La Blonde aux blés d'or , livre ebook

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Victoire est née en 1902 en Bourgogne, fille d'un contremaître en filature qui subira une mutation suite à un incendie qui ravagera son entreprise. Victoire suivra sa famille en Normandie, elle y construira sa vie de femme et de mère. Elle traversera la France d'Est en Ouest et traversera en même temps un siècle d'histoire, le XXe siècle, chargé d'évènements souvent très sombres, mais aussi de bouleversements riches pour l'humanité.

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Date de parution

19 avril 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414327492

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-32750-8

© Edilivre, 2019

La naissance de victoire
En ce début de XX ème siècle, la Bourgogne est déjà un haut lieu de la gastronomie, réputée pour ses grands crus, la moutarde et la liqueur de cassis de Dijon et le chocolat grâce à Monsieur Lanvin qui a implanté sa chocolaterie et ses fameux escargots fourrés de praliné, sans oublier ces bêtes à cornes, les gros escargots de Bourgogne qui vont alimenter les grands restaurants parisiens. De nouvelles activités apparaissent, les villes grandissent et les hommes s’affairent à améliorer le quotidien de chacun. Le monde commence à ressentir les frémissements de ce qui va devenir une ère de turbulences ; mais, cette effervescence grandissante ne semble pas perturber le réveil des « Ventres Jaunes », au cœur de la vallée de la Saône, surnommés ainsi par leurs voisins du Jura en raison des pièces d’or que la vente des volailles de Bresse rapportait aux riches paysans et qu’ils cachaient sous leur large ceinture ventrale ou peut être appelés ainsi parce qu’ils sont les premiers en France à remplacer le blé par le maïs dans leur alimentation qu’ils mangent sous forme de gaudes (bouillie épaisse) en pensant que le maïs colore en jaune l’intérieur du ventre des bourguignons comme il le fait dans le gras des volailles. C’est à Trouhans, petit village bourguignon, au cœur des plaines des riches terres de la Côte d’Or, qui s’étire paisiblement au bord de l’Ouche que débute cette histoire en ce matin du 17 Juin 1902.
Un soleil estival vient, dès le petit jour, réchauffer la campagne bourguignonne : le blé déjà bien haut agite doucement ses épis dans une gymnastique matinale avant que la chaleur de midi ne les immobilise et les grappes de raisin orientent leurs baies encore bien frêles vers la lumière qui leur donnera tout le sucre nécessaire pour le plaisir des amateurs de bons crus qui coulent en pays bourguignon. En contrebas des vignobles, des vaches paissent et se désaltèrent sur les bords de la rivière, les mamelles allégées après la traite du lait emmagasiné pendant la nuit et quelques coqs font retentir leur cocorico si toutefois un ou deux paroissiens n’ont pas entendu l’angélus de l’église, ce qui serait bien étonnant car chaque jour que Dieu fait, Monsieur le Curé veille à ce que son bedeau tire avec entrain la corde qui fera sonner la cloche de l’église pour réveiller tous ses paroissiens.
La place du village est encore vide, mais attirées par la bonne odeur de pain chaud qui sort du fournil, les généreuses mamans s’empressent dans la rue de la boulangerie afin de quérir la miche dorée qu’elles vont découper en larges tartines qui telles quelles ou beurrées ou imbibées de café au lait fumant seront engouffrées dans les estomacs de ces petits chéris qui s’apprêtent, après s’être débarbouillés et revêtus de leur blouse grise, à se rendre à l’école communale. Monsieur Guerrier les y attend déjà et inscrit de sa belle écriture d’instituteur le problème de calcul qui va chatouiller l’esprit des plus grands pendant que les petits réciteront leur leçon de chose.
Claude Favel est un jeune homme de vingt-cinq ans, grand et de belle ossature, ses petits yeux marron ombragés par ses épais sourcils lui donnent un regard dur, mais son visage est vite adouci par le sourire constant de sa moustache, dont les extrémités remontent jusqu’à la pommette de ses joues. Comme à l’accoutumée, il est rasé de près, ses cheveux châtains sont légèrement pommadés de Gomina et malgré la journée qui s’annonce chaude pour une fin de printemps, le faux col et la cravate finissent la toilette. Toujours tiré à quatre épingles, il a l’allure qu’impose sa fonction de contremaître.
Il rentre dans la chambre à coucher aussi doucement qu’on le ferait pour visiter un malade et se dirige vers le lit :
– « Louise, ma Louise, tu me sembles bien lasse ce matin.
– Ne t’inquiète pas, je paresse juste un peu… Mais ne me regarde pas comme cela, je te promets que je vais bien !
– Tu es sûre ? Tu ne sens pas de douleur ?
– Non, pars tranquille, le bébé ne m’a pas avisé de son arrivée. » Il embrasse tendrement sa chère épouse et se relève du bord du lit : « Bien soit ! Comme tu me le dis, je m’en vais donc rassuré. C’est une journée importante à la filature, mais si c’est le moment, fais-moi prévenir. »
