À force de t'attendre , livre ebook

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« C'est lui qui me l'a annoncé. Lui qui m'a plongée dans ce cauchemar, en prononçant ces mots pour la première fois : Paul était dans le coma. Ses jours n'étaient apparemment pas comptés, ses blessures pourraient complètement guérir, mais il ne se réveillerait peut-être jamais. Je suis restée hébétée quelques minutes. Mon stoïcisme a semblé troubler ce jeune médecin plus que mes hurlements ; je crois que je ne comprenais simplement pas. » Anna est une jeune fille de 21 ans, à qui la vie a toujours souri. Entourée de ses parents et amis, elle suit des études qu'elle adore, et vit une histoire d'amour magique avec son compagnon, Paul. Mais lorsque celui-ci est plongé dans le coma suite à un accident de voiture, tout bascule. Petit à petit, jour après jour, Anna désespère. Elle s'isole, n'ayant plus goût à rien. Puis elle rencontre Marc, de 20 ans son aîné, dans les couloirs de l'hôpital. Il est le père de Léa, elle aussi dans le coma depuis plusieurs années. Marc et Anna vont alors s'entraider, se soutenir et s'épauler. Ils vont traverser ensemble la pire épreuve de leur vie, leurs pires cauchemars. Porteur d'un puissant message d'espoir, le magnifique roman de Mathilde Betrams est une histoire d'amour, d'amitié, de famille... mais c'est surtout un hymne à la vie. L'histoire de deux personnes qui tentent de s'en sortir quand le destin les a privées de ce qui compte le plus pour elles.

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Date de parution

09 mai 2018

Nombre de lectures

3

EAN13

9782342161045

Langue

Français

À force de t'attendre
Mathilde Betrams
Société des écrivains

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Société des écrivains
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
À force de t'attendre

Toutes les recherches ont été entreprises afin d’identifier les ayants droit. Les erreurs ou omissions éventuelles signalées à l’éditeur seront rectifiées lors des prochaines éditions.
 
Retrouvez l’auteur sur son site Internet :
http://mathilde-betrams.societedesecrivains.com
 
À ma grand-mère, qui m’a enseigné qu’il existe des amours plus grands que le temps, la distance ou même les chrysanthèmes.
 
Chapitre 1. «   Je te suivrais, n’importe où    »
Paroles de Carole King
Des années plus tard, cet accident hante toujours mes nuits. Dans la soirée du 15 janvier 2008, toute ma vie a basculé.
C’était trois ans après notre rencontre. Nous revenions, Paul et moi, d’un repas chez ma tante à Villeneuve-d’Ascq. Nous y allions régulièrement, mais cette soirée était spéciale, car nous avions une bonne nouvelle à leur apprendre. Je me souviens avoir passé une excellente soirée, comme toujours.
Puis nous avons repris la voiture après avoir remercié nos hôtes. Il devait être 23 heures.
Paul savait que je détestais conduire de nuit, d’autant plus que la route entre la maison de ma tante et la nôtre n’était pas bien éclairée, et, comme toujours, il avait renoncé à boire pour pouvoir prendre le volant. L’homme qui nous a heurtés n’en avait sans doute pas fait autant. Il devait être ivre, probablement, mais nous ne le saurons jamais. La police a enquêté, mais ne l’a jamais retrouvé. J’espère sincèrement qu’il peut vivre avec ça sur la conscience.
 
Je me souviens de tout et chaque instant repasse en boucle dans ma tête, comme un mauvais film. C’est gravé en moi. Les phares de l’autre voiture, le coup de volant désespéré de Paul pour l’éviter, le ravin, mes cris, mes appels au secours, le piéton qui a appelé la police, l’autre voiture qui s’est enfuie.
Et surtout le silence de Paul. Ce silence me terrorisait. Je hurlai jusqu’à perdre mon souffle et lui ne disait rien. Jamais je n’ai eu aussi peur de toute ma vie. J’avais mal partout, je perdais du sang et ma jambe était loin d’être belle à voir. Il y avait cette odeur horrible, nauséabonde, qui envahissait tout le véhicule, ou ce qu’il en restait, le choc, l’incrédulité, la douleur et la colère. Et lui, dans le silence.
 
