des pets qui faisaient penser aux vers des plus grands Poètes.
Alors donc, voilà notre petit chiot mis un peu à l’écart sans qu’il ne sache pourquoi.
Le voici avec son cornet pétant, comme si celui-ci battait la mesure de la Musique Céleste, comme s’il tentait de s’en faire le traducteur pour ses congénères.
Ce dernier, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, chaque fraction de seconde – même milliardième – entendait d’étranges sons qui semblait trouver leur source au-dessus de sa tête.
« C’est le ciel qui parle », se disait-il à chaque fois, en regardant ceux qui l’entouraient, leurs yeux rivés au-dessus de lui, en proie au rire.
Il levait son regard mais ne voyait rien, et pourtant, il entendait les sons célestes qui bramaient à ses oreilles.
Sauraient-ils quelque chose que j’ignore ? se demandait-il.
Il allait alors trouver sa mère pour qu’elle lui dît ce que tous les autres connaissaient sauf lui.
Il lui demandait : « Maman, dis-moi ce que les gens voient quand ils entendent le ciel nous parler ? »
Le cornet trompetait mille accords dissonants et harmonieux, et la mère, regardant son fils, avait alors le corps possédé par un rire incoercible, dominateur ; il la faisait se lever du sol, danser, trébuchant sur d’invisibles objets, et elle s’écroulait enfin à terre secouée par d’étranges secousses sismiques sans que le sol ne s’en ressentît.
L’enfant était partagé entre le désir de relever sa mère ou la battre : « Personne ne me le dira jamais ou quoi ? »
Aussi, un jour, agacé, il sortit de la maison familiale ; le ciel tonnant, son cornet pétant.
Son organe se démenant comme un beau diable, notre petit chiot commença à sentir quelques démangeaisons au-dessus de son crâne. Il toucha ce cornet qu’il ne connaissait pas.
« Mais qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’on m’a mis sur la tête ? »
Il rentra sa patte dans le large orifice du cornet. N’y suffisant pas, il enfonça tout le reste. Sa patte rencontra une matière molle et gluante à laquelle il préleva une partie.
Il contempla cette matière solide et visqueuse, encore remuante, rosâtre. Une bulle se forma à la surface, et se creva en libérant un long : « Prououout ! », accompagné d’une fumée nauséabonde.
D’autres bulles se mirent à éclore et firent entendre une véritable musique d’orchestre...

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