Un coeur faible , livre ebook

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Le héros principal est un petit scribe, Vassia, jeune homme plein de qualités, de bonté et d'amour. Ce jeune homme modeste est content de son sort, quoiqu'il ne reçoive que vingt-cinq roubles par mois. Son chef, Julian Mastakovitch, l'exploite en lui donnant du travail supplémentaire non payé durant quatre mois. Mais Vassia le fait avec zèle, et lorsque le chef le gratifie de cinquante roubles, l'âme candide de Vassia déborde de reconnaissance. Il est heureux, car il possède un ami qui lui est cher, Arcade, il s'est fiancé à une jeune fille adorable, il jouit de la faveur de son chef. Mais ce «coeur faible» ne peut supporter la plénitude de son bonheur. Il a négligé son travail supplémentaire, en passant tout son temps libre chez sa fiancée : il se sent fautif envers son chef qu'il ne pourra arriver à satisfaire, grossit démesurément sa faute, se sent criminel par insubordination. Et voici que la folie, peu à peu, s'empare de lui...
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Date de parution

30 août 2011

Nombre de lectures

142

EAN13

9782820603203

Langue

Français

Un coeur faible
F dor Mikha lovitch Dosto evski
1848
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0320-3
Deux jeunes amis, tous deux fonctionnaires dans la mêmeadministration, habitaient ensemble au troisième étage d’unimmeuble. Ils se nommaient Arkadi Ivanovitch Néfédévitch et VassiaChoumkov… L’auteur se sent évidemment obligé d’expliquer au lecteurpourquoi l’un de ses protagonistes est désigné par son véritableprénom, tandis que l’autre n’a droit qu’à un diminutif. Il croitdevoir le faire, ne serait-ce que pour éviter qu’on lui reproche dese conduire de façon par trop désinvolte ; mais, dans ce cas,il lui faudrait préciser d’abord le grade, puis l’âge, le titre, lasituation et même le caractère de chacun… Comme, d’autre part, detrop nombreux écrivains ont coutume de débuter précisément de cettemanière, l’auteur de la présente nouvelle prend la liberté d’entrerdirectement dans l’action (ceci étant sans doute, et selon l’avisde certains, la preuve d’un amour-propre exagéré). Après cepréambule donc, il commence son récit.
À la veille du Nouvel An, Choumkov rentra chez lui vers sixheures du soir. Arkadi Ivanovitch, qui reposait sur le lit, seréveilla et regarda son ami à travers ses paupières mi-closes. Ilvit que l’autre était vêtu de son meilleur complet et d’une chemiseextraordinairement propre. Ceci évidemment l’intrigua. « Pourquoidonc Vassia s’est-il ainsi accoutré ? pensa-t-il. Mais c’estvrai, il n’a pas dîné à la maison ! » Entre temps, Choumkovalluma la bougie, et Arkadi Ivanovitch comprit aussitôt que son amis’apprêtait à le réveiller à l’improviste.
En effet, Vassia toussota à plusieurs reprises, fit deux fois letour de la chambre et, pour finir, laissa tomber – tout à fait parhasard – sa pipe qu’il venait de bourrer, dans un coin près dupoêle. Arkadi Ivanovitch rit intérieurement.
– Cette comédie a assez duré, Vassia, dit-il.
– Arkacha, tu ne dors pas ?
– Je ne saurais l’affirmer, mais il me semble que non.
– Oh ! Arkacha ! Bonjour, mon cher ami ! Ehbien ! mon bon… Eh bien ! mon brave, tu ne peux savoir ceque j’ai à te dire !
– Aussi je l’ignore complètement. Mais approche donc !
Vassia ne semblait qu’avoir attendu cette invitation. Ils’approcha tout de suite, sans se méfier d’Arkadi Ivanovitch. Cedernier, cependant, d’un geste adroit, le saisit aux poignets, leretourna, le jeta sur le lit et l’y maintint dans une positionincommode, ce qui manifestement l’amusa fort.
– Ah ! je te tiens à présent ! cria-t-il ; je tetiens !
– Arkacha, Arkacha ! que fais-tu, voyons ? Lâche-moi,de grâce, tu vas abîmer mon habit !…
– Qu’importe ? Quel besoin as-tu de ton habit ?Pourquoi as-tu été assez confiant pour te laisser prendre ?Raconte ! Où as-tu été ? Où as-tu dîné ?
– Arkacha, lâche-moi, pour l’amour de Dieu !
– Où as-tu dîné ?
– Mais c’est justement ce que je veux te raconter !
– Alors, raconte !
– Mais lâche-moi d’abord !
– Eh bien ! non, je ne te lâcherai pas avant que tu m’aiestout raconté !
– Arkacha ! Ne comprends-tu pas que c’est impossible, toutà fait impossible ! criait Vassia qui, peu robuste, essayaiten vain de se dégager des mains puissantes de son adversaire. Il ya certains sujets…
– Quels sujets ?
