Contes et légendes des Balkans , livre ebook

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A côté des récitssur la création du monde, nous retrouvons plusieurs contes sur le thème du mariage manqué du soleil : tout le monde prend peur à la nouvelle des futures noces de l’astre car personne n’a envie d’avoir affaire dans le futur à une multitude de petits soleils brûlants. Les animaux (selon les versions, le hérisson, la tortue, l’abeille ou le coq), déploient alors des trésors d’imagination pour empêcher ce mariage forcément néfaste.
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Nombre de lectures

8

EAN13

9782373800227

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

6 Mo

Origine du coucou
Jadis, au temps de la royauté, voilà comment ça se passait : au mois de mars, tous les garçons allaient à la guerre et ils rentraient chez eux à l’époque de la mois-son, pour la fauche. Les sœurs des jeunes gens les suivaient et grim-paient sur les arbres pour les regarder combattre au loin et tout en pleurant elles leur criaient : – Frérot, frérot. Alors, pendant qu’elles gémissaient et criaient, voilà que les jeunes filles, les sœurs des jeunes garçons, se transformèrent en coucous. Voilà pourquoi à présent les coucous volent d’arbre en arbre en pleurant et en criant : elles pleurent leurs frères.Et si le coucou pond des œufs mais ne les couve pas, c’est parce que c’est une demoiselle.
ISBN 978-2-910272-55-5
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Aux origines du monde Balkans Contes et légendes des Balkans
Aux origines du monde Flies France
Dans la même collection : Contes et légendes de France
Contes et légendes d’Ukraine
Contes et légendes du Japon
Contes des peuples de la Chine
Contes et légendes de Flandre
Contes et légendes de Centre-Asie
Contes et récits des Mayas
Contes et légendes du Maroc
Contes et mythes de Birmanie
Contes et légendes de Turquie
Contes et légendes de Suède
Contes et légendes de Corée
Contes et légendes du Congo
Contes et légendes des Comores
Contes et légendes d’Allemagne,
de Suisse et d’Autriche
Contes et histoires pygmées
Contes et légendes de Russie
Contes et traditions d’Algérie
Contes et légendes des Inuit
Contes et légendes d’Italie
Contes des Juifs de Tunisie
Contes et légendes du Burkina-Faso
Contes et légendes des Philippines
Aux origines du monde Contes et légendes des Balkans réunis et traduits par Anastasia ORTENZIO
Illustrations de Cyprienne KEMP
Flies France
Collection dirigée par Galina Kabakova
Relecture : Anna Stroeva
© Flies France, Paris, 2008 ISBN 978-2-910272-55-5
Je dédie cet ouvrage à ma mère et à mes enfants Dimitri et Lisa
Présentation
Lorsque j’étais enfant je parlais un langage secret, le makedonsko, que ma mère avait inven-té pour nous, ses enfants et son mari. C’était du moins ce que je croyais. Dehors, c’était la langue de tous : le bitontino, dialecte des Pouilles et ac-cessoirement l’italien. Si je parlais la langue accessoire, c’est la langue de ma mère qui me faisait grandir et rêver. Cette dernière lui ressemblait. Elle était douce comme son âme et âpre comme les montagnes qu’elle nous décrivait. Cette femme ne ressem-blait à aucune autre, d’ailleurs on l’appelait l’étrangère. Mon père, prisonnier de guerre en Yougoslavie, l’avait épousée puis emmenée chez lui, en Italie. Elle s’y était construite son îlot de tendresse. Ève, chassée du paradis emporta, ca-chés sous sa langue, trois pépins de la pomme du jardin merveilleux. Ma mère fit de même. Elle emporta sous sa langue, les mots créateurs, les montagnes, les lacs, les fleuves, les odeurs et les couleurs de sa ville, de son pays natal qu’elle ap-pelait indifféremment Bitola ou Monastir et sur-tout, Makedonija. Elle fit ainsi germer dans mon
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coeur son pays d’ailleurs. Puis le monde s’élargit. Je fus étonnée, en me rendant pour la pre-mière fois en Macédoine, de constater à quel point ce pays m’était familier. Sans les avoir ja-mais vus, je reconnaissais le fleuve Dragor qui coulait devant la maison de grand-mère, je sa-vais désigner la montagne Pelister avant même d’atteindre son sommet où miroitait l’œil glacé de « malo Ezero » (le petit lac). Je savais qu’après l’avoir avalé, ce lac avait digéré un mouton dans son tunnel subaquatique avant de le rejeter 2600 mètres plus bas dans la vallée de Bitola. Je com-pris aussi que le langage de ma mère n’était pas si secret... Je retournais en Macédoine tous les ans pendant mes années