Destination : le néant , livre ebook

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C’est l’histoire d’un jeune homme, Rony, qui vit au jour le jour et dont « l’ambition » est de mener une vie paisible, sans problème, et de profiter des plaisirs de la vie. Cela ne lui a pas épargné les intrigues de sa demi-sœur Jocelyne, de l’époux et de la mère de celle-ci, qui l’ont fait interner, grâce à un complot monté avec la complicité d’un officier de police judiciaire et d’un psychiatre, dans un hôpital psychiatrique, pour s’emparer de la part d’héritage qui lui revenait de son père.
Le livre parle de l’amour, de la haine, du pardon, de la débauche, de la cupidité, de la corruption des juges et des fonctionnaires. Il comporte des réflexions sur la vie, la mort et le néant.

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Publié par

Date de parution

16 février 2018

Nombre de lectures

2

EAN13

9782414154876

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-15485-2

© Edilivre, 2018
Dédicace

A Aida
A Nada et Rime
1
Debout devant sa fenêtre, il avait le regard perdu dans le jardin verdoyant qui s’étendait devant lui. Soudain la porte de sa chambre s’ouvrit et avant qu’il ait pu réagir, le professeur Demerjian, le nouveau chef du service de psychiatrie de l’Hôpital psychiatrique universitaire, apparut, accompagné de son médecin traitant, le docteur Nassif, et de l’infirmière en chef, demoiselle Yvonne. Il s’avança vers lui en disant :
– Rony, je vous félicite. Vous êtes à présent guéri… Ou presque. Je vais vous autoriser à quitter l’hôpital.
Rony ne comprenait pas. Il ouvrit la bouche pour répondre mais le professeur n’y prit garde et poursuivit :
– Le docteur Nassif vous indiquera le traitement à suivre et vous donnera les instructions nécessaires à ce sujet.
Rony n’en revenait pas de la nouvelle tournure que prenaient les évènements. Il s’apprêtait à poser une question mais le docteur Nassif lui intima fermement :
– Passez me voir dans mon cabinet au premier étage avant de quitter l’hôpital. Je vous prescrirai les médicaments que vous devrez prendre et vous donnerai les indications nécessaires concernant les modalités et la durée du traitement.
Rony tenta pour la troisième fois d’intervenir. Mais cette fois ce fut la demoiselle Yvonne, l’infirmière en chef, qui, le fixant de ses petits yeux ronds de hibou encastrés dans un visage terne et sévère, lui signifia de sa voix virile et sur un ton qui n’admettait pas la réplique :
– Ne dites rien ! Tout ce que vous avez à faire c’est de vous préparer, de ranger vos affaires et de libérer la chambre dans la demi-heure. Un autre malade doit prendre votre place.
Sur ce, ils quittèrent tous les trois la pièce du même pas pesant, en se dandinant dans leurs blouses blanches.
Après leur départ, Rony resta cloué sur place, hébété, envahi par la colère, des centaines de questions se bousculant dans sa tête :
« Rony, je vous félicite. Vous êtes à présent guéri… ou presque ! ». Comment ce professeur « génial », que je voyais pour la première fois, pouvait-il affirmer que j’étais guéri alors que je n’avais jamais été malade ? Qui est-ce qui avait décidé que j’avais été malade et qui décide aujourd’hui que je suis guéri… ou « presque » ? Et que signifie exactement le mot « presque » ? Cela veut-il dire que je suis guéri et pas encore guéri ? Existe-t-il des malades « entre-deux » ? Ce professeur éminent n’a-t-il donc pas pris connaissance de mon dossier médical qui montre bien que mon admission dans cet hôpital n’avait rien à voir avec une maladie quelconque ? Ou bien ne s’est-il basé que sur les rapports mensongers de son prédécesseur, le docteur Nazih 1  ? Pour quelles raisons les médecins occultent-ils souvent les fautes de leurs confrères et adoptent-ils la règle du « silence » à la façon des mafias siciliennes ?
Rony poursuivit sa réflexion, le visage en feu sous l’effet de la colère :
Un homme a-t-il le droit, du seul fait qu’il a fait des études de médecine, de juger qu’un individu est un malade mental et de donner des instructions pour qu’il soit interné dans un hôpital psychiatrique, avant d’ordonner plus tard qu’il soit « libéré » et réinséré dans la société ? Qui peut être considéré comme « malade mental » et selon quels critères il « redevient » sain d’esprit ? Y a-t-il une seule personne au monde qui ne souffre pas de complexes ou qui ne traverse jamais dans sa vie, ne serait-ce que de façon passagère, des crises nerveuses ou des périodes de désespoir ou de dépression qui lui pourrissent l’existence ? Quelle est la différence entre un individu raisonnable et un fou ? Ne serait-il pas possible que l’être qui se croit « raisonnable » soit fou sans le savoir et que le « fou » représente le summum de la raison et de la sagesse ? Le proverbe populaire ne dit-il pas que « la sagesse sort de la bouche des fous » 2  ? Et puis, qui a dit que j’étais fou, déséquilibré ou bête et qui est-ce qui possède le droit de m’attribuer de tels qualificatifs ou de me mettre dans une case ou dans une autre ? Ne suis-je pas entré dans cet hôpital de mon plein gré, même si ma décision a été le fruit d’un complot ourdi par les membres de ma propre famille ?
Il regarda son image que lui renvoyait le miroir fixé sur l’armoire et enchaîna :
