Feygele , livre ebook

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Bob et Léa foncent main dans la main, avec toute la fougue de leur jeunesse d’après-guerre. Les tourments passés ne demandent qu’à se taire, et pourtant...


Les non-dits, par oubli ou par farouche volonté, réussiront-ils, insidieusement, à influencer la vie des générations suivantes ?


Quelles retombées auront ces secrets inavouables sur la vie pourtant prometteuse du jeune couple et de leurs enfants ?

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Publié par

Date de parution

17 mai 2023

Nombre de lectures

0

EAN13

9782383516576

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Couverture
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Dédicace
Pour Toi,
Qui m’a offert ta famille
en même temps que ton cœur…
Une famille que j’ai fait mienne
du fond de mon infinie tendresse…
Pour Solly,
mon grand-père,
Que j’aurais tant aimé connaître...
Il fut un boxeur de rang mondial,
ami et agent du grand boxeur Marcel Cerdan.
Pour Bernard Hilda,
imprésario de Marie Laforêt,
accompagnateur de Henri Salvador et Édith Piaf,
chef d’orchestre de La Piste aux Étoiles.
Un homme auquel je vouais un profond attachement.
Pour tous ces frères et sœurs
qui ont omis, évité, redouté....
de se parler....
Pour mieux vous repérer dans cette famille
Prologue
Cet écrit couvait en moi depuis l’enfance, depuis peut-être ce fameux jour où je me suis réjouie de constater ma faculté à penser. Les questions ont alors fusé dans mon jeune cerveau, un peu interloqué de ce monde d’adultes empli de mensonges. Secrets et faux-semblants, à l’école, chez les commerçants, au bureau, pour rester en bonnes relations, être estimé, conforme aux convenances sociétales.
Cela m’a toujours ennuyée de sourire par bienséance, moi la trépidante et audacieuse férue d’authenticité ! À mes dépens souvent, oubliant de réfléchir avant de m’exprimer. Toujours avec un sens profond de la justice et de l’humain.
Surtout de l’humain.
Mais parfois blessante par ma franchise et mon parler « cash » !
La jeune héroïne de ce roman est un mélange de ma propre personne, tant dans sa mesure personnelle que professionnelle ou syndicaliste, mais aussi de tous mes compagnons de route, camarade de classe, amoureux d’un jour ou de toujours, collègues emplis de convictions et d’humanité, supérieurs hiérarchiques et néanmoins persuadés de leur mission, rencontres de cœur et/ou d’esprit.
Le récit est construit comme un retour en arrière, d’une femme arrivée à un certain point de maturité et qui replongerait dans l’album familial, découvrant ici ou là quelques bribes de racines à fleur d’émois…
Dans ce livre se côtoient des personnages fictifs issus de mes méninges en ébullition, de mon vécu évidemment, réunis pour transmettre ce message : quels secrets ne doit-on surtout pas taire, au risque de « toxiciser » (intoxiquer n’est certainement pas le bon terme, je m’autorise donc ce néologisme, que le lecteur puriste me pardonne) toutes les générations futures ?
La vérité d’autrui n’est pas dans ce qu’il te révèle, mais dans ce qu’il ne peut te révéler. Alors, si tu veux le comprendre, n’écoute pas ce qu’il dit, mais bien ce qu’il ne dit pas.
Khalil Gibran
***
Lorsque j’ai commencé l’écriture de ces lignes, nous étions deux, unis, forts de notre complicité.
Puis un drame est venu me frapper en plein cœur : l’amour de ma vie s’est éteint, le 27 octobre 2022. Nous avions tant de choses à vivre encore… 33 ans partagés qui s’envolent comme fétus de paille. Tant de signes de toi sur mes pas depuis ce jeudi funeste.
Mais me manquent tes bras, tes lèvres, ton sourire, ta force de vie et même ta mauvaise foi…
Tu m’as dit avant de t’endormir : « Toi, tu vas VIVRE », comme une injonction à continuer ce que j’avais entrepris à tes côtés, à poser seule nos deux regards sur nos enfants, les accompagner et les soutenir de toute la force de notre amour. Cet amour indestructible qui accompagne chacun de mes pas et me relève lorsque la tentation de fléchir me cueille…
Pour toi, aujourd’hui, je reprends la plume, bercée par ce titre qui t’était apparu comme une évidence : Feygele, petit oiseau, ces petits oiseaux dont ton âme à présent fait partie.
Je n’aurai plus jamais peur des oiseaux…

