Jacqueline Pascal , livre ebook

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Extrait : "Dans un grand siècle, tout est grand. Lorsque, par le concours de causes différentes, un siècle est une fois monté au ton de la grandeur, l'esprit dominant pénètre partout : des hommes peu à peu il arrive jusqu'aux femmes ; et, dès que celles-ci en sont touchées, elles le réfléchissent avec force et le répandent par toutes les voies dont elles disposent, incomparables, dans leur vive nature, pour exprimer et propager les qualités à la mode ; sérieuses ou..."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :

• Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
• Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.
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Nombre de lectures

49

EAN13

9782335096910

Langue

Français

EAN : 9782335096910

 
©Ligaran 2015

Avant-propos de l’édition de 1856
Nous présentons de nouveau à l’indulgent public qui veut bien suivre nos humbles travaux, telles à peu près qu’elles ont paru il y a une douzaine d’années, ces premières études sur les mœurs et la société du XVII e  siècle. C’est là que, pour la première fois, laissant enfin paraître des goûts cultivés dans l’ombre et longtemps contenus par d’impérieux devoirs, nous avons osé mettre le lecteur dans la confidence de nos prédilections littéraires, et tracé le plan d’une galerie des femmes illustres du XVII e  siècle, à l’imitation de celle que Perrault a consacrée aux grands hommes du même temps ; aussi riche, aussi variée, et admettant tous les genres de talent et de gloire, mais, s’il nous est permis de le dire, un peu mieux ordonnée, suivant pas à pas le siècle, l’exprimant fidèlement par tous ses grands côtés et dans ses générations successives, à partir de ses heureux commencements jusqu’à son majestueux et sombre déclin. Puis, après avoir donné une ébauche de toute la galerie, nous avons entrepris d’y placer nous-même un premier portrait, celui d’une femme bien peu connue, quoiqu’elle porte un nom célèbre, qui avait reçu du ciel de rares facultés et les a volontairement négligées pour un objet plus grand que toute la gloire humaine, qui jeta quelque temps dans le monde un très vif éclat, et alla de bonne heure ensevelir dans un cloître les agréments de son esprit et de sa personne : cette femme est la sœur cadette de Pascal, Jacqueline, sœur Sainte-Euphémie.
À vrai dire, ce sujet sortait naturellement pour nous du long et assidu travail qui nous occupa tout entier pendant près de deux années. Dans le commerce intime que nous entretenions avec Pascal, nous ne pouvions pas ne pas rencontrer sa famille, son père Étienne, ses deux sœurs, Gilberte et Jacqueline, toutes deux belles et spirituelles ; et dès lors nous exprimions publiquement le regret qu’on n’eût pas rassemblé ce qui reste de ces deux personnes diversement distinguées. « Leurs écrits et leurs lettres, réunis à quelques pages de leur père, composeraient une suite naturelle aux œuvres de Blaise Pascal, et feraient mieux connaître cette admirable famille que Richelieu avait devinée dès la première vue, et dont il avait dit qu’il voulait faire quelque chose de grand. » Nous parlions ainsi en 1842. Personne ne se présentant pour accomplir cette tâche modeste, nous avons mis nous-même la main à l’œuvre, et essayé de faire connaître au moins Jacqueline Pascal.
Cet écrit était donc à nos yeux comme un appendice de nos ÉTUDES SUR PASCAL. Si le frère intéresse tant et à si bon droit, nous nous sommes flatté qu’un peu de cet intérêt se répandrait sur la sœur : car la biographie de l’une éclaire et achève la biographie de l’autre.
Mais, si Jacqueline nous touche déjà comme la sœur bien-aimée de l’un des personnages les plus extraordinaires du XVII e  siècle, nous n’hésitons pas à dire qu’elle ne nous importe pas moins par elle-même, à deux titres qui se rencontrent excellemment en elle. D’abord elle nous représente les femmes de la première moitié du siècle, ces contemporaines de Richelieu, de Descartes et de Corneille, qui n’étaient point des femmes auteurs, mais qui avaient infiniment d’esprit, avec la force et la grandeur partout répandues ; qui, sans savoir écrire et sans jamais l’avoir appris comme celles qui les suivirent, lorsque par nécessité elles prenaient la plume, trouvaient dans leur esprit et dans leur cœur des traits admirables et souvent des pages entières que leur envieraient les plus grands écrivains. Jacqueline Pascal est au premier rang de ces femmes pour lesquelles nous ne dissimulons pas toutes nos préférences. Mais c’est par un autre endroit encore qu’elle nous est chère, et que nous lui faisons une place éminente dans notre galerie : elle y représente ce qu’au XVII e  siècle nous n’admirons guère moins que la philosophie de Descartes, la poésie de Corneille, le pinceau de Lesueur et de Poussin, la politique de Richelieu et de Mazarin, le génie militaire de Condé, l’éloquence de Bossuet, nous voulons dire Port-Royal.
Nous avons assez relevé et combattu les erreurs théologiques et philosophiques du jansénisme, et particulièrement celle qui lui a été le principe de toutes les autres, cette conception exagérée du péché originel qui le conduisait nécessairement à une conception tout aussi exagérée de la grâce, qui le poussa sur le bord du calvinisme et l’y eût précipité, si Port-Royal n’eût été retenu par toutes ses autres croyances et par une fidélité peu conséquente, mais inviolable, à l’unité de l’Église. On peut le dire aujourd’hui, sans craindre de passer pour le complice du père Annat et du père Le Tellier : c’étaient les Jésuites alors qui défendaient la bonne cause, celle de la liberté humaine et du mérite des œuvres, en la rendant presque odieuse par une persécution lâche et cruelle qui tombait sur les plus grands esprits et les plus grands cœurs, sur des saints et des saintes, sur de véritables anges égarés par saint Augustin lui-même. Mais la grâce gratuite et invincible a depuis longtemps perdu ses dangers, tandis que l’exemple de l’intrépidité et du dévouement donné par ces illustres victimes nous demeure une leçon immortelle.

