Le Marge , livre ebook

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2018

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« Soudain, il se couche au sol puis rampe en direction d'un endroit caché par un rocher : il vient d'entendre des aboiements presque immédiatement suivis d'un bruit de moteur. Une jeep pick-up qui fait une ronde avec un ou peut-être deux chiens. Il y a peu de vent et il souffle vers le nord, ce qui fait penser à Friedrich qu'il ne sera pas repéré tout de suite par les chiens. Le jeune homme décide de se dépêcher de se rendre vers le Danemark. Il se met à courir en se penchant le plus possible, sachant que du chemin il est invisible et oubliant quelque peu toute prudence, c'est ainsi que, débouchant d'une prairie encaissée, il entend tout à coup un tonitruant “Halt”... » Belgique, fin des années soixante-dix. Friedrich a dix-sept ans et a pris sa décision, il quitte tout : ses parents, sa petite amie, cette société rigide qui ne le comprend pas et dans laquelle il ne se reconnaît pas. Il part à vélo pour Louvain et rencontre une bande de jeunes de nationalités différentes, qui vivent en communauté dans une grande maison. Il en fait son chez lui deux ans durant, avant de tenter l'aventure à Amsterdam, puis au Danemark... Soixante-huit n'a laissé personne indemne. C'est l'époque des transgressions, des expériences de toutes sortes : sexualité, drogue... Le voyage affranchit toutes les frontières, tout est à découvrir... Dans ce roman d'apprentissage alliant un érotisme parfois torride à une recherche philosophique de la profondeur de son être, Gérard Nicolas fait souffler un vent de liberté irrésistible, sans occulter pour autant la réalité derrière les illusions. Avec ce premier tome d'un voyage pas comme les autres, il signe une chronique enfiévrée et réaliste portée par une galerie de personnages hauts en couleur, croqués avec justesse.

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Date de parution

20 juillet 2018

Nombre de lectures

1

EAN13

9782342162370

Langue

Français

Le Marge
Gérard Nicolas
Société des écrivains

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Société des écrivains
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Le Marge

Toutes les recherches ont été entreprises afin d’identifier les ayants droit. Les erreurs ou omissions éventuelles signalées à l’éditeur seront rectifiées lors des prochaines éditions.
 
À Hermann Hesse dont les romans ont orienté mon existence
 
Pour contacter l’auteur : gerardnicolas@outlook.be
Suivez les actualités et parutions de l’auteur sur son site : www.gerard-nicolas-lecrivain.be
Partie I. Le départ
 
Cette fois, c’est réellement fini. Bien sûr il a déjà dit ça lors de sa fugue précédente, mais maintenant, il le sent, c’est la bonne. Il prépare sa valise, son unique valise, il y place des affaires personnelles, mais pas de souvenirs qui pourraient lui rappeler son père, sa mère ou sa maison où il a connu tant de malheurs pour si peu de bonheur.
Il prend seulement les affaires qu’il s’est achetées lui-même, bien peu de choses en réalité : quelques vêtements, le blouson offert autrefois par un ami à qui il a rendu service, une paire de boots, une paire de baskets, son nécessaire de toilette, divers souvenirs qui lui rappellent de bons moments passés loin de chez lui, le livre Narcisse et Goldmund d’Hermann Hesse qu’il est en train de lire ainsi que de quoi écrire.
Il décide de partir le lendemain matin à vélo, le seul objet qu’il ne s’est pas procuré par ses propres moyens mais il estime que, comme seul et unique héritage, ce n’est pas grand-chose.
C’est le soir et il s’active à mettre sur le porte-paquet de son vélo un dispositif pour pouvoir faire tenir sa valise. Quand il a fini, la nuit va bientôt tomber et il remonte dans sa chambre, fait une dernière fois le tour, énumère tous les objets qu’il laisse à ses parents et dont pourtant certains lui sont chers, mais il les laisse tous, d’abord à cause de l’encombrement ensuite comme salaire de son éducation, quoiqu’il estime ne rien leur devoir.
Cela dure longtemps, peu à peu la fatigue le gagne, non pas que la journée ait été épuisante au point de vue physique, mais il s’est disputé – une fois de plus – avec ses parents, mais cette fois ça a été plus dur et froid que d’habitude. Ils le chassent de chez eux, lui décide de quitter cette famille vraiment trop infecte, tout le monde est d’accord.
Il restera aussi son chat, Noirmoutier, il sait qu’on s’occupera de lui. Il l’aime bien, son chat ! Et puis est-il certain d’avoir dit adieu à tous ses copains, n’en a-t-il pas oublié un qui justifierait qu’il postpose son départ ? Non ! Il les compte tous dans sa tête, tous ceux à qui il est cher ont été prévenus, il leur a annoncé qu’il leur écrira de temps en temps. Certains ont essayé de le retenir mais il part quand même.
 
