Le Serment d'hypocrite , livre ebook

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Le Serment d’hypocrite raconte une histoire basée sur des faits réels, celle d’un bébé confié au service maternité d’un hôpital bien connu et qui a disparu sans laisser de trace.
Faute professionnelle ou trafic d’enfants ?
Le personnage principal, fraîchement retraité de l’éducation, pour meubler le vide, mène une enquête à la fois « désespérée et têtue ». Il promène le lecteur dans sa quête et lui présente des « personnes » intéressantes rencontrées au fil de ses pérégrinations.
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Publié par

Date de parution

25 avril 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414340033

Langue

Français

Mohammed Rahmani
Le Serment d’hypocrite
Du même auteur :
Histoires mystérieuses(nouvelles), Casbah Éditions, 2004. Noir sur blanc(poésie), Éditions du Tell, 2005. Le voyageur(roman), Dar El Hadhara, 2009. Il était une fois(contes), Dar El Hadhara, 2009. L’Empire des Mots(poésie), Dar El Hadhara, 2009. Viens que je te raconte la vie (poésie), Dar El Hadhara, 2011. Poèmes épars(poésie), Edilivre (France), 2014. Un monde de papier(nouvelles), ENAG, 2014. L’égaré(roman), Edilivre (France), 2015.
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A la seule « lectrice possible »… … qui a inspiré ce roman !
Un clin d’œil à tous les personnages « réels » de cette histoire (qui se reconnaitront) !
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… « Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans la pureté et le respect des lois. (…) Je m’interdirai d’être volontairement une cause de tort ou de corruption. »…Extrait du Serment d’Hippocrate
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Il était libre depuis peu. Il venait de tirer trente-cinq ans. La vie lui paraissait différente. Le temps n’avait plus la même mesure, ni le même rythme. Les autres ne se comportaient plus avec lui de la même manière qu’avant. Les choses les plus insignifiantes avaient pris à ses yeux plus de valeur, plus de volume, plus de place. Il redécouvrait le monde. Il essayait de combler ses lacunes, dans tous les domaines, et elles étaient nombreuses et béantes ! Il regardait la vie autrement. Il devait faire des bouchées doubles pour se réinsérer dans sa nouvelle vie. C’est difficile de rattraper trente-cinq ans de sa vie. Il avait raté toute une génération, et même plus, parce qu’une génération, c’est trente-trois ans ! Il avait eu sa dose et du rabais ! Il ne regrettait pas une seule minute de sa vie passée. C’était un choix, il l’avait fait, il l’avait vécu jusqu’au bout. Il l’assumait complètement. Si c’était à refaire, il le referait de la même façon. Au contraire, il le revendiquait, ce passé, et il ne pensait pas qu’il aurait pu le vivre autrement. C’était dans ses gènes. Il ne pouvait pas y échapper. L’aurait-il pu ? L’aurait-il voulu ? C’était son destin. Il croyait au destin. Il n’était pas fatidique. On le choisit parfois. On y contribue souvent. On le vit toujours. Son
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destin, lui, il l’avait voulu, il l’avait façonné et il l’avait vécu, jusqu’au bout ! Il jouit, depuis quelques semaines, de cette liberté, si bien méritée, à laquelle aspirent tous les détenus. Les premiers jours, il avait fait une véritable cure de sommeil : se réveiller pour mieux se rendormir. Le lit était devenu son espace, son théâtre, sa résidence, son royaume. Il voulait rattraper un retard accumulé au fil des années, tous ces ans où il n’avait pas pu traîner au lit. Il appliquait à la lettre les paroles d’une chanson de Charles Aznavour : «…Et rêver et sourire et bâiller et dormir… »Son monde se limitait à son appartement. De la chambre à coucher, à la cuisine, puis au salon. Dormir, se nourrir, lire. La télévision s’installa dans sa vie et accapara le reste de son temps. Lui qui, avant, détestait cette «invention qui bouffait le temps des télémaniaques». Il parlait de «religion cathodique» et pestait contre cet «»objet sans vie réelle  qui apprenait aux humains comment vivre, qui racontait aux enfants, à la place des grands-mères rangées comme des balais dans des mouroirs pour personnes âgées, des histoires pleines de violence où «tout est bien qui finit mal» et qui enseignait aux adultes que «le monde va bien tant qu’il y a des guerres». Le temps perdit ses cloisons, devint fluide, sans effet sur lui. Effarant. Pendant les dernières années de sa carrière, il rêvait d’une pause, d’une « trêve », pour pouvoir briser le rythme infernal des emplois du temps chargés, des classes bondées, des cours peu pertinents. Il attendait avec impatience la retraite pour se réapproprier le temps et vivre, enfin, sans compartiments, sans barrières et sans horaires préétablis…