estudiantines, visitant mo-nastères, pierres et sources sacrées. Il y a cinq ou six ans, un vieux livre réappa-rut sur mes étagères : celui de mes premières lectures en cyrillique. C’était un recueil de contes 1 macédoniens collectés par Cepenkov . En les relisant, je réalisai que les légendes de ce petit pays (2 millions d’habitants) n’étaient pas connues. Je décidai alors de traduire les contes recueillis par ce folkloriste macédonien. e 2 Au début du XX siècle, Mazon avait col-lecté et traduit quelques contes et chants de la Macédoine du Sud et d’Albanie. Dozon et 3 Legrand avaient agi de même en Albanie et en Grèce. Les contes traduits par Lydia Chich-4 manova ne concernaient que les légendes reli-gieuses. En cherchant de nouveaux textes de 5 Cepenkov dans lesRecueils de Folklorerassem-
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blant les collectes effectuées dans les Balkans, e au début du XIX siècle, j’ai trouvé un petit tré-sor amassé par Cepenkov et par de nombreux autres collecteurs. Je décidai d’élargir mon champ de traduction. Cependant, les Balkans ont longtemps été un carrefour de civilisations diverses où on pouvait entendre parler diffé-rentes langues dans la même ville : turc, alba-nais, bulgare, grec, macédonien... sans compter les dialectes locaux. Les contraintes de la langue m’ont donc conduite à traduire les textes collec-tés sur une zone relativement restreinte des Balkans sans tenir compte des frontières ac-tuelles. Les contes présentés concernent en ma-jorité des régions de Macédoine (Ohrid, Bitola, Demir-Hisar, Prilep, Veles, Stip) mais aussi de Grèce (Lerin et Voden) et de Bulgarie (Sofia, Samokov, Etropole). J’ai choisi des thèmes qui complètent ou re-coupent ceux déjà abordés par les auteurs cités précédemment. Malgré la récurrence de certains motifs, je n’en présente qu’un par thème, ainsi celui sur les hommes qui enfantaient autrefois (« Pourquoi seules les femmes enfantent »), les nouveau-nés que l’on jetait par-dessus les col-lines ou autres promontoires (« Les premières naissances au monde »), la lutte entre le vent du Nord et celui du Sud (« Pourquoi le derrière des femmes est toujours froid »), les dragons printa-niers ravisseurs et geôliers de jeunes filles (« Le village Zrze et le dragon »), les Narecnizi, figures inévitables de nos jours encore... Une entorse à cette règle : la rencontre de saint Tryphon avec la
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6 Vierge . Deux textes abordent le thème de ma-nières différentes et l’on voit dans l’un la Vierge rejeter son enfant. Au détour de certains contes, on découvre que Dieu et le diable étaient associés, sinon frères. Le premier paraît parfois borné et irré-fléchi et seules les remarques du diable l’em-pêchent de désorganiser le monde (« Origine du miel et pourquoi le soleil ne s’est pas marié »). Nous apprenons que les chats sont issus des gants du pope et que les souris – comme les arai-gnées – viennent du diable (« Origine des souris et du chat »). Les morts rendent visite aux vivants dans le beau conte poétique « L’origine du cou-cou et de la tourterelle » et les vampires ne peuvent être chassés que si on les fait danser avant de les abattre... J’ai éprouvé un grand plaisir à découvrir cer-tains de ces textes, même si cela n’a pas toujours été simple : l’intrusion de mots étrangers ou lo-caux m’ont parfois mise au défi. Par ailleurs, cer-taines expressions étant tombées en désuétude, l’aide de ma mère, Ljuba Dimitrova, et de ma tante, Vera Lachanska, m’a été précieuse. Je les remercie affectueusement ici. À présent, que les contes dévoilent leurs se-crets.
Anastasia Ortenzio
1  Makedonski Narodni Prikazkide Marko K. Cepenkov, réunis par Kiril Penuchliski, Skopje, Koco Racin, 1959
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2 Mazon, A.,Contes slaves de la Macédoine sud-occiden-tale, Paris, Honoré Champion, 1923 ; Mazon, A.,Documents, contes et chansons slaves de l'Albanie du Sud,Paris, Librairie Droz, 1936 3  Dozon A., Contes albanais, Paris, E. Leroux, 1881 ; Legrand, É.,Recueil de contes populaires grecs, Paris, E. Leroux, 1881 4 Schischmànoff, L.,Légendes religieuses bulgares, Paris, E. Leroux, 1896 5 Sbornik za narodni umotvorenia, nauka i knijnina,Sofia, 1881-1889, collection dirigée par I. Chichmanov et D. Matov 6 Cf. l’étude sur saint Tryphon : Popova, A., « Ni chair ni poisson : Tryphon le coupé »,Cahiers de littérature orale, 1997, vol. 3, p. 15-69
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