M. Royer-Collard avait coutume de dire : « Qui ne connaît pas Port-Royal ne connaît pas toute la nature humaine. » Et nous aussi nous répétons, avec une entière conviction, ce que nous avons dit autrefois : Port-Royal est peut-être « le lieu du monde qui a renfermé dans le plus petit espace le plus de vertu et de génie, tant d’hommes admirables et de femmes dignes d’eux. » Ce sont même les femmes qui nous frappent surtout à Port-Royal. Il est fort naturel qu’elles aient pris les idées de leurs directeurs, des directeurs tels que Saint-Cyran, Arnauld, Saci. On leur pardonne bien plus aisément quelques erreurs de théologie, et chez elles tant de fermeté, de constance, d’héroïsme, étonne et saisit davantage. Elles se proposaient un idéal sublime, l’imitation de Jésus-Christ, et il nous semble qu’elles en ont approché autant qu’il est permis à la faiblesse humaine.
Trois congrégations de femmes au XVII e  siècle se partagent en quelque sorte ce divin modèle. Les Carmélites ont dérobé quelque chose de sa pureté ineffable, de sa suavité, de sa tendresse. Les filles de saint Vincent de Paul en expriment la charité, l’infatigable dévouement à la race infortunée des hommes. Les disciples de la mère Angélique semblent posséder la force merveilleuse qui animait le Sauveur du monde, qui lui fit entreprendre la plus sainte, mais la plus difficile des révolutions, la conversion des esprits et des âmes, qui soutint son humanité dans les terribles épreuves qu’il rencontra et dans le suprême combat de cette nuit où toutes les séductions furent essayées sur le cœur du Juste, et toutes les grandeurs et les voluptés de la terre sacrifiées à la vérité. Port-Royal touche moins que le Carmel et Saint-Lazare ; mais il lui a été particulièrement donné d’élever les âmes ; il les prépare aux luttes de la vie ; il enseigne à résister à l’oppression ou à la supporter avec courage, à tout braver pour la justice, non seulement les persécutions de la puissance, la violence, la prison, l’exil, mais les ruses de la calomnie et les égarements ou les abattements de l’opinion. Le Carmel se cache, souffre et prie ; Saint-Lazare se dévoue ; Port-Royal combat, et il apprend à combattre. Peut-être le don céleste de l’humilité lui a-t-il un peu manqué, et a-t-il porté le courage jusqu’à l’opiniâtreté et la passion. Mais ne savons-nous pas que toutes les grandes choses ont leur excès, en religion comme en politique, comme en philosophie, et même dans les lettres et dans les arts ? Telle est l’inévitable condition de ce qu’il y a de meilleur sur la terre. C’est le plus sage, le plus modéré des politiques qui a écrit ces lignes : « Les dieux ont attaché à la liberté presque autant de malheurs qu’à la servitude ; mais, quel que doive être le prix de cette noble liberté, il faut bien le payer aux dieux. ». Nous payons donc volontiers à Port-Royal le prix de ses grandes qualités, comme dans nos jours de lassitude et d’affaissement nous sommes prêts à nous incliner de grand cœur devant tout ce qui pourrait rendre un peu de dignité et d’élévation aux esprits et aux caractères.
Jacqueline Pascal, c’est Port-Royal tout entier avec ses qualités

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