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Le Nombre entierGottlob FregeRevue de métaphysique et de morale, volume 3, pp. 73-78, 1895Le Nombre entierDISCUSSIONS————LE NOMBRE ENTIER————J’ai vu que cette revue tâche de rapprocher les mathématiques de la philosophie, ce qui me semble très utile. En effet, ces sciencesne peuvent que gagner à un échanges d’idées. C’est ce qui m’engage à entrer dans la discussion. Les vues exposées par M. Ballue[1]dans le numéro de mai sont sans doute celles de la plupart des mathématiciens. Pourtant elles contiennent des difficultés logiques,qui me semblent assez graves pour être mises en évidence, d’autant plus qu’elles peuvent répandre une certaine obscurité sur cesquestions et empêcher les philosophes de s’occuper des principes de l’arithmétique. D’abord il me semble bon de signaler une fautesouvent commise par les mathématiciens, c’est de confondre les symboles avec les objets de la recherche. En effet les symboles nesont que des moyens très utiles et même indispensables de la recherche, mais ils n’en sont pas les objets mêmes. Ceux-ci sontreprésentés par des symboles. La forme des signes et leurs propriétés physiques et chimiques peuvent convenir plus ou moins, maiselles ne sont pas essentielles. Il n’y a pas de symbole qui ne puisse être remplacé par un autre de forme et de qualités différentes, laconnexion entre les choses et les symboles étant purement conventionnelle. Il en est de même de tous les systèmes de signes et detoutes les langues. La langue est ...
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