– Eh bien ! il y a certains sujets qu’on ne peut aborderdans une position pareille sans risquer de perdre toute sa dignité.Cela te paraîtra ridicule… et pourtant, il s’agit d’une affaireimportante.
– Au diable, l’importance ! Que vas-tu encoreinventer ? Raconte-moi plutôt ce que tu as à me dire d’unefaçon amusante. Quant aux choses importantes, je n’y tienspas ! Sinon, où est l’amitié ? Dis-moi plutôt : quefais-tu de l’amitié ? Allons !
– Je t’assure, Arkacha, que cela n’est pas possible !
– Et moi, je n’en veux pas entendre parler !
– Eh bien ! Arkacha, commença Vassia, couché au travers dulit et s’efforçant de parler avec le plus de solennité possible, jete le dirai peut-être, Arkacha ; seulement…
– Alors, de quoi s’agit-il enfin ?
– Eh bien ! je me suis fiancé !
Sans prononcer une parole, Arkadi Ivanovitch souleva Vassiacomme on soulève un enfant, bien que Vassia ne fût pas de petitetaille, mais, au contraire, plutôt élancé, quoique assezmaigre ; puis il se mit à le promener sur ses bras, d’un boutde la chambre à l’autre, tout en faisant semblant de le bercer.
– Et si je te mettais dans les langes, mon beau fiancé ?répétait-il de temps en temps.
Mais ayant remarqué que Vassia ne bougeait plus et se refusait àouvrir la bouche, il changea d’avis, se disant qu’il avait sansdoute poussé la plaisanterie un peu trop loin. Aussi le remit-ilsur ses pieds, au milieu de la pièce, et il l’embrassa sur la jouede la façon la plus cordiale.
– Tu n’es pas fâché, Vassia ?
– Écoute-moi, Arkacha…
– C’était en l’honneur du Nouvel An !
– Mais je ne dis rien. Seulement, pourquoi fais-tu le fou ?Combien de fois l’ai-je dit : Arkacha, ce n’est pas du toutspirituel ! Crois-moi : pas spirituel du tout !
– Mais tu ne m’en veux pas ?
– Non, certes. Me suis-je jamais fâché contre quelqu’un ?Tu m’as fait de la peine, voilà tout…
– Je t’ai fait de la peine ? Comment ?
– Mais oui ! J’allais vers toi, comme vers un ami, le cœurdébordant, pour m’épancher, pour te raconter mon bonheur…
– Mais quel bonheur ? Pourquoi ne dis-tu rien ?
– Puisque je te dis que je me marie ! répondit Vassia d’unton aigre, car il était vraiment un peu fâché.
– Tu te maries ? C’est vrai ? s’écria Arkacha… Non,voyez-vous ça ? Voilà qu’il le dit et qu’il a les larmes auxyeux ! Allons, Vassia, mon petit Vassiouk ! Est-cevrai ?
Et Arkadi Ivanovitch se mit à l’embrasser de nouveau.
– Comprends-tu à présent ce qui m’arrive ? dit Vassia. Jesais que tu es bon, que tu es mon ami. Je viens chez toi toutjoyeux, l’âme radieuse, et tu me forces à te révéler mon bonheur,couché à travers le lit, gigotant, au mépris de toutedignité ! Évidemment, Arkacha, c’était comique, continuaVassia en souriant ; et cependant à cet instant même, je nem’appartenais plus, dans un certain sens ; aussi ne pouvais-jeminimiser cette affaire… Encore un peu, tu m’aurais demandé sonnom ? Eh bien ! je te jure que je me serais plutôt laissétuer que de te répondre.
– Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit avant, Vassia ? Si tume l’avais annoncé plus tôt, je n’aurais certes pas fait lefou ! s’écria Arkadi Ivanovitch, sincèrement désolé.
– Allons, allons, ne te fâche pas ! je ne t’en veuxnullement… Tu sais bien que c’est toujours à cause de mon bon cœur…Aussi m’est-il très pénible de n’avoir pu te le dire comme jel’aurais voulu, te raconter tout calmement, te mettre au courantd’une manière convenable… Vraiment, Arkacha, je t’aime tant que sije ne t’avais pas, je ne me serais sans doute pas marié… Peut-êtremême n’existerais-je pas du tout !…
En écoutant Vassia, Arkadi Ivanovitch, dont la nature était desplus sensibles, riait et pleurait à la fois. Vassia faisait demême. Tous les deux s’embrassèrent, oublieux de leur petitequerelle.
– Mais à présent, raconte-moi tout ! Comment cela s’est-ilproduit, Vassia ? Excuse-moi, mon vieux, mais je suis étonné,abasourdi même !… Est-ce vrai ? N’as-tu rieninventé ? Mais si ! Dieu m’est témoin que tuplaisantes ! criait Arkadi Ivanovitch, en jetant un regardméfiant sur Vassia.
Mais ayant lu sur le visage de son ami la confirmation du fermeprojet de se marier aussi vite que possible, il se jeta sur le litet se mit, de joie, à faire de telles cabrioles que les murs entremblaient.
– Vassia, viens t’asseoir ! dit-il enfin, en secalmant.
– Vraiment, mon vieux je ne sais par où commencer… Tous les deuxse regardaient, émus et joyeux.
– Qui est-ce, Vassia ?
– Le

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