Et… Anna, que pense-t-elle ?
 
C’est la seule personne qu’il regrette vraiment de laisser derrière lui. Anna et lui, c’est plus qu’un simple amour de gamin, il voudrait qu’elle parte avec lui, malheureusement ses parents lui inspirent bien trop de crainte et son avenir est ici.
Non, décidément, c’est impossible. Il commence à pleurer en songeant qu’il ne la reverra plus jamais dès qu’il sera parti, qu’il ne reviendra jamais dans ce coin qu’il maudit. Il s’endort.
 
 
 
Le soleil pointe à peine sur l’horizon quand Friedrich est prêt à partir. Les adieux sont assez secs, à l’image de la discussion de la veille. Son père ne semble pas éprouver le moindre sentiment de le voir partir, sa mère, elle, trop lâche, n’ose pas le regarder en face. Elle se tait, les yeux vers le sol. Seul, il croit nécessaire d’embrasser sa sœur qui a les larmes aux yeux.
Il quitte le seuil de la porte, enfourche son vélo qui l’attend chargé et part sans regarder derrière lui. Il va à un endroit où ils se sont fixé rendez-vous, Anna et lui, la veille, à l’heure de son départ pour l’école. Il descend de son vélo et attend.
Elle ne tarde pas à arriver. Comme chaque matin, elle part vers son lycée, mais aujourd’hui elle sait qu’elle arrivera en retard. La première chose qu’il remarque lorsqu’il la voit arriver, ce sont ses yeux rouges prouvant qu’elle a pleuré toute la nuit. Il a un peu honte de ne pas avoir, lui aussi, les larmes au bord des yeux. Elle, elle n’a pas cessé de penser à lui toute la nuit, et lui ? Il y a à peine fait allusion.
Il voudrait pleurer maintenant, mais ses yeux sont trop secs de l’entrevue qu’il a eue avec son père. Pourtant il est triste, il regrette vraiment de devoir la quitter, mais il répugne encore plus à l’idée de rester à portée de ses parents car il ne perd pas de vue qu’il n’a pas encore dix-huit ans et de ce fait reste soumis bon gré, mal gré, à l’autorité parentale s’il reste.
Anna lui explique que ses parents l’ont presque forcée à rester chez elle en voyant l’état dans lequel elle vient de se lever, elle n’a pas dormi de toute sa nuit, réalisant la grandeur de leur amour, oui, elle aussi elle l’aime vraiment, néanmoins elle ajoute :
« Je ne veux pas que tu restes ici ; au nom de notre amour, va-t’en, mais, s’il te plaît, promets-moi de ne jamais m’oublier. Moi je penserai toujours à toi ! »
Sans hésiter, Friedrich répond :
« Je te le jure et… »
Une larme qui perle au coin de l’œil et coule le long de sa joue l’empêche de continuer. Il la prend dans ses bras et ils s’embrassent, d’un baiser fiévreux, tremblant, profond. L’endroit n’est pas idéal et il propose de se promener, ce qu’elle accepte tout de suite. Friedrich met son vélo à l’abri « pour le cas où son père passerait » puis ils se rendent dans un coin tranquille, là même où quelques jours plus tôt ils ont connu tant de bonheur.
Ils échangent peu de paroles. Elle est là, près de lui pour la dernière fois sans doute ; aussi émus à cette pensée ils ne trouvent pas leurs mots. Ils comprennent que, sans s’en rendre compte, ils sont en train de se sonder dans les yeux l’un de l’autre. Friedrich prend un peu de recul. Jamais il ne l’a vue plus belle.
« Tu es merveilleuse », murmure-t-il. Un silence léger plane puis Anna dit :
« Je te regretterai beaucoup, tu sais !
— Même si nous avons convenu du contraire, veux-tu que je t’écrive souvent ? Un jour peut-être…