Ai-je l’air d’un idiot ou d’un retardé mental ? Pourquoi est-ce moi qui suis considéré comme malade et retenu dans cet hôpital alors qu’Yvonne la vieille fille désagréable et colérique, par exemple, est jugée parfaitement saine d’esprit ? Il est pourtant évident, d’après la manière dont elle se comporte tant avec ses collègues qu’avec les patients, qu’elle souffre de troubles psychiques. Il suffit de la regarder pour s’en rendre compte : elle est constamment mécontente, déprimée et perturbée. Elle crie pour un oui ou pour un non et entretient de mauvaises relations avec toutes les infirmières placées sous son autorité. Est-il raisonnable qu’une personne aussi antipathique soit jugée normale et équilibrée, qu’elle soit l’infirmière en chef et qu’elle ait la charge des malades alors qu’elle devrait être elle-même internée dans cet hôpital ? La définition de la folie est-elle soumise à des critères sévères ou bien est-elle tributaire de l’appréciation d’un médecin dont le niveau de capacités scientifiques, l’expérience, le bon sens et l’état psychologique nous échappent ? Où est la vérité ? Qui détient la vérité ?
Rony était toujours perdu dans ses pensées, gagné de plus en plus par la colère : comment en suis-je arrivé à cet état lamentable qui m’a fait perdre ma dignité ? Comment ont-ils eu raison de moi ? Je veux bien admettre que j’ai agi de manière légère et que je n’ai pas su maîtriser mes pulsions. Mais cela justifie-t-il deux années de ma vie perdues dans cet hôpital ? Qui n’a pas, un jour ou l’autre, commis d’actes insensés ou d’imprudences ? Où est la justice ? Pourquoi suis-je victime d’une telle injustice ? Pourquoi l’homme est-il un loup pour l’homme ? Pourtant on nous a bien appris à l’école que Dieu condamne l’injustice et n’aime pas les oppresseurs. On nous avait également dit : aucun cheveu ne tombera de votre tête (et machinalement, il tâta son crâne chauve) sans la volonté de votre Père qui est aux Cieux. Alors pourquoi Dieu ferme-t-il les yeux sur l’injustice et ne porte-t-il pas secours aux faibles et aux opprimés ? Serait-ce au nom d’une sagesse divine qui dépasse notre entendement ? Ou par manque d’intérêt pour la justice sur terre ? Dieu aurait-il perdu tout espoir d’améliorer l’être humain au point de le négliger, ou bien lui aurait-il accordé une liberté absolue en ce bas monde en attendant de le juger dans la vie éternelle ? De toute manière peu m’importe que Dieu destine les oppresseurs à une souffrance éternelle en enfer. C’est leur affaire ! Ce que moi je lui demande c’est de me faire justice sur cette terre et de me libérer de l’oppression et de l’arbitraire. Il est vrai que je ne suis pas croyant, ou plutôt que je ne suis pas profondément croyant, ou plus exactement que je ne suis pas porté sur la foi et que je suis envahi par le doute. Et alors ? Est-ce que je ne mérite pas de sa part, en tant qu’être humain, une petite attention pour m’aider à dépasser mon épreuve ? C’est ma requête et mon espoir… S’il m’entend !
Rony poursuivait son monologue intérieur lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit brusquement laissant apparaître la demoiselle Yvonne dont l’air renfrogné accentuait encore l’extrême laideur et qui, voyant qu’il était toujours debout à la même place, cria à son adresse de sa voix rude :
– Ne vous avais-je pas dit de libérer la chambre dans la demi-heure ? Pourquoi vous n’avez pas suivi mes instructions ? Ecoutez-moi bien. Je reviens dans un quart d’heure, et si vous êtes encore là, je vous mettrai à la porte et je jetterai vos affaires dehors. Compris ?
– C’est bien compris, demoiselle Yvonne. Soyez tranquille. Vous ne me reverrez plus jamais. (Il ajouta dans son for intérieur : j’espère que moi aussi je ne verrai plus jamais votre visage hideux. Soyez à jamais maudite).
Rony déposa ses affaires pêle-mêle et à la hâte dans la valise de cuir noire qui l’avait accompagné à son arrivée à l’hôpital deux années auparavant. Il voulut, avant de se rendre au cabinet du docteur Nassif au premier étage, passer voir ses deux amis Raymond et Edouard qui faisaient partie des rares pensionnaires avec lesquels il avait pu tisser des liens d’amitié pendant son séjour à l’hôpital.
Raymond était entré à l’hôpital il y a six ans. Il avait alors cinquante ans et souffrait d’une grave dépression qui avait suivi la perte à la bourse de la quasi-totalité de sa fortune. Les médecins avaient conseillé à sa femme de le faire admettre à l’hôpital pour y suivre un traitement. Avec le temps, les visites de sa femme s’étaient espacées avant de s’interrompre complètement. Elle se contenta par la suite de lui faire parvenir de temps à autre avec sa vieille domestique de la nourriture, des vêtements et autres nécessités de la vie courante. L’éloignement de sa femme n’avait fait qu’aggraver son état. Il avait en permanence l’air chagrin et restait prostré dans un silence morose. Il ne parvenait à sourire ou à parler que lorsqu’il voyait Rony. Il passait ses journées à dessiner, passe-temps qu’il exerçait avec un certain talent. Il répétait souvent devant Rony, la voix brisée par les regrets : Laurice m’a oublié, alors que je l’avais retirée de la misère et du vice, que j’en avais fait une dame respectable et que j’avais été pour elle le meilleur des maris. Elle a sûrement pris un amant. Que Dieu me vienne en aide

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