Je ne comprenais pas pourquoi il ne hurlait pas, pourquoi il ne réagissait pas quand je criais son nom. Je n’en suis pas fière, mais je me souviens de lui en avoir voulu de ne pas me répondre, de ne pas m’aider.
Les pompiers sont arrivés et nous ont sortis de la voiture. Je n’arrivais pas à voir Paul à cause des airbags et je les ai suppliés de me dire comment il allait, de me dire ce qui se passait. Personne ne me répondait et je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. Je me sentais tellement vulnérable, tellement exposée. J’étais en train d’implorer ces hommes de me dire comment se portait mon ami et eux continuaient de parler entre eux, de Paul ou de moi comme si nous n’étions pas là, comme si nous ne pouvions pas les entendre : «   La femme est toujours coincée, il faut immobiliser sa jambe avant de la sortir    ». Je sais que ces hommes nous ont probablement sauvé la vie, en évitant un suraccident et en nous conduisant aux urgences. Je sais qu’ils faisaient de leur mieux, mais j’avais tellement peur…
Encore aujourd’hui, après tout ce temps, parler de cet accident produit un effet étrange sur moi. Mes mains se crispent, mon cœur s’accélère, et mes yeux, imperceptiblement, deviennent humides.
Les pompiers nous ont emmenés aux urgences dans deux ambulances différentes. Je pense qu’ils ont dû me donner des antalgiques, parce que la douleur a vite diminué, mais je restais hystérique, voulant savoir où était Paul et comment il se portait.
 
J’étais toujours terrorisée en arrivant à l’hôpital et je ne savais pas quoi faire d’autre que hurler sur l’infirmière, les médecins, les autres patients, ou encore ma mère, qui venait d’arriver, complètement paniquée, après avoir reçu un appel de la police.
Puis, après ce qui m’a paru être des heures, un interne est venu me voir. Il avait besoin de faire d’autres examens pour ma jambe. Je l’ai fixé d’un air hargneux et lui ai répondu que personne ne me toucherait tant que je ne saurais pas comment allait mon fiancé.
 
C’est lui qui me l’a annoncé. Lui qui m’a plongée dans ce cauchemar, en prononçant ces mots pour la première fois  : Paul était dans le coma. Ses jours n’étaient apparemment pas comptés, ses blessures pourraient complètement guérir, mais il ne se réveillerait peut-être jamais.
Je suis restée hébétée quelques minutes. Mon stoïcisme a semblé troubler ce jeune médecin plus que mes hurlements    ; je crois que je ne comprenais simplement pas.
 
Aujourd’hui, on peut réduire des fractures, greffer des organes défaillants, sauver les gens d’un infarctus, soigner les grands brûlés, transfuser les patients souffrant d’hémorragie massive, mais on ne peut rien pour les gens dans le coma, sinon prier pour eux. Au xxi e siècle, cela reste toujours un des plus grands mystères de la médecine et je le savais.
 