Dès que Claude a quitté la pièce, Louise se redresse rapidement et tend l’oreille : Elle l’entend descendre l’escalier et l’imagine se couvrir de sa casquette devant le miroir du vestibule comme il le fait chaque jour. La porte d’entrée grince un peu et son pas fait craquer les gravillons de l’allée puis c’est le couinement de sa bicyclette qui manque un peu d’huile qu’elle perçoit.
Louise se lève alors et va jusqu’à la fenêtre, à travers les fins rideaux qu’elle avait sagement confectionnés, elle regarde celui qu’elle aime s’éloigner et bien qu’elle aurait aimé le garder près d’elle, son respect envers le travail de son époux tout comme sa pudeur l’en avait empêchée. Ses seins sont lourds, tendus et une douleur lancinante lui parcoure les reins qui sont fatigués de supporter le poids de son gros ventre, elle constate que ce qu’elle a senti tout à l’heure est bien réel :
Sa chemise de nuit et les draps du lit sont imprégnés de cette eau qui annonce la vie.
– « Marie, Marie ! Une femme de dix ans son aînée apparaît dans la cour voisine et tourne son visage vers la fenêtre de Louise, je crois que le bébé va arriver.
– Je vais chercher Jeanne et je viens te voir dès mon retour. » Louise sait qu’elle peut compter sur sa voisine qui part à grandes enjambées chez l’accoucheuse qui, depuis trois décennies, est la première à tenir entre ses mains tous les enfants de Trouhans. Pendant qu’elle est seule et que la douleur lui laisse un peu de répit, elle en profite pour se rafraîchir et changer de chemise, elle dépose aussi sur le marbre de la table de toilette, près du broc et de la cuvette, des serviettes et des petits vêtements sentant bon la lavande de l’année passée. Une contraction, plus forte que les autres, arrive soudainement et l’oblige à s’allonger.
La plantureuse Jeanne remonte à vive allure la rue Amont, retroussant sa jupe de ses mains fermes pour ne pas ralentir sa course et découvrant ainsi ses chevilles rondes et ses bas noirs. Marie, éprouvée par le chemin déjà parcouru pour rejoindre la maison de Jeanne, a plusieurs dizaines de mètres de retard sur celle qui la précède. Aussitôt arrivée, Jeanne prend très vite les choses en mains, elle examine Louise et la réconforte en lui disant que tout va bien se passer et qu’avant le retour de son homme, le bébé sera là.
Louise a chaud, sa belle chevelure sombre recouvre l’oreiller et les petites mèches bouclées du haut de son front sont collées par la transpiration, son visage est crispé ; elle voudrait bien expulser au plus vite le petit être qui lui fait si mal dans son ventre, mais il ne faut pas précipiter les choses et Jeanne, en véritable professionnelle, sait écouter le corps des femmes et connaît le moment exact où elle doit intervenir pour aider les nouveaux nés à montrer le bout de leur nez. Un premier bébé, bien à l’abri dans le nid utérin n’a pas toujours envie de sortir et il faut l’y aider, c’est ce que fait l’accoucheuse, elle palpe le gros ventre tout tendu de ses larges mains pour vérifier la position de l’enfant, encourage la future mère à pousser de toute ses forces et tire sans trop de délicatesse sur la petite tête.
A deux heures de l’après-midi, dans un cri de délivrance, sa fine bouche grande ouverte, la petite Victoire est née, remplaçant comme par magie, la grimace de douleur du visage de sa jeune maman par un magnifique sourire reflétant tout le bonheur du monde.
Marie n’en revient pas. Elle est toute joyeuse d’avoir participé à cet évènement et s’active auprès de Louise :
– « Tu sais Louise, il ne faut pas attendre le retour de ton homme pour qu’il apprenne la nouvelle, alors je vais t’aider à t’arranger un peu et j’irai le prévenir.
– Oui, j’veux bien car j’ai hâte qu’il connaisse notre merveille, mais tu devrais avant, rejoindre Jeanne à la cuisine pour te restaurer ; il y a du lard et du fromage si ça te dit !
– Plus tard, peut-être… Maintenant, je vais refaire ton lit. »
Elle prend sur l’étagère du haut de la grande armoire des draps d’un blanc lumineux, deux taies d’oreiller brodées aux initiales de Louise et sur l’étagère d’en dessous la belle chemise de nuit que Louise portait neuf mois plus tôt pour sa nuit de noce et elles rient toutes les deux en évoquant le fait qu’il ne leur a pas fallu beaucoup de temps à ces deux-là pour concevoir un enfant.
La maman et la petite se reposent à présent et décidemment, ce n’est pas une journée de tout repos pour Marie qui repart une nouvelle fois sur les chemins de Trouhans, elle s’en va toute guillerette vers la filature qui est tout de même à plus de quatre kilomètres, n’ayant pas de bicyclette à disposition, elle coupe à travers champs et en moins de trente minutes arrive à destination.
En cette belle après-midi de juin, la filature tourne à plein régime, l’odeur de la graisse dégagée par les machines semble amplifiée par la chaleur indispose un peu Marie, elle réussit cependant à pénétrer à l’intérieur de l’usine mais a du mal à se faire entendre auprès de l’ouvrier à qui elle s’adresse en raison du bruit infernal des enrouleuses de coton sur les bobines :
– « Savez-vous où je peux trouver Monsieur Favel ?
– Comment ?
– Monsieur Favel !!
– Ah, dans les bureaux, il faut ressortir d’ici Mam’selle et prendre l’entrée du deuxième bâtiment.
– Merci Monsieur. »
Lorsqu’elle pénètre dans les locaux ad

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