Centres et périphéries de la littérature mondiale , livre ebook

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En tant que système, la littérature mondiale établit des connexions mouvantes entre différentes zones géographiques, culturelles et linguistiques. C'est pourquoi les notions de centre et de périphérie se voient constamment renouvelées et demeurent d'une grande fécondité pour la critique littéraire aujourd'hui. Le présent ouvrage s'intéresse précisément à quelques actualisations remarquables du binôme centre-périphérie dans la littérature contemporaine. Il envisage les dynamiques, les dispositifs et les problématiques propres à diverses littératures non occidentales, qu'elles soient européennes (Bulgarie, Slovénie) ou extra-européennes (océan Indien, Caraïbes, monde arabe). Il interroge sur cette base la pensée du relatif et de l'universel, qui sous-tend toute littérature, et le devenir d'une telle pensée à l'ère de la globalisation.

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Date de parution

15 juin 2018

Nombre de lectures

2

EAN13

9782342161939

Langue

Français

Centres et périphéries de la littérature mondiale
Sous la direction d’Amaury Dehoux
Connaissances & Savoirs

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Connaissances & Savoirs
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Centres et périphéries de la littérature mondiale

 
Directrice de collection : Benedicte Letellier.
 
Introduction
La dualité du centre et de la périphérie s’est désormais instituée comme un paradigme usuel dans l’étude de la littérature. Elle se trouve notamment convoquée dans plusieurs modélisations du système littéraire mondial – il suffit de rappeler les travaux de Franco Moretti et de Pascale Casanova, qui ont reçu une grande attention depuis leur parution au cours des années 1990 et qui ont suscité bien des continuations, des réponses ou des critiques au fil du temps. La récurrence d’un tel paradigme témoigne alors de sa vitalité et de sa capacité à ouvrir, pour le travail analytique, des horizons larges, qui ne se laissent pas aisément circonscrire ou épuiser. Il faut en effet reconnaître qu’appliqué au champ de la littérature, le binôme du centre et de la périphérie engage une pluralité de questionnements et de perspectives, complémentaires les uns par rapport aux autres.
Cette pluralité tient en premier lieu à la diversité des contextes ou des configurations qui peuvent être appréhendés à l’aide d’un tel binôme. La problématique du centre et de la périphérie peut ainsi se poser à différentes échelles. Comme déjà évoqué, elle se voit mobilisée dans une appréhension de la littérature au niveau mondial. Dans le même temps, elle est susceptible de s’actualiser dans la caractérisation d’une littérature nationale spécifique. Enfin, cette dualité peut également servir à décrire la structure d’un ensemble transnational intermédiaire, qui se situe entre l’espace du monde et celui de la nation.
La prise en compte de ces différents niveaux permet alors de tracer une série de situations dans lesquelles les notions de centre et de périphérie s’instaurent comme des cadres interprétatifs majeurs. Il est possible de regrouper ces situations sous une typologie en cinq termes, qui, sans être exhaustive, fait percevoir la multiplicité des dessins supportés par un jeu dialectique entre le centre et la périphérie. La première situation renvoie au positionnement de littératures écrites dans des langues mineures au regard d’ensembles culturels ou linguistiques plus larges – la littérature bulgare ou slovène en Europe ; la littérature berbère dans le monde arabe. La deuxième situation touche à la définition des littératures produites dans une langue largement utilisée, mais périphériques d’un point de vue culturel ou géographique – la littérature francophone des Antilles et de La Réunion au regard du centre français ; la littérature néo-zélandaise dans le contexte anglophone ; la littérature hispano-américaine dans sa confrontation au monde occidental et, en un jeu de dualité dans la dualité, la littérature uruguayenne en Amérique du Sud. La troisième situation se donne comme celle des littératures périphériques appartenant à des réseaux linguistiques, culturels ou géographiques spécifiques – les littératures des îles du Pacifique ; celles de l’océan Indien ; celles des pays islamiques. La quatrième situation consiste en une relocalisation des littératures entrées dans un processus de globalisation – la littérature chinoise dans le monde contemporain. La cinquième situation implique une identification des centres littéraires au cours du temps et une réidentification de ceux-ci à l’heure actuelle – Paris, Londres, New York, Tokyo, Barcelone.
Cette première pluralité ouvre alors à une seconde multiplicité, dans la mesure où les littératures regroupées au sein d’une même situation n’adoptent pas nécessairement un mode de structuration identique. Au contraire, chacune tend à développer des stratégies spécifiques pour construire sa propre centralité ou pour s’accommoder de son statut périphérique. De telles stratégies prennent elles-mêmes en compte les particularités locales que chaque littérature doit affronter. Il convient en effet de remarquer que les données culturelles et linguistiques varient d’un cas de figure à l’autre et appellent, ipso facto , des réponses distinctes – il faut, par exemple, penser aux différences dans le plurilinguisme qui affecte respectivement les littératures francophones du Maghreb et des Antilles ; il est aussi possible de citer la prégnance du facteur religieux dans le contexte arabe et le contraste qui en résulte avec les littératures du monde occidental.
Par leur diversité, ces situations et ces stratégies signalent ultimement une pluralité encore plus fondamentale. Elles montrent qu’en réalité, il est possible d’identifier bien des centres et bien des périphéries. En d’autres termes, ce binôme ne se laisse pas réduire à une application unique ou univoque. Les travaux de Casanova sur la République mondiale des Lettres en viennent paradoxalement à le démontrer à travers leur survalorisation du centre parisien. Alors qu’elle affirme la présence d’un méridien de Greenwich de la littérature, qui semble suggérer l’unicité du centre de la littérature mondiale, Pascale Casanova se voit à plusieurs reprises amenée à reconnaître l’existence d’autres centres – notamment Londres. Elle s’attache dès lors à accumuler un ensemble d’arguments – entre autres, symboliques – en vue de soutenir la prévalence du milieu parisien. Cependant, à aucun moment, elle ne peut nier complètement l’identification possible d’autres centres. En définitive, la dualité du centre et de la périphérie se donne comme le lieu d’une pluralité irréductible.
Cette pluralité irréductible indique que les définitions du centre et de la périphérie ne sont jamais absolues. Comme le souligne l’indissociabilité des deux termes, ces définitions sont intrinsèquement relationnelles – l’identification d’un centre suppose celle de sa périphérie et inversement. Il en résulte que les notions de centre et périphérie supposent une lecture connectée des littératures, qui se déterminent entre elles. Une telle lecture se double d’une approche relativiste de la littérature, en ce que chaque contexte littéraire peut se voir sans cesse réinterprété à la lumière des connexions – multiples – qu’il peut établir. La dualité du centre et de la périphérie autorise ainsi à renouveler constamment la question même de la littérature.
 