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Mais il s’était rendu compte, très vite, une fois retraité, que même les bonnes choses finissaient par ennuyer.L’oisiveté est comme la rouille ; elle use plus que le travail.Il commençait à regretter son ancienne vie, bien remplie, très balisée. Il avait été, pendant trente-cinq années, très à cheval sur les principes. Toujours à l’heure. Toujours minutieux dans sa tâche. Une minutie qui frisait l’obsession. Un perfectionnisme maniaque que ses jeunes collègues, à la fin de sa carrière, ne comprenaient pas, car, déplacé, hors du temps. Ses Valeurs avaient raté, sans qu’il ne s’en aperçoive, une marche de l’échelle des valeurs. Le primordial devint futile, démodé, obsolète ; et le médiocre, une règle d’or. Dire des vérités essentielles était devenu débiter des propos séniles et débridés. La norme n’était plus… « normale ». Ce mot, prononcé à la « manière de chez nous » en roulant grassement le « r », expliquait tous les dérapages. Ainsi, était « normal » le fait de ne pas faire son travail, de ne pas le préparer sérieusement ou de le bâcler. « Normal » expliquait toutes les situations douteuses, une sorte de joker, un sésame que le parler-jeune utilisait dans tous les contextes. Il était devenu le mot le plus polysémique, le plus imprévisible : Un maître-mot. Celui qui servait à qualifier l’inqualifiable. Ceci n’avait rien à voir avec ce que l’on appelle communément le conflit de générations et qui consiste à considérer les jeunes, incapables de remplacer leurs aînés et, aux yeux de la jeunesse, les vieux ne comprenant pas le monde et les réalités de leurs enfants. Mais la relation avec le travail avait terriblement changé, et pas forcément dans le bon sens, à son avis. Donc, il n’était pas « normal ». Ses idées leur semblaientpérimées, en décalage. La ponctualité et la
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satisfaction du travail bien fait étaient l’apanage des vieux, desfossiles, desdinosaures. Il avait servi dans l’éducation nationale pendant plus de trente-cinq années. Un métier qu’il avait choisi. Une mission qu’il s’était destinée. Les enseignants de l’époque pensaient que s’ils arrêtaient de travailler, la terre cesserait de tourner. Ce n’était pas de la prétention. Ils étaient mus par la conscience professionnelle et la notion du devoir. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient. Son départ à la retraite (ou sa démobilisation, devrait-on dire ?) fut violent. Autant, il voulait se reposer, raccrocher, autant, le grand vide qui s’offrait à lui, le «grand walou», (comme dirait un humoriste bien connu), lui faisait peur. La retraite se prépare à l’avance. Il n’avait rien prévu pour la sienne, occupé à défier, dans le temps et dans l’espace, des programmes censés préparer les «bons citoyens de demain». A la sortie de sa carrière, la retraite lui était tombée dessus, comme un bloc de granite. Les jours, du coup, étaient devenus plus longs, les semaines interminables, les mois, une éternité. Comment et avec quoi meubler le néant ? La retraite, mot diablement polysémique, serait-elle, pour lui, cet endroit isolé, ce mouroir, où l’on se retire pour mourir, ou, au contraire, ce laboratoire fantastique où il serait « re-traité » ?! Les responsables devraient penser à débaptiser ce moment de la vie de l’individu, pour son moral ! Lui trouver un nom plus séant qui conviendrait à cette tranche d’âge, qui l’aiderait à supporter l’« après-métier ». Certains de ses anciens collègues, moins fatigués, peut-être, ou moins usés, parce qu’ils s’étaient « ménagés » pendant leur carrière, avaient rempilé, ils avaient repris le
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