L’interne m’a dit que la probabilité qu’il se réveille était plus importante durant la première semaine et qu’après, au fur et à mesure que le temps passait, les chances diminuaient. Mais il ne s’agissait que de statistiques… Il a ensuite continué avec son jargon de toubib, me noyant sous un flot de données dont je ne savais que faire.
Il y a une vingtaine d’années, ma mère a eu un accident de vélo, la plongeant trois jours dans le coma. Puis elle s’était réveillée comme ça, comme on se réveille d’une nuit reposante. Aucune séquelle, aucun trouble. Son accident était vite devenu un simple sujet de conversation dans les réunions de famille, une anecdote mignonne permettant de philosopher sur la chance, le destin ou que sais-je encore.
Les seules conséquences de cet accident n’ont toujours été qu’une ride supplémentaire sur le visage de ma grand-mère, et une phobie des vélos pour ma maman.
Elle m’a raconté de nouveau cette histoire après la visite du médecin. Je sais qu’elle voulait simplement me rassurer, se convaincre elle-même ainsi que toutes les personnes arrivées au compte-gouttes en salle d’attente depuis que les pompiers nous y avaient conduits. Je sais qu’elle disait ça par empathie et aussi parce qu’elle ne savait pas quoi dire d’autre. Mais ça m’a mise hors de moi et je lui ai hurlé qu’elle devait être stupide pour me dire ça, parce que des milliers de gens ne se réveillent pas et que si c’était pour me sortir des inepties pareilles, je préférais qu’elle parte, qu’ils sortent tous et qu’ils ne reviennent jamais.
J’avais conscience que ma réaction était exagérée, mais c’était comme si j’étais possédée. Je ne voulais pas croire à tout ça. Je voyais dans ses yeux à quel point je l’avais blessée, mais ça m’était égal, j’avais mal et à ce moment précis, je voulais que la terre entière ait mal.
 
J’ai continué à hurler pour qu’elle sorte, mais ma mère, mon incroyable et tendre maman est restée à mes côtés, m’a serrée dans ses bras alors que je la martelais de coups pour qu’elle s’en aille. Je sais maintenant que sa présence dans cette pièce est la seule chose qui m’a empêchée de devenir folle cette nuit-là. Elle est restée près de moi tout le temps, me berçant, comme après un mauvais rêve lorsque j’étais petite. Parce que ça ne pouvait être que ça : un horrible cauchemar.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et l’inévitable question qui, bien que vaine et inutile, vient nous hanter dès qu’un malheur nous frappe, s’est alors emparée de moi : «   Pourquoi moi    ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça    ?  »
J’ai dû parler à voix haute parce qu’elle m’a demandé d’arrêter et m’a dit que cette question ne menait nulle part, que je n’étais pas coupable. C’est ce qu’elle a dit : que je n’étais pas responsable.
Mais j’avais voulu sortir ce soir-là. J’avais voulu aller chez ma tante. Paul avait pris le volant parce que je ne voulais pas conduire. Il l’avait fait parce qu’il m’aimait et que j’étais une sale égoïste capricieuse. Si j’avais refusé de sortir, décider de reporter cette soirée ou si j’avais seulement pris le volant, peut être que…
 
C’est à ce moment-là que la mère de Paul est arrivée. Guylaine est une femme plutôt incroyable. Gentille, forte et maligne, bien qu’un peu bornée de temps à autre. Elle et moi n’étions pas d’accord sur un certain nombre de choses, mais dans l’ensemble, nous nous entendions bien. Une relation «   belle-mère-belle-fille    » idéale et facile à vivre.
Quand elle est arrivée, elle a mis un moment à repérer le box dans lequel j’étais installée. Elle a foncé droit sur moi et m’a serrée dans ses bras en remerciant le ciel que je sois saine et sauve.
Une angoisse supplémentaire m’a saisie. J’espérais qu’elle avait déjà vu un docteur, un autre membre de ma famille en salle d’attente, ou Dieu sait qui. J’ai prié pour ne pas être celle qui devait lui annoncer le diagnostic de Paul.
En vain. Elle m’a fixé droit dans les yeux et m’a demandé où était son fils.
Et pour la première fois, j’ai réalisé ce que ça voulait dire. Le coma. Il était dans le coma.
Et là, avec la fatigue, la peur, la douleur et l’angoisse, je me suis mise à pleurer. Des pleurs hystériques. Guylaine a paniqué, à juste titre d’ailleurs, mais ma mère, toujours à mes côtés, lui a fait un signe de dénégation, lui assurant que son fils aîné n’était pas mort. Voyant que

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