— Non ! » Elle le coupe d’une façon douce mais ferme en mettant ses doigts sur sa bouche et ajoute tout doucement : « J’ai confiance en toi, je sais que tu ne m’oublieras pas mais j’aime que tu gardes de moi une image positive, pas celle de cette pauvre Anna enfiévrée et triste. Pour ma part j’ai passé avec toi de beaux moments, sans doute les plus merveilleux de ma vie, mais l’avenir est devant nous, pas derrière. Si un jour tu reviens au pays, ou si tu te perds dans ton idéal et que toutes les portes se ferment devant toi, reviens : ma porte te sera toujours ouverte, peu importe ma situation, je te promets que jamais je ne te renierai.
« Dans quelques années, je me marierai, vraisemblablement avec un homme qui te ressemblera et avec lequel je connaîtrai des jours heureux. Toi aussi tu t’uniras avec une femme, plus jolie et plus sentimentale que moi, non, tais-toi, tu feras ta vie avec elle. C’est ainsi, nous ne sommes pas des cas isolés. Nous devons partir chacun vers notre destin. Toi-même tu me l’as souvent dit ; c’est pourquoi je veux que tu partes. J’espère que ton idéal et ta volonté te conduiront là où tu veux aller, néanmoins n’oublie pas ce que je viens de te dire. »
Friedrich regarde Anna, serre son visage contre le sien et dépose un baiser sur ses lèvres fiévreuses avant de dire :
« Je te remercie. Tu me manqueras, sois-en certaine. Je chercherai une fille qui te ressemble, si j’en trouve une, mais je suis persuadé que tu es unique ! Cruel dilemme qui d’un côté me crie de rester à tes côtés, que notre histoire ne fait que commencer et d’un autre me jette dans une famille, une société que j’abhorre, que je vomis de tous mes pores et qui finalement ne me laisse comme solution que de partir. J’ai envie de te dire que si tu as besoin de mes services, je serais là. Mais nous savons tous les deux que c’est faux, je serai en fait loin. Puisque tu ne veux pas que je t’écrive, si tu as besoin un jour de moi, adresse-toi à Dany, étant mon meilleur copain, à ton intention, je lui communiquerai comment me contacter.
« Anna, regarde-moi bien : tu es la seule qui pourrais me faire rester : Pour toi je pourrais trouver une solution pour supporter les autres, alors je te le demande encore une fois : es-tu sûre que, si je pars, tu ne m’en voudras jamais ?
— Je te le promets.
— J… J’ai encore tant de choses à dire. Je voudrais prolonger cet instant à l’infini, mais il faut que l’un et l’autre nous fassions face à cette vie amère. Avant de te quitter définitivement, je veux que tu saches que je ne t’ai pas menti lorsque je t’ai dit que je t’aimais… Les larmes que tu as dans les yeux me prouvent que tu es sincère toi aussi. »
Anna et Friedrich restent encore un long moment, silencieux, dans les bras l’un de l’autre. Finalement ils décident qu’Anna sera en retard et vont chez Jeff, un petit bistrot qui ouvre tôt le matin, pour profiter ensemble de leurs derniers instants. Mais Friedrich n’a pas la conscience tranquille car il voit qu’Anna tremble de plus en plus et sent la chaleur de son corps enfiévré.
Il ne sait trop quelle décision prendre, partir et la laisser ainsi : hors de question. Postposer son départ : la solution ne lui convient pas car il compte mettre le plus vite possible le plus de distance entre lui et ses parents.
Finalement ils sont attablés au bistro et Friedrich

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