Alexandrie (Egypte) - article ; n°2 ; vol.119, pg 743-760

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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1995 - Volume 119 - Numéro 2 - Pages 743-760
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié le

01 janvier 1995

Nombre de lectures

59

Langue

Français

Jean-Yves Empereur
Alexandrie (Egypte)
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 119, livraison 2, 1995. pp. 743-760.
Citer ce document / Cite this document :
Empereur Jean-Yves. Alexandrie (Egypte). In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 119, livraison 2, 1995. pp. 743-
760.
doi : 10.3406/bch.1995.7010
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1995_num_119_2_7010ALEXANDRIE (EGYPTE)
par Jean- Yves Empereur
En 1994, les autorités égyptiennes nous ont demandé d'intervenir sur six terrains différents1 : cinq se
situent au centre-ville et le dernier à l'Est du fort Qaitbay, sous l'eau par 6 à 8 m de profondeur. Les fouilles ont
duré 36 semaines au total. Elles ont été financées par le Ministère français des Affaires Étrangères, l'Institut
Français d'Archéologie Orientale et l'École française d'Athènes.
1. — Le· fouilles terrestres
Des 5 terrains proposés cette année, 4 sont situés dans le même quartier, dans un périmètre de 250 m, dans
la partie méridionale de l'ancien quartier du Bruccheion, au Sud-Est de l'actuelle gare de Ramleh. Leur
proximité laissait espérer une certaine homogénéité dans la nature de leurs ruines, mais on verra qu'en fait
chacun présente un visage particulier. C'est encore plus vrai pour le cinquième terrain, situé à environ 900 m à
l'Ouest, dans la partie occidentale du quartier du Césaréum (flg. 1).
Nous examinerons tout d'abord la fouille la plus importante, celle du théâtre Diana : elle est en cours et ce
ne sont que des résultats provisoires. Comme on le verra, ce terrain sort de l'ordinaire : cela aurait pu aussi être
le cas du jardin du Consulat britannique et du Cricket Ground, mais nous avons été appelés après le passage des
bulldozers... Notre intervention y a consisté en quelques sondages et un relevé des parois, et les lambeaux de
vestiges encore en place font regretter ce qui a été détruit de manière brutale. Enfin, on verra un curieux
résultat négatif au Cinéma Radio, non dépourvu d'enseignements pour cette partie de la ville.
Ces fouilles dans le quartier du Bruccheion ont fait connaître un ensemble assez homogène lorsqu'on les
compare avec la fouille du Patriarcat copte orthodoxe. Là, la stratigraphie nous montre un tout autre faciès.
L'ensemble de ces fouilles a produit un riche matériel : outre des tonnes de céramiques et un bel assort
iment d'os gravés, quelques inscriptions et fragments d'architecture, des mosaïques et plus de 3000 monnaies.
L'étude de ce matériel est en cours et elle viendra préciser et sans doute modifier sur certains points les résultats
provisoires du présent rapport.
A. Le théâtre Diana
La fouille du terrain Diana a eu lieu du 6 juin au 7 juillet, sous la direction de Christine Le Noheh et Valérie
Serdon, puis du 25 octobre au 15 décembre 1994, sous la direction de Christophe Requi, avec une vingtaine
d'ouvriers en moyenne.
Ce terrain semblait d'emblée fort intéressant, car d'après la carte qu'A. Adriani avait dressée du quartier
en 1933 2, il apparaissait que l'on pourrait suivre la rue R4 sur une soixantaine de mètres.
La parcelle de 2200m2 a fait l'objet de deux sondages, dans les parties Sud et Sud-Ouest.
(1) Pour les fouilles de 1992-1993, on se reportera au BCH 118 (1994), p. 503-519; voir aussi J.-Y. Empe
reur, «Fouilles et découvertes récentes», Dossiers d'Archéologie 201 (1995), p. 82-87. Je tiens à remercier pour
leur aide constante Mme Dorreya Saïd, Directrice Générale des Musées et des Sites archéologiques d'Alexandrie ;
M. Ahmed Abd el-Fattah, Directeur Général des Antiquités du Delta-Ouest; Mme Camélia Georges, Inspectrice
en Chef détachée sur nos fouilles, ainsi que les Inspecteurs Mustapha Mohamed, Mohamed Mustapha, Merwatte
Yehia et Mohamed Mousa.
(2) A. Adriani, Annuario del Museo Greco-Bomano 1 (1932-33), plan hors-texte. 744 TRAVAUX MENÉS EN COLLABORATION AVEC L'ÉCOLE FRANÇAISE EN 1994 [BCH 119