Merci ....
***
Trop tard
Assise sur un banc devant les cascades du parc de Saint-Cloud, la femme songe.
Sur ses joues, quelques traces d’eau salée.
Amertume, regret, chagrin, remords ?
Mélange de souvenirs et de non-dits, de pourquoi et de mais…
Il s’approche sans bruit, attendri, attiré par cette créature aussi frêle que bien ancrée dans la Terre. Il se dégage de sa personne une force de vie que sa lassitude ne réussit pas à démentir.
L’homme debout, un peu à l’écart, ne bouge pas, ne parle pas, ne pense pas, respire à peine.
Il attend.
Il ne sait pas vraiment quoi et d’ailleurs il s’en fout.
C’est comme ça, la vie imprime nos pas et les engage sur des chemins inattendus et irrépressibles.
Il le sait.
Alors il patiente.
S’assied sur ce même banc.
Ni trop près, ni trop loin.
— Ma sœur et moi, on aimait tellement escalader cette cascade le dimanche. Moi, je n’avais pas peur et elle, elle faisait semblant de ne rien craindre. C’était l’aînée. C’était ma grande sœur …
Un sanglot soudain interrompt le fil de son monologue, les images s’embrouillent derrière un rideau de larmes. Instinctivement leurs deux corps se rapprochent et la tête de l’une trouve refuge dans l’épaule de l’autre…
Peu après, ils se lèvent et arpentent les sentiers de ce si beau parc.
— Le dimanche, on venait manger un poulet frites au restaurant avec mes parents, toujours le même restaurant, le même plat, le même rituel. Rassurant, sécurisant. À l’époque, on s’entendait bien, ma sœur et moi. Et puis…
Elle secoue la tête, lève son regard vers lui, sourit légèrement :
— On va boire un verre à Saint-Germain ?
Elle ne se pose même pas la question de son identité, de sa disponibilité, du danger encouru. Non, un besoin impérieux d’aventure et de jeunesse étreint son être endeuillée.
Lui ne s’étonne pas non plus, accepte la situation et l’invitation, se penche délicatement vers ses lèvres amincies par le temps et les rides. D’autant plus touchantes. D’autant plus envoûtantes.
1954
Bob survole les rues de Paris, ce Paris ensoleillé de l’après-guerre.
Il rit, danse, chante, sourit, il est amoureux !
26 ans, étudiant en médecine, une histoire familiale un peu trop lourde pour ses jeunes épaules, des yeux bleus à tomber et le cœur en euphorie.
Le long des quais de l’île de la Cité, il s’attarde au marché aux oiseaux, objets de convoitise des touristes et des curieux de tous âges. Face à un couple de perruches attentif, il évoque Léa, sa frimousse tout en finesse et malice, son désir de l’enlever et l’aimer jusqu’à la fin des jours…
Dans sa cage, un peu à l’écart, un mainate philosophe scande : « ça pue l’amour, ça pue l’amour ! ».
Bob éclate de rire, tourne son regard vers l’oiseau et conteste : « Ah non, ça ne pue pas, c’est la meilleure odeur du monde, jaloux ! »
Et il repart joyeux, sous les regards trop sérieux des passants indécis quant à l’attitude à adopter. Une femme le suit des yeux, nostalgie en pupilles. Ah, si elle avait vingt ans, comme elle saurait les aimer, ces iris bleus !
Bob se rend au marché aux fleurs, au quai de Corse et sacrifie quelques pièces de son maigre pécule d’étudiant pour un joli bouquet champêtre. Surtout ne rien en dire à sa mère, ne pas éveiller ses soupçons ni sa maladive jalousie.
Ils ont rendez-vous ce soir, au pied de l’escalier de la rue des Barres, dans le quartier Saint-Gervais.
En attendant, désœuvré et interloqué par la longueur des minutes à s’écouler, il déambule dans la ville occupée à se refaire une beauté après ces années de guerre et de drames.
Au hasard de ses déambulations, le jeune homme se retrouve rue de la Verrerie, au numéro 3.
Son sourire s’efface, la lourdeur s’installe sur son humeur légère. Il soupire et de sa main tente de chasser les dures images qui s’imposent. En vain. Les rafles. Sa grand-mère. Sa mère. Son oncle…
Sa fuite avec sa mère et sa tante hors d’un Paris au danger de mort permanent.
Les Pyrénées à pied.
L’arrivée à Londres sous les bombes.
L’absence de son père.
Sa peur.
Sa rage.
Sa fureur.
Une fureur toujours présente, en ébullition, prête à exploser à tout détour de vie.
Une fureur qui le terrifie, dont il ne sait se débarrasser, mais qu’il soupçonne du pire possible.
Hélas…
Une chape de mélancolie et de désespoir s’empare de son euphorie. Esther… sa grand-mère, raflée, jamais revenue. La culpabilité de sa mère et la rancœur de son oncle Joseph, absent alors, prisonnier en Allemagne…
Et son père, demeuré à Londres, installée avec une femme dont Bob ne peut même pas se dire jaloux. Elle est si charmante, si attentionnée. Parfois le jeune homme se sent pris en étau entre la fidélité due à sa mère (et martelée), et la velléité de connaître cette vie idéale où baignent son père et sa dulcinée.
Il songe à ce petit frère au-delà la mer, à son envie de partager des jeux et des rires avec lui, à sa hargne aussi de cette place qu’il lui vole malgré lui.
26 ans… Toute une vie à construire, mais tant à déconstruire déjà pour obtenir le « permis d’être »…
— Allons, jeune homme, il ne sert à rien de remuer le passé ! Et puis, que va dire la jeune personne dont vous massacrez le si joli bouquet ?
Éberlué, Bob cherche du regard d’où émane cette voix, à la fois douce, tendre et gentiment moqueuse. Reconnaissable entre mille.
Une voix d’hier ?
Inconcevable pour cet esprit cartésien et pragmatique. Pourtant, elle flotte en lui comme une réminiscence affectueuse et bienfaisante…
Il se lève, reconstitue la gerbe pantelante et reprend son chemin après un dernier regard vers les fenêtres d’antan…
Une vieille femme séraphique ferme sa fenêtre, frissonnante tout à coup. Elle retourne à son thé, en attente sur la table depuis mars 1943.
Loyauté
Juillet 1955 : Bob est en route pour Londres. Son esprit est partagé entre la culpabilité, la confiance, le doute et l’amour.
Culpabilité vis-à-vis de cette mère pourtant remariée à un homme qui la couvre de tendresse et satisfait tous

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