Afin de mettre en évidence la pluralité et la relativité qui s’attachent aux notions de centre et de périphérie, le présent ouvrage est divisé en trois sections. La première d’entre elles propose une série de réflexions théoriques et poétiques sur les jeux relativistes qu’engage ce binôme, notamment à l’ère de la globalisation. La deuxième partie regroupe des contributions consacrées aux littératures européennes mineures et aux relectures que celles-ci appellent des théories et des approches systémiques usuelles du fait littéraire. La troisième et dernière section porte sur les littératures extra-européennes et sur les dispositifs particuliers qu’elles mettent en place pour négocier leur statut périphérique et le concilier avec certaines formes de centralité.
La première partie débute avec la contribution de Jean Bessière, « Trois propositions sur les notions et les faits littéraires du centre et de la périphérie. De la double injonction des analyses des littératures du centre et de la périphérie aux séries, différenciations et indifférenciations de ces littératures ». Cette contribution note que les études du centre et de la périphérie en littérature supposent une double injonction contradictoire, qui consiste, d’une part, à pointer les pouvoirs du centre et, d’autre part, à relever la capacité de la littérature à être universelle. Sur la base de cette double injonction, l’approche en termes de centre et périphérie peut être lue comme un jeu constant de différenciation et de segmentation, qui affaiblit toute identification stable du centre et, de facto , toute prétention à l’universalité de celui-ci. Il en résulte une possibilité de recaractériser autrement l’universalisme moderne.
Dans son essai, « Salman Rushdie et la globalisation du roman. Le paradigme d’une excentricité non périphérique », Amaury Dehoux aborde la relativité du modèle centre/périphérie à travers le phénomène de la globalisation. Analysant différents aspects de l’œuvre de Salman Rushdie, il montre que celle-ci, dans sa poétique comme dans sa réception, joue d’une série d’ambivalences entre le centre et la périphérie, qui rendent la position de l’écrivain inassignable. Ce positionnement spécifique du romancier indique ultimement que la globalisation transforme le centre en un vide inaccessible qui empêche une théorie universelle du roman et appelle plutôt une approche différentielle de ce genre.
La problématique de la globalisation se voit reprise de façon originale dans l’essai de Shi Zhongyi, «  Le Cœur des lettres et la sculpture du dragon dans la perspective d’une poétique universelle ». L’étude minutieuse d’un texte fondamental de l’esthétique littéraire chinoise révèle que celui-ci actualise des principes qui se veulent universels et qui autorisent, par là, un rapprochement des perspectives asiatique et européenne. En d’autres termes, la globalisation de la littérature chinoise entraîne un déplacement du centre et de la périphérie et permet d’envisager le dessin d’une poétique effectivement universelle par l’alliance qu’elle suppose entre données orientales et occidentales.
 
La deuxième section comprend l’

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