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 1. — Plan de situation des fouilles de sauvetage effectuées par le CEA au centre d'Alexandrie
(fouilles 1994). 1:500.
1. Terrain de l'ancien théâtre Diana
2. Terrain au Sud de l'ancien cinéma Radio
3.du Consulat britannique
4. Terrain du Cricket Ground
5.du Patriarcat copte orthodoxe
ΕΙ Fouilles CEA 1993 ALEXANDRIE 745 1995]
1. Le secteur 1
Au Sud, un secteur de 135 m* a été fouillé. Sous une couche de remblai fatimide (xe-xne siècles) de plus de
1,50 m d'épaisseur sont apparues les premières structures, avec un sol dallé de marbre ; les murs, d'orientation
Nord-Sud et Est-Ouest, ont fait l'objet de récupération intense et les tranchées ont ensuite été comblées par le
remblai fatimide. Dans la partie Est, on a ouvert un sondage profond qui a permis de mettre au jour un large
égout à couverture en bâtière, avec un regard à cuvelage ovale (= CAN11). Le fond consiste en de larges dalles
en grès dunaire, jointoyées au mortier, avec un pendage Sud-Nord (flg. 2). Au-dessous, un second égout, plus
modeste (= CAN26), également avec une toiture en bâtière, suit le même tracé et le même pendage (fig. 3). Le
limon déposé sur le fond contient un matériel céramique abondant appartenant à la phase d'abandon, datée du
Ier s. av. J.-C. Dans la partie Ouest de ce sondage, on suit un mur orienté Nord-Sud : au-dessus des fondations
de pierre et de mortier (0,40 m de hauteur), deux assises de gros blocs de calcaire sont conservées, à 2,80 m
au-dessus du niveau de la mer. Il s'agit de vestiges d'un bâtiment important, sans doute une façade le long de la
rue : le plan d'A. Adriani ne respecte pas les modules du réseau viaire définis en 1865 par Mahmoud el-Falaki8
et, au lieu des 7 m proposés, le dessin donne 20 m : il n'est pas en fait d'une grande précision et, au lieu d'être
située, comme le supposait A. Adriani, dans le terrain du Diana, la rue R4 se trouve sous la rue moderne qui le
borde à l'Est. Nous avons ainsi mis au jour deux égouts qui la longeaient sur son côté Ouest, à l'époque romaine
tardive et durant le Haut-Empire, ainsi que la bordure occidentale d'une rue plus large de hellénis
tique.
Dans la partie Sud de ce secteur, sous le bâtiment romain au dallage de marbre, est apparue une maison
plus ancienne, désormais appelée Maison de la Méduse d'après le décor de la mosaïque qui l'ornait (fig. 4). Cette
mosaïque fera l'objet d'une publication détaillée par Anne-Marie Guimier-Sorbets, à paraître prochainement.
En bref, elle présente deux états, le premier avec un tapis géométrique en pi enserrant un bouclier qui porte en
son centre un gorgoneion en opus vermiculatum. Au Nord, 3 autres panneaux géométriques : A. -M. Guimier-
Sorbets y a reconnu un triclinium, dont le pi réservé aux lits a dans une seconde phase été séparé du bouclier
par un muret. On a trouvé une deuxième mosaïque à 2 m plus à l'Ouest : en mauvais état, elle porte des motifs
géométriques. Le radier de la mosaïque à la Méduse n'a pas encore été fouillé, mais on peut provisoirement
dater son installation dans le IIe s. ap. J.-C, tandis que l'abandon de la maison peut être fixé dans la 2e moitié
du ine siècle. Les pièces se dessinent avec les murs en négatif, les pierres ayant fait l'objet de récupération : les
tranchées ont été comblées avec le remblai fatimide. Enfin, au Nord du triclinium se développait une autre
pièce couverte de dalles de marbre dont on voit l'empreinte et un fragment encore en place. Les murs de la
maison étaient revêtus d'enduits peints dont on a trouvé de nombreux fragments, dont l'un encore en place.
Nous sommes à l'altitude de 7,42 m au-dessus du niveau de la mer et il restera encore au moins 6 m de
stratigraphie à fouiller lorsque l'on aura déposé la mosaïque de cette Maison de la Méduse.
2. La nécropole du secteur 2
Dans la partie orientale du terrain, un sondage de 65 m* a été ouvert. On y a dégagé 26 sépultures
implantées dans un remblai meuble. Presque tous les squelettes se trouvaient en position de décubitus dorsal,
parfois latéral (fig. 5). On notera aussi quelques ossuaires, réductions de plusieurs squelettes. Les parois des
cavités étaient parfois calées par

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